‹ Chute d'une république [microform]. Venise. D'après les archives secrètes de la républiqueChapitre 12 sur 48 · QUOD · texte numérisé non relu

QUOD

Senatum p. q. Romanum

A PONTIFICIBUS MaXIMIS

Vi Et Metu Gonculcatum,

In Pristinum Splendorem

Et Auctoritatem

Restijuerït.

Anno MDGGIIIG

Rom. Reip. Restitut.e I.

Ges offres et cet appel se produisirent au moment où Glarke se rendait à Vienne. Que ne pouvait concevoir le soldat ainsi loué au delà de toute mesure? Et le Directoire, inquiet, mais indécis, ne comprenait pas que le 18 fructidor permettrait peut-être une contre-partie personnelle au vainqueur d'Italie (1) !

fidélité de cette inscription. Le Directoire la laissa insérer a\i Moniteur. Était-ce par bravade contre l'Autriche avec laquelle les négociations venaient d'échouer? Était-ce par incapacité d'une saine appréciation du génie de Bonaparte ? Peut-être les deux !

(1) Les Milanais firent, par le ciseau de Canova, ce que ne réalisèrent pas les partisans de Rome. Leur statue est aujourd'hui placée dans la cour du Palazzo Brera, entourée des illustrations de leur

province.

A Rome, Pie Vï plaça au Capitole le buste de Napoléon, entre ceux de Galilée' et de Cristophe Colomb... accomplissant le vœu des patriotes révolutionnaires! durant la Sainte-Alliance.

mgm

La continuité de la guerre avait mis la République de Venise en état de servir de point de mire à Tavidité des autres puissances. L'Autriche ne pouvait qu'être blessée des représentations incessantes faites par Battaglia aux lieutenants de Beaulieu et de la partialité ostensible avec laquelle on avait agi avec Bonaparte. Le temps lui avait prouvé que nous nous trouvions chez nous comme occupants et comme facilité d'approvisionnements. La neutralité n'avait été qu'un mot vide de sens et surtout vide d'obligations militaires pour nos armées. Les représentations diplomatiques de la Seigneurie étaient restées sans effet et le langage de notre ministre à Venise y avait paru plutôt celui d'un général victorieux que celui d'un résident. Les divers Etats de ritalie étaient ardents à chercher des équivalences ou des accroissements... Dans ce conflit d'intérêts, qu'allait devenir l'indépendance de la vieille République, toujours isolée et presque désarmée? Bonaparte a pu, pour créer dos griefs, attaquer la déloyauté de la Seigneurie; nous savons depuis longtemps ce qu'il faut penser de ces arguments d'ambition et de circonstances. Querini va nous dire , témoin redoutable et jamais consuite par les historiens français , ce qui se passait à

Paris.

Avcànt la perpétration de Vattcntat contre le droit des gens, nous allons voir se dessiner la chute résolue de la République. Bonaparte avait enfin trouvé un complice dans le gouvernement , un directeur, Barras.

Mais pour que le drame soit complet, à côté du sang versé nous trouverons une question d'argent, une concussion. Ce qu'aura résolu Bonaparte, Barras 1 accomplira par anticipation. Le premier agira pour hâter la paix, dit-il ; le second, pour augmenter «» fortune participation aux crimes financiers dont l'expédition d Italie donna tant d'exemples.

Une dépêche de Querini, en date du 8 axTil, forme

le prélude. . . ..

Le bruit courait à Paris, mandait-il aux inquisiteurs, nue Brescia et Vérone ont proclamé leur indépendance et que la ville de Créma serait en pleine insurrection. Un courrier récent avait apporté la nouvelle d une nouvelle victoire remportée par Bonaparte. Il ne se passait pas de jour qu'une amertume inattendue ne vint le frapper, et son patriotisme employait ce te expression cruelle : « amaramente crucciato ». H avait adjuré un membre du Directoire, resté inconnu, de ne plus autoriser les généraux ou les fonctionnaires républicains à intervenir dans les affaires intérieures de Venise : « Li Francesi non si meschiavaiio del governo interno ; » les circonstances l'exigeaient. Etant plus forts nue vous, avait répliqué ce dernier, c'est à nous de commander! Querini protesta contre ce langage et obtint en réponse la condamnation de sa patrie : La Republinuepeut perdre tous ses États de l' Italie pendant notre occupation. L'ambassadeur s'indigna de cette théorie si nouvelle et il lui fut à nouveau répété : Ce n est pas à la République de Venise à faire la loi à la République française, notre loyauté doit fous suffire, parce quelle répond de tout.

216 ' cuuTE d'une république.

