De mon père. Auguste est le Qla de César par l'adoption
S. Yar. Ce fut dedans leur camp que tu pris la naissance.
Et quand, après Lenr mort, tu vins en ma puissance, Leur liaiue héréditaire, ayant passé dans toi, T'avait mis à la main les armes contre moi.
ri. KijCt te, Cinna, quum in hostium castris invenissem, non factum tantum
■mi.
; Var. Et le sans l'ayant fait d'un contraire parti. Ton inclination ne l'a point démenti:
Comme elle l'a suivi, les effets l'ont suivie.
5. Mes fureurs tes liens. Tes liens de prisonnier, tes chaînes.
6. Je t'enrichis. après. — Après se pouvait prendre adverbialement; les exemples n'en sont pas ra
Tout ce qu'il lit après, fut à votre prière. {Pompée, 111, il.)
Après, dans votre ramp, j'attendrai votre sort.
R i:. Alexandre. IT. V.)
Votre rival après sera bien étonné.
Molière, / ourdi, H, vu.
7. Dans Sénèque le patrimoine de Cinna lui a élé rendu sans que part lui ait été faite aux dépouilles d'Antoine. Kn fait de dignités, il n'a
['Auguste que le sace di ce. ' — Plus celte histoire do grâces el de ts s'enrichil el s'allonge, plus va tomber de liant et a tond sur l'ingrat ie Tu veux m' assassiner, qui la termine.
COflNKILLE. — CINNA. 7
Et qui m'ont conservé le jour que je respire 1 ;
De la façon enfin qu'avec toi j'ai vécu,
Les vainqueurs sont jaloux du bonheur du vaincu.
Quand le ciel me voulut, en rappelant Mécène,
Après tant de faveur montrer un peu de haine,
Je te donnai sa place en ce triste accident2,
Et te fis, après lui, mon plus cher confident ;
Aujourd'hui même encor, mon âme irrésolue
Me pressant de quitter ma puissance absolue,
De Maxime et de toi j'ai pris les seuls avis,
Et ce sont, malgré lui, les tiens que j'ai suivis;
Bien plus, ce même jour je te donne ^Emilie,
Le digne objet des vœux de toute l'Italie,
Et qu'ont mise si haut mon amour et mes soins,
Qu'en te couronnant roi je t'aurais donné moins 3.
Tu t'en souviens, Ginna : tant d'heur et tant de gloiie
Ne peuvent pas si tôt sortir de ta mémoire ;
Mais ce qu'on ne pourrait jamais s'imaginer,
Cinna, tu t'en souviens, et veux m'assassiner4.
Moi, Seigneur! moi, que j'eusse une àme si traîtresse,
1. Sacerdoiium tibi petenti, prssteritis convpluribus quorum parentes mec.um militaverant...
2. En ce triste accident. — Accident n'est pas ici un mot froid et au-dessous de ce qu'il devrait signifier. Ce mot a perdu beaucoup de sa force ; on le disait des plus tragiques malheurs, des pertes les plus sensibles. — « A la nouveauté de cet accident, un de mes plus profonds ennuis..., c'était que vous n'étiez avec moi. » Malherbe, sur la mort de sa fille, Lettres à divers, I. — « ... C'est la seule réflexion que me permette dans un accident si étrange(la mort de Madame) une sijusteetsi sensible douleur. » (Bossuet.)
3. Qu'en te couronnant roi, je t'aurais... Un anachronisme de mœurs a échappé à Corneille dans ce vers. Auguste n'est ni de son pays ni de son temps, quand, pour donner la plus haute, idée de la dernière grâce que lui doit Cinna, il place le don de la main d'Emilie au-dessus du don hypothétique d'une couronne. 11 n'était pas de l'esprit romain, du styie romain, de faire de la royauté un symbole de félicité grande et rare. Un Romain donnait des royaumes, faisait des rois (V. l'histoire des monarchies d'Orient), mais ne daignait pas l'être, où, s'il rêvait cette fortune, il en était exclu par un préjugé héréditaire, qui se conserva même sous l'Empire. L'histoire n'offre pas d'exemple d'un citoyen de Rome élevé au rang de porte-couronne.
4. D'après une tradition, le célèbre acteur Monvel, dans le rôle d'Auguste, faisait tout ce récit en homme qui se contient, pas assez cependant pour ne pas laisser paraître la légitime émotion intérieure, « d'une voix âpre et saccadée. »— 11 semble, au contraire, dès le début de cette scène, qu'Auguste est parfaitement maître de lui, qu'il s'adresse à Cinna de l'esprit le plus libre et le plus aisé, d'un ton de familiarité sérieuse, avec un calme soutenu, qui, jusqu'au bout, laisse ignorer à Cinna et au spectateur où il veut en venir, et donne au dernier mot, « Tu t'en souviens, et veux m'assassiner, » tout son imprévu et son saisissant etlet. — C'est plus loin que le ton, l'accent du personnage s'élève, s'anime (sans nul emportement), quand la leçon, la dure leçon qu'il est nécessaire d'infliger, succède au récit.
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