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tandis que le jour est égayé par les rayons d’un soleil bien chaud. Si l’on ne continuait pas à tenir les chaudières en activité nuit et jour, la sève s’accumulerait trop rapidement dans les réservoirs et donnerait bientôt les symptômes d'une fermentation vineuse qui altérerait la qualité, et la rendrait impropre à faire du sucre.
La premiére chose qu’il faut se procurer pour commencer à manufacturer cet article est une chaudière en' cuivre qui: coûte: dans le Haut-Canada ; environ deux livres sterling, dix schellings. Elle contient environ trente gallons, et, avec une petite marmite, elle suffit , dans une saison-favorable, pour faire bouillir cinq cents livres; de sucre: Cent cinquante auges, huit. réservoirs et quatre seaux à main sont nécessaires pour que cétte chaudière soit régulièrement approvisionnée. Les auges coùtent seize schellings et trois deniers le cent; les réservoirs, qui sont des barrils à un seul fond, coûtent quatre schellings chacun, et les sceaux deux schellings six deniers chaque. Ce sont les seuls ustensiles. dont un émigrant aura besoin ; il peut lui-même faire les auges , pendant
l'hiver précédent , s'il a acquis assez d’adresse pour se servir de sa hache. Une main un peu habile peut faire trente ou trente-cinq auges par jour: et quoiqu'elles ne soïent façonnées que par le secours de la hache, elles peuvent sérvir plusieurs années , si elles sont soigneusement mises à couvert pendant l'été.
Les arbres sont percés au moyen d’une incision faite avec une hache, ou par la perforation d’une tarière. Mais la dernière manièré'ést regardée comme la plus nuisible à la croissance de larbre. Un petit rejeton d’environ neuf pouces de long devient le conducteur dela sève de ‘chaque incision à son auge respeetive , de laquelle , au momentoelle estipresqué pleine, elle «est transportée au moyèn: des seaux dans le réservoir où elle doit s'arrêter Lorsqu'on a laissé tomber au fond les parties les plus grossières du sédiment , la sève est misé dans les chaudières et réduite eh miélasse par le simple procédé de l’évaporation. Le liquide, dans cet état plus épuré, est retiré des chaudières et placé dans des réservoirs jusqu’à ee qu’il devienne presque froid: Alors on le fait couler à travers une étoffe de laine dans une plus p"-
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tite chaudière, où après avoir £êté clarifié avec des œufs, du lait ou le sang d’un jeune bœuf, on le fait bouillir jusqu’à ce qu'il ait acquis la consistance de sucre candi; mais si l’on veut s'en servir comme de sucre ordinaire, le sirop dans son dernier degré de purification est laissé dans une caisse à sucre qui est percée au fond pour laisser couler les parties humides en forme de mélasse. Beaucoup de cultivateurs ne clarificnt ni ne coulent les mélasses et, par con. séquent, font du sucre de qualité très-inférieure. Mais, en se conformant strictement aux instructions simples que je viens de donner, le novice le plus ignorant dans cet art pourrait manufacturer du sucre égal au meilleur qu'on importe en Angleterre. Il y en a néanmoins quelquefois des parties qui ont un goût particulier, provenant souvent de l’espèce de bois dont les auges sont faites, et quelquefois de n’avoir pas été surveillé dans les chaudières où on l’aura laissé brûler. Chaque arbre, l’un dans l’autre, donne, d’une seule incision, environ vingt gallons de sève, et une quantité proportionnée par les autres incisions qui ne doivent pas excéder le nombre de qua-
tre. Cinq gallons de sève contiennent au moins une livre de sucre. |
Indépendamment de cette propriété sucrée de l’érable, il possède plusieurs autres qualités qui le rendent infiniment précieux. Le bois de quelques-uns est si beau et si bien veiné que quand il est travaillé en meubles de différentes espèces, ces meubles sont beaucoup plus élégans que ceux que l'on fait en acajou ; l’érable fournit aussi le meilleur bois à brûler du nord de l’Amérique.
Il yen a aussi une autre espèce qu'on appelle l’érable doux, acer rubrum, qui ne contient qu’une petite portion de sève, d’une nature acidulée.
Le Hêtre blanc, fagus ferruginea, ne sert guères que pour le feu ou pour le rabot ; mais le hêtre rouge est un bois très-solide et très-estimé pour faire des palissades. Le hêtre bleu est une espèce d’arbrisseau.
