‹ Chute d'une république [microform]. Venise. D'après les archives secrètes de la républiqueChapitre 7 sur 48 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

l'archiduc CHARLES ET BONAPARTE EN 1797.

Projets de Bonaparte contre Vienne. - L'Autriche envoie l'archiduc Charles à la tête d'une nouvelle armée. - Portrait de l'archiduc et de Bonaparte. - Le Tyrol se soulève en faveur de l'Autriche. - Exposé des opérations militaires.- Le parti de la paix l'emporte à Vienne. -Préliminaires de Léoben. - Joie de la France. - Insurrection des États vénitiens fomentée par Bonaparte.

Jomini a blâmé les cabinets de Vienne et de Londres de n'avoir pas accepté les ouvertures de paix de Glarke et des plénipotentiaires français. L'Autriche était vaincue en réalité sur le Rhin puisqu'elle ne pouvait s'emparer définitivement de l'Alsace et de la Lorraine, ni de là, envahir la France. En Italie, on sait le rôle qu'elle jouait. Les victoires de Hoche et de Moreau , secondés par Marceau, Desaix et Gouvion Saint-Gyr contre-balancaient les succès de l'archiduc. Mais ces succès donnant à Thugut des espérances trompeuses M firent regarder la délivrance de V Italie comme aussi certaine que celle de V Allemagne et pour n avoir pas renoncé à la Belgique il s'exposa à perdre la Lombardie, La prise de la tête de pont d'Huningue par l'archiduc pouvait-elle compenser la prise de Mantoue par Bona-

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parte! Thugut, jugeant aussi mal du choix des généraux que des conditions de la paix, fît passer l'archiduc Charles en Italie à la tête de trente mille hommes , le prédestinant à jouer le rôle de vengeur et de maître de la péninsule. S'inspirant du système des réquisitionnaires créé par la Convention, on dressa des recrues autrichiennes pour compléter les régiments désorganisés par nous, et la Hongrie toujours fidèle accepta les sacrifices les plus étendus en vivres, en fournitures, en subsides d'argent. Elle fournit à elle seule cinquante mille hommes et comme on le supposait à tort à l'égard des phalanges républicaines si vaillamment conduites, on crut pouvoir arrêter leurs progrès en leur opposant des masses exercées à la marche et aux feux. L'expérience devait ruiner ces prétentions.

Enivré par les faits d'armes de ses troupes, et par l'enthousiasme des Italiens pour lui-même, Bonaparte conçut les plus vastes desseins. La Lombardie fut destinée par lui à former un Etat indépendant , ce qui était une double faute; il oubhait ainsi d'indemniser le Piémont, de l'agrandir en l'arrêtant pour l'avenir, et de le mettre par ce don en opposition constante avec l'Autriche ce qui l'eût mis obligatoirement dans notre alliance. Il préférait une république, moyen fâcheux de flatter les préjugés de son gouvernement , et favorisait les promesses illusoires de ce dernier aux députés de Milan accourus à Paris pour y réclamer la liberté. Sur la paix avec Vienne, il était aussi résolu et comptait faire revivre les souvenirs de Charlemagne en traversant les Alpes Juliennes à la tête de ses troupes. La terreur eût été complète en Allemagne, il se

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mesurerait ainsi avec Tarchiduc Charles , propre frère de l'empereur, victorieux des armées républicaines sur le Rhin et qui prenait le commandement des Impériaux en Italie. Ce que n'avaient pu Jourdan et Moreau, rentrer sur les terres de l'empire et y camper, il l'accomplirait après une année d'exercice dans son commandement et si Thugut s'obstinait encore à combattre il pénétrerait jusqu'à Vienne. La capitale du Saint- Empire lui promettait l'immortalité. Pour cela il fallait se hâter, car Moreau pouvait concourir avec lui à ce triomphe des armées républicaines et c'était là surtout ce qu'il n'acceptait pas; un rival en gloire, même dans l'intérêt de la France.

