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les plus élevés, et s'élince de branche en bran:che , avec l’activité d’un oiseau. L'écureuil rayé a l'habitude de s’enfouir dans la terre; on le voit rarement pendant l'hiver : les animaux dé cette espèce sont si nombreux dans tout le Canada, qu’un seul homme peut aisément, dans peu d'heures, en tuer plus d’un cent.
L’écureuil volant , seiurus americanus volans, est le plus petit et le plus singulier animal de la classe des écureuils: ses jambes de devant et celles de derrière sont liées ensemble ct au ventre par une doublé peau. En éterdant cette membrane, il peut sauter d’un arbre à l’autre, avec une grande facilité. Sa queue qui est plate lui sert de gouvernail pour diriger sa course. li se nourrit de noix et de fruits.
Le castor, castor castanei coloris , cauda horizontaliter plana ; de tous les animaux , c’est celui qui possède le plus d'instinct , au point de se rapprocher de la capacité intellectuelle. C’est un excellent architecte, et un avocat d’une habileté merveilleuse pour maintenir les liens sociaux. Il est difficile à celui qui ne connait pas les contrées habitées par les castors , de se former une juste idée de leur inimitable adresse
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en architecture , ‘et de leurs laborieux efforts pour utiliser les sociétés par une réunion des moyens mutuels, dans la vue d’assuret lé bonheur général. Pour bien apprécier leur adresse: et leur industrie , il est indispensable de voir, de ses propres yeux , l’admirable construction des logemens faits par ces animaux. Le castor, parvenu à toute sa croissance ; pèse rarement plus de 5o livrés 3 sa longueur n’est que de 2 pieds g pouces , depuis le museau jusqu’à l’extrémité de la queue. La ciréonférencé de sôn corps excède à peine 27 pouces. Considéré individuellement , il ne possède pas plus d'instinct ou de force que tout autre animal de même dimension et de semblable construction.
Mais quand on l’envisage en nombre collectif, il ne le cède qu’à l’homme pour les attributs de la raison, de la réflexion, de la prévoyance et de l’exécution. Ils contemplent ; prévoient, projettent et exécutent avec une facilité etune exactitude qui paraissent plus que de l'instinct. Jspeuventarrêterle cours des rivières les plus rapides, etdirigerleurseaux dans de nouveaux:anaux;ils peuvent abattreles plusgrands arbres, et sont à la fois laboureurs, maçons , charper-
tiers et architectes, déployant dans chacun de ces arts une capacité et une intelligence qu’on a eu tort de regarder comme des attributs de l’homme seul, et qui le cèdent à peine à celles qui sont le résultat de l'étude et de l'expérience humaine:
. La providence semble avoir voulu que cet animal fui distinct de tout autre, tant par la singularité de sa conformation que par celle de sa demeure, et lavoir formé sur un plan différent, sous plusieurs rapports, de la construction des autres quadrupèdes. Sa queue est plate , ovale et couverte d’écailles comme celle d’un poisson; elle. lui sert à diriger sa course dans les courans les plus rapides, et gouverne tous ses autres mouvemens dans l’eau. Il a des membranes entre les doigts des pieds de derrière , mais non entre ceux des pieds de devant. Sa partie antérieure le fait ressembler, en tous points, à un animal terrestre : sa partie postérieure a tout ce qui caractérise les habitäns des eaux. Il a quatre dents qui lui servent aiternativement de scie et de hache, etremplissent, d'unemanièéreadmirable, les fonctions auxquelles elles sont destinées.
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Lorsque les castors sont privés de leurs habitations, par la perfdie des hommes, ils s'assemblent au commencement de l'été pour en
élever d’autres dans une position nouvelle et,
s’il est possible , plus sûre. Dans ce dessein, ils choisissent quelque partie d’un lac ou d’une rivière , sur les bords de laquelle ils puissent aisément se procurer un approvisionnement suffisant de bois, tant pour leurs propres besoins , que pour l'érection de leurs demeures. S'étant fixés sur le choix de la meilleure situation , ils commencent à ronger un des plus grands arbres qu'ils peuvent trouver, en prenantun soin spécial pour que, s’il est placé sur le bord de la rivière , il tombe de travers dans le courant. Autant de castors qu'il peut en tenir autour de cet arbre qui est ordinairement de six pieds de circonférence , s'occupent à ce travail. Ils attaquent l’arbre à environ 18 pouces de terre, et continuent à le ronger jusqu'à ce qu’il succombe sous leurs infatigables efforts. Pendant qu'une partie de ces animaux est ainsi occupée , une autre exerce son adresse à abattre de plus petits arbres, et un troisième
détachement travaille à faire du mortier et à le Tor I. 10
transporter au lieu de l'habitation projetée. Cette partie de leurs travaux s'exécute de la manière la plus plaisante. Aussitôt qu'ils ont réduit l: mortier ou glaise à un état suffisant de consistance et de liaison , un des plus grands castors s'étend sur le dos, et souffre que ses coadjuteurs amoncèlent sur son ventre une prodigieuse quantité de ciment ainsi préparé. Quand il est chargé de cette manière, deux autres le saisissent par les oreilles , ettraînent , jusqu’au bord de l’eau, la créature passive, gémissant sous le poids de son fardeau. Ensuite , entrant dans la rivière, ils le font flotter vers la partie de leur retraite quiexige, le plus promptement, l'emploi de leur chargement.