Le sénat, continuait-il, était bien loin de soupçonner la sincérité du Directoire, cependant il se voyait contraint de relater ces incidents dans toute leur vivacité afin que la Seigneurie connût ce qui s était passe. La perpétuité de la guerre et la victoire qui couronne toujours les armes françaises le portait à craindre pour l'avenir des maux plus grands encore que ceux du présent. La maison d'Autriche s'expose à augmenter chaque jour ses pertes et il n'est plus admissible de supposer que le vainqueur soit porté à lui rendre la Lombardie. Celui-ci même en serait empêché parce que ses habitants se sont déclarés indépendants et veulent former une république; ils s'entendent de manière a se passer de l'appui du gouvernement français. Sur ce dernier point, le patriotisme de Querini l'égarait. Il était plus juste appréciateur de la Péninsule lorsqu il annonçait l'extension des principes de la Révolution en

Italie. . j T 11

Il spécifiait que Villetaud, jeune secrétaire de Lallement, entretenait avec les patriotes italiens une correspondance suivie, spécialement avec ceux qui résidaient à Paris. Ces derniers avaient nettement déclaré que tous les gouvernements d'Italie pourraient facilement prévenir la révolution en rendant la forme des pouvoirs publics plus accessible aux classes populaires. Dans le cas contraire, ils ne pourraient s'en prendre qu'à eux-mêmes des révoltes ouvertes de leurs peuples. Aussi, l'ambassadeur s'écriait-il : J'ai toute raison de croire que le Directoire veut que la Révolution prenne pied en Italie et qu'il menace la maison d'Autriche en ce sens , dût-il lui faire perdre toutes ses provinces. Mon devoir envers

la Seigneurie est de tout tenter ici. Il comptait y réussir, pour délivrer les provinces vénitiennes, à la paix, de pareilles manœuvres.

Le succès ne pourrait s'acquérir au seul prix du respect des principes. Pour devenir pleinement maître des obstacles et maintenir toujours la neutralité entendue dans le sens de l'indépendance nationale , Querini estimait qu'une somme « de six ou sept millions de francs » lui serait indispensable. Il proposait dy affecter deux millions immédiatement en numéraire, on ne parlerait plus des valeurs dues parle gouvernement français pour frais de fournitures directes qu avait faites la Seigneurie à titre d'intermédiaire. C'était la ce fju'il pouvait donner comme à peu près exact pour obtenir la faveur du Directoire , sans garantir cependant le chiffre de la somme qu'il sollicitait. Tout était fort délicat pour tempérer les ardeurs des opposants du sénat à Paris; aussi insistait-il sur ses réserves, fruit de ses craintes pour les intérêts peut-être compromis in eut si trova Vadorata Patria !

Que peut-on opposer au texte de l'anibassadeur, texte précis et cruel? La première fois qu'il parle de corruption inévitable, il est formel : « Che forse si potrebbe ottener cosi essenziali oggetti con un qualche sacrifizio in danaro che dall' Eccellentissimo Senato fosse ancora per farsi. » Il n'est pas moins affirmatif pour le chiffre du sacrifice qui s'impose : « Di penetrare che sei o sette millioni di franchi sarebbero sufficienti. » La cupidité est grande parmi les hommes politiques assez misérables pour traiter de la vie et de l'honneur d'un Etat à prix d'or. Cependant l'avidité pouvait être contenue,

à raison même de la rapidité que cherchait le concussionnaire ; on n'aurait à verser que deux millions effectifs : « Di questi basterebbe darne di effetivi due al piu. )> Querini ne répugnait pas à promettre les sept millions, mais il entendait ne pas accabler le trésor par un versement total de pareille somme. Il conseillait de recourir à des lettres de crédit et, fait très grave à noter, ces lettres seraient rédigées au titre d'obligations envers la République française : « Ghe del resto fosse aperto un credito a favor délia Repubblica francese. » Le concussionnaire disparaissait devant le trésor français en apparence du moins... Le représentant de Venise l'a constaté sans s'en douter, lorsqu'il ajoute que les traites seraient confiées aux fournisseurs des armées républicaines en Italie ; ces derniers auraient le droit de les tirer directement sur le trésor vénitien et au nom respectif de cet État : u Délie tratte sopra la Repubblica di Venezia sino alla prima sopraindicata somma. » L'affaire des traites importait peu; il était spécifié que le Directoire ne se préoccuperait pas des protestations qui leur seraient ultérieurement faites, il serait satisfait du règlement d'abord accordé. Le succès momentané d'un paiement à ses fournisseurs lui suffisait.

Or, ces derniers, quels étaient-ils? Tous, des amis de Barras. Nous savons, par les aveux intimes des correspondances des généraux, les actes de vol inquahfiables auxquels se livraient ces hommes véreux, soit aux dépens des troupes, soit aux dépens des pays occupés. Bonaparte, auquel il faut rendre en matière de finances une absolue justice, ne les aima et ne les favorisa jamais. Certaines de ses dépêches sont à citer comme protes-

lations considérables contre ces actes, nous aurons a V revenir dans le chapitre suivant. Leur protecteur, leur coopérateur, leur complice, ce fut toujours Barras. On est même en droit de dire que la somme souscrite aux fournisseurs n'avait ceux-ci qu'à titre de prêtenom, soit pour la totalité, soit pour la plus grande partie. La grâce qu'obtenait ce personnel après des condamnations publiques parle plus haut que toutes les dénégations de leurs apologistes.

Nul parmi les directeurs ne fit fortune au pouvoir. Carnot y contracta des dettes, Barras seul y releva la sienne qui avait sombré par sa faute dès 1792.

