Voy. Graessc, p
2. Achille SUce ( Estaço ), Portugais du xvi« siècle, mêlé à toutes les fraudes
littéraires de son temps : ses notes et scs écrits n'offrent aucune garantie authenticité ni d’exactitude.
ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE
ont si justement valu à Cicéron le titre de Prince des Orateurs nous sont parvenus. En voici la liste:
Oratio pro P. Quinlo;
pro Sex. Roscio Amerino; pro Q. Roscio, Comcedo ;
Orationes (7) cle Causa Verrina;
Oralio pro M. Fonteio ; pro A. Cœcina; pro Lege Manilia; pro A. Cluentio Avito ; pro C. Cornelio ; in Toga Candida;
Oraliones (3) de Lcge Agraria;
Oralio pro C. Rabin o ;
Orationes (4) in L. Catilinam ;
Oralio pro L. Murœna ; pro L. Flacco; pro P. Cornelio Sulla; pro A. Licinio Archia ; ad Quintes (post reditum ); in Senatu (post reditum) ; pro Domo sua;
de Aruspicum responsis , advcrsus Clodium ;
pro Cneio Plancio;
pro P. Sextio ;
in Vatmium;
pro M. Cœlio ;
de Provinciis consularibus ;
pro L. Cornelio lialbo ;
in !.. Calpurnium Pisonetn;
pro M. Scauro (fragmenta ) ;
pro T. Annio Milone ;
pro C. Rabirio Postumo;
pro 1/. Marcello; s
SLR M. T. CICÉRON.
ai.1.
pro Q. Ligurio, ad C. Cœsarem;
pro rege Oeiotaro , tetrarcha Galatarum;
Orationes {U) in AI. Antonium { Philippicœ ).
Outre les deux Orationes retrouvées par Pétrarque à Liège, nous savons que les fragments de YOratio pro M. Scauro furent découverts et publiés par Jean André, évêque d Aléria, et 1 Ota— tio pro Cœcina fut, après de longues recherches, trouvée par Le Pogge dans le monastère de Langres.
Sur la garde d’un manuscrit ancien que l’on conserve à la bibliothèque de Sainte-Marie in ara Cceli, à Rome, on lit cette note : Hanc orationem antea culpa lemporum deperditam Poggius latinis viris résiliait, et in Italiam reduxit, quum ea/n diligentia sua, in Gallia reclusam in silvis Lingonum adinvenissel conscripsissetque ad Tullii memoriam et doctoru/n hominum utilitatem.
Les trois discours de Lege Agraria, ceux pro Cœcina, pro Rabirio , in Pisonem, pro Roscio Comcedo, furent aussi découverts par Le Pogge : lias orationes, quœ antea culpa lemporum apud Halos deperditœ erant , Poggius Florenlinus , perquisitis plurimis Galliœ, Germaniœque, summo cum studio ac diligentia, bibliothecis, quum latentes compérissel in squalore et sordibus, in lucein solus exlulit, ac in pristinam dignilalem decoremque restituais Latinis musis dicavil A Le I ogge ne fit pas cette découverte en Allemagne , en même temps que celle de Silius Italicus, ainsi que l’ont prétendu quelques écrivains, mais bien dans la riche librairie du monastère de Saint- Gall, à l’époque du concile de Constance, où il trouva en même temps les célèbres Scolies d’Asconius Pedianus; il était aide dans ses recherches par Sozomène de Pistoie et un érudit, Rurtholommeo da Monte Polliciano, son ami dévoué.
Les Verrines et les Catilinaires furent également retrouvées par l’infatigable Pogge; au moins toutes les probabilités sont en
1. D. Bern. de Montfaacon, Dinrium italicutn, Paris, I <02, in-4 • P ■ ^ 1
ÉTUDE BIBLIOGRAPHIQUE
faveur de celte hypothèse : elles lurent transcrites et mi-^s au net de sa main, et le manuscrit, qui porte son ex libris : finis libri scripsil Poggius Romœ , et au commencement : Liber Poygii secretarii Papœ , fait partie de la Itiecardiam , où il a été minutieusement décrit.
