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maine puisse être exposée. Jusqu'à ce déplorable événement, ils avaient parcouru au moins cinquante millesparjour, marchantou, comme ils le disaient eux-mêmes , courant depuis le lever du soloil jusqu’à son coucher : à peine pouvaient-ils alors parcourir la moitié de cette distance , et ce n'était pas même sans être obligés de faire les plus pénibles efforts.
Dans l’après-midi du sixième jour, le soleil se montra quelques instans , et les convainquit qu'ils n'étaient pas sur les bords de la Tamise: cette connaissance accrut encore leur malheur, en leur donnant à penser qu'ils étaient sur les bords d’une rivière qui pourrait les conduire aux rivages désolés et déserts dés lacs Huron ou Saint-Clair. Néanmoins ils continuèrent à suivre son cours, dans. l'espoir de découvrir quelque établissement Indien, espoir qu'ils n'auraient pas, s'ils s'écartaient du rivage. Aussitôt que lé soleil eut disparu, ils décoûvrirent un bateau sur le côté opposé de la rivière, et un peu plus loin un canot. L'apparition de ces embarcations leur fit présumer qu'ils ne pouvaient être éloignés de quelque nouvel établissement ; mais lorsqu'ils eurent
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avancé quelques milles de plus sans rencontrer aucune autre trace d'habitant , ils conclureut que ces embarcations avaient été entrainées par le courant à la suite du dernier dégel, et avaient été arrêtées à la pointe où ils les avaient aperçues. Ils étaient au moment de couper un peu de bois pour la nuit, lorsqu'ils découvrirent , à quelques perches devant eux, une meule de foin : à peu de distance, et du même côté de la rivière, le foin paraissait avoir êté fauché sur les plaines ou bas fonds, où il croit naturellement à l'ombre des épaisses furêts, Cette circonstance , se rattachant à la découverte récente du bateau et du canot , leur persuada qu'ils étaient dans le voisinage de quelque établissement. La meule de foin leur fournit un asile très-commode pour la nuit, et leur parut préférable au meilleur lit dans lequel ils eussent jamais couché.
Le matin du septième jour, ils se levèrent très-rafraîchis, après avoir joui, pour la première fois depuis leur départ, des douceurs de quelques heures d’un profond sommeil. Ils se confirmèrent de nouveau, par l'incident de Ja meule de foin , dans la résolution de ne pas
s'écarter du bord de la rivière , encouragés par l'idée qu'il les conduirait infailliblement à quelque lieu habité ; mais leur chien, ce fidèle compagnon de leurs dangers , et qui avait partagé leurs privations et leurs sonffrances, se trouva , dans cette matinée, incapable d’avancer plus loin. Lorsqu'il tenta de les suivre, il chancela quelques pas, et tomba ensuite sans pouvoir se relever. Dans cet intervalle , la faim des deux voyageurs s'était accrue à un tel point, qu ils auraient pu manger les alimensles plus dégoûtans : néanmoins ils éloignèrent la pensée de tuer leur chien. Ils le laissèrent mourir d’une mort lente, plutôt que de tremnper leurs mains dans le sang de cet animal fidèle et souffrant. À peine avaient -ils dépassé d’un mille la meule de foin, qu'ils furent arrêtés par un marais impraticable qui les força de quitter la direction de la rivière. Les difficultés semblaient les entourer de tous côtés : l'espoir n'avait paru luire un moment à leurs yeux que pour ajouter à tous leurs maux, celui de se voir désappointés dans leur attente. Ils se trouvèrent encore une fois forcés d’errer dans ces déserts où on ne voyait aucune route,
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LETIRE XL. 205
avec une bien faible espérance de pouvoir regagner le bord de la rivière.
Ils parcoururent , le huitième jour, une grandedistance, etleneuvième, à quatre heures après-midi, ils distinguèrent les traces de deux hommes et d’un chien. Ils s'imaginèrent alors qu'ils approchaient enfin de l'établissement, objet si ardemment désiré de leurs vœux : cette pensée ranima leur force et leur courage. D'’après cette opinion, ils se portèrent en avant avec la conviction que l'issue du sentier qu'ils venaient de découvrir serait le terme de leurs malheurs , en les conduisant au milieu de leurs semblables. Jugez quel dût être leur découragement , lorsque vers le soir, ils se trouvèrent revenus au même lieu où ils avaient couché cinq nuits auparavant. L'espoir ne vint plus alors ranimer leurs âmes abattues ; ils n’eurent point la pensée , ils ne conçurent pas même le désir de prolonger leur misérable existence.
