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London, ltsiy ; ia

SUR M. T. CICÉRON

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terre, à cette époque, de curieux détails que nous mettons largement à contribution.

. Les moines, depuis le viir siècle, s’y livrent avec ardeur à la transcription des livres saints: mais, grâce à la profusion do parchemin qu’ils ont à leur disposition, ils ne détruisent qu'un nombre de classiques profanes infiniment restreint, si du moins Pon compare ce qui se passe en ce pays aux dilapidations du continent.

Canterburv, Cambridge, Oxford, les abbayes de Peterborough, de GlastonLurv, de Douvres, voilà où s’accumulent, par le zèle ardent d’abbés érudits et opulents, les trésors bibliographiques de tous les âges. Sagement dirigées, ces librairies conservent, avec infiniment plus de respect que partout ailleurs, les monuments les plus précieux des littératures antiques.

Durham, dont le catalogue se voit encore à la Bodléienne, renferme au xir siècle plus de trois cents volumes, parmi lesquels :au moins vingt auteurs classiques, que viennent encore augmenter les tré-ors de la littérature grecque, rapportés de l’Orient au i temps des croisades.

Fn 1248, la bibliothèque de Glastonbury, l’une des plus importantes du royaume, contient plus de quatre cents volumes, parmi i lesquels on rencontre les grands classiques latins, Tite-Livc et 'Virgile, et Salluste et Lucain.

Le monastère de Rcading dans le Berkshire possédait, sous le règne de Henri 111 ( 1210-1272 ), une bibliothèque choisie de 'plus de cent cinquante volumes, dont le catalogue est imprimé fans le supplément à l’histoire de cette abbaye; on y voit les Buvres de Platon, dont les manuscrits sont d’uneexlréme rareté, Virgile, Horace et Juvénal.

L’abbaye de Ramsay était infiniment plus riche: une partie de -on très-précieux catalogue, écrit à peu près sous le règne de •lichard II. existe encore : on y trouve les titres de près de onze ents volumes, mais parmi eux lrente-neuf/?rocmto«ûfe, soixante nré via ires et plus de cent psautiers; un peu plus loin, heureusement, figurent Aristote, Horace, Arricn, Justin, Josôphe, Lucain,

ÉTUDE BIBLIOGRAPHIQUE

Martial, Ovide, Platon, Sénèque, Sallnste, Térence et Virgile.

Avançons encore d’un siècle, et nous trouvons le catalogue que l’illustre Henry de Estria, élu prieur du monastère de la Trinité, à Cambridge, l’an 1285, nous a laissé des incomparables richesses de la librairie de son monastère au xme siècle : ce vaste et précieux répertoire, conservé encore aujourd'hui dans la bibliothèque Colloniana, ne remplit pas moins de trente-huit pages grand in-folio, sur trois colonnes , et contient les titres de près de trois mille volumes. L’étonnement est extrême devant un pareil résultat de la patience et de l’infatigable ardeur des religieux de celte illustre abbaye; mais déjà le papier de linge était découvert, et les riches dépouilles de la France, sillonnée et ravagée depuis plusieurs règnes par des bandes, sans cesse renaissantes, de pillards et de malandrins, venaient s'entasser dans les monastères et dans les palais d’Angleterre. Aussi le catalogue de la librairie de la Trinité est-il un véritable et splendide monument, plus complet que tout ce que nous pouvons citer pendant le moyen âge : pères de l'Église , théologiens de toutes sortes et de toutes classes, médecins, astronomes, alchimistes, classiques grecs et latins, tout se retrouve dans ce curieux inventaire, qui prouve à quel degré d’élévation étaient portées les éludes théologiques et littéraires dans ce pays, aune époque où le mouvement de rénovation intellectuelle était à peine indiqué en France et en Allemagne.

Et déjà cependant, à la fin du xir siècle, la renaissance se faisait pressentir en Italie ; les poêles et les grands auteurs du sièeh d’Auguste, qui jusque-là étaient restés enfouis dans la poussière des bibliothèques monastiques, commençaient à reparaître à la lumière du jour et reprenaient leur véritable place, c'est-à-dire 1; première L'Angleterre, nous l'avons dit, s'était fait remarque au premier rang des nations dans ce grand mouvement de 1 intel ligence; depuis Guillaume do. Malmesbury jusqu'à l'illustre Richard de Bury, l'auteur du PhUobiblton , il n est pas un histo-

l. JJ allant, tunie IV.

SUR M. T. CICÉRON

rien, un chroniqueur, un poêle, qui ne citent Horace et Cicéron, Tile-Live et Virgile, et ne s’inspirent de leurs immortels écrits.

Mais ce grand nom de Cicéron, qui retombe sous notre plume, nous rappelle combien nous nous sommes écarté de notre sujet, et dans un pareil travail il est presque impossible qu’il en soit autrement; la multitude de sources auxquelles on est forcé de puiser, la foule de documents que l’on consulte, presque tous renfermant des faits aussi curieux que peu connus, rendent dilficile de suivre rigoureusement une ligne bien arrêtée, et malgré tout on s’abandonne à des digressions perpétuelles.

Revenons en France, où nous avons à examiner les documents qui nous sont parvenus sur les librairies de nos rois et de nos princes. Ce sont principalement des inventaires faits du vivant ou après le décès des Gis du roi Jean \ Charles V, le duc de Berry et Philippe le Hardi , premier duc de Bourgogne de la seconde race; Louis XI, Catherine de Médicis, etc. De nouveau, nous aurons à remarquer combien rares sont les manuscrits des vieux classiques grecs et latins, mais combien fréquentes se présentent les traductions dues aux travaux de quelques savants que nos rois paient magnifiquement : ce sont, entre tous, Pierre Bercheure ou Berchoire, mort à Paris, prieur de Saint-Éloi en 1362; Laurent de Premier-Faict; Xicolas Oresme, le traducteur d Aristote; Jehan Courte-Cuisse , etc.

La formation des langues française et italienne, résultat presque immédiat du retour aux saines études et à la culture des littératures profanes, provoque aussitôt une révolution intellectuelle; une école véritablement littéraire surgit dans les deux pays, en même temps que l’État social se reconstitue en 1* rance et que la découverte du papier de linge, vers la fin du xue siècle -,

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