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MÉDECINS PHILOLOGUES

Birlcltolz, si zélé pour l’étude des langues anciennes, aurait pu trouver, parmi les médecins allemands, des auteurs soutenant la même cause et ayant sur ses 1ra\ aux un droit d’aînesse incontestable. Déjà, en 1610, J. Caselius avait publié à Helmstadt un ouvrage in-à°, intitulé : « Epistola de medica arte præstantibus studiis etiam sapientiæ Claris et aliis ingenii dotibus præditis sæculi xvi viris. » Voilà des compliments à notre adresse, et l'on conviendra volontiers qu’ils étaient mérités, car le xvr siècle a fourni un large contingent à notre panthéon médical.

Frank de Frankenau, de son côté, a imprimé à Wittemberg, en 1691, une « Epistola de medicis philologicis, » et dans la même année, Mœller a fait paraître à Altorf son « Indiculus inedicorum pbilologoruin ex Germania oriundorutn. » Ce sont là de lions arguments en faveur de la sévérité des éludes, de la parfaite connaissance des langues

savantes et du goût de nos maîtres pour ces nobles exercices de l'intelligence. Mais Christ. Fréd. Willisch est allé plus loin. On lui doit une dissertation imprimée à Annaberg, en 1709, sous le titre de: « De medicis præstantissima literarum elegantiorum lande illustribus, » et bien que l’auteur soit théologien, il n’en a pas moins exploré avec soin ces régions peu connues de la biographie médicale. Nous sommes en progrès, comme on le voit, et Burckhard n’aura pas trouvé de grands contradicteurs quand il donna sa thèse : «Medicus gravissimushumanitatis sludiorum vindex et historia literaria adumbratus. » C’était en 1710, et Lôscher, à Dresde, en 1736, complétait ces recherches flatteuses en imprimant une décade dont je consigne ici le titre : « Medici insignes humanitatis studiorum vindices. »

Si le dix-huitième siècle marchait encore sur les traces glorieuses des deux siècles précédents, le zèle pour les humanités allait s’éteindre, et Birkholz était suffisamment autorisé à blâmer l’ignorance de ses contemporains. 11 voulait, en publiant son travail sur Cicéron, réchauffer les esprits qui en avaient grand besoin, et le maître pouvait dire à ses élèves : « Ut laudatus pristinus purioris elegantiorisque latinæ linguæ amor atque cultus, jam, eheu ! apud vestrum quam plurimos neglectus fereque extinctus denuo refocillaretur atque instauraretur ! » On comprend ses plaintes, ses efforts. 11 ne paraît pas qu’il ait réussi, car, quelques années plus tard, en 1820, un médecin de Mar-1 burg a publié un travail sous ce titre : « Sam. Ch. Lucæ programma cur nostris temporibus multo parcius quam olirn inter medicos juniores reperiuntur docti literisquc satis imbuti. » >

Cette longue revue de toutes les pièces d’un procès qu’il a fallu juger de nouveau dans ces derniers temps prouve que nos devanciers l’avaient examiné avec soin. J’en étais bien convaincu lorsque, dans le courant de l’année 1850, je

publiai dans la Gazette medicale de Paris une série d’articles sur Plaute. le démontrais la nécessité absolue de fort i fie i lr’s études classiques, de revenir aux humanités si déplorablement abandonnées de nos jours. J’insistais sur l'abaissement du niveau intellectuel parmi les élèves de nos écoles de médecine depuis la suppression du baccalaureat ès lettres. Grâce au bon vouloir d’un ministre éclairé, le mal a été réparé, et bientôt nous constaterons les heureuses conséquences des mesures nouvelles. Nous ne saurions trop engager les jeunes gens à revenir aux anciennes coutumes, à relire des ouvrages que tous les progrès de la science moderne ne pourront faire oublier, à considérer ces vieux livres d’un style si pur comme un aliment salutaire a 1 intelligence. Je me rappelle une excellente dissertation de Fréd. Hoffmann : « De præparatione adlectionem veterum medicinæ auctorum.» (Op. ont. suppl. X. p. 101), qui renferme d’excellents conseils et qui se termine ainsi : a .Eqm et intelligentes lectores conatibus nostris faveant : iniques et quæ non intelligunt ipsi judicare ausos contemnere fas sit. » Chacun a le droit d’en dire autant, avec moins d autorité, sans doute, que l’illustre maître dont nous parlons, mais enfin avec le désir de contribuer pour sa faible part au succès d’une cause qui a pour elle la sanction de 1 expérience et de la raison.

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