Le Chêne blanc, quercus alba , quoique trèsinférieur à celui d'Angleterre, est le plus utile des bois de tout le pays pour les usages ordinaires ; mais les chênes noir, jaune et rouge ont peu de prix.
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L'Orme rouge ou blanc parvient à la plus étonnante dimension. Le premier, en général, se trouve creux et est de peu de valeur; mais le dernier est très-solide et par cela même fort recherché par les menuisiers et les fabricans de meubles. Il y a une autre espèce d’orme appelée l’Orme d’eau. Lorsque cet arbre est accidentellement percé par un coup de hache, il coule de cette ouverture une quantité étonnante de liqueur fétide de couleur d’ambre et de la plus mauvaise odeur. Un seul arbre en produi tsouvent plusieurs galons. Cet arbre n’est d'aucune utilité.
Le bois de fer doit son nom à son extrême dureté ; il n’a jamais plus de quarante à cinquante pieds de hauteur et d’un pied de diamètre.
On en fait peu d'usage en Canada.
Les Noyers noirs et blancs ne croissent que dans les champs les plus fertiles. Ils produisent d’amples provisions d'excellentes noix qui sont plus grosses que celles d'Europe et ont un goût plus fin.
L'écorce du noyer blanc possède quelques vertus médicinales très-extraordinaires. Si elle estenlevée, delaracine en haut, et administrée
à un malade , elle opèrera comme un émétique ; maissionl’enlève des branches. en descendant, ses propriétés sont changées, et elle devient alors un violent purgatif. On se sert aussi de ce bois pour la teinture.
Le Châtaignier, castanéa vesca , produit une grande quantité de très-belles châtaignes : mais l'usage peut en être nuisible à la santé, parce qu’elles contiennent une grande quantité de matière onctueuse, dont on peut extraire une excellente huile. J'en ai moi-même obtenu dix gouttes d’une seule châtaigne dont l'enveloppe n'était pas plus grosse que celle d’une noix.
Le Tremble, le Saule pleureur et le Peuplier de Lombardie sont rares en Canada; et cependant ce sont les seuls arbres du pays qui contribuent , à un certain point , à son ornement. Les autres n’offrent àla vuequeletriste aspect de leurs troncs, nuds jusqu’à la hauteur d'environ cent pieds au-dessus de laterre : même au dessus de cette élévation , l'œil cherche en vain un feuillage vasteettouffu; lesbranchess'élèventen lignes directes: ellessont si rares et si peu four-
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paraître cet inconvénient en les étêtant ; alors le surcroît d'air et la vigueur que la sève acquerrait, pourraient rendre les branches et leurs feuilles plus vivaces.
Lorsque je parcourus pour la première fois ces contrées, je fus très-surpris de trouver toutes les fermes situées au milieu de champs nus et dépourvus de l'ombrage même d’un seul arbre, ou du plus petit arbrisseau. J’imputai alors cet état de choses au mauvais goût des habitans. Mais je ne tardai pas à découvrir que cet aspect de nudité avait des causes pres-
que inévitables. En admettant la possibilité de
choisir dans les forêts, avant qu'elles soient défrichées par les colons, quelques arbres propres à orner les environs des habitations , il ne serait pas possible de les conserver sans mettre en danger la vie de ceux qu'ils seraient destinés à couvrir de leur ombrage.
En Amérique, les racines de tous les arbres s'étendent presque horizontalement le long de la surfacc de la terre dont elles sont très-rap-
prochées. Ces racines ont, par conséquent, Tone L. 20
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peu de force et de profondeur dans le sol vierge qui les supporte. Ainsi l'arbre qui est épargné par la hache du bucheron, tandis que ceux dont ilétait précédemment entouré sont abattus, n’a point à se féliciter de la prolongation de son existence, ni d’avoir échappé à la destruction. Le vent impétueux n'aura pas plutôt soufflé sur sa tête qu'il sera renversé. Voilà le principal motif qui fait qu'on ne voit point d’arbres autour des fermes américaines.
D'ailleurs, un fermier américain, surtout dans les terres nouvellement défrichées, n’a pas de temps à donner aux embellissemens de ses domaines. Lors même qu'il y serait porté par goût, les circonstances où il se trouve l’empéchent de s’y livrer. Dans la nécessité où il est de consacrer tout son temps à utiliser ses terres, leur défrichement, leur culture et la construction des bâtimens convenables et nécessaires sont en général ses occupations exclusives, et absorbent presque tout son temps, depuis le premier moment où il prend sa hache en main, jusqu’à celui où satête, blanchie par l’âge, l’oblige à renoncer aux travaux de l’agriculture ; car les laboureurs étant non-seulement très-
rares, hésite souven mier 84 de ses secours vie un tigues.
