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NOTIONS BIBLIOGRAPHIQUES

Nous trouvons dans la bibliothèque médico-historique de Lud. Choulant l’indication suivante sur laquelle nous ne possédons aucun renseignement utile : Jo. Sam, Berger,

« de Cicerone medico. » Viterb. 1711, in-4°. C est le plus ancien travail de ce genre dont il soit fait mention, et 1 on voit que, de prime abord, le grand orateur a reçu une épithète caractéristique. Cependant, pour être tout à fait juste, il faut dire qu’à l’université d’Iéna, en 1710, Jo. Hadrian. Slevogt avait soutenu une thèse intitulée : « Dissertatio de M. Tullii Ciceronis vomitu à/.pâ-oo /oa r.r. » On trouve en effet dans une lettre adressée à Terentia, sa femme, le passage suivant : « /plry «tpetTov noctu ejeci. « Stalim ita sum levatus, ut mihi deus aliquis medicinam « fecissc videatur » (ad div. xiv. 7); pendant la nuit j ai rejeté de la bile pure, et aussitôt j’ai éprouvé un tel soulagement qu’on aurait dit qu’un dieu avait pris soin de me guérir.

Ce premier travail n’ayant trait qu’à un point isolé n ôte rien au mérite de Berger, qui a étudié 1 ensemble et donné à Cicéron un nom qui a fait fortune, car nous le retrouverons plus tard dans un ouvrage beaucoup plus important. Mais l’université d’Iéna devait fournir une nou\ elle pieuxe de l’érudition de ses élèves. En 1734, Sim. -Paul. Hilscher publia son « Programma de mothodo Ciceronis tuendi \ahtudinem » (in-4°). Ce sont des préceptes diététiques recueillis dansées œuvres du grand orateur, et qui appartiennent à cette médecine universelle, fruit de l’expérience de chacun,

vieille comme le monde, traditions éparses dans toutes les agrégations sociales qui s’améliorent en se civilisant.

C’est encore à léna que nous trouvons une thèse composée par Bern.-Fr.-Rud. Lauhn, en 1750. Elle est in-k°, comme les précédentes, et manifestement jetée dans le même moule, bien que l’auteur y ait ajouté un chapitre nouveau, ainsi que le prouve ce titre : « Dissertatio epistolica de Cicerone artis medendi ac medicorum patrono. » On voit que l’étude des qualités médicales de Cicéron est en progrès et que la voie ouverte par Slevogt conduit à des aperçus d’un autre ordre.

Si nous nous astreignions à suivre rigoureusement l’ordre chronologique, nous aurions dû placer avant le travail de Lauhn une dissertation publiée à Helmstadt, en 1739, par Petr. Gerike (in-A°), portant ce titre : « Programma quo inspectionem cadaveris in homicidio apud Romanos olim in usu fuisse ostendit. » L’auteur, par des exemples empruntés à Plutarque, Vies de Romulus et de Gracclms, à Cicéron, « Oratio pro Cluentio, » à Sénèque, dans ses Controverses, à Suétone et à Jules César, montre que cette coutume de l’examen du cadavre après un homicide date de la plus haute antiquité, et déjà, en 1 6Zj6, Jos.-Henr. Dauber avait établi sur des preuves évidentes que les Romains, et bien avant eux les Grecs, avaient emprunté aux Hébreux cette pratique salutaire. Ainsi la médecine légale doit quelque chose à Cicéron, et c’était bien le moins qu’un homme de cette valeur contribuât aux progrès d’une science sur laquelle il a répandu tant d’autres lumières.

Le grand Linné, à qui l’universitéd’Upsal doit tout son lustre, exerçaitune haute influence sur lesétudes dcsescontemporains. Les « Amœnitates academicæ» en fournissent des preuves nombreuses, parmi lesquelles nous signalons une thèse composée en 1759 par Petr. Ekerman, sous le titre suivant : « De Historia naturali scriptorum Ciceronianorum

mirabiliter collustrata. » Le candidat qui devait répondre, Andr.-Gust. Barchaeus, ne manqua pas de bons arguments pour prouver que Cicéron avait observé soigneusement un grand nombre de faits propres à éclairer les sciences naturelles.

Au temps passé, les hommes émipents par leur intelligence étaient aussi savants que possible, c’est-à-dire, ils savaient tout, véritables encyclopédistes qu’on ne peut trop admirer. Cicéron appartient à cette classe privilégiée. 11 y a de tout dans son œuvre : aussi voyons-nous en 1762 un savantd’Upsal, Strokierk, écrire un travail intitulé : «De usu scriptorum Ciceronis psychologico. » Dans les Tusculanes, dans les traités sur la Nature des Dieux, sur le Destin, sur la Divination, Cicéron aborde hardiment les plus hautes questions de la métaphysique ; il donne à sa manière la solution des problèmes les plus ardus delà psychologie, et les médecins, qui ont tant à réfléchir sur ces matières, ne peuvent que gagner à méditer les écrits où il jette tant de lumières sur ces obscurités.

Le même sujet a été traité en 1776 par Alb.-Geor. Walch, mais nous aimons mieux citer une pièce qui nous intéresse plus directement et qui se trouve dans « Nuova raccolta d’oposcoli scientifici » (ni. 129). Elle est due à Hieron. de Bono, et son titre est : « De medîca facultate m M. T. Cicérone comperta. » C’est toujours, comme on le voit, cette découverte du talent médical de Cicéron, cette constatation d’une faculté singulière admirée chez un homme en qui l’on ne s’attendait pas à la rencontrer.

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