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en plus grand nombre. Le chasseur, en approchant de leur retraite, fait plusieurs trous dans la glace, à une distance considérable au-dessous de leurs habitations. Alors en brisant les appartemens supérieurs , il parvient à les attirer sous Ja glace : mais comme ils ne peuvent exister dans l’eau, sans reprendre fréquemment leur respiration , ils se montrent par les trous etsontimmédiatementpercés par des individus postés à cet effet. De cette manière, on en détruit souvent plus d’un cent dans une heure : et d’après cela, ilesttrès-probable qu'avant qu’un autre siècle se soitécoulé, on en verra très-peu dans le continent du nord de l'Amérique. Lorsque quelqu'un approche de leur demeure pendant l'été , les castors s’avertissent mutuelle-
ment, en frappant l’eau de leur queue, avec une telle force que le bruit occasionné par ce singulier procédé, peut s'entendre distinctement à la distance deplusieurs milles.
On assure qu'ils pourraient facilement être apprivoisés. M. Fothergale, éditeur de la gazette du Haut Canada semble, dans sesobservations sur ce sujet, être d’avis que si l’on disposait pour eux des enclos convenables ,
Dprodans -dest les ttirer exisment trous vidus n déire : et qu'un >s-peu Lorse pentuelle- , avec par ce incte-
nt être de la obsersi l’on ables ,
ils donneraient aux fermiers qui se détermineraient à l'entreprendre un produit plus certain qu'aucun des autres animaux que nous connaissons. Il faudrait néanmoins pouvoir disposer d’un capital considérable pour faire les enclos et autres arrangemens nécessaires pour leur réception. La peau du castor vaut dans ce moment en Canada environ douze schellings six pences.
Le Rat musc a été considéré par quelques écrivains comme une espèce diminutive du castor; mais à mon avis et d’après l'examen suivi que j'ai été à même de faire des deux espèces, la seule ressemblance qui existe entre elles , est celle de leur genre de vie. Ils bâtissent des habitations grossières dans les bas fonds et les eaux dormantes, etils vivent de végétaux. Leur tête et leur queue ressemblent à celles d’un rat ordinaire ; mais leur fourrure est plus longue et d’une couleur plus sombre. Le nom de rat musc leur vient de ce qu'ils ont des glandes qui contiennent une odeur très-forte:; ils opt au moins quatre fois la grosseur d'un
rat ordinaire , animal entiérement inconnu au Canada. |
Il y a en Canada plusieurs espèces de souris, entr'auires celle des champs , et la musaraïque, le plus petit de tous les quadrupèdes , qui vit d'insectes. MEET
Les T'aupes sont très-communes en Canada, et il y en a de plusieurs espèces que je connais trop peu pour pouvoir en parler.
Le Cochon de haye est environ de dix-huit pouces de long et d’une grosseur proportionnée: on l'appelle porc-épic; mais il ne ressémble à
cet animal que par ses tuyaux de plumes qui n'ont que quatre pouces de long, qui sont presqu'aussi fortes que celles d’un canard, et si dures , si bien garnies de pointes innombrables, que souvent elles deviennent fatales aux chiens assez hardis pour les attaquer : il est impossible de s’en débarrasser, lorsqu'une fois elles ont pénétré la peau. Peu de chiens peuvent être poussés à les combattre, et ceux qui s'y déterminent sont souvent vaincus et toujours très-maltraités. Les Canadiens regardent la chair de cet animal, comme un morceau délicieux. À la vérité , ils mangent de quel animal que ce puisse être, depuis le bufle jusqu'à la
grenou ou am)
On :
Ontari trées :
En fév la glac le mor curiosi
Le encore le fleu
grenouille , qu'il soit carnivore , graminivore , ou amphibie.
On a vu souvent des Peaux marins sur le lac Ontario, quoique leur existence dans ces contrées ait été long-temps un objet de doute.
