‹ Cicéron médecinChapitre 40 sur 53 · K T L D E B 1 B L 1 0 G B A P II I Q E E · texte numérisé non relu

K T L D E B 1 B L 1 0 G B A P II I Q E E

vail d’une épltre dédicatoire au pape I’aul 11. C’est, eu somme, un très-précieux volume (356 ff., à 46 lignes par page tiré seulement à 273 exempl. ; ce nombre restreint en explique I extrêrm rareté.

L ’Oralio adversus Valerium, publiée à Bologne par Plùl Béroalde en 1 499, et comprise au nombre des Orationes Cicero nis , est parfaitement apocryphe : ce serait, d’après Orelli, ! ouvrage d’un grammairien français du xv* siècle.

Les précieux Commentaires du premier des philologues latin: qui se soit voué au culte de Cicéron, Asconius Pedianus, di Padoue, et ceux non moins intéressants de Georgius Trapezunti us , furent publiés en 1477. C’est un rare in-folio imprimi à Venise : il conserve du prix, comme les savantes annotation: qu’il contient conservent encore aujourd hui de 1 importance e de l’intérêt.

Joignons à ce qui précède le détail de quelques fragments de: Orationes , récemment découverts et publiés :

M. T. Ciceronis Irium Oralionum pro Scauro , pro Tulho pro Flacco , parles ineditœ , cum anliquo scholiasie , île» inedito , ad Oral, pro Scauro. Mediolani. Typis Pyrolœ, 1814 in- 8°.

Ces fragments ont été retrouvés, transcrits, annotés et publié par l’illustre cardinal Mai. Il examinait un manuscrit du poëh chrétien Sedulius 2, dans la collection Bobbio a la bibliothèqui Ambroisienne, quand il crut apercevoir quelques traces d’ancienne écriture : après un long et pénible travail, il parvint! faire reparaître des mots complets, des phrases entières :

O Deus ùnmortalis! s’écrie l’enthousiaste savant, 6 Deui immorlalis! quid demum video! en Cieeronem , en lumen romance. facundiœ , indignissimis tenebris cireumseptum ! A gnosco deperditas Tullii orationes , senlio ejus eloquentian Jivina quadcnn influere...

El après de bien patients travaux, de bien pénibles efforts, i

1. Sedulii cnrmtn PaschaJr, conlintns hbtoriax nolabilet Yelcris nr Am i Talc menti, urationis dominical i$ parapfirasim, etc.

SLR M. T. CICÉRON.

reconslitua , il rétablit presque intégralement trois des plus importants discours de Cicéron, perdus depuis tant de siècles. Le manuscrit du poète Sedulius était du ix° siècle, mais l’écriture des fragments Cicéroniens, que recouvraient les vers du poëte latin, était infiniment plus ancienne, et le cardinal, d’accord avec plusieurs savants italiens, n’hésite pas à la reporter au n' ou tout au moins au ni' siècle.

Triton Orationum in Cloclium et Curionem de œre alieno, Milonis , de rege Alexandrino fragmenta inedita. II. commentarius anliquus (ad Orationes VII) qui videtur Asconii Pediani... omnia ex anliquissimis tnss. cum criticis notis edidit Ange lui Mains. — Mediolani, 1814, in-8".

Ces fragments furent encore découverts par l’infatigable cardinal sur un précieux palimpseste, qui contenait les actes du concile de Chalcédoine; ils ont été publiés avec les trois précédents à Milan en 1817, gr. in-8°, avec deux planches de fac-similé.

Ils coûtèrent encore plus de peine au cardinal que les précédents; caries copistes, en cousant ensemble les feuilles pour la transcription des actes du concile, les avaient mêlées, et il lui fallut un travail énorme pour les reconnaître et les classer.

Orationum pro Scauro, pro Tullio et in Claudiurn fragmenta inedita; pro Cluentio , pro Ccelio , pro Cœcina variantes lecliones, orationem pro Milone a lacunis reslitutam, ex membranis palimpsestis bibliolhecœ Taurinensis Athenœi edidit et cum Ambrosianis parium Orationum fragmeniis composait Amed. Pegron. — Sluttgardiæ , Cotta, 1824, in-8°.