Autre observation. Querini a gardé le silence, dans sa communication du 8 avril, sur le nom du Directeur avec lequel il avait eu la série d'explications que nous avons lues Or nous l'avons donnée en une traduction a peu près littérale et les dépêches ultérieures nomment Barras personnellement. Il est donc naturel de conclure que le membre du gouvernement incriminé est bien Im et la présence de fournisseurs dans l'affaire rend la probabilité une certitude. Les témoignages postérieurs des contemporains, de Querini après sa mise en liberté, des publicistes italiens et des membres du corps diplomatique sont formels. .

Avant que Querini n'eût reçu la réponse des inquisiteurs d'État sur les sept millions destinés à sauver la république vénitienne, il fut à même d'exposer les nouvelles découvertes dont se rendit susceptible 1 avidité de Barras. Les propositions cette fois furent nettes. On aura observé d'abord que la colère de l'interlocuteur du 8 avril avait eu un but unique : menacer pour être

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acheté, les conditions on les connaît. Que s'était-il passé de cette date au 15 du même mois?

Chargé de remettre dans cet intervalle de temps une lettre du doge au Directoire et une dépêche du procurateur Pesaro à Bonaparte y jointe, l'ambassadeur avait vu venir à lui spontanément un des intéressés de la proposition d'avril. Il rappelle éloquemment « una di quelle persone che manegiano tal natura di afTari », et observe qu'il engagea les pourparlers comme précédemment pour obtenir du sénat vénitien des sacrifices nécessaires. A ce prix on promettait de calmer toutes les insurrections « onde rimetter in calma li suoi Stati e far terminar in essi le rivoluzioni. » Le sort de Venise est dans vos mains, lui fut-il dit. Le Directoire est partagé sur son avenir; deux de ses membres combattent les mesures révolutionnaires, deux les approuvent, le cinquième reste indécis. Or l'indécis était Barras. Mais moyennant un sacrifice quelconque, la solution serait infailliblement favorable à la seigneurie. Voici le texte précis : a E che era venuto da me per veder se voleva far un qualche sagrifizio ; che in tal caso m'assicurava che la questione sarebbe stata decisa a favor del mio Governo. » Querini répondit qu'il ne pouvait rien décider; un courrier spécial avait été dépêché par lui au sénat ; l'ordre de celui-ci dicterait sa conduite.

Le mandataire évident de Barras ne se tint pas pour satisfait; il devint pressant et déclara qu'il attendait un engagement formel, surtout immédiat « sul momento. » On le comprendrafacilement, l'ambassadeur opposait des objections utiles. Il lui fut répliqué alors que le Directeur se déciderait sur le résultat de l'entrevue. Quel direc-

teur sinon Barras? Jamais Querin. n a employé les mo s echn ques Direitorio pour Direttore et réciproquement, or Usp ifie ici et clairement : « Mentre m. repeteva ch; ofrettore attendeva la mia risposla per dec.ders.. « fe doute est-il possible? C'est bien de Barras qu il s a- . pHp lu seul dirons-nous. L'examen du récit amené Se pre^e attendue lorsque le narrateur déclare parler avec une exactitude absolue, car .1 cramt tou- Luqu une aussi scandaleuse proposition „ md.gne ses

Cmittants et ^-i^:^^^-^^::^::

If U^yr;; orr^c^rité sur ce marché bon eux en -es non équivoques : « Dalla ver. a del Sto. ."ce marché. Querini en demeurait troube^

Ces intimations et ces menaces hu montraient bien a.S en était venu aux angoisses suprêmes. Il ne le IhaU pas lorsqu'il craignait de se voir dans alte „a- :: 5e Jauver ou de perdre son l-y^'f'T'^^:^ loureuse qu'il n'avait en rien ;;«<^herc*ie«-. ^^^j^^^^^ dp désespoir : « Che da me d.pende^e il saUar o 1 Sa mia patria e la nazione. » Ne perdant pas coSlge il demanda à l'envoyé secret quelle était l éenTue du sacrifice à lui imposé. Celui-ci exigea pou tenaue au .„,,eiaii le Directeur une somme de

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Tout ce qu'il obtint fut d'organiser un système de lettres L change à différentes échéances et dont le paiement

serait échelonné. En présence des malheurs entrevus, agir en dehors des ordres de son souverain ou faire dudit Directeur un adversaire implacable de Venise, il pensait interpréter les vues de la seigneurie renfermées dans les dernières dépêches en souscrivant aux volontés à lui imposées dans des formes assez comminatoires pour la patrie et la nation vénitienne !

Il ne signa rien cependant, sans poser ses conditions. Les cités rebelles devraient revenir sous l'autorité de son gouvernement, les podestats nationaux seraient réintégrés dans leur autorité, on désarmerait les factieux, toute ingérence des étrangers serait interdite sous des peines sévères, révacuation des places forlos ot des villes qui n'étaient pas nécessaires^ aux opérations de l'armée d'Italie se produirait de suite, enlin les cammandants français seraient obligés i\ interdire toute rébellion sur les territoires occupés par leurs troupes.