En février 1821,on prit un de ces animaux sur la glace dans le voisinage de Kingston , et on le montra dans la ville, comme une grande curiosité.
Le Cheval marinet Vache marine existent encore à ce qu’on assure dans le golphé ét dans le fleuve Saint-Laurent.
LETTRE XJII.
Diverses espèces d'oiseaux et d’animaux aqua-
tiques qui visitent le Canada. — Le Cigne.
L Oie. — Le Héron. — La Grue. — Le Dinde sauvage. — La Caille. — Le Pigeon. — Le Geai. — Le Corbeau. — Le Hibou, etc.
On voit en été une grande quantité d'oiseaux dans le Canada; mais à dater du commencement de l’hyver, jusqu’à l'ouverture du printemps ,les forêts sont entièrement abandonnées par les tribus emplumées. Le Faisan , le Geai, l'Oiseau de neige, le Pivert avec deux ou trois plus petits oiseaux dont je ne me rappelle pas avoir entendu prononcer les noms, sort les seuls qui paraissent assez attachés au sol du Canada pour s’exposer à la rigueur de son climat pendant l'hyver.
Il est assez remarquable que dans cet im-
mense as fréquente point d'oi, Les Po les lacs € l'Oie duC On tro trées des qu'il yet Canada.
désagréa immang paru suF des bois les plus Les HA breux e Les D grosses dans la Le D pèse sot fréquen les diff mais je
mense assemblage d'animaux emplumés qui fréquentent le Canada pendant l'été, il n’y a point d'oiseaux chantans.
Les Poules d’eau sont très-nombreuses sur les lacs et les grandes rivières. Le Cigne et l'Oie du Canada habitent constamment les lacs.
Qn trouve sur tous les points de ces contrées des Canards de toute espèce : je crois
qu’il yena de plus de quinze dans le Haut
Canada. Plusieurs ont un goût de poisson désagréable, et quelques-uns sont absolument immangeables; la chair des canards gris m'a paru supérieure à toutes les autres. Le canard des bois se nourrit sur le sommet des arbres les plus élevés.
Les Hérons ctles Grues , sans être très-nombreux en Canada, y sont vus fréquemment.
Les Bécasses qui ne ‘sont pas beaucoup plus grosses que les Bécassines sonttrès-nombreuses dans la partie ouest du Haut Canada.
Le Dinde sauvage est un très-bel oiseau ; il pèse souvent 4o livres et au-dessus. On les voit fréquemment par nombreux troupeaux ‘dans les différentes parties de la haute province ; mais je n'en ai jamais aperçu plus de huit ou
238 LETTRE XUIL.
dix ensemble. Dans l'hiver, ilsse montrent quelquefois daus les cours des fermes, jroux y chercher de la nourriture qu'ils partagent sans crainte avec la volaille du fermier.
Le Faisar, où Perdrir, ainsi quon le nommé quelquefois, est, je crois, un oiseau particulier au continent Américain ; il c'iffère entièrement du faisan et de la perdrix qu'on vait en Angleterre. Sa chair est sussi blanche et aussi tendre que celle d'un poulet, et d’un excellent goût ; elle est bonne à manger dans toutes les saisons. Dans l’hyver, cet oiseau vit de bourgeons d'arbres ; et dans l'été, de fruits
et de noix. Quand il s'élance en l'air, il vole toujours sur un arbre , où il demeure longtemps, à moins qu'un coup de fusil ne le renverse.
Les Cailles sont très-communes dans les anciens établissemens , et sont entièrement semblables aux oiseaux du même nom en Europe.
