JO
oreilles, el quelque attention que nous \ a\ous apportée, nous n’avons pas trouvé que Cicéron s’en occupât beaucoup. Dans une charmante lettre adressée à son frère Quintus (ii, 15, pars prima), il parle ainsi de lui-méme : «Tu quemadmodum me censes oportere esse et in republicâ et in 1 nostris inimicitiis, ita et esse, et forte, auricula inûma scito molliorem, » ce qui veut dire : sachez bien qu en lait [ d’ alfa ires publiques et en inimitiés, je suis aussi souple J que le bout de l’oreille, c’est-à-dire, patient, endurant, il J faut sans doute prendre la chose en bonne part; il a voulu I seulement indiquer le peu de valeur qu il attache à ces 3 choses, combien il est tolérant, de bonne composition, comme un homme qui connaît le monde et ne donne pas j plus d’importance qu’il ne faut à des choses sujettes à tant * de changements.
Que doit-on entendre delà phrase que voici? Cicéron] écrit à son frère Quintus, à la date du 2 à octobre 6991 (iii, k) : Gabinius est absous honteusement, et cela montre qu’il n’y a plus de Sénat, plus de justice, que nous avons perdu toute dignité, « nullam in nullo nostrum dignitatem. » Si j’avais pris la parole, Pompée aurait cru que je ; l’attaquais, ou m’aurait pris pour un Pacidianus se mesurant avec un autre gladiateur, et celui-ci vainqueur, «auriculam fortasse mordicus abstulisset, » m’aurait peut-être mordu* l’oreille jusqu’à l’arracher. Les commentateurs ont oublié J de nous expliquer ce passage, qui est une simple, citation ! empruntée au poêle Lucilius :
Æserniuus
Cum Pacidejano componitur.
C’est une allusion à un combat entre Pacidianus et j
Kserninus le Samnite. On prétend que la encore Lieéron
fait allusion à un passage de son traité « Sur le meilleur
genre d’orateurs, » où Eschine est comparé au premier ’
du ces personnages et Déinosthènes au second. Cela est |> 11 important ; mais l'expression mordicus employée dans la pli rase que nous venons de citer est caractéristique, et 'elle est restée dans le vocabulaire usuel de notre époque. On dit encore aujourd’hui : je le soutiendrai mordicus! Cicéron a dit ailleurs : « verba tenent mordicus,» ils tiennent à leurs termes, à leurs paroles, ils n’en démordent pas. Longtemps avant lui, Plaute avait écrit : « mordicus arripere, » saisir avec les dents, et l’on voit que la tradition a été fidèlement conservée. Tout cela ne nous dit pas pourquoi dans un combat le vainqueur avait saisi l’oreille de son adversaire, pourquoi il l’avait arrachée ou coupée avec ses dents. 11 faut que ce soit le souvenir d’un fait réel, une particularité de quelque combat demeuré célèbre parmi les amateurs des jeux publics, et en l’absence de renseignements sur ce point, nous avons cru devoir consigner ici le fait en raison des circonstances accessoires dont nous venons de parler.
Les vieilles femmes du marché d’Athènes pouvaient dire: Nous êtes étranger! à un homme qui leur avait adressé une seule parole, bien qu’il demeurât dans l’Attique depuis cinquante ans; il y a là une finesse de sens qui appartient aux natures privilégiées, aux habitants de certains pays où 1 intelligence est vive, la langue finement accentuée. Servius Petus, le parent de ce Papirius avec lequel Cicéron était intimement lié, n’avait pas moins d’aptitude à distinguer certaines choses, et voici ce que l’on trouve dans une lettre datée de Tusculum (ad div. tx, 10). Cicéron, en parlant de César, dit qu’il a tout fait pour mériter ses bonnes grâces, qu il ne 1 a jamais offensé, et que depuis qu’il est devenu le maître il ne l’a jamais attaqué en lien. Jo le ménage lui et ses principaux amis, « effugere autem si vellem nonnullorum acuteaut facete dictorum offensionem, fama ingenii mihi esset abjicicnda, » retenir quel-
os
CJCÉRON MÉDECIN.
