SCÈNE III
Donne un plus digne nom au glorieux empire l Du noble sentiment que la vertu m'inspire. Et que l'honneur oppose au coup précipite De mon ingratitude et de ma lâcheté - ; Mais plutôt continue à le nommer faiblesse, Puisqu'il devient si faible auprès d'une maîtresse, Qu'il respecte un amour qu'il devrait étouffer, Ou que, s'il le combat, il n'ose en triompher3. En ces extrémités quel conseil dois-je prendre? De quel côté pencher? à quel parti me rendre? Qu'une àme généreuse a de peine à faillir î Quelque fruit que par là j'espère de cueillir, Les douceurs de l'amour, celles de la vengeance, La gloire d'affranchir le lieu de ma naissance, N'ont point assez d'appas pour flatter ma raison, S'il les faut acquérir par une trahison, S'il faut percer le flanc d'un prince magnanime Qui du peu que je suis fait une telle estime4,
Je ne lui cachai point combien j'étais blessée (blessée d'amour). (Pauline daus Polycucte, 1, a.)
Ariane, ma sœur, de quelle amour bit Vous mourûtes aux bords où vous fûtes laissi (Phèdre. I, h.)