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Cal. Codic. Mss. liiccardiatue. — Liburni. 1756, in-fol

ÉTUDE BIBLIOGRAPHIQUE

Conservé en grand honneur après la mort de Pétrarque, ce précieux manuscrit passa dans les mains de savants philologues; Léonard Arétin en devint possesseur et après lui son fils, puis Donato Acciaioli, en héritèrent; enfin il devint la propriété de la bibliothèque de la célèbre université de Padoue, où le vit Nie. Niccoli, puis il fut transporté à celle de Saint-Marc à Venise, et de la à la Laurentiane; ce fut le terme de ses longues pérégrinations; ce fut là que Politien le transcrivit et que Yictorius le consulta.

La première édition en fut donnée à Rome, en 1 467, parSweynheym et Pannartz, in do>no Pétri de Maxim o : c’est un grand in-4" de 246 ff. à 31 lignes par page entière. Ce livre, d’une grande rareté, est d’autant plus important que c'est le premier livre sorti des presses romaines, les deux pères de la typographie en Italie n’ayant pu d’abord établir leur imprimerie que dans l’abbaye de Subiaco.

Deux ans plus tard, les Epistolœ fantiliares furent réimprimées trois fois ; deux de ces éditions furent données à Venise par Jean de Spire, qui porta le premier l’imprimerie à Venise: la première a 125 ff. non chiffrés à 40 et 41 lignes par page: elle est considérée comme le premier livre imprimé à Venise : on lit au verso du premier feuillet :

Primus in Adriaca formis impressit aenis.

Les mots grecs ne sont pas imprimés, mais bien écrits à la main :

La seconde édition est de 136 ff. de 40 et 41 lignes par page ; les capitales, comme dans presque tous les livres imprimés dan3 ces premiers temps de l'imprimerie, sont laissées en blanc et rubriquées à la main. Nous croyons que cette édition fut tirée au nombre considérable de six cents exemplaires, et non pas de trois cents, ainsi (pie l'ont imprimé la plupart des bibliographes; nous fondons cette assertion sur le dernier \er$ de la suscription :

llesperiœ quondam Germanus quosque libellos Abslulit : en plures ipse daturus adest.

S U R M. T. CICÉRON

Namque vir ingenio mirandus et arte loannes Enscribi docuit clarius œre libros.

Spira fauel Venetis : quarto nam meuse peregit Hoc tercenlenum bis Ciceronis opus.

Ce tercenlenum bis, nous ne pouvons le traduire que par deux fois trois cents. Malgré ce nombre si considérable pour le temps, ce volume est devenu de la plus grande rareté : on n’en connaît guère que 10 à 12 exemplaires.

La troisième édition, donnée cette même année 1469, fut imprimée à Rome, au mois de novembre, par Sweynheym et Pannartz (160 ff. in-fol.). Le texte de cette édition offre quelques variantes.

Epistole ad M. Bhutum, ad Quintum fhatrem , ad Octaviiim et ad Atticum. — Impress. Romœ opus in domo Pétri et Francesci de Maximis, presidentibus Conr. Sweynheym et Am. Pannartz. .4° 1470 (in-fol. de 199 ff. ).

Première et précieuse édition, tirée à 275 exemplaires, publiée par les soins et sous la direction de Jean André, évêque d’Aléria, dont l’épitre dédicatoire au pape Paul II se trouve en tête du volume. 11 déclare dans cette épître avoir eu la plus grande peine à se procurer de bons manuscrits de cet ouvrage, et il ajoute que sans les soins empressés et le secours efficace du cardinal Sancti Chrysogoni, il n’aurait pu y parvenir.

La même année paraissait a Venise une édition du même livre, publiée par Nicolas Jenson ( pet. in-fol. de 180 1T. ). On en consene à la bibliothèque impériale un très-précieux exemplaire, dont les grandes marges sont littéralement couvertes ries savantes notes autographes d’Ange Tolitien.

C’est au célèbre grammairien Gasparinus Pergamensis (Gasparino Barziza;, qui professa longtemps avec éclat à Venise et a l’université de Padoue, que l’on doit la découverte et la communication du manuscrit sur lequel Nicolas Jenson imprima cette dernière édition; mais celle de Rome fut faite sur le manuscrit découvert par Le Pogge, à Constance; il y était allé rejoindre son ami Sozomène de Pistoie; et là, pendant le concile, les deux

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bibliophiles infatigables consacraient tous leurs loisirs a la recherche des trésors perdus de l’antiquité. Ce fut là qu’ils trouveront, ainsi que nous l’avons dit, les Commentaires d’Asconius Pedianus sur Cicéron, publiés pour la première fois en 1477 : là aussi ils firent une découverte infiniment plus précieuse : celle des manuscrits de Quintilien, intacts et bien complets, manuscrits que Pétrarque avait vus, mais n’avait pu acquérir: ce fut là encore, et Blondus Flavius le confirme, que Le Pogge eut seul l’honneur de la trouvaille des Epislolte ad Allicum, qu’il rapporta en Italie.

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