Les dédommagements à offrir au cabinet de Vienne l'inquiétaient peu. La victoire et ses combinaisons vivement menées , la nécessité de conclure exposée avec artifice , au demeurant la victoire obtenue par lui seul , l'élévation qui en serait la conséquence et la contrainte morale où se trouverait le Directoire de souscrire à ses propositions , tels étaient les pensers de Bonaparte. Les États vénitiens étaient destinés par lui à servir de compensation aux négociations, fallut-il les soulever pour trouver une cause à ce résultat. Ce dernier trait consacrait la politique détestable de notre patrie dans cette partie de l'Italie; notre ministre n'était plus qu'un instrument entre les mains du général en chef oublieux de sa gloire et Lallement de sa dignité personnelle comme de ses devoirs.

Notre armée comptait alors cinquante mille hommes, tous vétérans et Bernadotte avait été envoyé prudemment par Carnot à la tête de vingt mille vétérans du

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108 CllfTE U UNE KÉI'UBLIQUE.

Rhin Jouberl, Bernadotle, Masséna el Lannes étaient fe prh'ipaux chefs. Bonaparte s'était réserve U.e Iroire cleîinée à marcher sur Vienne, par la roue tlll et la plus facile. Ses deux lieutenan s L rt et Masséna devaient avec l'aile gauche et e centre occuper quelques villes secondaires, puis se oTgrant à lui à des points déterminés rompre armée autrichienne sur toute sa ligne, par le fait de Sur jonction; on se précipiterait alors en masse sur vTenie devenu Tobjectif unique de la nouvelle cam-

^X proclamation retentissante l'annonça en des

termes qu'il faut retenir, proclamation où la coalition

tTAng terre en particulier était vitupérée pour ses

audacel Les troupes saluèrent de leurs Ç- cett« co-

.wioU .'lia Ipiir souvenir de la Venaee, 1ère nul correspondait a la leui , huu>oii

et sa'ns démêler le vrai du faux oublièrent eurs souffrances dans l'espoir de dicter la paix a Vienne, but

assigné à leur courage.

.Vous avez remporté la victoire dans quatorze ba- „ tailles rangées et soixante-dix combats; vous avez „ fait plus de cent mille prisonniers, pris a 1 ennemi <. cinq cents pièces de canon de campagne , deux m de ., de gros calibre, quatre équipages de pont., nous .. avez en outre envoyé trente millions au ministre de « finances pour le soulagement du trésor public . Les « couleurs françaises flottent pour la prem «re fo « „ sur les bords de l'Adriatique. Le ro. de Sarda.gn , « le pape, le duc de Parme se sont détaches de la ., coalition de nos ennemis... mais vous " avez Pas „ encore tout achevé : une grande destinée vous est

« réservée... L'empereur seul reste devant vous... Le « Directoire exécutif n'a rien épargné pour donner « la paix à l'Europe; la modération de ses propo- « sitions ne se ressentait pas de la force de ses armées; « il n'a pas été écouté à Vienne; il n'est donc plus « d'espérance pour la paix qu'en allant la chercher « dans le cœur des États héréditaires de la maison « d'Autriche... La maison d'Autriche, qui mécontente « ses peuples en les dépouillant de leurs privilèges, se « trouvera réduite à accepter cette paix que nous lui « accorderons et à descendre dans la réalité au rang « des puissances secondaires où elle s'est déjà placée <( en se mettant aux gages et à la disposition de l'An- « gleterre I »

L'Europe avait les yeux sur Bonaparte et sur l'Archiduc, honorés tous deux par la victoire, égaux par l'âge et par la renommée. Opposés comme qualités, ils rappelaient, l'un la prudence de Turenne et, par un contraste frappant, le plébéien reproduisait la fougue du prince de Gondé. Ainsi, la prudence et la fermeté du premier aurait à combattre l'audace et l'impétuosité du second. Le vaincu apportait aux siens sa constance dans les épreuves : le vainqueur, inconnu la veille, son immense réputation et sa supériorité. Quant aux moyens, deux écoles se trouvaient en présence; l'une, fidèle aux vieilles traditions de l'art de la guerre, l'autre novatrice et insaisissable à cette époque dans ses procédés. Les troupes républicaines étaient déjà victorieuses, les troupes autrichiennes étaient vaincues honorablement et suppléaient à l'ivresse du succès par celle de leur dévouement. La défaite même les rendait

