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LES ANTÉCÉDENTS DE LA DOCTRINE

Les penseurs grecs, spéculant sur les raisons des événements, étaient, serable-t-il, assez disposés à faire un départ entre les évéûements humains et les événements cosmiques, et à attribuer chacun de ces groupes à deux espèces de causes différentes.

Il est curieux d'opposer, à ce point de vue, la cosmologie à l'anthropologie de Platon dans la mesure où celle-ci s'occupe de la destinée humaine. S'il explique par des principes iatellectuels les phénomènes physiques, dès qu'il touche à la question du passé et de l'avenir humains, il remplace l'explication scientifique par le mythe*. Le Destin est une loi d'essence morale, fondée sur la justice; la conception en a varié avec celle même de la justice; chez Platon, il n'est plus surtout, ce qu'il était autrefois chez Eschyle, la puissance qui punit les coupables, mais celle qui récompense les justes, et, avant tout, celle qui permet les améliorarations de Fâme dans la série des renaissances*. Mais, en même temps, il agit avec la rigueur impersonnelle d'une loi naturelle^; il n'est, en aucune manière, l'effet de la volonté d'un être supérieur qui introduirait la justice dans le monde.

Lorsque la confiance en la justice immanente est

1. Cr. surtout les mythes de Er rArméoien {Rép.,lir. X), et du Politique.

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