Nous allions oublier les fragments des Orationes pro Fonleio et pro Raberio , publiés d’après les manuscrits de la Vaticano par F.-C. Niebühr, à Rome, en 1820, in-8°, avec un fac-similé.

ÉTUDE BIBLIOGRAPHIQUE

EP JSTOLÆ.

EPISTOURl'M AD FAMILIARES L ! B. XVI.

Il serait à la fois curieux et amusant de faire un Guide du voyageur contenant le relevé et le détail des reliques apocryphes du temps passé, conservées dans les couvents, dans les églises, dans les musées, dans les bibliothèques publiques. M. Pertz, l’illustre et savant bibliothécaire de Berlin , se plaisait à faire voir les Tables de la loi , Y exemplaire autographe authentique de Moïse. Puis, il ajoutait négligemment : « Quant à moi. je les crois du commencement du xivc siècle... » Il ne disait pas si c’était après ou avant Jésus-Christ.

Simon Staravolscius ose imprimer dans sa Polonia que les Tabellœ aù-o-ypotipoi des Epistres familières de Cicéron étaient conservées in bibliolheca Tliorunensi 1 ; mais on na point osé le croire sur parole, et, vériGcation faite, on a trouvé un manuscrit du ixe siècle, et certes, la minuscule carlovingienne a peu de rapport avec la première grande écriture romaine.

Les Dominicains de Bologne montraient bien, il n'y a pas encore cinquante ans, le Pentateuque écrit par Esdras en personne, et Florence possédait l’Évangile de saint Jean, parfaitement autographe, et tant d’autres. Nous ne savons si l'on a cessé de faire adorer aux fidèles dans une chapelle de la cathédrale de Sienne le crâne de saint Jean le Précurseur, à l'âge de douze ans... c’est le pays des amplifications.

C’est encore à Pétrarque que revient l'honneur de la découverte des Epistres familières. Voyons ce qu'en disent ses biographes et les écrivains contemporains.

L’antique Codex qui les contenait est encore aujourd'hui conservé à la bibliothèque des Médicis, couvert des notes autographes

1. C'est Thorn, ville <lc Pologne, aujourd'hui prussienne, la patrie de Copernic.

. SUR M. T. CICÙRON.

du poète. « Le caractère en est presque français, dit Victorius, et tout le monde sait que Pétrarque, ayant voyagé et séjourné longtemps en France, en avait adopté l’écriture. »

Mais où fit-il cette précieuse trouvaille? Un document extrait du catalogue des manuscrits du marquis Riccardi 1 paraît prouver que ce fut à Vérone. Le codex fut arraché e latebris ecclesiœ Veronensis. Mais tout porte à croire que c'est là une faute du copiste ou de l’imprimeur, et l’on doit lire Vercellensis. Blondus Flavius affirme en effet avec autorité que ce fut dans cette ville de Verceil que ce manuscrit fut découvert par Pétrarque, e cœco carcere quo detinebantur eduxit Tullii epistolas , quas dite pcrquisieral. Et un peu plus loin, à propos de quelques autres manuscrits cicéroniens , il ajoute : Et si Epistolas Ciceronis Lentulo inscriptas Vercellis reperisse glorialus est, très de Oratore et Inslitutionum Oraloriamm , Quintiliani libros non nisi laceros mutilatosque vidil, ad cujus notiliam Oratoris major is et Bruti de Oralonbus Claris ilerum Ciceronis libri nullatenus pervenerunt , etc. »

Maintenant Pétrarque peut-il également revendiquer l’honneur de la transcription et delà mise au net du manuscrit, aussi bien que de la découverte? nous ne le pensons pas. Son biographe, Jannoctius Manettus, soutient cette opinion , mais sans l’appuyer d’aucunes preuves: « Ciceronis epistolas, prias hinc indc varie dispersas , eo online quo nunc videmus in sua volumina redegit. C’est bien certainement au docte Ange Politien que revient la gloire d’avoir épuré et reconstitué le texte extrêmement incorrect et confus du manuscrit trouvé par Pétrarque. Lui-même raconte le fait à plusieurs reprises, et certes le grave Politien était bien trop probe pour avancer une pareille assertion, si le fait n’eùt été de la plus grande authenticité et accepté par tous ses contemporains. Victorius, qui, lui aussi, compulsa et étudia ce manuscrit, qui servit à la première édition, confirme énergiquement la réclamation do Politien.

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