fanatiques , noble exemple de fidélité à une grandeur abaissée mais toujours digne. Si Bonaparte l'emportait encore, la domination française s'affirmait en Italie et par elle la diff'usion des doctrines de la révolution , menaçant à la fois les principes ébranlés de l'ancien régime et l'extension du nouvel ordre de choses. Si l'Archiduc était battu, l'intégrité territoriale de l'Autriche était perdue et son influence disparaissait de l'équilibre comme État prépondérant. Le Saint-Empire pouvait en être bouleversé, peut-être détruit, si Hoche et Moreau l'emportaient de leur côté sur le Rhin. La partie n'était donc pas égale en résulats probables pour les deux adversaires.

Les peuples avaient leur rôle aussi dans ce drame. Les habitants des pays où se mouvaient les deux armées étaient favorables à l'Archiduc et moins bien disposés pour nous, ce qui ne peut surprendre les esprits droits ou clairvoyants. Les Impériaux avaient, en termes militaires, leurs derrières assurés à tout événement, les Français n'auraient qu'à compter sur leur courage en cas de défaite. Les premiers ne seraient pas détruits dans une retraite, les seconds expieraient les téméraires inspirations de leur chef; celui-ci n'avait donc qu'un rôle,>'aincre à tout prix. Son plan devait avoir pour base une rapidité foudroyante dans ses mouvements, l'Archiduc devait lui préférer la temporisation, moyen inéluctable de fortifier ses jeunes soldats, de leur donner de l'expérience et d'attendre de nouveaux renforts. Bonaparte devait être immédiatement vainqueur sous peine d'être écrasé par le nombre , l'Archiduc devait trauier en longueur une

campagne où le temps gagné augmentait ses chances. Les caractères des deux généraux étaient donc servis par les circonstances et tout était d'accord pour leur rester fidèles. Ils eussent agi par tempérament comme l'imposait la nécessité des hommes et des choses.

Entre la tactique savante et précautionnée aux prises avec le génie, l'ambition et la crainte d'une retraite, la fortune allait avoir à prononcer.

Le 10 mars 1797, Bonaparte ouvrit les hostihtés. Ce fut à Masséna qu'échut l'honneur de porter les premiers coups, au centre ; moyen habile de rejeter, par Joubert , les Impériaux en Allemagne. Les généraux en chef en vinrent aux mains au Tagliamento. Les troupes françaises, franchissant cette rivière, obligèrent l'Archiduc à se retirer; ce dernier crut agir avec prudence en reculant quoiqu'il le fit en bon ordre ; ce premier échec ne devait plus être réparé. Le 20 mars Joubert s'était mis en mesure d'exécuter l'entreprise dont il avait accepté la responsabilité. Son talent et sa valeur ne purent avoir raison du Tyrol qui s'était soulevé avec fureur contre l'étranger. L'appui du corps de Laudon obligea Joubert, cerné de trois côtés, à revenir sur ses pas s'il le pouvait ; ce jeune général fut assez heureux pour sauver son corps d'armée par la vallée de la Drave à Villach. Rejetée sur l'aile gauche, l'armée républicaine était victorieuse par Masséna que ne put écraser l'Archiduc; elle traversa Ponteba et Tarvis et la faible défense que fît un des généraux autrichiens à Tarvis rendit toute espérance de victoire inutile pour les Impériaux. Ni la valeur, ni le courage, ni l'intervention de l'Archiduc en personne ne purent

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avoir raison de Masséna. La position f«t. changée. STaqut était désormais pour lui ^^^^J^ système offensif passa au système defen^f, arrêter 2:Tefrançaise.Ves principaux passages qu.m^^^ j VU r.o «n rrpiir de l'Autriche furent garnis ae

