LE THEATRE DAI«S LA CORRESPONDANCE DE CICERON
Lettre à Atticus. Jeux donnés par Milon ; Cicéron voit jouer VAndromaqœ d*Ënnius ; l'acteur Antiphon et la danseuse Arbuscula. -- Lettre à Gornificius. Jeux célébrés par César à son retour d'Espagne ; Cicéron assiste à une représentation des mimes de Labérius et de P. Syrus ; concours poétique entre ces deux auteurs ; Cicéron s'attire un mot piquant de Labérius. — Lettre à Marins. Cicéron lui raconte qu'il a assisté à l'inauguration du théâtre de Pompée ; il voit jouer la Clytemnestre d'Attius et le Cheval de Troie de Nœvius ; échec de l'acteur JEsopus ; compte rendu des autres jeux.
Suivons maintenant Cicéron au théâtre, et voyons-le assistant à différentes représentations. L*an de Rome 700, 54 ans av. J.-C, Milon, alors édile, donna des jeux qui furent très brillants. Cicéron était alors dans une disposition d'esprit et d'humeur propre à goûter le plaisir qu'on prend à la comédie. Ce n'est pas que la république ne fût fort agitée ; il y avait des procès scandaleux, des acquittements qui indignaient les gens honnêtes, des élections où les partis se disputaient le pouvoir par de honteux moyens ; l'intrigue et la cabale régnaient auChamp-de-Mars, et Pompée, consul, était le maître. Mais Cicéron avoue qu'il regardait tout cela fort tranquillement : « Je me souviens, disait- il, de l'état florissant où la république était lorsque j'avais part au gouvernement ; la manière dont elle a payé mes services me dispense de gémir sur ses maux. En voyant un seul homme pouvoir tout, ils crèvent de dépit ceux qui se plaignaient de ce que je pouvais alors quelque chose : ce n'est pas une petite consolation pour moi^ » Après cette boutade bien pardonnable à celui qui avait si vaillamment servi son pays, Cicéron se réfugiait dans les livres et au barreau. Le travail avait calmé son àme ; il jouissait de
^ Cic, ad Ait., IV, 16, 10.