Leurs cabanes sont souventde 150 à 200 pieds de long, et quand c’est le cas , ils coupentun arbre de chaque côté dela rivière, de manière que leur sommets'unisse au milieu ; ils rongent les branches qui empêchent ces arbres de se rapprocher du lit de la rivière, et ensuite ils fontflotter vers ce lieu, une quantité de petites pièces de bois préparées avec le plus grand soin. Ils coupent à la longueur de six pieds, ces barres qui ont ordinairement quatre pouces
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de diamètre et qui sont terminées en pointe : l’une des extrémités; ils les attachent fortement dans le lit de la rivière en les plaçant séparément à unepetite distance les unes des autres , et les unissant de la même manière que l'on joint les côtés d’un panier. On peut appeler cela la carcasse de l'édifice ou plutôt le squelète de la cabane. |
Lorsqu'ils ont donné de la consistance à cette construction , au moyen de la glaise, leur premier soin est de diviser la rivière au-
dessous en compartimens rectangulaires d’une
égale dimension. Les murs qui séparent ces compartimens s'élèvent jusqu’à la surface de l'eau. Ils sont entièrement composés d'argile et ont une épaisseur uniforme de deux pieds.
Ils bâtissent des arches sur ces murs , et commencent l'érection de leurs appartemens qui ont invariablement une forme circulaire , et où on ne peut entrer que par l’eau qui est audessous. Ces appartemens sont voûtés et pla-
fonnés si proprement et avec des matériaux si
solides, qu'ils résistent à la violence des plus longues inondations , et sont impénétrables à tout , excepté aux mains impitoyables de
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l'homme. Les queues de ces 1nimaux peuvent faire à la fois l'office de pelles et de truelles. Ilss'en servent pour méler leur mortier ct crépir leurs murs qui sont achevés avec une promptitude et faits avec une solidité à peine infériéure à celle que pourrait y méttre le plus habile architecte. Ils ne se servent jamais des appartemens inférieurs que comme de Jieux de refuge en cas d'invasion, et pour des amusemens aquatiques. Ceux du sécond étage sont divisés en maisons d'habitation, appartemens pour manger et magasins de provisions.
Les deux premiers sont toujours parsemés avec goût de feuilles et d’herbages de différentes espèces : les magasins de provisions sont une propriété commune à tous. Mais chaque famille à son appartement séparé, où les étrangers ne sont admis qu'à titre de visite. Les magasins sont constamment approvisionnés d’arbres jcunes et tendres qu'ils aiment particulièrement et dont ils se nourrissent en tout temps. Le nombre des castors Éomposant une communauté de cette nature est indéterminé.
Ils sont néanmoins rarement plus de deux centset moins de trente. Chaque famille con-
siste en cinq ou six membres ,et malgré l'état condense de cette société et le nombre d'animaux dont elle se compose , la paix et l'union sont les constantes compagnes de leur vie, et règnent dans leurs demeures. Point de broui!. leries domestiques, de querelles politiques, av disputes commerciales; point d'intérêts séparés, de spéculations individuelles. Leurs travaux n'ont point pour objet l'agrandissement particulier de quelques-uns, mais l’avantag: génér:! de la société : l'instinct de chacun est le mêrc et les dirige tous vers le même but. celui du bonheur général qui dépend des travaux et de la surveillance de chacun des membres de l’association.
Outre la valeur de la peau qui est très-estimée, le castor possède une autre richesse qui est un puissant stimulant aux yeux des chasseurs et qui suffirait seulepour rendre précieuse la prise de ces animaux.-Je veux ici parler du Castoreum qu'on trouve d:::5 une membrane derrière lesrognons. La valeur de cet article est bien connue, même des Indiens.
C'est dans l'hiver, lorsque les rivières ct les lacs sont gelés, que ces animaux sont détruits
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