PARADOXES
Ces sortes de sentences n’ont rien de commun avec celles que Cicéron a rassemblées sous le titre de Paradoxes. Il a adressé à M. Brutus un certain nombre de petites dissertations sur des sujets dont l’évidence ne frappe pas tous les
tu CICÉRON MÉDECIN.
yeux. Par exemple : « Quod honesturn sit, id solum bonum est, » il n’est d’autre bien que l’honnête; « in quo virlus sit, ei nihil deesse ad beate vivendum, « la vertu suffit pour vivre heureux. Rien de tout cela n’est médical et nous passons outre, mais le troisième paradoxe conçu en ces termes : « Æqualia esse peccata, et recte facta, » les fautes sont égales, de même que les bonnes actions, ne peut être admis par les moralistes non plus que par les médecins, et chacun avouera que Racine a exprimé un sentiment d'une justesse incontestable quand il a dit :
Ainsi que la vertu, le crime a ses degrés!
Nous n’avons pas le courage de réclamer contre une assertion singulière de Cicéron. Le quatrième paradoxe est d’une concision remarquable, et son importance n’est pas moins grande: « Omnemstultum insanire, » tout homme sans sagesse est en délire. Cela s’adresse à Clodius, l’ennemi acharné de Cicéron, celui qui entassait crimes sur crimes pour arriver au pouvoir, et qui fut tué par Milon. On ne comprend guère comment on peut attribuer au délire, à la folie, les violences d’un factieux, les meurtres, les incendies, car alors ces actions coupables cesseraient de l’être s’il était prouvé que le furieux était vraiment malade. La maladie, ou du moins quelques affections cérébrales enlèvent toute responsabilité à ceux qui ne sont plus libres. Mais passons à un autre sujet.