Au printemps, les Pigeons arrivent en nombreux troupeaux des contrées du Sud ; ils demeurent tout l'été an Canada , et on les trouve dansleurs nids semblables à ceux du pluvier. On en prend quelquefois cinq cents dans un prin-
paraî!
parn titud passa sur u l'espe lant long pigeo certa vez nom]
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temps, et souvent on en tue trente ou trentecinq d'un seul coup de fusil. Les Canadiens salent et mettent en barils les poitrines de ces animaux, et réservent les autres parties pour
A les manger immédiatement. L'Ornithologie de
Wilson, contient un calcul relatif aux troupeaux de ces animaux , qui viennent annuellement fréquenter le Nord , en partant des pays les plus reculés du centre et du Sud. Ce calcul paraît incroyable ; mais j'ai été convaincu , parmes observations personnelles, de son exactitude : il dit avoir remarqué un troupeau passant entre Francfort et le territoire Indien , sur une distance d’un mille de largeur, pendant l'espace d'environ quatre heures ; et en calculant un mille par minute, cela suppose une longueur de 240 milles. Ainsi en comptant trois pigeons par chaque verge carrée, ce qui est certainement un calcul fort modéré, vous devez trouver dans Ce seul troupeau l'immense nombre de 2,250,2%2,000 pigeons.
On trouve aussi dansce pays la Tourterelle, dont le beau plumage, les formes délicates et les regards inmocens, sont bien (hits pour attirer l'attention.
2/40 LETTRE XUIL, On distingue en Canada cinq espèces de P:verts, dont deux sont très-belles quant à la forme et à la couleur. Le plus grand, Picus Erithrocephalus , que les Canadéens appellent communément Coq des bois , a la tête cramoisi,et une grande touffe de li même couleur, avançant horizontalement sur son cou. Son dos et ses alles sont agréablement bigarrés de noir et de blanc, et sa queue est d'un vert noir. Les piverts sont pourvus d’un bec angulaire trèsdur et très-aigu. Avec le secours de ce bec, ils percent les arbres les plus durs pour y chercher des insectes qui leur servent de nourriture. Leur langue qui a presque trois fois la lon. gueur de leur bec, est pointue et dentelée de chaque côté. Ils s'attachenit toujours de préférence aux arbres morts ; et en y appliquant leurs becs pour les creuser, ils font un bruit aussi éclatant et quelquefois semblable à celui d'un marteau de menuisier, lorsqu'ii est rapidement appliqué sur la tête d’un clou.
Le Geai bleu est plus grand qu'en Angleterre ; il ne quitte point le Canada pendant l'hiver. Son plumage est très-beau ; mais les sons discordans de sa voix ressemblent à un
croasseme reille.
Un oise quelquefoi diffère ent même nor seaux du C est bleue :
tion avec 8 frayante.
D'immei blant aux tant ici le tempsen C:
Ce sont 1 globe; ils o lesrécoltes avec un ac paru une € bruyans.
L'Oiseai moineau; s son dos ets sa tête ets
LETTRE XII. ob.
croassement , et sont très-désagréables à l'o-
\ ln reille. |
Mois Un oiseau appelé le Pécheur royal, qui est fotit quelquefois plus gros qu’un bécassin , mais qui: tb. diffère entièrement du poisson Furopéen de ur, M même nom, fréquente les rivières et les ruis- | doë seaux du Canada. La couleur de son plumage Hbiié est bleue : sa tête, qui est hors detoute propor-
Li tion avec son corps ; est d'une difformité eftrès- frayante. |
:, ils D'immenses troupeaux d'oiseaux , ressemhier. blant aux Oiseaux noirs d'Angleterre , et porutile tant ici le même nom, s'assemblent au printie tempsen Canada, et y demeurent pendant l'été. à dé Ce sont les êtres les plus destructeurs du fitée globe; ils ontune prédilection particulière pour juant lesrécoltes de blé qu'ils détruisent fréquemment bruit avec un acharnement inconcevable. Îls m'ont ublui paru une espèce d’étourneaux, et ils sont aussi rapi- bruyans.
L'Oiseau bleu est un peu plus gros que le
ngle- moineau; son plumage est beaucoup plus beau ; dant M son dos etses ailes sont d’un bleu de ciel foncé;
Ltée sa tête et sa poitrine sont de la même couleur,
à un
mais plus légère et également entremélée de nuances rouges et violettes.