Ces six conditions répondaient à un progranune et devenaient de véritables articles dtî traité diploinatique. Elles honorent la mémoire de leur autour pour euxmêmes et pour la forme dont il le;» avait revêtus ; elles étaient écrites de sa main; il rattosle ain«i, le mie condizioni che io aveva scritte.

Le contractant, si heureusement nonniu! par lui <* il commissionato negoziatore », le quitta en ï>rom€llanl une réponse immédiate; il avait cmiM>rlé le libellé. U* jour même, il revint chez Querini en s'écriant : Tout est accordé, « lutto era accordalo. »♦ O «h^niier du moins

l'espérait.

Ici intervient un grave incident» Bonaparl*'. L'ambassadeur déclare, preuve inatUîndoc pour nos divcw

' ' «1 ^n'nn écrivait en ce sens à jugements sur ce «^ f^^' ^."."..rjoUUciens, la voilà Bonaparte. La compc.lé des de p^ commun depuis

dans son ^-^r^'\.^^Xr sa poWique personnelle aux

^'^ir iCtre pou a Trlun'; le moment de sacrifier armées, l autre pou ^ paraît dis-

rêt du Boldat corse. Au moment d<îCl8U i>i>m \

la copia j ^,^, i^ç^ ,„,<.r.

mMiaiL vémix du directeur inforroèreiH «ucrini méd aire* ven ^^„,.«nuc laiwail en dehors do

?",.^ï^nti^i« n« «nac«; iU ..aient ,>l««..a.. rr\ltT Udtfpéclic te. n«.ntion« en masse sauf «n

':rSL DiMto. « par « chartçe. NW avon, p«r

la Vie de Napoléon qu'a écrite Stendhal son nom patronymique : Bottot. Ces favoris divers s'évaluaient à 24 mille livres; leur nombre était de trois seulements et l'ambassadeur en parlait avec mépris. Il les désigne : qualcKaltro individuo!

Tant de négociations sur un pareil sujet lui faisaient tout craindre et la succession des événements pouvait, disait-il, tout aggraver. La Seigneurie n'avait qu'à se reposer sur sa prudence. Il signalait ses soins pour que les incidents restassent secrets, notamment en ce qui touchait le Directeur dont il ne désirait prononcer le nom à aucun prix. La situation était d'autant plus délicate qu'à ce moment de l'année chaque membre de ce gouvernement était renouvelable. Or, moyennant finances on traitait toutes sortes d'affaires et les plus grandes avaient le sort des plus petites. L'expression suivante est formelle et ne peut laisser aucun doute : si ottengono délie grandi cose.

La paix avec le Portugal était l'objet d'une communication spéciale dont l'importance nous autorise à ne pas insister; sa lecture suffît pour corroborer le récit de Querini en ce qui le touche et aggrave par un scandale jusqu'alors sans exemple les conditions dans lesquelles se traitait la paix avec les petits Etats.

Bonaparte avait donné à Modène, à Parme, et à Li-. vourne pour la Toscane un exemple fâcheux. Il s'abritait alors, par un abus condamnable, sous le mot contributions de guerre ; mais en transportant ce procédé dans des délibérations diplomatiques, le Directoire Térigeait en principe. Or, rien de tel n'était advenu à Bàle pour la Prusse et à Madrid pour l'Espagne. Bien

1 Vnn de=; négociateurs secrets pour Venise et le & alst pu J pour lui-mé^e ! A la France toujours g 2ase, Barras'imposait ses origine es au aœ ^t les prévarications ! Quelle ne doit pas être notre md.

^"on°m'assure, s'écriait Querini, que le ministre de Portugal" itant de la paix par ordre de son souvei„ devra paver de son côté à la France sept ou rimS ons'au moins. Les intermédiaires obligent a ÏÏver le chiffre final à douze millions : « Ma dova tZLlinmaneggio privato da dodici million.. >> Ams,, le's agents privés'Lgeaient .pâtre millions pour leurs

^ir::^L pas au bout de nos d^uvertes l'ambassadeur vénitien s'inquiétant a bon droit du sort

\:;=att;;utait-il, .s Bo.onais . .s Fe~ dépensent ici des sommes incroyables. ^^^l^'^'^'J^. indépendance, les premiers donnent ce qu on demande nnnr obtenir que le Directoire approuve leur Repu Ee nouvelle, les seconds s'obligent à des sacrifices honteux La ho'nle est générale et cependant tous sont nrets à augmenter leurs sacrifices!

P' uL deuLme dépêche, en date de ce -ême H av.. . \.. lP« scandales de Barras avec plus de détails Tnc TusTle contemporains l'ont appelée la vra.e Lmiëre de ces trafics illicites , maggior lume <kl tur- Sr merœnonio. Elle met en scène un autre membre du Directoire, mais pour la politique seule.

Ouerini par ordre de son gouvernement, se rendit auprTdes'chefs du nôtre pour se plaindre officielle-

menl de l'appui que nos généraux ne cessaient de donner à tous ceux qui, dans les États vénitiens, se révoltaient à un titre quelconque contre leurs autorités respectives. Il devenait donc nécessaire, aux termes des instructions de la Seigneurie , d'armer les habitants fidèles encore dans les provinces de Terre Ferme. Entendait-on à Paris organiser une guerre civile dans ces pays où une troupe de factieux portait le désordre et l'anarchie?