Ils s’assirent donc sans faire de feu, et résolurent de mettre, cette nuit même, fin à leurs malheurs et à leur vie. Les larmes coulèrent alors sur leurs traits égarés, leurs regards mutuels leur apprirent à quel point l’un
206 LETIRE XI.
et l’autre étaient changés; la crainte la pius vive qu'ils éprouvèrent fut celle que l’un d'eux mourût avant l’autre, et que le survivant expirât sans qu'il fût donné aucune larme à sa mort. Une autre réflexion vint ajouter encore À leurs tourmens : ce fut la probabilité d’être dévorés après leur mort par les monstres féroces des déserts. Howay, néanmoins. avec un peu plus de force d'esprit, s’encourageait encore lui-même par la pensée que la destruction ainsi opérée de son enveloppe mortelle ne l'empêcherait pas de paraître, devant son Créateur, digne d’être admis dans son sein, Mais Nowlan, quoique déjà soixante hivers eussent sillonné ses joues, avait très-peu de notions sur l’avenir qui l’attendait. Son corps vérissable attirait seul son attention. Nourri sur cette terre d’impiété et d’infidélité, ses idées sur Ja divinité et ses attributs n'étaient pas calculces de manière à élever ses regards jusqu'aux félicités d'un meilleur monde: à peine avait-il la plus légère notion de l'Evangile et des trésors de miséricorde qu’on peut y puiser. Ce monde bientôt ne devait plus être d’aucunintérêt pour lui, et il ignorait complètement ce qu'il pou-
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vait atttendre de l'éternité. Combien est déplorable la situation d'un tel être? n’eût-il pas mieux valu pour lui qu'il n'eût jamais existé? Avec l'espoir brillant et bien fondé d’une heureuseimmortalité, on peut 8e réjouir au milieu des tribulations et des épreuves même les plus pénibles ; mais dépourvu de ces puissantes consolations à l'heure de la mort, l’homme assez malheureux pour être ainsi abandonné à luimême , doit nécessairement mourir de désespoir, succombant à la fois sous le poids du malheur et des remords.
Après s’être livrés pendant environ une heure aux plus sombres réflexions , (temps pendant lequel ils ont déclaré tous deux que si un arbre avait:été au moment de tomber sur eux, ils n'auraient fait aucun effort pour échapper à son atteinte destructive ), ils commencèrent à considérer commé un devoir, d'employer les moyens que la Providence avait mis à leur disposition pour la conservation de leur vie, qu’elle seule avait le-droit de reprendre, puisque c'était elle qui la leur avait donnée , et ils résolurent de faireencore une fois du feu. Ilsn’y parviarent qu'avec une extrême difficulté, parce qu'ils
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è 208 LETTRE XI.
étaient tellement affaiblis , qu’ils eurent beaucoup de peine à réunir une quantité de bois suffisante. Comme ils employèrent à cette opération les derniers grains de poudre qui leur restaient , ils ne furent plus susceptibles que d'une seule émotion, celle d’une horreur impossible à décrire, à l’idée que la nuit suivante ils devraient payer leur dette à la nature de la manière qui répugnait le plus à leurs sentimens. Ils parlèrent alors avec liberté d'esprit, mais avec une expression mélancoliqueod la manière dont la gelée accomplirait leur destruction : ils se réunirent à l'opinion la plus probable qu’elle commencerait d’abord par attaquer les extrémités de leur corps , et gagnerait ensuite insensiblement lés parties vitales, jusqu’à ce que le sang qui circulait vers le cœur fût entièrement glacé. Après cette conversation, ils se couchèrent sur la terre , oubliant presque entièrement le passé, et ne s’inquiétant point de l'avenir, s’efforçant de se résigner au sort qui les attendait, quel qu'il pût être.
Le matin du neuvième jour de leur déplorable voyage, ils se levèrent dans un état de parfaite apathie, et commencerent à traverser :
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les mêmes terres qu'ils avaient parcourues six jours auparavant. Îls arrivèrent le soir à la meule de foin où ils avaient laissé le chien ; ils le trouvèrent vivant, mais incapable de se tenir sur ses pattes. Ce n'était plus absolument qu'un squelette , et il paraissait livré à l’agonie de la mort. Le désir de prolonger leur existence se fit encore une fois sentir à leur cœur ; ils résolurent de chercher le plus promptement possible une nourriture quelconque : leur appétit était devenu tellement vorace , qu’ils enlevèrent l'écorce d’un ormeau, etdévorèrent une grande quantité de la partie intérieure ; mais à peine en eurent-ils mangé, qu’ils tomberent dans un violent délire, et furent forcés de s'étendre au milieu du foin, où ils restèrent jusqu’au lendemain dans l’agonie du désespoir.