L’ Alouette paraît avoir beaucoup de rapport avec celle d'Europe ; mais elle ne chante jamais, C'est un oïseau stupide et inactif qui ne veut pas se hasarder à voler.
Les Oiseaux jaunes, qui ressemblent beaucoup aux Canaries; se voient en foule dans toutes les parties du pays. Ils ne chantent point, et cépendant je suis très-porté à croire qu'ils sont de la même famille queles Canaries.
L'oiseau bourdonnant, le dernier et le plus délicieux des habitaäns des airs, est un visiteur annuel du Canada. Il ÿ a différentes grosseurs de ce diminutif d'oiseau, depuis celle d’un roitelet jusqu’à celle de l'humble abeille. L'eclatetla variété de son plumage sont au-dessus de toute description. Le plus petit est, je pense, le plus beau ; ses couleurs sont plus variées et plus nombreuses que celles des autres. Sur sa tête on voit une touffe de plumes, ou, pour mieux dire , de duvet aussi noir que du geai ; 54 poitrine est écarlate; son ventre d’un bleu pâle ; son dos êt ses ailes du vert le plus ibrillant; et sa queue d’un vert doré, bordé de
quelqu la natu taches « bourdo étalant Auna le suc d Quar il fait ur fileuse :
d'oiseau et le fra c'est un mi le pl périeur.
qué, à avec la le Corps ber Âte On vo et des A Canada dans la sans êtr( Les
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plus teur eurs , ’un L'e- CITÉ nse, es et ir sa pour EAI ; bleu bril-
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quelques-unes des teintes les plus délicates de la nature. Tout son plumage est parsemé de taches d’or. Pendant l'été, on peut voir l'oiseau bourdonnant, dans tous les jardins du pays, étalant son superbe plumage, volant d’un lieu à un autre, et toujours très-occupé à extraire le suc des fleurs. ‘
Quand ses petites ailes sont en mouvement, il fait un bruit semblable à celui du rouet d’une fileuse: c'est ce qui lui a fait donner le nom d'oiseau bourdonnant. Malgré la petite taille , et le fragile physique de cette belle créature , c’est un des génies le plus irritables, et l’ennemi le plus fatal des oiseaux d'un volume supérieur. 11 ne balance pas, lorsqu'il est provoqué, à attaquer même un corbeau; il darde avec la rapidité de l'éclair son tendre bec dans le corps de son noir adversaire, et le fait tomber à terre sans vie.
On voit rarement des Corncilles, des Moineaux et des Roitelets , dans la partie Ouest du Haut- Canada ; mais dans les districts du Levant , et dans la province inférieure , ils sont communs sans être très-nombreux.
Les Aigles, les Corbeaux , les Hibourx , les
Al Tour Ï. 1”
Milans et les F'aucons, sont communs dans les deux Canada.
* L'Aigle Chauve, Falco leucocephalus, est, sans aucun doute, le plus grand oiseau que j'aie jamais vu dans cette contrée. Quelquesuns ont sept pieds de l’extrémité d’une aile à l’autre. Le Docteur Dwight dit qu'un oiseau de cette espèce fut tué à Broocfield en F'ermont, et que ses ailes avaient plus de neuf pieds d'envergure.
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Insecte.
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l’existe qui s0 coup p sectes le Can un de rique q
LLTTRE XIV.
Insectes de différentes espèces. — Papillons. — Sauterelleset Hannetons. — Mouche de cheval. — Mosquite ; Mouche de sable et Mouche noire. —Mouche de feu. — Abeille et Frelon, etc.