Rewbell répondit que ces plaintes étaient justes; ses collègues et lui avaient écrit en ce sens à Bonaparte. Il lui avaient enjoint de mettre fin à ces dissensions, de punir les auteurs des troubles et de destituer les officiers français qui les avaient secondés.

Le débat fut ce qu'il devait être, un échange de réclamations et de promesses stériles. Il y avait longtemps que Bonaparte agissait selon ses desseins secrets, appuyé par Barras, n'alarmant que les débris du parti terroriste et vrai souverain à son armée. Ses actes, il les donnait comme dictés par les opérations de la

guerre.

Avec le ministre des relations extérieures, le thème était plus facilement discutable; on invoquait les traditions de la diplomatie et l'esprit du système de la neutralité voté hautement par la Seigneurie depuis cinq ans. Delacroix en accepta le maintien et répondit à Querini par des arguments connus déjà. Ce dernier revit le lendemain Rewbell , et insista de la manière la plus pressante pour que les conditions demandées par lui parvinssent sur l'heure à Bonaparte. Leur exécution fut déclarée immédiate... Le vainqueur traitait

alors à Léoben et s'il était pressé d'expédier des courriers ce n'était ni à Venise ni à Paris, mais à Moreau et à Hoche qui menaçaient Vienne à marches forcées.

Rewbell constata avec quelque maligne complaisance que Venise était attachée à la maison d'Autriche ; cependant, il engagea l'avenir du gouvernement directorial en annonçant une entente absolue avec a Seigneurie. Ce vieil État méritait le respect, dit-il; son caractère et sa politique traditionnelle sont une garantie pour la France. La création d'une nouvelle puissance pourrait être nuisible à ses intérêts : « Nasca una nuova potenza di cui il carrattere potrebbe esser forse nuocevole alla Francia. >> L'avenir de sécurité promis à Venise était donc absolu. Querini constatait la valeur d'un témoignage aussi officiel avec plaisir, mais il n'y puisait aucune tranquillité d'esprit. Le Directoire restait toujours un gouvernement de vues divergentes et mobiles, il s'inquiétait même de la gravite de ses promesses si peu d'accord avec la réalité. Or, la réalité pour lui, c'était l'occupation française de sa patrie et la multiplicité de nos agents, dont la conduite était en opposition avec les affirmations de Pans : a Gli ageiiti francesi hanno quasi sempre tenuta nelle Venete provincie una condotta a qualla del tutto opposta. » Peut-on le nier?

L'ambassadeur devint assez embarrassant lorsqu il apprit à Rewbel ce qu'il tenait des communications du secrétaire de Barras, savoir : la mise en délibération au conseil de la révolte générale des Etats vénitiens contre l'autorité du sénat et du doge. Il utilisa ce lait pour obtenir un renouvellement d'engagement soit

228 CTUTE d'une république.

.„r IP resnect de la neutralité, soit pour Vcloigne- Ct esaït républicaines. Rewbell répon^t ,ue Zt était prêt pour lui donner une copie certifiée con

: Lfaes^o^dr^es expédiés sur tous les po nts - 'tig

tr=rpS;èn:r^-'r=^^

%Tuf ^rilir- "el. de plus hautain et plus réservé que celui ^e «J^^l ^ L'ambassadeur crut à de mauvaises ---^^''^l^'^^l d-Italie concernant la Lombardie vemt.çnne on lu le nliqua en s'étonnant de son ignorance des faits advenus àSalo où tant de Français avaient péri et on protesta cont e l manifeste de Battaglia, celte nja^œuvre " d°Rne du génie de Bonaparte. L'honorabilité de Que- HnTlrouva la seule réponse qu'on pût faire a une tel ;'r" cLation, il n'hésita pas à la dire aus^ « Ch " ;anto al l-^laina io fran^amente^^^^ ^^

SJeTe r a:.eT sTpp^os^Jt . cette culpabilité non moTns que les traditions gouvernementales de so na^s m Rewbell n'accepta pas ce dément, et romp t Sritil faute de documents oHiciels venus des etats-

"rrrinMotait, en constatant ce qu'il éprouvait de douïeu?: 'e redoublerai d'eflorts et de .èle dans les

irebbe chc disonorar qualanque Governo ctxe tore. »

conjonctures présentes, je me P^émumrai contre t^^ les manœuvres, on en est venu ici a Hf^^l^^^'l^^, pj- ^r. np rprule devant aucun moyen pour luiu baitr'e notre goutmement. Mais je ferai triompher la .Ma Se Nobles paroles d'un vaincu appelé •'"'i-lnr sa natne trop calomniée! H terminait en ; Snt ::::::;: de Wches et de courriers p^pres à renseigner le sénat jour par jour, al ^'^^'^^^ moyen pour lui d'obtenir des instruction, et une direc