ques plaisanteries piquantes, ce serait renoncer à ma réputation d’homme d’esprit, et je le ferais volontiers, si cela m’était possible, « quod si possem. non recusarem ». D’ailleurs, ajoute-t-il, César a un excellent jugement, sed tamen ipse Cæsar habet peracre judicium, et, ut Servius frater tuus, quem litteratissimum fuisse judico, facile diceret : Hic versus Plauti non est, hic est, » et de même que votre frère Servius, que je tiens pour un homme trèslettré, aurait dit tout d’un coup : Ce vers est de Plaute, celui-ci n’en est pas, «quod tristas aures haberet, notandis generibus poetarum et consuetudine legendi , » parce qu’il avait les oreilles accoutumées à reconnaître le style et la manière des poètes, de même aussi César, qui connaît ma manière de dire et d’écrire, ne se trompera pas sur ce qu’on lui présenterait comme venant de moi.
Cicéron aime à revenir sur les choses dites, et dans une autre. lettre au même Papirius Petus (ix, 19), il parle plaisamment d’un certain Balbus, l’ami de César, qui avait dîné chez Petus. Ce Balbus, né à Cadix, homme tout à fait nouveau, mais fort habile à profiter des circonstances, était devenu puissant, il fallait le ménager, et bien qu’il se louât beaucoup de son hôte, Cicéron, qui s’en moque, dit à son ami : « Hoc si verbis assecutus es, aures ad te afférant non minus elegantes, » si vos discours l’ont ainsi charmé, je ne vous porterai pas des oreilles moins délicates que les siennes, et il continue sur ce ton de persiflage: « sin autem opsonio, peto a te ne pluris esse Balbos quant disertos putes », si c’est par la bonne chère, je vous demande de ne pas traiter mieux les bègues que ceux qui sont réputés éloquents. Balbus veut dire bègue, on voit où Cicéron veut en venir, et les amateurs de ces sortes de jeux de mots en trouveront de fréquents exemples dans ses écrits.
Revenons à des choses plus médicales, et tâchons dépui-
ser nos recherches sur la longue correspondance de Cicéron. Ainsi, dans une épître datée de Dyrrachium, le 26 novembre 605 (ad div. xiv, 1), il dit à Terentia : « De loco nunc quidem jam abiit pestilentia, sed quandiu fuit, non me attigit : » nous avions ici une maladie contagieuse , elle a disparu et je n’en ai pas été atteint. Quelle était cette maladie? rien ne peut en faire soupçonner la nature. Le mot « pestilentia » n’a pas pour Cicéron la valeur que nous lui donnons aujourd’hui. 11 signifie pour lui épidémie, contagion, aussi bien que les lieux où se rencontraient ces conditions fâcheuses. C’est dans ce sens qu’il a écrit : « Pestilentiæ possessores, » possesseurs de domaines malsains. Dyrrachium était en Épire, et l’on peut supposer qu’il y avait là des circonstances spéciales d’insalubrité. 11 n’est pas plus facile de savoir en quoi consistait une épidémie qui sévissait Sur un des quartiers de Rome, à moins qu’on n’v voie un de ces phénomènes d’aria cal tiva, qui existent encore à Monte Cavallo en certaines saisons, et forcent les habitans riches à chercher ailleurs un refuge contre les fièvres intermittentes. Lisez à ce sujet la dissertation de Heyne : « Programma de febribus epidomicis Romæfalso in pestium censum relatis, » Gott., 1782, travail intéressant, propre à rectifier des idées fausses sur la fréquence des pestes ou maladies pestilentielles, nonseulement à Rome, mais dans beaucoup d’autres localités de l’Italie, tant ancienne que moderne. Cicéron, à qui l’on ne peut demander une grande précision dans le langage, dit à Atticus (xn, 10) : « Alexim vero curemus, imaginem ïironis, quem ægrum Romain remisi: » soignons bien votre Alexis, qui est un autre Tiron. Celui-ci est malade et je l’ai renvoyé à Rome; « et, si quid habet col 1 is imo y piov, ad me cum Tisameno transferamus. » M. de Golbéry, qui craint le mot propre, traduit ainsi ce passage : S’il y a des maladies populaires dans votre quartier, il faut faire trans-
porter Alexis chez moi avec Tisamène. S'il est une expression parfaitement adoptée et comprise, épidémie est dans ce cas-là, et personne ne saura ce que Ion veut dire en parlant de maladies populaires. Notons en passant cette particularité qui nous paraît fort remarquable. Nous voudrions bien savoir si Érasme, le savant Érasme, dans son « Dialogus Ciceronianus, sive de optirno genere dicendi » (Leyde, 16i|3), a pris garde à ces substitutions de mots qui consacrent à tout jamais une véritable usurpation. Les Romains eux-mêmes ont promptement adopté le mot épidémie, si commode, si expressif, et nous avons fait comme eux. On ne pouvait mieux faire.
