‹ ChrysippeChapitre 91 sur 166 · Ainsi parla Zarathoustra · texte numérisé non relu

Ainsi parla Zarathoustra

3. Nous avons pour nous guider dans celte question les fragments assez nombreux du traité de Chrysippe sur l'âme (Arn., n°' 879-910).

LA NATURE DE l'aME. 159

Presque toutes les théories de Tàme consistent à essayer une synthèse entre ces trois sig-nifications; les Stoïciens ont essayé à leur tour une synthèse; par l'âme, considérée par eux en son essence comme principe ou souffle \Ha.\ *, ils vont essayer de rendre compte de la connaissance et de la destinée humaine.

Natcre de l'ame et pstchogonib. — Us abandonnent l'âme immatérielle de Platon; d'après Cléanthe et Chrysippe, la corporéite de l'âme est en effet le seul moyen d'expliquer l'action que l'âme peut avoir dans le monde ou les passions qu'elle peut subir : l'expression des émotions, les ressemblances morales entre descendants et ascendants, la connaissance sensible ne peuvent s'expliquer que si l'âme est un corps. Enfin, ce qui est une idée très ancienne et très populaire. le phénomène de la mort ne peut s'expliquer autrement.

Il n'est pas besoin d'insister longuement sur les traits distinctifs de ce « matérialisme »; il se rapproche beaucoup plus d'idées très primitives que du matéria-

1. Chalcid., In Tim., ch. 220 (Arji., II, 235, 25). Chrysippe démontra ainsi lidentilé : una et eadera respiramus et Tirima». Spiramus autem nalurali spirilu; ergovivimus eodem spiritu. ViTimus autem anima : naturalis igitur spiritus anima esse InTenilur. (Comp. Zino», Arm., I, n- 137-138.)

2. Cléanthe avait indiqué les premiers arguments (A«î»., I, n» 518); Chrysippe ^NénÉsnis. De nat. Aom., 2; Arîi., II. n* 790', ajoute celui de la mort.

lisme contemporain; le psychique n'y est pas un résultat de la matière, un épiphénomène, mais un être agent et patient^. Il ne s'agit pas non plus d'une explication du supérieur par l'inférieur : la propriété psychique et intellectuelle appartient par son essence au souffle vital ; s'il y a de tels souffles qui ne sont ni intelligents, ni sensitifs (et il y en a : ce sont les forces végétatives des plantes ou cohésives des minéraux), ils sont beaucoup plus expliqués comme des dégradations du souffle psychique que l'âme comme un résultat de ces souffles inférieurs.

Ceci se voit particulièrement bien dans la théorie de la génération de l'âme. Voici par quels degrés elle arrive à l'état adulte : Le germe de l'être vivant contient un souffle vital, fragment del'âmedu générateur ~. Cette semence contient à son tour une raison séminale, c'est-à-dire la raison de la loi régulière et fatale suivant laquelle il se développera ^\ lorsqu'il rencontrera les conditions favorables. Plus exactement, il contient en lui un mélange très complexe de raisons séminales, chacune de ces raisons représentant en

<1. C'est la raison même pour laquelle il est un corps; Cléanthe, loc. cit. : oùSàv àaw|xaTOV (TU[tuâffxei ffwfAaTi.

2. Chrvs., Phys., II (DiCG. La., VIL 158; Arn., II. 211, 25). La semence est 7rveù(ia naxà tï)v oùtrîav; il elle comme preuve les graines qui, abandonnées trop longtemps, ne poussent plus. Gal., Def. «2erf.,94(ARN., II, 211, 32) : <J^uxîi; (A^pou; âpnay^ia.

3. PaiLOîi, De fuga,l 13 TArn., II, n» 760). L'individualité propre a été imprimée ànà (xévovro; xal (iriSafiïj tpenonévoy Ôelou Xôyow.

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