"7; 9^ avril l'ambassadeur écrivit deux dépêches re- JSXtkat de l'indépendance de V->, - - «PTociationsavec Barras étaient laborieuse.. Ce dernier "cou lis émissaires secrets, n'osant inlerven^rlu.- Xe; l'émission de son vote dans les d.scu-on d conseil directorial restait toujours a 1 eUUe mena suspensive, mais de menace décidée^ ^;"" '" re • lui constante Querini lui paraissai de bonne guerre " nromettre nue son crédit arrêterait seul la rébellion Er el e'des États vénitiens, c'était gagner a coup û T; om,nes réclamées ouvertement. Nous disons les Tommes, parce qu'en dehorsdes .00 n^e f ran. ...«.s

de" it" avoir là partage en faveur de Barras et ce dern er ne dut pas s'allouer la part la plus minime Se. arrintrigues contre le Portugal les Milanais et les Transpadans en sont une preuve absolue.

CnUTE D UNE REPUBLIQUE.

Si Barras entendait recevoir de l'argent, il cherchait cependant à ne pas se compromettre. Or il estimait que l'envoi du projet de traité rédigé par Querini à Bonaparte était une compromission, « mentre si comprometterebbe troppo ». De nouveaux événements en rendaient l'application dangereuse, on y pourvoierait ; quant à avoir copie authentique de la lettre du Directoire au général en chef, il fallait y renoncer. Que devenaient alors les assurances données? L'ambassadeur pouvaitil ajouter foi à des déclarations verbales? Le caractère de ces assurances n'était-il pas intime ? Si on craignait d'en constater l'effet à mots couverts, que penser de la négociation elle-même? Quel espoir avoir en l'avenir? Si on modifiait les décisions à toute dépêche reçue, rien de stable n'était plus possible.

Querini déclara avec humeur qu'en l'absence d'engagement « senza un documento aulentico » il n'agirait pas. 11 exigeait des preuves à raison de sa responsabilité « che comprovasse quantomi diceva », sinon, pas de billets à ordre. Encore demandait-il un laps de temps déterminé « condizione » afln d'avoir l'approbation de la Seigneurie « tal mia direzione approvata dall excellentissimo Senato. » Il allait plus loin à raison des inquiétudes qui l'assiégeaient; on paierait après l'œuvre accomplie. Or, cette œuvre, il la spécifiait à nouveau, n'admettant aucune équivoque ; c'était l'extinction de la révolution dans les États vénitiens, le retour de toutes

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On l'accusa d'avoir change ^^^^^^^nl, et d'avoir percevoir la -^^^ ^T^;^;^:^ sans doute reçu des nouvelles P^f ^" ^ j'opinée des Français, on avait annonce une ^ef^''^ '"°P jt au respect

Quelle que fût la situation Barras « «"gag .^1 ^^

ïes volontés de Venise et a ">«"'«;" ^^f-^^ nirettorio sections qui désolaient ceuerpubliq^^^^^^ ^^^^^

,i era deternuna^ di mp d.r ^J^^^^^^^^^„^ ,,.„prit rivoluzione ne fetati vene ij^i^ga pas

que l'on voulait ^ -bord de la gent e .^^^ ^^^.^

^; ^nf rirr:teSTintencer le conseil Barras. Le aerniei p^nvanl v trouver une

vernenjental dans ^e -> J^ndeva an. da force: « yedeva «he ,'écriait Quer.m, qm,

esso Direttore .. ^ ed ce pas ^^^^,^^ . ^^^^.

ayant promis '«/Jf ^^ "/n m'accuse-t-il pas encore parte, a refuse de la donner r remportée

d'avoir varié à la nouvelle d"»e v'C o^ P^^^^,

par les Autrichiens -'^^^J'^,;^ .^^^rtures? « Che N'est-ce pa^ lui enfin qui m a fait des o .

q^ello. Che mi ^^^^^^^^ Z u^ rén'étaient pas seulement de i inuiç,

nuisitoire avec preuves. précisant.

^ L'ambassadeur réitère '^' ^^.^ ^^^'^r^^" • -.Je sousUe Barras dit-il (mais il ne lejdesignejamais.que .so i

titre impersonnel, quel direttore) a voulu engager ma responsabilité nominative en me portant à signer des lettres de change pour sept cent mille francs payables en un moisi La première demande avait été de six cent mille francs, aujourd'hui on l'augmentait de cent miJle. Pour qui? en faveur des intermédiaires (1). On croirait assister à un marché de cadi vendant la justice à des sujets turcs.

Pour vaincre les scrupules du vigilant Querini, Barras allait jusqu'aux dernières limites dans la prévarication.

