‹ ChrysippeChapitre 82 sur 166 · Ap. Philon, De incorrupt. m., c. 23-24 (SVF, I · texte numérisé non relu

Ap. Philon, De incorrupt. m., c. 23-24 (SVF, I

2. Pour l'argument géologique du retrait de la mer, cf. les idées de Xénophane etd'AnaxirtiHndre (Gomperz, Penseurs de la Grèce, I, p. 59, 174, 72). Le dernier argument, ((ui déduit la limitation du monde a parte ante du fait que l'espèce humaine a commencé, se rattache à une thèse stoïcienne, exposée ci-dessous, p. 145.

3. Cf. les textes sur la naissance du monde, SVF, II, n 579-584. Cf. Dioc, VII, 135, la comparaison de l'élément humide (è; tqi ÛYpû) avec le germe (êv t^ y°'^?i), tandis qu'à la semence correspond un ).(5yo; <TUEp(j.àTix6ç (comparer la description de la génération de l'homme; In., n° 741). L'extinction du feu (Plut., De Stoic. rep., 41 ; Arn., II, 186, 9).

l'héraclitkisme. 145

Ce feu, en s'éteigmant spontanément, a produit l'air, et, par l'intermédiaire de l'air, l'élément liquide : puis ce qui reste de l'élément aérien et enflammé court à travers l'élément liquide '. C'est à partir de ce germe que se produit l'ordre du monde t $iay.cj;jLT;7'.ç) par une série de transmutations ; du germe liquide qui est au centre du monde- se produit par condensation la terre qui, animée par nature d'un mouvement centripète, se dépose au centre du monde: tandis que la raréfaction'* de l'eau produit successivement l'air et l'éther qui, tous deux légers par nature, se placent, le premier au-dessus de la terre, le second aux extrémités de la sphère cosmique^.

Tout ce qui précède est, dans la lettre, de la physique héraclitéenne ; mais, au fond, quelle différence

1. Chrys. ap. Plct., De Slolc. rep., 41 ^a» 579) : Si' is^^ t\^ ^tM TpèKETai. L'air, dans les textes suirantâ, apparaît toujours comme aa intermédiaire.

2. La formation da monde ne commence, à proprement parler, que quand le germe a été formé au centre du monde ; ainsi seulement peu- Tent s'expliquer les témoignages d'Aétius et d'Achille fn>« 382-584) qui disent que le monde se produit à partir du centre (àità xr^xpou).

3. La production des éléments par condensation {owniiava) et par raréfaction (yûfftî) nous est attestée par Stobék, Ed., J, p. 129 (SVP, IL 136. 11 sq.^; Dioc. La., VII, 142 (i6., 180, 18), sans la contredire expressément, semble admettre qu'il y a déjà dans le germehumideune partie plus dense destinée à former la terre, et une plus légère qui formera l'air (to tcsjCJ|t£pèî aOrov [àsavoir : toû Crypoû ; la phrase n'est compréhensible que si on lit avec lesmss. PFÛYpôvau lieu de {rypônita], xoXezToucpe;). — Cf. Schol. Hés. Théog., 115 (Abiv., II, 117, 23) : tô 'UKZ0\upi 'toù àipo; ^ey^ve in^.

4. Sur cette conception péripatéticienne des lieux naturels des éléments, cf. plus bas, p. 151.

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d'inspiration ! D'abord le sentiment d'instabilité, d'insécurité, de hasard qui donnent aux idées d'Heraclite leur saisissante sublimité a disparu dans le stoïcisme. Chrysippe se sent chez lui dans le monde; c'est une « habitation faite exprès pour les hommes et pour les dieux 1 ». Ajoutez à cette confiance optimiste les vues morales d'après lesquelles le sage ne se soucie pas des changements extérieurs dont il a rendu sa vie indépendante. Malgré son héraclitéisme, le monde stoïcien donne l'impression de stabilité plutôt que de flux continuel.

L'influence de Platon et d'Aristote. — Considérons d'abord la nature du feu originaire, puis le rapport de ce feu au monde dans la formation du monde, enfin le monde lui-même.

D'abord le feu primitif, qui, en un sens, est identique au cosmos 2, est un dieu inengendré et incorruptible qui persiste à travers toutes les vicissitudes de l'ordre du monde 3; il est esprit. pur et sans corps ^;

1. Eus., Prxp. ev., XV, 15 (Arn., II, 169, 23) : olxïiT^^piov ôewv xai àvÔpwTttDV xai tûv Ivexa toOtwv Yevo|iévwv <TU(rT7)(jia.

2. Chrys., ap. Stob., Ed., I, 184 (Arn., II, 168, 11). Deux sens du mot cosmos : 1° l'ensemble du ciel et de la terre (appelé aussi Staxéaj/rjfft;) ; 2» le dieu « suivant lequel naît et s'accomplit l'ordre des choses », c'est-à-dire le feu primitif.

S.'Açôaptoç... xalàY£vvTiToc,DiOG. LA., VII, 137 (Arn,, II, 168,6) : c'est en ce sens que Pliilon {De incorruptib. m., p. 4, 3; Arn., II, 188, 42) attribue aux Stoïciens un « monde éternel ».

4. Plut., DeSiotc. repugn., 39, 41 (Arn., II, 186, et. 12) : Dans la

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