À leur première arrivée dans ce pays, les Irlandais redoutent extrêmement les serpens de toute espèce ; mais avant qu'ils n'y aient passé un seul été, ils trouvent des ennemis dont l'existence leur était absolument inconnue, et qui sont beaucoup plus incommodes et beaucoup plus dangereux. Je veux parler de ces insectes fatigans et innombrables dont abonde le Canada. Un homme peut résider pendant un demi-siècle dans quelle partie de l’Amérique que ce soit, sans recevoir la plus légère
morsure d’un serpent d'aucune espèce, quoiqu'il soit à même d'en voir une centaine par jour; mais il est ihpossible de séjourner un seul été dans le pays, sans être extrêmementtourmenté par une variété d'insectes , dont plusieurs sont assez virulentes et dangereuses dans leurs attaques , pour abreuver d’amertume la vie d’un individu, pendant la seule saison de l’année, assez attrayante pour engager quelqu'un à sortir sur le seuil de sa porte. Je n'aurai ni la patience ni les moyens de vous faire une description détaillée de ces animaux ; je me bor- -nerai donc à vous présenter une légère esquisse de ceux qui sont les plus remarquables: tels que le papillon et la sauterelle, ia mouche de cheval, le mosquite, la mouche de sable et la mouche notre, la mouche de feu, l'escarbot noir et l'abeille de ruche, l'abeille des champs, le frélon , la guëpe , etc.
Quelques-uns des Papillons du Canada sont très-grands, et tous dela plus grande beauté. On penserait que, quand le divin Ordonnateur des mondes s’occupa à leur donner l'existence, il voulut déployer sur leurs ailes toutes ïes bril- Janies couleurs et les belles nuances qu'il avait
iqu'il jour; ul été menté s sont
leurs la vie e l’an- Iqu'un ai ni la e des- 1e borsquisse s: tels che de e et la ot noir
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da sont uté.On eur des ence, il es brililavait
les moyens de créer. Siles grades de distinction parmi les papillons étaient basés sur les différens degrésde beautés ,et que sir Joseph Bawx eût vécu en Amérique , il y aurait fait de belles chasses, et aurait eu de nombreuses occasions de s’écrier , un Empereur; que cela est heureux ! sans courir le danger d’être réprimandé par les enthousiastes botanistes , comme lorsqu’au milieu de leurs tulipes et de leurs œillets, dont il faisait très-peu de cas , il s'élançait à la poursuite de ces volages insectes, sans aucun égard pour les obstacles qui s’opposaient à ses poursuites. Plusieurs papillons du Canada
paraissent, en volant, aussi grands qu'une
chauve-souris. Mais je pense que la plus grande espèce est la plus belle.
Les Sauterelles et Hannetons infectent tout le pays, et font souvent autant de ravage dans les récoltes du Canada, que les renards de Samsoin en firent autrefois chez les Philistins. Quelques-uns des hannetons de ces provinces
sont aussi gros que des rats de champ , ettous
sont beaucoup plus gros qu'aucun de ceux que
j aiejamais vu en Europe. Ils se montrent rarement avant la fin de juillet. À cette époque, ils
se rassemblent en si grandnombre,qu'une seule personne avec un fouet de roulier, pourrait en chasser dix mille devant elle, aussi aisément qu’un berger pourrait conduire un troupeau de moutons. Toute la surface de la terre en est si abondamment couverte, que les récoltes de toute espèce semblent destinées à une immédiate destruction. M. Lamserr a fait le tableau de leurs ravages dans l’île d'Orléans , pendant deux saisons sucessives. Il dit que le nombre de ces animaux fut si grand alors, qu'après avoir détruit toutes les productions végétales de l'ile, ils furent forcés de la quitter pour échapper à la famine , et que s’étant réunis en différens corps sur l’eau, ils flottérent avec
levèrent l'herbe des remparts le long des lieux où ils passèrent, et ensuite avancérent en colonnes séparées à travers le continent, dans la direction du Sud. Dans le Haut-Canada, ils détruisent quelquefois des champs entiers de grains et de prairies mais je n'ai jamais entendu parler de ravages aussi grands que ceux qu'ils commirent dans le Bas-Canada. Le docteur Dwicar assure que les Sauterelles ne pa-
la marée vers Québec, traversèrent la ville, en-
raisse | . ense cette mer q cance contr La humnl gereu quad dang ne C tem créa les ol En sant sea trait
LETTRE XIV. | 249 raissent dans la Nouvelle-Angleterre que desept en sept ans. Si cela est exact, relativement à cette partie de l'Amérique, nous devons présumer qu’ellessont venues passer leurs longues vacances en Canada; car je les ai vues dans ces contrées pendant six années consécutives.