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rares, mais exigeant des gages très-forts qu’on hésite à promettre, parce qu'on n'a que trop souvent, en pareil cas, la bourse vide, le fermier se contente des secours qu’il peut retirer
de ses propres bras et de ceux de sa famille ;
secours dont l'insuffisance fréquente rend la vie un état continuel d'inquiétudes et de fatigues.
Dans le nombre des arbres dont j'ai fait l’énumération, le pin, le chêne noir et blanc, et le noyer noir, sont ceux qui parviennent à la plus forte grosseur , et présentent l'aspect le plus formidable. Ï] n’est pas rare d’en trouver plusieurs ayant trente pieds de circonférence , et quelques-uns même davantage. Mais il est impossible de s'assurer exactement de leur âge, paree qu'ils sont généralement creux ou morts dans le cœur. J'ai une fois compté la croissance d’un orme, par la méthode ordinaire du nombre de cercles que forme chaque année le renouvellement de la sève, et, quoiqu'il n’eût que trois pieds de diamètre, je trouvai qu'ilavait bravé les tempêtes de trois cent douze hivers. D’après cette circonstance , je regarde comme très-probable que les arbres de dix
ni,
pieds de diamètre doivent avoir courbé leur tête pendant au moins onze siècles, sous la volonté de la puissance créatrice : quoique ceci soit à peine croyable pour les hommes dont l'existence est si bornée , le fait n'en est pas moins vrai. Car en observant d’un œil attentif la croissance annuelle de ces arbres énormes, je me suis convaincu qu'elle n’excédait pas celle des petits.
Le docteur Howison, dans ses esquisses di:
Haut-Canadu, dit : Les paysans montrent la » plus grande indifférence pour tout ce qui » n’est pas nécessaire au maintien de l’exis- » tence : ils sèment assez de blé, de maïs et » de patates pour se mettre à l’abri du besoin. » Mais rarement ils tentent de rendre leur vie » pluscommode ou plus agréable,en créantdes » jardins, ou en ornant les sites de leurs rus- » tiques demeures , par ces améliorations ru- » rales qui décorent si fréquemment les ha- » bitations des paysans anglais. »
Le désappointement dont se plaint le docteur Howison est plus ou moins senti par ceux qui visitent ces régions. J’arrivai en Canada avec les plus fortes préventions en faveur de
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cette contrée. À peine ma pensée admettaitelle qu'elle fût inférieure au jardin d’Enen ; je me la représentais comme habitée par un peuple vertueux, industrieux et hospitalier.
Mais lorsque j'abordai sur ces rivages couverts de bois , je trouvai la réalité bien inférieure à la chimère que je m'étais créée. La nature a incontestablement fait beaucoup pour ce pays: le sol est de la plus grande fertilité, presque sur tous les points , et les arbres presque partout élèvent majestueusement leurs branches vers les nuages. Mais ces délicieux cottages se trouvèrent à mon arrivée enveloppés des ombres impénétrables de forêts sans bornes : ces hommes industrieux et hosvitaliers , ces femmes belles et vertueuses avaient comme moi émigré à la recherche d’un plus beau ciel, ou d’une meilleure fortune ; car je n’en ai pu découvrir aucune trace.
Les vergers , très-nombreux dans les anciens établissemens , sont les seules plantations dont le pays puisse se vanter: et ils ont même peu d'obligation aux fatigues du cultivateur , bien que les pommes qu'ils produisent ne soient inférieures à aucune du monde. Celles des dis-
tricts de l'ouest en particulier sont de la plus grande beauté et d'un goût exquis. Le cidre est d'une bonté remarquable , quoiqu'on le boive toujours nouveau. On s'en sert ordinairement en hiver ,et rarement ( pour nepas dire jamais) il peut atteindre l’âge de six mois. ]lse vend environ dix schellings le baril de trente deux galons.
Les pêches ne viennent que dans les districts de Gore , de Niagara , de Londres et de l'Ouest. La rigueur des gelées dans les d'stricts de l'Est, aussi bien que dans le Bas-Canada, fait périr les arbres pendant qu'ils sont jeunes, et ôte la possibilité de cultiver dans les vergers ce fruit délicieux.