Ldeinfranchi-able. Bonaparte sentit qu jl pouva modifier tout l'ensemble des opérations m. da.res^^ Directoire: La guerre d'Italie, ^i-^-^;^'^^^^,^,. qu'un accessoire devint ^ je — ^ P-^ fon^.^ „,entale de sa poUt.que. ^e «- - -.rnem J^ ^,^^^ .^ tait modestement dans la mibrt uu nrécédenle possédait, au printemps de 1 i 97, les deux C de l'Ualie: il transporta de la Belgique a la pe- Sdt l'effort de sa diplomatie. ;— "-.^^J^^u «on eénéral la conduite des opérations. LArchiauc UitCns libre que lui, car le -nseU auUqj. envoyait des ordres et des projets. Auss, ^-t'On ^^/î"^ esAutrichiens perdirent beaucoup d occasions de vaincre alors que Bonaparte nenpercla.t- Trmtruit par ses espions du aesir qu dvait de Vient de signer l'a paix, il écrivit le 3i |nars a rival. L'Europe, dit-il, désire la pa.x, le D'jeeto.re la recherche. L'Autriche seule reste en arme et es l'Angleterre qui excite en elle une -«^ iH.b.Wc sans raisons. « Vous avez été le sauveur de Anemagne, sovez aussi le bienfaiteur de l'human.te. « U lermma.l

en briguant pour lui-même Thonneur d une couronne civique. L'Archiduc lui répondit avec distinction qu'il faisait la guerre par devoir et que les instructions relatives à la paix lui manquaient de la part de son gouvernement. Mais il envoya à Vienne la lettre de son adversaire et profitant de la position critique où se trouvait ce dernier se prépara à le rompre.

La cour de Vienne, préparée à l'efTroi par les récentes opérations, ne crut plus possible son salut par les armes. Elle dépêcha deux généraux comme plénipotentiaires à Judenburg, pour y négocier une suspension d'armes et aplanir les difficultés. Le 7 avril leurs propositions furent favorablement accueillies au quartier général français ; une trêve de six jours fut signée. Bonaparte se répandit alors en promesses et en caresses. 11 prit sur lui d'offrir des échanges diplomatiques et des territoires pour indemniser l'Autriche du Milanais et de la Belgique. Ce fut la république de Venise qu'il désigna comme devant payer les conséquences de la paix!

Résolu à ne plus disputer le terrain, l'Archiduc avait accéléré sa marche vers la capitale de l'empire où il comptait livrer une bataille décisive qui déciderait la ruine de Bonaparte ou la paix de VEurope. La trêve changea la face des choses. Clarke , qui résidait à Turin, fut mandé à l'état-major français dont le siège fut transféré à Léoben. Le retour de Joubert, retour imprévu, permit de resserrer le front de l'armée républicaine; tout en couvrant les communications avec r Italie, elle menaça de déboucher si l'armistice était rompu dans les plaines de Vienne. C'est dire que

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j|4 CHUTE d'une RÉI'UBLIQUE.

rAutriche accepterait tout plutôt que d'affronter à nouveau les champs de bataille.

Les préliminaires de paix furent signés le il avril au château d'Ekwald près de Léoben entre le marquis de Gallo et Bonaparte au nom de l'Empereur et de

la république. .

Au même moment une insurrection juste, car et e

était patriotique et correspondait à celle du Tyrol le mois précédent, éclatait à Vérone et dans la campaene environnante. Brescia avait été occupé depuis longtemps par nous, et Ottolini ne cessait de déclarer qu'il n'accepterait point une pareille humiliation pour Bergame. Le général Baraguey d'Hiliers occupa néanmoins la ville et le château de Bergame et somma Ottolini de chasser, lui capitaine de Venise, les troupes de sa patrie. Les esprits perdirent tout sang-froid à Venise et à Vérone que menaçait une nouvelle occupation. Venise était donc violée partout.

Qu'en [pensait la presse de Paris et quel accueil fitelle par ses publicistes à la nouvelle des prélimmaires si

désirés de paix? .