La Mouche de chevalest plus grande qu’une humble abeille, et c’est l'ennemi le plus dangereux auquel puissent être exposés les pauvres quadrupèdes du Canada. Sa morsure est aussi dangereuse que l’aiguillon d’une guêpe , et elle ne cesse jamais, depuis juin jusqu’en septembre , de tourmenter tous les animaux ds 1a création. Le cheval et le cerf sont néanmoins les objets qu’elle attaque avec le plus de fureur. En vain cherchent-ils les prairies rafraichissantes , l'ombre des bois, ou le cours des ruisseaux ; elle les suit dans «:icune de leurs retraites, et devient leur ennemi le plus implacable pendant tous les étés, depuis le lever du soleil jusqu'à ce que la fraîcheur du soir vienne leur procurer quelques heures de relâche. J'ai vu souvent des chevaux mis au mois de juin en très-bon état dans d’excellens paturages , revenir au mois d'octobre très-amai-
gris ; ce qui n'est pas étonnant, parce qu’au lieu de paître paisiblement, ils ne sont occupés qu’à se défendre contre les attaques réitérées des mouches de cheval, et d’autres insectes presque aussi importuns.
Mais de tous les animaux qui trouble la paix de l’homme et des bêtes, les Mosquites sont; sans contredit ,les plus insupportables : ils ne vous quittent ni jour ni nuit, pendant quatre mois de l’année, époque pendant laquelle un habitant du Carada pourrait aussi bien faire remonter les eaux rapides du Saint-Laurent, qu'obtenir un instant de tranquillité de la part de ses infatigables persécuteurs. Aucun lieu, même du nombre de ceux les plus consacrés au repos , n'est impénétrable pour eux : l'inquiétude et la douleur sont extrêmes et générales pendant tout l'été. Le loup, l’ours et le serpent à sonnette, dont les nons suflisent pour intimider les Européens les plus intrénides , n’ont rien qui puisse effrayer en comparaison des mosquites. Si vous n’ailiez jamais seul dans les bois, vous n’auriez rien à craindre des deux premiers ; et en demeurant chez
vous, il vous est facile d’évitér la morsure
cruelle d votre lit, les mosq lieu que v vous trou piqûres « mains, ils fardeau }; pourrez € Dans | landais, d des différ vées dan:
pour sa trict de I qu'il fût des deése tude de par sema ces petit de décot sait tou prenant ses obse sies sur
[al
cruelle du dernier : mais ni votre maison, ni votre lit, ne peuvent vous servir d'asile contre les mosquites à longues pattes. En quelque lieu que vous alliez, ces ennemis de votre repos vous trouveront toujours, et multipliant leurs piqûres sur vos jambes, votre visage et vos mains, ils rendront votre existence un véritable fardeau jusqu’au moment heureux où vous pourrez en être délivré.