Au point du jour de la dixième matinée, ils étaient beaucoup mieux et auraient voulu se lever ; mais se rappelant alors qu'ils n'avaient plus rien de ce qui leur était nécessaire pour faire du feu, ils résolurent de ge rouler de nouveau dans le foin, et d’y attendre tranquillement l’heure de leur dissolution , de quelle manière qu'elle vint à s’opérer. Ils venaient à peine
de prendre cette résolution, lorsqu'ils entendirent le son, si réjouissant pour eux en pareille position, de la clochette d'une vache qui paraissait provenir du rivage opposé de la rivière. Ils se levérent aussitôt , et examinant ces lieux, ils découvrirent à leur inexprimable satisfaction une hutteenbois,récemmentélevée,maisnéanmoins sans que rien indiquât qu'elle fût habitée. Pendant quelque temps, ils se sentirent disposés à douter de ce qu'ils voyaient de leurs propres yeux, et à considérer la hutte comme un pur fantôme de leur imagination. Ils se rappelaient avoir passé dans ces mêmes lieux sans avoir remarqué aucun bâtiment : mais en retraçant à leur pensée la circonstance du bateau et du canot, ils furent convaincus quetout étaitréel. Délicieuse réalité ! Ils résolurent donc de parvenir, par un moyen quelconque , à traverser la rivière à gué, et parcourant ses bords d’un pas faible , mais le cœur tressaillant de joie et de bonheur , ils eurent bientôt découvert un endroit guéable. En arrivant au rivage opposé, ils furent accueillis par un blanc et deux Indiens , qui les conduisirent dans la maison d'un individu nommé Townsend, qu'ils
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| rivière.
es lieux, isfaction aisnéanfut habisentirent : de leurs e comme )yn. Ils se mes lieux : mais en ce du ba- 15 que tout rent donc que ; à tra- : ses bords saillant de tôt découint au rir un blanc nt dans la end ; qu'ils
connaissaient, et de qui ils reçurent tousles secours que pouvait exiger leur déplorable situation. Lorsqu'ils eurent repris toutes leurs facultés morales , leur premier soin fut de remercier le ciel de leur heureuse délivrance.
Peu de mois avant cet évènement Townsend avait découvert une source de sel sur les bords de la rivière de Sauble et commençait alors à établir une manufacture de cet article, à une distance d'environ 20 milles de toute habitation humaine. Cet embryon de manufacture de sel était le bâtiment que Howay et Nowland $vaient découvert après avoir entendu la clochette de la vache. Ce fut une circonstance très-heureuse pour eux : car si ce lieu avait été inhabité, ainsi qu'il l'était peu de temps auparavant, ils auraient, sans aucun doute, rendu leur dernier soupir sur les bords de cette rivière ( jusqu'alors inconnue) qui se rend dans le lac Huron sur un point éloigné d'environ 100 milles de toute habitation. Ils n'étaient plus qu'à 50 milles du lac lorsqu'ils furent arrêtés par le marais. En voulant, l’éviter ils étaient, par inadvertance , rentrés dans les bois; et en
découvrant leurs propres traces, ils étaient re- Toue L. 15
ds. ss 2 7
venus, sans le savoir, au même lieu où ils avaient couché cinqnuits auparavant ; circonstance qu'ils déplorèrent alors comme un malheur des plus funestes, mais qui, par suite, ainsi que vous venez de le voir, fut la cause de leur délivrance presque miraculeuse.
À la maison de Townsend, ils étaient à 50 millés'de chez eüx, et, dans tout cet espace, ils avaïent à travérser des déserts; mais on yÿ avait pratiqué dés sentiers marqués pat des incisions dans l'écorce des arbrek, à la manière des Canadiens. À cette époque, les pieds de Nowlan étaient dans le plus mauvais état, et comme il ne pouvait se procurer dans cette demeure isolée les remèdes nécessaires peur prévenir une mortification, il partit le lendemain de grand matin avec son compagnon d'infortune. M. Townsend les pourvut obligeamment de provisions et de tout ce qui leur était nécessaire pour leur voÿage ; etle treizième jour, depuis leur départ de l'établissement Talbot , ils eurent le bonheurde revoir leurs foyers. Jugez, d’après ce récit, si l'on doït envier aux Américains le plaisit de la chasse aux ours.