Ne pouvant livrer la copie de la lettre du Directoire à Bonaparte, par cette raison qu'elle ne fut jamais écrite, il lui envoya en place un Mémoire écrit sur son ordre et par son secrétaire propre « per ordine suo dal propio suo segretario » sur du papier officiel au limbre du Directoire. La ruse est complète et grossière à la fois, l'ambassadeur se refusa à lui accorder aucune valeur. Le langage de Barras nous est connu par la narration analytique de l'interlocuteur. On assurait l'intéressé que tout ce qu'il avait spécifié dans sa note « privata nota » le projet de traité du 8 avril (car c'en était un au fond) était observé. Les ordres les plus stricts avaient été imposés au général Bonaparte et l'émissain? ajoutait que l'ambassadeur pourrait rendre visite dans la soirée de ce même jour à Barras. L'objet

(1) « Ecco cosa mi fece proponer allora conie un niezzo finale della negoziazione ciie io facessi cioe de' biglielti per 700,000 lire pagabili dentro un mese, aumentandosi questa summa della prima, che come ho rassegnato nella riverentemia Lettera non era che di 600.000 essendovi compiese per altro le remunerazioni da darsi alli negoziatori di quest' affare. »

le mémoire de Ba[^*^' ' ^^^^ ^es armées répu-

SHe V^nLe au conseil. Dans le cas contra.re.

toute entrevue était muUle. ^ persuader la

L'ambassadeur f -;! P^ j^s ^ inistait sur les

E:tretc:Wt-u>a^^^^^

j * 4^,it rpHmiter ou attendre au iiiuiuci.w

celle de venise j réHéchir à sa situation

pliait le sénat dans son récit de reuecn.r P à la leur propre avant de prononcer. Les Pa'lavicm. ei d Ici icui j^x 1 ^ •„: Aa rpcevoir a 1 ac-

Je me flatte, ajoutait-il assez troublé , que cette somme importante portera ses fruits. Barras me Ta aflirmé itérativement et il est décidé à obtenir de Bonaparte le respect des conditions inscrites par moi dans le traité. A la paix, je promets que notre République se retrouvera telle qu'elle était au début de la guerre : Allapaœ, la Repubhlica sara quale in ogni rapporta prima délia

guerra.

Ce cri du patriotisme prouve la connaissance du danger et sa rapidité. 11 mérite d'être gravé sur le marbre au palazzo ducale. Querini a noblement pris place à côté des Mocenigo , des Pesaro, des Giustiniani , des Des Ëmiles, desFoscari, des Grimani et des Ottolini qui dans le deuil final de la patrie redirent les vertus des

aïeux.

La dépêche du 22 fut suivie d'une seconde relative aux affaires de la capitale et dans laquelle était exposée la version vénitienne. Nous en réservons l'examen pour la discussion des actes sur la chute de la République.

Pendant que l'ambassadeur écrivait ce qu'on vient de lire, le sénat vénitien ignorait tout. Le 20, les sages étaient convoqués en assemblée, dans la chambre même de Lodovico Manin. On vota l'acceptation des propositions faites à Paris. Un document l'atteste; c'est la dépêche à Querini du 6 mai. On y lisait : « La gravité des circonstances , telles qu'elles ressortent de vos exposés, vous ayant déterminé à souscrire des « lettres de change pour sept cent mille francs sur la banque Pallavicini (Nicolas) de Gênes, il a été signifié à notre consul dans cette ville de s'entendre avec cette maison pour qu'à l'échéance souscrite elle

Jm.

« les accepte et les solde... En retour, nous compton „ nue toutes les villes de Terre Ferme actuellement .. î^^olutionnées et occupées par les troupes françaises „ ressentiront l'effet des promesses que vous ayez re- „ rues de la part de ceux qui les ont consenties. » Limportance des termes employés dans cç document n'échappera certainement pas au lecteur; .Is sont tre» r„odél dans la forme et prouvent le mamUen continu des idées de neutralité chez les membres du conseil gouvernemental. .

Au début, le doge y mentionne les negoc.atK,ns du mois d'octobre de Vannée précédente , en date du 8 A cette époque, en effet, Lallement et Vernmac ayant remis deux mémoires à la Seigneurie de la part du Direlre avaient provoqué une réponse sur le ,,s e.e de la neutraliié. Le doge avec son conseil avaient interprété dans le sens d'une immobilité absolue ; repous- «ant toute ambition, tout agrandissement, ils avaient déclaré que les États vénitiens entendaient rester^e^^^^^^ gers à la querelle armée dont l'Europe était le théâtre^ L'amitié et la continuité des bonnes relations de leur diplomatie avec les autres puissances étaient leur principe : « E nelli sinceri suoi rapporti d mvanata amicizia con tutte le potenze d'Europa. » La Iranqui .te intérieure de leurs provinces était un bienfait qui 1 emportait sur les éventualités de la guerre.

Ce qu'on avait écrit alors on le pensait encore et le Directoire connaissait la sincérité de la Seigneurie. Querini eut mission de le rappeler (1).