Dans l’automne de 1818 , un gentleman irlandais, d’une famille respectable, qui,par suite des différentes contrariétés qu’il avait éprouvées dans sa vie, avait conçu un violent dégoût pour sa terre natale, s'était établi dans le district de Londres. Il aimait tellement la solitude, qu'il fût , au premier aspect, enchanté à la vue des déserts de l'Amérique. Nous avisus l'habitude de promener ensemble une ou deux fois par semaine , sur les bords de la l'amise : dans ces petites excursions , ils ne manquait jamais de découvrir quelque lieu romantique, et épuisait toute son éloquence à en faire l'éloge ; prenant toujours un soin spécial de conclure ses observations par quelques réflexions choisies sur le plaisir de vivre retiré dans cette por-
tion enchanteresse du globe. Comme la solitude avait très-peu de charmes pour moi, je me bornais à donner de la tête un signe d’assentiment, et je souriais. Lorsque le printemps arriva, mon ami fut très-blessé du croassement des grenouilles , qui lui fit considérablement rabattre de ses éloges prématurés du pays. Mais lorsque la mouehe de cheval, le mosquite et la mouche de sable parurent , au lieu. d'employer son temps, comme il l'avait fait jusqu'alors , à vanter les délices que l'on goûtait dans la solitude et les déserts de l’Amérique , ilsuivit un système entièrement opposé, et ne cessa de déclamer de la manière la plus virulente contre cette contrée et les insectes dont elle est peuplée. Avant d’avoir passé un seul été dans la province, il considéra les plaies d'Egypte commeun châtimentléger, en les comparant aux plaies du Canada. J'ai souvent ri bien sincèrement en le voyant frotter ses doigts, et égratigner ses jambes, quoique je fusse moi-même en butte à de pareils tourmens.
Les enfans souffrent plus, s’il est possible , que les adultes, des mosquites et de la
a solioi, je e d’astemps
lOASSe-
sidérarés du val, le nt, au | l'avait que l'on de l’Ànt OPnanierce et les d’avoir nsidéra ntléger, da. J'ai t frotter quoique ils tour-
ossible , de la
mouche noire : leur tête et leur cou enflent à un tel degré, qu'indépendamment de la soutfrance qu'ils éprouvent, ils deviennent un spectacle vraiment affligeant.
Quoique la piqûre de {a Mouche notre soit peu douloureuse au moment oüellealieu , elle est néanmoins aussi vénimeuse que celle des mosquites , et elle est peut-être la plus dangcreuse des deux. Le mosquite, semblable à un franc guerrier, dédaignant d'agir en assassin, ne cherche point à cacher ses projets; mais il attaque honorablèment son ennemi, au péril même de sa vie , et lui laisse tous les moyens de se défendre ; tandis que la mouche noire, semblable au meurtrier nocturne , e cache tout le jour dans l'attente de sa proie, et sort d sa retraite aux approches de la nuit : mais craignant toujours de rencontrer son ennemi face à face , elle se place en embuscade dans ses cheveux , et exécute ses desseins avec la plus complète sûreté; car on senc rarement sa morsure avant qu’elle n’ait eu le temps de se rassasier du sang qu’elle a fait couler. La morsure des mosquites produit aussitôt une en flure blanche, qui ressemble à la piqûre d’une
ortie. En peu de temps, elle cause beaucoup de douleur et de démangeaison , qui néanmoins cessent bientôt , si vous n’avez éprouvé qu'une douzaine de morsures ; mais lorsque vos mains, vos bras , votre visage, votre cou , vos cuisses et vosjambes sont, littéralement, couverts de leurs atteintes à chaque minüte de votre vie , pendant les mois de juin, juillet, août et septembre, un pareil supplice est vraiment audelà de tout ce qu’on peut imaginer !
La Mouche de feu est de tous les insectes nocturnes le plus curieux à observer. Ge petit être nous offre un exemple étonnant d’une créature admirable ; dans certain moment, son corps est sombre et opaque, et dans d’autres, il estbrillamment illuminé, comme parun feu réel. Dans les nuits d'été, ces mouches éclairent toute la contrée et ressemblent à une voie lactée d’éto'les subalternes destinées à montrer les sentiers où on peut marcher en sûreté. Ces mouches sont si nombreuses dans toutes les parties du Haut et du Bas Canada. qu’une personne qui.ne saurait pas que leur éclat n’a rien d'inflammable , imaginerait que les bois etles champssont en danger d’uneconflagration
imméd si jene c'est de part ce
Les et par insecte les Ca dange ment sa tête il va directi en coli autres leur « raître
eux.