Les XIV Oraliones in M. Antonium (on sait qu'à l’instar de Démosthènes, Cicéron appela ces foudroyants réquisitoires Philippiques ) furent publiées d’abord à Rome par les soins de J. Ant. Campanus ( voy. l'article que Maittaire consacre à ce philologue; vers 1470, chez Ulricus Han ou Gallus, dont il dirigeait l'imprimerie (il cumulait les fonctions de correcteur avec celles d'évêque de Teramo, et faisait pour l’imprimerie d'Ulrich Han ce que faisait pour Sweynheym et Pannartz l’illustre évêque d’AJériaJ. Celte rare édition est dédiée au cardinal de Sienne c’est un in-4° de 112 ff. à 32 lig. ). Le manuscrit sur lequel le docte Campanus les transcrivit pour les livrer à l'impression provenait de la Bibliothèque vaticane; Muret en parle dans une de ses lettres à Turnèbe; il dit qu’après deux ans de sollicitations incessantes, toujours accueillies par des fins de non-recevoir, avant enfin obtenu la permission de pénétrer dans la troisième salle du Vatican, il y retrouva un vieux Codex des Philippiques. qui avait plus de 700 ans d'antiquité, sans ponctuation, sans abréviations, à lettres romaines grandes et égales : c’était le manuscrit de Campanus.
Un curieux manuscrit de sept des Oraliones existait dans la bibliothèque du duc de La Vallière : il avait été exécuté en Italie au xv* siècle pourSozomène de Pistoie dont il portait l'ex libris:
È Bi’ëXc; Tcü SoÇopivco.
Ce Sozomène de Pistoie était chanoine delà cathédrale de cette ville, auteur d’une chronique universelle dont Muratori nous a conservé une partie, et possédait une fort belle collection de manuscrits classiques grecs et latins, consistant en 116 volumes. On les trouva enchaînés dans six tablettes, lorsqu’après sa mort
S UK M. T. CICÉRON,
on en fil l’inventaire en 1460 ( Le Père Zacharia a inséré cet inventaire dans la Bibliotheca Pisloriensis). Une grande partie de ces manuscrits passèrent dans la collection de Pithou ; quelquesuns devinrent la propriété du duc de La Yallière : celui dont il est question portait au commencement du volume, et de la main deSozomène, la curieuse note suivante :
Melius est emere libros iam scriptos, quant scribi f acere ; nam pro membranis exposai grossos tredecim, scriptori dedi libras duodecim el cartorario[ relieur) grossos quatuor, summa ergo in lotum libras sexdecim solidos tredecim denarios vj. die primo mensis martii m. cccc. xxv.
Les Orationes furent publiées pour la première fois collectivement à Venise, en 1471, par Christophe Yaldarfer, sous la direction et par les soins de Lodovico Carbo. Le manuscrit sur lequel ce Carbo transcrivit ces immortels chefs-d’œuvre appartenait à la librairie du couvent di Santa Maria dell’ Orto, de l’ordre deCiteaux. Carbo avait été introduit dans la librairie par ses amis les Fratelli Zobbini, peintres renommés, chargés, en 1466, de la décoration delà sacristie du monastère. Ce rare volume est un pet. in-fol. de 275 ff., au dernier desquels se trouve le nom du correcteur 1 ; bien qu’incomplète des Orationes pro Fonlejo, pro Lege Agraria, pro Roscio Comœdo, des Verrinœ et des Philippicœ , cette édition est généralement classée parmi les princeps , au môme titre que l’édition de Rome, publiée la même année. Celle-ci, plus rare encore peut-être que celle de Venise, est beaucoup plus complète2; elle fut imprimée par Sweynheym et Pannartz , sous la direction du célèbre philologue Jean André, évêque d’Aléria et bibliothécaire du Vatican, qui fait précéder son tra-
1. Sur l'exemplaire vendu 700 livres chez le duc de La Vallière, se trouvait une note curieuse, en ce qu'elle fait connaître le prix des livres en Italie, au début de l’imprimerie : Anno Domini M° CCCC0 LXXIII0 lias présentes orationes
; precio duorum ducalorum auri comparuvi leste sùjno meo manuali hic apponto anno predicto die XV Januarii. — Jaulnern.
2. Néanmoins elle ne renferme pas les Verrincc, publiées pour la première fois en 1493, à Venise, per Joannem Forliviensetn et Jacobum flrixiemem socios. Infol. de 252 feuillets (Hain., 1525.)