^ 0) On lit dans la dépêche du 8 octobre 06. « Lontana per antico

Nous ne nous dissimulons pas que Ton trouvera surprenant peut-être Tacte de Ja Seigneurie et son acceptation sera imputée à crime par les amis de Bonaparte. Le dédain des propositions concussionnaires de Barras, une protestation décidée et un appel au patriotisme paraîtront préférables à ceux qui ignorent notre étude ou aux esprits prompts à l'honneur. En politique^ répondrons-nous j la voix du sentiment est celle qu'il faut le moins écouter parce qu'elle est la plus dangereuse en général. Dans le cas présent, elle eût tout perdu. La honte n'était pas dans un marché qu'il était malheureusement impossible d'éviter, mais dans sa proposition. Or ce crime, c'est Barras qui Ta accompli et lui seul. Enfin, parmi les ambassadeurs ou les conseil- 1ers considérables d'un gouvernement légal , reconnu , en paix avec les puissances, quel est le dignitaire cpii oserait refuser le salut de son pays parce que la force des événements Ta mis en présence d'un autre dignitaire concussioimairc mais assez puissant pour le perdre? Quel est le conseil suprême de gouvernement qui refuserait d'accepter cette mince responsabilité? N'est-il pas dans ses attributions de tout faire , de tout tenter pour l'intérêt public? Le prix n'était-il pas illusoire si

istituto la Republica di Venezia da quahinque progetlo anîl)izioso tienc fennamente riposta la sua esistenza politica nella félicita ed aiTetto de propri sudditi c nelli sinceri suoî rapporti dinvariata atnicizia con tiittc le potenze d'Ëuropa. Questi principi di inodcrazione, di buona intelligenza c di esatta impaizialila costantementc sostcnuti a fronte di qualunqiio invito e sollicitazionc appagarono in ogni leinpo le |K)lenze medesime ed iinperturbali preservaiono ai Veneti Stati i frutti preziosi dell' interna tranqiiiilita e délia pace. »

'"? T f ™»'Ϋc»n,,.li.»U 1. drame que le p.W»-

"*''"®- , j- „ u^ .iprniers iours de Venise el

Mais avant de redire le. ^'«"^^"f; J° - , miUlaireles perfidies employées par "»^ /^;^^;'^^^^^ ^ap-

„,e„t obéissant, --P>éto- -^^^^^^^^^ celui-ci

ports de Barras avec 1 ^m^™?' ^^ j^ ses efforts

lavait pas tardé à --^;^ ^^^^ Se son pays. Sa et l'entrée des França. dan. 1^^^^^^^^^^^^ ,^

mission était donc finie "«"''" j^j a„„„nça

dernière fois, ^J".^'' ^^ ,„„ innocente mta fa-

"^"T:2el^ui remit ses passeports, dérision

r;te, t; ZT!^ de ,«.«. jours pour son dé-

't,^ de Paris aussitôt, il n'eut f^^^^^^ lion; avant d^ se dissoudre le .^na et >eco

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« suffisant pour prouver que la somme d'argent ré- (( clamée dans cette affaire fut promise pour un objet « inavouable. » Qu'établissait ce document prouvé vrai dans un acte ofTiciel dont nous allons parler ?

Un nommé Viscowich, d'origine dalmate, s'était présenté à Querini au nom d'un membre du Directoire exécutif, Barras , et lui avait appris les incertitudes de ce gouvernement pour l'indépendance des États vénitiens. L'intervention prépondérante de Barras devait seule la sauver. A une révolte complète favorisée par les troupes françaises, il opposerait un ordre formel. Mais il fallait pour cela beaucoup dépenser. Au prix de sept millions , la Seigneurie garantirait son indépendance; six cent mille francs immédiatement versés à Barras et cent mille aux autres intermédiaires étaient le prix fixé à toutes ces interventions. L'ambassadeur avait souscrit après plusieurs jours de discussions et de luttes amères les lettres de change présentées pour ce chiffre. Le gouvernement vénitien avait donné son approbation au traité qui s'en était suivi. On sait ce qui advint du fait de Bonaparte. La chute de la Seigneurie et le nouvel état de choses ne laissèrent pas Querini indemne de toute responsabilité. Ajoutant au malheur de ce pays le cynisme dans la concussion , Barras osa tirer les traites du gouvernement déchu sur Pallavicini au mois de juillet. L'intéressé protesta pour l'intégralité de la somme. Furieux de cet échec si facile à prévoir Barras inspira au Directoire un acte pervers : l'arrestation de Querini par ordre du gouvernement français. Le 3 décembre , saisi dans son palais , l'ancien ambassadeur fut traité

en prisonnier d'État et jeté dans un cachot du château de Milan. Le 11 février 1798, on s'occupa de son interrogatoire, après une prison préventive qui, s'appliquant à son ancienne fonction diplomatique, était une véritable violation du droit des gens. Les demandes et les réponses faites de part et d'autre par le colonel Pascalis, adjudant général à l'état-major de l'armée chargé de connaître hypocritement ce que savait si bien Barras confirma le document secret de Querini. L'attitude de l'inculpé fut ce qu'elle devait être , digne et vraie. Il en ressort ce fait que les pourparlers pour sauver à prix d'or l'indépendance de la République de Venise étaient commencés dès le mois de mars. Très prévoyant , Querini avait confié toute la négociation au ministre de Toscane et ne s'en cachait pas (1).

Barras deux fois coupable compléta son iniquité par le conseil qu'il donna au Directoire. La corruption était formelle; mais elle n'alla point de l'ambassadeur au gouvernement français, elle vint d'un conseiller directorial à Querini.

(1) On trouvera aux Pièces justificatives le texte de l'interrogatoire subi par Querini, sur l'ordre de Berthier, qui remplissait alors les fonctions de général en chef

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