‹ Cinq années de résidence au Canada [microforme] (volume 2)Chapitre 23 sur 38 · ESS · texte numérisé non relu

ESS

re SE :

pe = >. F

ETS x LE = ES

di DR, ESA SR

Stud jus pie:

M 7 Se TEE

ER ré RER a mien RE

né a nraas

ne

nn oem, . tin.

mu

LETTRE XT.

pauvreté et de détresse aussi digne de pitié. Leurs formes amaigries, leurs yeux creus et hagards, leursmembres exténués, leurs vêtemens déchirés, produisirent sur mon imagination un effet tellement extraordinaire, que je m'’approchai d’eux avec un sentiment de timidité dont il m'était impossible de me rendre compte. Je m'assis près d'eux, et, pendant quelque temps, je crus que je couversais avec les esprits des défunts. Duraut un entretien de plusieurs heures , il me fut impossible de bannir complètement cette idée de mon esprit. La préservation de ces deux êtres me parut une preuve de l'intervention de la Providence plus marquante et plus signalée que tout ce dont j'ai pu entendre parler jusqu’à ce jour. Comme ces détails doivent être intéressans pour vous qui ne connaissez pas les bois et les déserts de l'Amérique , je vais vous en faire un récit exact où vous ne trouverez que la plus stricte vérité, sans la plus légère exagération.

Le jour de leur départ , ils poursuivirent l'ours qui se dirigea vers le nord-ouest pendant environ vingt milles ; et à la nuit ; ils s’arrétèrent sur ses traces. Après beaucoup de diffi-

pitié.

us et vêteagique je timiendre ndant s avec ien de e banrit. La it une ce plus e dont omme 1r VOUS erts de t exact vérité,

aivirent endant s’arréde diffi-

cultés , ils réussirent à faire du feu, étant parvenus à se procurer de la lumière en appliquant un morceau de linge see au bassinet de leur fusil, au moment où ils en faisaient partir la détente. Ils passérent ainsi, sans souper et sans se coucher, la première nuit qui fut extrêmement froide. |

Le lendemain matin, ils continuèrent leur chasse, aussitôt qu'ils eurent mangé un petit morceau de pain , reste’ de leur dernier diner, qu'ils partagèrent également entre eux et leur chien. Vers midi, lorsqu'ils eurent suivi les traces de l'ours, etses tours et détours pendant l'espace d'environ vingt milles, il leur fut impossible de distinguer le Nord d'avec le Sud ; et par conséquent , ils se regardèrent'comme perdus dans l’immensité de ces forêts illimitées. Ils convinrent de ne pas poursuivre plus long-temps l'animal, convaincus qu’il les conduirait encore plus loin dans des déserts d’où ils ne pourraient plus sortir sans une extrême difficulté , parce que la neige disparaissait rapidemert , et que la pluie continuait à devenir plus fort. Ils se rappelérent alors que dans la première partie du jour, ils avaient croisé,

Page 1