On trouve un peu de tout dans la correspondance de Cicéron. Les voyageurs ne marchaient pas toujours en sûreté, même aux environs de Rome. Sur la voie Appia, près du tombeau de Basile, célèbre voleur, un ami d’Atticus et de Cicéron, L. Quintius, avait été attaqué, volé, blessé, et les lettres dont il était porteur avaient disparu. Cicéron demande à Atticus (vu, 9) si celle qui lui était adressée contenait quelque chose d’important, mais il ne dit mot de la blessure du commissionnaire. Dans une autre occasion, Serv. Sulpicius, écrivant à Cicéron, est un peu plus explicite; au moment où il se préparait à partir d'Athènes, vers les quatre heures du matin, on vint lui annoncer que Marcellus avait été assassiné par Magius Chilo, l'un de ses amis : « Postumius, familiaris ejus, ad me venit, et mihi nuntiavit Marcel lum , collcgam nostrum, post cœnæ tempos, a P. Magio Chilone, familiare ejus pugione percussum esse. )) Ce Marcellus était augure comme Cicéron, comme Sulpicius, et Valère Maxime, qui parle du crime de Chilon, rattribue à la jalousie de ce dernier contre un autre ami cj uc Marcellus lui préférait. 11 y a là probablement quelque mystère odieux, mais cela ne nous regarde pas. Notons seulement les deux expressions « familiaris ejus, » appli-
quées à Postumius et au meurtrier, et qui paraissent signifier, dans le premier cas, un domestique, et dans le second un ami , un familier. Cicéron aurait mieux observé les nuances.
Quoi qu’il en soit, le correspondant de Cicéron ajoute des détails assez précis : « pugione percussum esse, » frappé d’un poignard, «et duo vulnera accepisse, unum in stomacho, alterum in capitc secundum aurem, » il a reçu deux blessures, l’une dans la région de l’estomac, l’autre à la tète, près de l’oreille. Le meurtrier se fit justice aussitôt en se tuant sur la place, et Postumius , est accouru vers moi pour m’annoncer ce malheur et me demander des médecins, « qui hæc nuntiaret, et rogaret, ut cogerem medicos. » J’en ai réuni plusieurs, « coegi, » et je me rendis en hâte vers le blessé, mais en approchant du Pirée, je rencontrai un esclave qui m’apportait un billet d’Acidinus : « puer Acidini obviam mihi venit cum codicillis; » il me disait que Marcellus était mort, « paulo ante lucem. » Signalons en passant que Sulpicius ne put obtenir des Athéniens la permission d’enterrer la victime dans la ville, « intra urbem , quod religione impediri dicerent, » leur religion s’y opposant, et, en effet, « neque tamen id antea cuiquam concesserant, » jamais jusqu’ici ils ne l’ont accordée à personne. On peut s’étonner à bon droit de cette interdiction, si peu d’accord avec le respect des Grecs pour les morts, mais les législateurs avaient placé une exccdlente coutume hygiénique sous le patronage de la religion, et éloigné de la ville de Minerve une cause d’insalubrité dont ils avaient pressenti l’importance.