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it à 50 space , s On Ÿ sat des nanière ieds de stat, et s cette es pour » lendepagnon ut obliqui leur eizième ent Tals foyers.
avier AUX ours.
SETIRE XII. 213
Le Loup. — Le Carcajew. — Le Renard. — Le Catamount. — Le Chat sauvage. — Le Linx ou LoupCervier. —Le Kincajew.—La Belette.
— L'Hermine. — Le Skunk — L'Opossum — LeCochon deterre— Le Lièvre. — Le Lapin, — L'Écureuil, gris, noir,rouge, rayé etvolani.— Le Castor.— Le Rat musc.— La Souris. — La Taupe. — Le Veau marin. — Le Chevalma-
rin, — et les Vaches marines.
On lit dans la grammaire géographique , his torique et commerciale de Guttries ce passage extraordinaire , relatif à un animal trop bien connu en Amérique : « Les loups sont rares en » Canada , mais ils fournissent les plus belles » fourrures du pays.» Aucune de ces assertions n’est vraie. Ce savant géographe , en écrivant ce passage était certainement occupé de toute
autre chose plus importante à ses yeux: car il n'existe rien dans les annales de l’histoire américaine , qui puisse confirmer son assertion.
Les loups sont très-nombreux dans tout le Canada et ne donnent aucune fourrure. Leurs peaux sont, s’il est possible , inférieures à celles du chien et de si peu de valeur que, quand ces animaux sont tués on les dépouille rarement.
Leur chair est noire et d’une qualité si détestable , que le plus sauvage habitant des déserts ne voudrait pas en goûter. Ils sont incapables de monter sur l'arbre lemoins élevé, et lorsqu'ils poursuivent un autre animal, ils abandonnent leur chasse aussitôt qu'ils voient‘leur proie se réfugier sur un arbre. Il n’y a aucun point du Canada où les chevaux, les moutons et les cochons soient exempts des ravages de ces animaux féroces et carnassicrs : mais ils attaquent rarement l’homme , à moins qu'ils ne soient extrêmement pressés par la faim.
Dans les États-Unis, on donne une prime de 20 et quelquefois de 50 dollars, à tout homme qui porte une tête de loup devant le magistrat de la résidence la plus voisine. Par ce moyen, les Américains peuvent espérer de
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estaiserts ables qu'ils nnent role se int du Les coss aniquent soient
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les voir bientôt entièrement expulsés de leur pays. Il est également en usage dans certains districts du Canada d'offrir quelques dollars pour chaque tête de loup, pourvu qu'il ait été pris par un blanc. Quelque modique que soit cette rétribution, si cependant on voulait l’étendre aux Indiens, ils détruiraient dans un mois un plus grand nombre de ces animaux dévastateurs , qu’on n’en tue en ce moment dans un demi-siècle. Les natifs, justement offensés de voir que cette libéralité ne s'étend pas jusqu’à eux, ne sacrifieraiént pas une charge de poudre et de balles, quand même ils seraient certains de tuer une demi-douzaine de loups, parce que leurs peaux n'ont aucun prix et que jamais l'on ne mange leur chair.
Tous ceux qui connaissent les Indiens saverit qu'ils n'ont aucune prédilection pour les plaisirs qui ne leur procurent aucun avantage, et que, par conséquent, ils passeraient à côté d’un loup sans y faire la moindre attention.
Le Carcajew, quelquefois appelé mangeur de castors, ressemble à un blaireau : il a environ deux pieds quatre pouces de longueur; le corps gros et court; les jambes courtes et fortes,
et de grandes griffes ; sa queue a environ huit pouces de long, et est très-fourrée. Sa tête est grise, son dos noir, et son abdomen d'un brun rougeâtre. 11 vit dans des trous ou terriers ; il est carnivore, et se nourrit aux dépens des animaux qui lui sont inférieurs en force, toutes les fois qu'il peut en attraper. Pennant assure qu'il est capable de détruire un cérf en s’attachant à ses cornes, et s'y maintenant jusqu'à ce que l'animal soit entièrement épuisé par les efforts qu’il fait pour se délivrer de son ennemi. Mais je suis porté à douter de la vérité de cette circonstance. | |
Les Renards sont très-communs et aussi dangereux pour les poulaillers que les loups pour les parcs de moutons : il y en a de beaucoup d’espèces dans le pays, quoiqu'on les voie rarement le jour. La peau du renard noir est très-estimée : elle vaut environ 4 dollars. Les peaux des renards gris et rouges se vendent ordinairement 6 schellings.