« Le marquis de Gallo , ministre de Naples, avait « été, disaient-ils, au camp de Buonaparte dans la seule « intention de lui demander un passeport pour 1 archi- « duchesse Clémentine qui doit épouser le prince de

« Naples. ,

« Croyant s'apercevoir que le jeune héros s atten- « drit au nom de la paix et ne poursuit ses conquêtes « que pour l'obtenir il hasarde quelques mots sur les « conditions et reçoit une réponse du meilleur augure. ,. De retour à Vienne, il en parle à l'Empereur qui, las

d'être égaré par les suggestions de l'Angleterre et

peuTêtre paris conseils de ses propres mimstres,

nrend «on parti sans consulter personne.

« Le marquis de Gallo retourne à Buonaparte, Im de-

LandTsIl sacrifice de la Belgique suffirait pour obiPnir la conservation de la constitution de 1 Empire frilS de son territoire. Buonaparte ayant . .^Ibase sauf quelques modifications, l'Em- ^ert d dare tCministre qu'il est bien décidé â ?aTre ««e% séparée et donne l'ordre d'entamer

sans délai les négociations nrincinal

« C'est le ministre napolitain qui en a ele le prmcipal

Tu 'y a mis tant d'activité qu'on était d'accord -r les préliminaires avant qu'on en scût rien a Vienne r avlt que le général Clarke, nég-ate- P-cioal pour la République, fût arrive. U parut cepen S assez m sur le lieu des conférences pour ?gner es praminaires; et ce fut encore le marquis 272 q^i en porta l'acte rédigé à Vienne et qm revint bientôt après au camp français avec la signature

Tn^^^é que d'abord Buonaparte avait de mandé cent millions, mais que la discussion de cet Tucte entraînant des lenteurs il a tranche a diffl- ^^x .îîaQnf ' PourQUOi marchander si loug

Sr la pai. et non de la W.«, amsi bnsor. adessus. Je me désiste de. 1^ demande et la pane est conclue Vive la République , vive 1 Empereur un :-eml.rtsse, on se fdicile. Les chants joyeux de la

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<( paix se font entendre de toute part. Bientôt toute « l'Europe, tout le globe en va retentir.

« L'Angleterre et Venise seules restent sur le champ i< de bataille , mais ne tarderont pas Vune et Vautre, <c l'une à renoncer à ses projets ambitieux et des- « tructeurs, lautre à expier ses imprudentes perfi-

« dies! {{). »

Le moment était venu où agissant par ses émissaires, Bonaparte allait exécuter l'attentat conçu par lui depuis une année, prémédité savamment et destiné à réussir. Il fit dire à Ottolini par l'un d'eux qu'il signerait une paix définitive dans un mois, que la révolution dont Venise était menacée échouerait si la France le voulait, que les agents secrets qui parcouraient les provinces de Terre Ferme seraient arrêtés. Il eut soin de faire recommander un secret dont il désirait la divulgation, ce qui arriva. Ottolini connut ces confidences et les raconta par dépêche au provéditeur. C'en était fait en principe de l'indépendance de la république. Sa neutralité désarmée l'avait perdue non moins que son respect de nos intérêts. Si ses Esclavons se fussent jomts aux Tyroliens et aux forces de Laudon, a écrit Jomini, c'en était fini des communications de l'armée française. Entourée d'un cercle de fer, elle n'eût probablement pas pu le briser et aurait été décimée par le vainqueur et par des populations belliqueuses ; son éloignement

(1) Au Afoniteur du 29 mai, avec ce préliminaire : « Voici ce qu'on lit dans plusieurs de nos journaux. « Le présent article n'avait ete rédigé au fond que pour être inséré au journal otticiel -mais pour lui enlever son caractère trop comminatoire on préférait le publier a litre de répétition.

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de la Savoie la vouait à une défaite «'érjorable De cela rien n'advint, et pour se venger ^l" d'^l'Ser qu d eût pu courir comme pour signer une pa.=c tou e per- ZZle, non équilibrée, léonine, ingrate pour la conduite de Venise, il résolut de la détrmre. ;

Ses préliminaires portés par des courriers spéciaux aux armées de Rhin et Moselle, de Sambre-et-Meus parvinrent à leurs généraux en chef, à I-^tsnau pou la première, à Friedberg pour la seconde Bonaparte imposait déjà ses vues et sa personne, ses traites, son génie.

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