Dans une lettre adressée à Petus (ad div. ix, 21), il discute chaudement une question de noblesse. Les Papirius sont des patriciens, « minorum gentium, qui se nommaient d’abord Papisius, et qui ont fourni beaucoup de
hauts fonctionnaires depuis l'an de Home 312. A ces
CICÉRON M ÉDKCI.N.
grands noms succédèrent les Carbon et les ïurdus, qui leur furent inférieurs. L’un d’eux, Caius Carbo, accuse par L. Crassus, passe pour s’être empoisonné avec des tharides, « Caius, accusante L. Crasso , cantharidas sumpsisse dicitur. » C’est peut-être le premier exemple de suicide à l’aide d’un tel moyen, et il est bien à regretter qu'on n’en ait pas signalé les principaux symptômes.
Cicéron parle du rire sardonique dans une lettre adressée à Fabius Gallus (ad div. vii, 25), à propos de Tigellius, dont il se moque, et qui pourrait devenir redoutable. Vous paraissez craindre, lui dit-il, que si nous ne l’avons pour nous, il ne nous fasse rire sardoniquement, « videris enim mihi vereri, ne, nisi istum habuerimus, rideamus yeXcoTa cap^coviov. » Et il ajoute: « Sed heus tu, manum de tabula! » On a traduit ces derniers mots par : prenons garde à nous! 11 faudrait au moins nous avertir que là se trouve une locution vulgaire, une de ces exclamations proverbiales comme il y en a tant dans toutes les langues perfectionnées. Cela veut dire : ôtez la main du tableau, car le mot « toile » est sous-entendu, ne travaillez plus, c’est assez, et non pas : prenons garde à nous! C’est un avertissement qu’il donne et non pas qu’il se donne. Ces petites choses sont de celles qui constituent la vraie couleur du style de Cicéron, et tout traducteur jaloux de bien rendre son modèle ne doit pas les négliger. Revenons au rire sardonique.
On ne sait guère aujourd’hui ce que les anciens entendaient par là. Les dissertations savantes ne manquent pas sur ce sujet, mais la chose n’en paraît pas plus claire. 11 y avait en Sardaigne une sorte d’herbe qui, quand on la mangeait, produisait sur les lèvres un certain mouvement de contraction convulsive, espèce de rire bizarre dont l’expression avait frappé les premiers observateurs. 11 est des dispositions de l’âme qui donnent à la physionomie, et
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iplus particulièrement à la bouche, une forme qui a paru avoir quelque rapport avec celle que produit la plante véméneuse en question. Ce n’est pas la joie, la gaîté, qui (provoquent cette expression des lèvres, mais bien la mé- 'Chanceté, et dans les temps modernes, on a considéré 'Comme type du rire sardonique celui qui caractérise la physionomie de Voltaire. La phrase de Cicéron ne paraît pas s’appliquerait sentiment dont nous parlons ici, par •conséquent il faut en chercher ailleurs l’explication plausible. On a pensé que le rire sardonique signifiait tout simplement un rire forcé, une grimace exprimant la crainte, d’inquiétude, et c’est là probablement ce que Cicéron veut indiquer. Nous n’en dirons pas davantage sur ce sujet, ibien persuadé qu’il ne pouvait faire allusion à une maladie .rare, difficile à constater, l’inflammation du diaphragme,
• dont les contractions saccadées et douloureuses donnent,
• dit-on, à la figure du patient l’expression d’un rire que les : pathologistes ont désigné sous le nom de sardonique.