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immédiate. Les mouches de feu appartiennent si je ne me trompe , à la classe des escarbots ; c'est de leur bas ventre, couleur de paille, que part cet éclat lumineux dont je viens de parler.
Les Escarbots sont très-communs en Cänada et parfaitement inoffensifs; mais il y à un insecte qui lui ressemble beaucoup, appelé par les Canadiens , Punaise de corne, qui est trèsdangereux. Il est pouvu d’une corne extrêmement pointue qui avance horizontalement de sa tête, d'environ un quart de pouce. Comme il va très-vîte et semble peu s'occuper de Ja direction qu'il prend , il se trouve quelquefois en contact avec les hommes, les chevaux et autres animaux, et involontairement il entame leur chair avec son instrument, sans paraître avoir aucune intention hostile sontre eux.
Les Mouches de maison sont un fléau insupportable. Je crois pouvoir dire en toute certitude que sur tous les points du pays, une cabane canadienne contient un plus grand nombre de ces insectes que toute une paroisse anglaise. Un Canadien pourrait aussi bien se flatter d'empêcher les nuages d'obscurcir le
mi
soleil, que de préserver ses marchandises et ses propriétés, ses portes et ses croisées, des ordures que produisent ces incommodes animaux. Dans les villes comme dans les campagnes , toutes les croisées en sont tellement salies , qu'une personne qui en ignorerait la cause n’hésiterait pas à taxer les habitans de la maison d’une négligence aussi honteuse qu'impardonnable ; mais c'est un mal qu'il est impossible d'éviter. J'ai connu des personnes qui prenaient constamment le soin de laver les croisées tous les matins, et cependant en examinant le soir ces mêmes croisées, on
aurait dû ‘croire qu'elles n'avaient pas reçu d’eau depuis le jour où l’arche de Noé se reposa sur le mont Ararat.
Les Abeilles sont maintenant très-connues dans toutre les parties de l'Amérique du Nord, où on dit qu'on n’en avait jamais vu avant l'arrivée des Européens. Les Indiens qui n'ont pas de nom pour elles dans leur langue les appellent des Mouches anglaises. Le miel est à très-bon marché dans tous les anciens établissemens ; ct un grand nombre de fermiers ont depuis vingt jusqu’à trente ruches : indépen-
idises et Les , des des ani-
es Camlement rérait la itans de 1onteuse qu'il est Personnes de laver dant en ées > Où as reçu € T'EPOsa
connues u Nord, U avant ui n'ont igue les iel est à établisiers ont idépen-
damment de cela , on découvre tous les jours, dans les forêts, des arbres dont les troncs creux produisent souvent de 70 à 15o livres de miel. La manière de les reconnaître est très-singulière : les personnes choisies pour remplir cette mission ramassent nn certain nombre d'abeilles au milieu de: qui bordent les forêts et les réunisseni petites boëtes au fond desquelles est u ceau de raæyon de miel et sur la couverture un verre assez grand pour re cevoir la lumière de tous les côtés.
. Lorsqu'on suppose que les abeilles ont eu le
temps de se rassasier de miel, on en laisse échapper deux ou trois, et on observe attentivementladirection qu’elles prennent en volant, jusqu'à ce qu'on les perde de vue dans l'éloignement ; le chasseur ( car c’est ainsi qu'on nomme les preneurs d’abeilles) s'avance alors vers le lieu où il a cessé de les apercevoir et donnant la liberté à une ou deux autres prisonnières , remarque la direction qu'elles prennent comme il a déjà fait pour les premières. Ce procédé est répété jusqu'au moment où les abeilles auxquelle- on laisse prendre leur vol, au lieu de suivre la même direction que les