Le Catamount est un animal de l'espèce du chat. 1l n’en a pas été vu en Canada depuis plusieurs années. Il est un peu plus long qu'un loup : sa queue a près de trois pieds ;
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il à les jambes courtes et le corps vigoureux. On dit que le catamount vit du sang qu'il boit en le suçant à la veine jugulaire des animaux qu'il peut attraper.
Le Chat sauvage est l'animal dont l'aspect est le plus redoutable. Sa tête est énorme; il à environ trois pieds de long; ses griffes sont d'une grandeur remarquable, et ses membres sont très-forts. Il est très-féroce ; mais il n'attaque jamais un homme , excepté quand il est irrité par des blessures. Sa couleur est d'un gris jaunâtre, avec des taches noires. et des raies.
Le Linx ou Loup cervier ne se voit pas souvent dans ‘es parties peuplées du Canada, quoique, à en juger par les peaux que j'ai vus à Montréal , ils doivent encore être très-nombreux daus le territoire du nord-ouest. Le loup cervier est plus grand qu'un chat de taille ordinaire ; il a une très-belle fourrure ; sa couleur est un gris bigarré , excepté sa queue qui est noire. |
Le Kincajew est à peu près de la même grosseur que le linx ; ses formes sont agréables ct ses membres indiquent de la vitesse et
218 LETTRE XIL.
de l’activité : sa queue a près de trois pieds de Jong.
La Belette ,mustela nivalis, ressemble exactement , dans l'été, aux animaux de mêmeespèce en Angleterre. Elle devient blanche en hiver, comme le lièvre : alors sa fourrure est très-fine et d’üne beauté remarquable.
L'Hermine, mustela candida, ne diffère que très-peu de la belette, en forme, en grosseur et en habitudes ; sa couleur est en été un noir tacheté vers l'extrémité de la queue. Les bouts des oreilles sont d’un gris clair. En hiver, cet animal est entièrement blanc.
Le Skunk ou Chaffouin américain, mustela americana fætida , que l’on nomme aussi enfant du diable, a près de deux pieds de,long'et il est d’une grosseur proportionnée. Sa queue est longue et très-garnie; son poil presque tout noir, avec quelques taches blanches, irréguliè- ‘rement parsemées surtout le corps. 1j sent mauvais pendant le jour; et, par cette raison , on ne le voit presque jamais dehors que le soir, lorsqu'il sort pour chercher de la nourriture. Les Canadiens mangent sa chair et emploient son huile à guérir les enflures qui proviennent
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de toute espèce de meurtrissures. Il est doué d'organes particuliers qui recèlent et conservent une espèce de liqueur volatile, fétide, qu'il a aussi la faculté de lancer jusqu'à la distance de vingt verges. Lorsqu'il est attaqué, il ne manque jamais d'envoyer une abondante décharge de ces munitions offensives et il abandonne rarement le combat, avant que toute sa réserve soit épuisée. Ù
L’Opossum , didelphis marsupealis , a environ vingt pouces de long ; sa queue est dépourvue de poil, et couverte d’écailles qui lui donnent l'aspect d'un serpent. Ses pieds et ses oreilles sont également d’une nudité complète; il se sert de ses griffes comme un singe: son poil est long et grossier ; sa couleur d’un gris de différentes nuances. La femelle a sous le ventre une poche dans laquelle elle cache ses petits, lorsqu'elle est poursuivie par un homme ou par une bête : elle peut l'ouvrir à volonté. Lorsque ses petits viennent de naître, ils se tiennent dans cette poche, jusqu'à ce qu’ils puissent courir.
Le Cochon de terre est un animal inoffensif; son corps ressemble à celui d’un cochon an-
glais : mais ses jambes sont comme celles d’un ours, et sa tête également semblable à celle d’un bichon. Il a environ dix-huit pouces de long ; ilesttrès-fort. Cet animal se terre comme le lapin , et demeure dans son terrier pendant la plus grande partie de l’hiver. Il est graminivore et on assure que sa chair est aussi bonne que celle du mouton. On se sert de sa peau pour faire des lanières de fouet, et on l'estime supérieure, pour cet usage, à tout autre cuir.
Le Lièvre du Canada , lepus hyeme albus, est très-petit, très-chétif, et ne mérite pas une charge de poudre et de plomb. En hiver, il est tout blanc. |
[Il n’y a d’autres lapins en Canada que ceux qu'on y à importés.