Tout ce qui précède a été extrait de la correspondance de 'Cicéron, et encore n’avons-nous pas poussé à l’extrême le : soin de recueillir les textes qui pouvaient servir à la démonstration de notre thèse. Car, nous pouvons bien l’a- •vouer, Cicéron n’est pas pour nous ce qu’était pour lui le
• 0- Fufius, dont il parle dans la lettre ad Att. xv, à, un 'de ces hommes qui écrivent fadement, et dont on dédaigne ; toutes les productions. Fufius m’a adressé une espèce de 1 billet, « nescio quid ab eo litterularum , sane insulse, ut isolet, » sans esprit, suivant son habitude, « nisi forte quæ mon amas omnia videntur insulse fieri : » mais peut-être i tout ce qui vient de ceux que nous n’aimons pas nous pairaît-il fade, et l’on comprendra la justesse de cette réflexion. Tel n’est pas notre sentiment à l’égard de Cicéron; nous trouvons dans son œuvre une si grande abondance d’idées, tant de faits intéressants, de si belles réflexions sur les
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malheurs de son temps, une si juste appréciation des hommes et des choses, que nous ne pouvons nous lasBSfl de parcourir ces immortels écrits où son génie brille d’un si merveilleux éclat.
Bien que nous n’ayons pas admiré sans réserve toutes ses opinions médicales, et que nous n'ayons pas voulu le faire plus médecin qu’il ne l’est, lui prêter des perfection* qu’il n’a pas, porter des chouettes à Athènes, f\%vr, v.-. Àôvivaç, comme il le dit si plaisamment à Yarron (ad div. ix, 3), cependant nous reconnaissons volontiers qu’il ne manque pas de sagacité dans la plupart de ses appréciations scientifiques, et qu’aucun auteur contemporain n’en a montré autant. On reconnaît qu’il a subi la douce influence de l’Attique ; son séjour en Grèce lui a donné des idées que l’on ignorait à Rome; il a vécu au milieu d’une civilisation qui commençait à déchoir lorsque le peuple romain gardait encore un reste de sa barbarie primitive, et subissant l’heureux contact de ces esprits ingénieux qui, de captifs, allaient devenir les maîtres de leurs vainqueurs; il a devancé son temps dans l’étude du phénomène de la santé et de la vie. 11 cite Hippocrate, donc il a quelque connaissance des écrits du père de la médecine, et l'on peut supposer que les Grecs venus à Rome pour y exercer cet art, les successeurs d’Asclépiades, connaissaient l’école de Cos et la collection hippocratique. Asclepion, Metrodore, Alexion , et enfin Asclapon, de Patras, celui dont Cicéron disait : « Asclapone Patrensi , medico, utor valde familiariter » (ad div. xm, 20), ont été pour lui des amis précieux, dans le commerce desquels il a puisé toutes les notions médicales qu’on a tant admirées dans ses œuvres. Écoutons-le au sujet de ce dernier personnage : « ejusque quuin consuetudo mihi jucunda fuit, tum ars etiam, quant sum expertus in valetudine meorum , » et non-seulement j’ai goûté un grand charme dans sa société, mais
*e me suis bien trouvé de son habileté pour la santé des miens. Oei se rapporte aux soins qu’il a prodigués àTiron, uinsi que nous l’avons noté ailleurs. 11 termina ce bel éloge -n disant : « inque mibi quum ipsa scientia, tum etiam "delitate benevolentiaque satisfecit : » enfin je suis aussi -ontent de sa fidélité et de sa bienveillance que de son sa- "oir. De pareilles relations, de pareils sentimentsprouvent à quel point Cicéron tirait parti des hommes intelligents et instruits que les circonstances amenaient auprès de lui.
Peut-être serait-il temps de nous arrêter ici, de suivre le onseil de Cicéron à Bru tus et à Cassius, « ad Eurotam ;;edere, » de s’asseoir sur les bords de l’Eurotas, suivant «e proverbe athénien, mais la curiosité nous entraîne, nous Ti’en avons satisfait qu’une partie , « excisa est arbor, non ■■vulsa, » il faut aller jusqu’au bout pour éviter le regret lie n’avoir pas parcouru jusqu’à leurs plus extrêmes limites «es régions lumineuses où le grand orateur règne en maître. Suivons donc cette voie charmante où tout nous promet de nouveaux plaisirs, et tâchons de la rendre agréable à ceux -jui voudront bien nous y suivre.