ACTE.I, SCÈNE II. lo
Qu'une si juste ardeur devrait être attiédie1. Auguste, chaque jour, à force de bienfaits, Semble assez réparer les maux qu'il vous a faits : Sa faveur envers vous paraît si déclarée, Que vous êtes chez lui la plus considérée : Et de ses courtisans souvent les plus heureux Vous pressent à genoux de lui parler pour eux2.
Toute cette faveur ne me rend pas mon père ; Et, de quelque façon que l'on me considère, Abondante en richesse3, ou puissante en crédit, Je demeure toujours la fille d'un proscrit. Les bienfaits ne font pas toujours ce que tu penses ; D'une main odieuse ils tiennent lieu d'offenses4 : Plus nous en prodiguons à qui nous peut haïr, Plus d'armes nous donnons à qui nous veut trahir. Il m'en fait chaque jour sans changer mon courage5 ; Je suis ce que j'étais, et je puis davantage, Et des mêmes présents qu'il verse dans mes mains J'achète contre lui les esprits des Romains 6 ;
. de subjonctif, et ce n'était pas seulement pour la commodité de la rime qu'on s*en servait encore.
Ma sœur, que je vous die une bonne nouvelle.
{Horace, III, m.) Et quoi qu'on rfi'e ailleurs d'un cœur si magnanime, Ici tous les objets me parlent de son crime.
{Le Cid, IV, t.)