Le Racoon, ursus lotor, ressemble au renard pour la forme et la grandeur. Sa tête, ses pieds et son corps sont gris ; sa queue , qui est longue et bien fournie, est entourée d’anneaux de gris et de noir qui se succèdent alternativement. Ses habitudes ont une ressemblance frappante avec celles de l’écureuil : comme lui, il escalade les arbres les plus élevés, et joue entre Jeurs branches, sautant de l’une à l’autre avec
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une dextérité presque incroyable. Sa nourriure consiste en noix et en maïs; sa chair est trèsestimée par les Canadiens, et sa peau est employée par les chapeliers. Dans l'hiver, il prend sa demeure dans le tronc d’un arbre creux , où, après avoir amassé une quantité suflisante de provisions , il prolonge son séjour jusqu'à ce que la neige ait disparu. On l'apprivoise aisément, et alors il devien‘ aussi joueur et aussi
| malin qu'un singe.
L’ecureuil gris, sciurus sinerius , n'est pas très-communr £n Canada. On peut néanmoins trouver quelques-uns sur chaque point du
M :5. Cet animal est presque aussi gros qu’un ] chat , et comme toutes les autres espèces d'é-
cureuils , il est très-fier. Il est infatigable, pendant l'été, dans ses soins pour amasser des provisions pour l'hiver , et il les dépose toujours dans le creux de quelque arbre , aussi près que possible d’un champ de blé. Une eirconstance singulière est que sur six de ces animaux 3 il y en a cinq de châtrés ; et ce quiest encore plus remarquable, c’est que cette opération est effectuée par les écureuils noirs qui
paraissent être dans un état perpétuel de guerre avec leurs frères gris.
L'écureuil noir, sciurus niger , est un trèsbel animal : son corps a environ douze pouces de long, et sa queue très-remarquable par l'élégance de sa forme , est presæe de la même longueur. Sa chair est très-estimée par les gastronomes canadiens, et sa poau est de quelque valeur. Lui et ses aides-de-camp les écureuils rouges et rayés portent plus de tort aux fermiers canadiens que tous les animaux d’Amérique ensemble , excepté le loup. Il n'est pas rare de les voir ravager , dans un seul jour, des champs entiers de blé. Ce n’est qu'avec une extrême difficulté et la plus grande vigilance, qu’une récolte de blé qui est voisine des bois , peut être préservée de ces maraudeurs et
de beaucoup d’autres, même jusqu’au mo- |
ment où elle a atteint la hauteur de six pouces. Aussitôt que l’épi paraît au-dessus de la terre, l’écureuil rayé commense ses premières attaques. Il est suivi des oiseaux noirs , des rouges-
gorges et des chenilles : et lorsque le peu qu'ils laissent commence à mûrir , les écureuils rouges et noirs complètent l'œuvre de destruction.
Et fin par | Lond mille par un gr secte:
L’e plus | siverx pèce
sède
ruiss arriv verse gran gran cultd frage guis
rive
de guerre
un trèsze pouces
able par |
> la même e par les t de quel- > les écu-
tort aux !
aux d’A- >. Il n'est seul jour, st qu'avec ande vigivoisine des audeurs et
qu'au mo- |
six pouces.
le la terre, ières attales rouges- > peu qu'ils reuils rouestruction.
Et finis coronat opus. Je crois que dans l'été de 1820 , il y eut plus de 1000 acres de blé ruinés par les seuls écureuils dans le territoire de Londres, et j'ai vu tous les ans plusieurs familles réduites à un état de véritable indigence par ces animaux destructeurs , ainsi que par un grand nombre d’autres quadrupèdes ou insectes.
L'écureuilrouge est plus petit que le noir, et plus beau , si cela est possible. Il aime excessivement , comme tous les animaux de son espèce , à émigrer d’un lieu à un autre , et possède une adresse singulière pour traverser les ruisseaux , les rivières et les ‘petits lacs. En arrivantà une pièce d'eau qu'ils veulent traverser, les écureuils rouges se réunissent en grand nombre et construisent un radeau d’une grandeur suffisante qu'ils lancent sans difficulté : ils s'embarquent sans craindre de naufrage , et tournant leurs queues étendues en guise de voiles , vers la bize favorable , ils arrivent promptement au rivage opposé.
L’écureuil rayé est encore plus petit que le rouge : il vit de noix, de fruits, de maïs et d’autres grains. Il peut monter sur les arbres