‹ CinnaChapitre 47 sur 127 · Yar. Les magistrats donnés aux plus séditieux · texte numérisé non relu

Yar. Les magistrats donnés aux plus séditieux

G. La plupart des magistratures romaines étaient annuelles.

7. Comme ils ont peu de part... Comme, par la rémunération de leurs services, ces nombreux souverains éphémères n'ont, que peu de part à la richesse publique dont ils disposent, qu'ils administrent...

Dans le champ du public largement ils moissonnent1, Assurés que chacun leur pardonne aisément, Espérant à son tour un pareil traitement2. Le pire des Etats, c'est l'État populaire3.

AUGUSTE

Et toutefois le seul qui dans Rome peut plaire. Cette haine des rois que depuis cinq cents ans Avec le premier lait sucent tous ses enfants, Pour l'arracher des cœurs, est trop enracinée.

Oui, Seigneur, dans son mal Rome est trop obstinée ;

Son peuple, qui s'y plaît, en fuit la guérison :

Sa coutume l'emporte, et non pas la raison ;

Et cette vieille erreur, que Ginna veut abattre,

Est une heureuse erreur dont il est idolâtre,

Par qui4 le monde entier, asservi sous ses lois5,

L'a vu cent fois marcher sur la tête des rois6,

Son épargne s'enfler du sac de leurs provinces.

Que lui pouvaient de plus donner les meilleurs princes?

J'ose dire, Seigneur, que par tous les climats Ne sont pas bien reçus toutes sortes d'États; Chaque peuple a le sien conforme à sa nature,

1. Excellent vers : copieuse et vive image d'une sorte d'abus qui menace particulièrement les démocraties, et dont, au reste, aucune forme d'Etat n'est exempte. Notez l'heureuse correction dont témoigne la variante :

Dedans le champ d'autrui largement ils moissonnent.

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