Livre
Je ne vous quitte point, Seigneur, que mon amour n'aye obtenu ce point2.
AUGUSTE
C'est l'amour des grandeurs qui vous rend importune.
LIVIE
J'aime votre personne, et non votre fortune.
(Elle est seule.)
11 m'échappe3 ; suivons, et forçons-le de voir Qu'il peut, en faisant grâce, affermir son pouvoir; Et qu'eniin la clémence est la plus belle marque Qui fasse à l'univers connaître un vrai monarque.
1. A toute sa province. Le mol est pris dans l'un des sens du latin prorincia : à tout l'Etat dont il a la charge, à tout le peuple qu'il gouverne. Province n'est donc pas là uniquement pour la rime, bien que la rime (il n'y en a pas d'autre a prince) en ait entraîné l'emploi,
2. Wi'jt' obtenu... Des deux formes de la troisième personne du présent du subjonctif, aye et ait, la première (que nous relrouvons un peu plus loin dans la scène suivante) est le plus souvent employée par Corneille. Traitée par Vaugelas de faute grave dans ses remarques sur la langue française (16i~,, elle allait céder définitivement la place à la seconde.
3.*J1 était temps qu'Auguste se retirât. Par l'effet de sa mauvaise humeur croissante, l'entretien se gâtait toul à fait il vient de traiter Livie de femme ambitieuse et importune), et menaçait de tourner en querelle domestique. — Décidément, quelque respect qu'on doive à un texte de chef-d'œuvre, de chef-d'œuvre classique, nous comprenons que les acteurs coupenl cette pcène; igne de toute façon à ce qu'elle soit supprimée, et
l'inlcrêt, rintcrèl essentiel du spectacle n'y £erd rien, tout au contraire.