Les poires y sont rares. Par compensation les cerises rouges y sont très-abondantes. Les ce. rises sauvages, rouges et noires, abondent dans les bois : mais comme elles croissent à la cime d'arbres qui ont souvent neuf pieds de circonférence et cent pieds de haut, on ne peut jamais les obtenir qu’en abattant l'arbre. Elles sont en général consommées par les nombreuses volées de pigeons qui viennent en été visiter ces contrées ; et il est à remarquer que
ces 0 elles :
Le produ est pe ne pu
ces oiseaux n'y touchent jamais que quand elles sont en parfaite maturité.
Le raisin, dans son état naturel, est une production des forêts du Canada. Le fruit en est petit et aigre. Mais il n’est pas douteux qu'il ne puisse être amélioré par la culture.
LETTRE -XVIL
Productions potagères. — Melons. — Concombres. — Pommes- Tomates. — Poivre rouge. — Carottes. — Choux. — Haricots el Pois. — Asperges :1 Epinards. — Patates,
elc..
Quoique les habitans du Canada donnent peu d'attention aux productions potagères , on trouve dans les jardins beaucoup de fruits et de végétaux supérieurs aux meilleures productions de nos dispendieuses serres-chaudes.
Les Melons, dont les graines sont négligemment semées sur la terreet croissent sans la moindre précaution , atteignent , tant pour la grosseur que pour le goût , un degré de perfection que ces fruits ne peuvent jamais acquérir dansla grande Bretagne, avec tous les secours de l'art. Dans le Haut-Canàda, ils pèsent en général vingtlivres , et les plus gros jusqu’à cinquante.
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Ils procurent, sans travail ni dépense d'aucune espèce, un des agrémens les plus recherchés du luxe, à des habitans très-peu capables d’apprécier la délicatesse des fruits qu'une nature bienfaisante et libérale leur prodigue. Si le climat du Canada était aussi peu favorable à la croissance des fruits et des végétaux que celui de la grande Bretagne ou de l'Irlande , ses habitans vivraient et mourraient sans en avoir jamais goûté ; carils sont trop indolens et trop négligens pour se donner les soins qui pourraient les leur procurer. J’ose dire que si la manne pleuvait du ciel dans leur bouche, ils l’avaleraient; mais que si elle tombait surla terre , ils supporteraient quelque temps la famine, avant de se déterminer à la ramasser.
Les Concombres, les Courges, et les Pommes-Tomates ÿ parviennent au plus haut degré de bonté, sans coûter ni soin , ni dépenses à leurs consommateurs.
Le Poivre rouge, le Radis, les Carrottes et les Panais se trouvent aussi en grande quantité dans les jardins canadiens , et toujours aussi gros que savoureux. Îl en est de même du céléri, des asperges, des épinards et des chous.
Les Canadiens cultivent comme une production très-peu profitable, les pommes de terre, qui sont toujours aqueuses et d’un mauvais goût. Ils calculent qu'il faut plus de travail pour en cultiver et récolter un seul acre, qu'il n'en faudrait pour cultiver cinq acres de blé. Néanmoins, le prix qu'on en retire quelquefois suffirait pour dédommager amplement le cultivateur de la perte de son temps, si les demandes en étaient étendues, ou du moins certaines.
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trèscult:
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le d vive die bor gro:
LETTRE XVIIL.
Plantes céréales. — Riz. — Maïs. — Froment.
Seigle.—Tabac et Chanvre. —Botanique.
Les grains de toute espèce réussissent aussi très-bien en Canada , et on peut en étendre la culture autant qu'on le veut.
Le Ris n’a jamais été un.objet d'attention pour le fermier Américain , quoiqu'il ne soit pas douteux que, par les débordemens auxquels sont sujettes plusieurs petites rivieres, cette culture pourrait devenir très-utile. Il croît dans un état sauvage , sur les terrains marécageux , dans plusieurs parties du Haut-Canada,-mais surtout dans le voisinage du Lac du Ris, dans le district de Newcastle. Les oiseaux sauvages vivent et s’engraissent de ce grain , et les Indiens sont très-adroits à le recueillir sur les bords marécageux des lacs. Ce ris est d'une grosse espèce , et sa couleur est brune.
La
Le Mais , ou blé d'Inde , pour trois quarts de boisseau, qui suffisent à ensemencer un acre de terre , rend, environ vingt-cinq boisseaux, dans les districts Occidentaux du Haut-Canada ; mais il n’en produit pas plus de seize dans les districts de l’Est, et dans le Bas-Canada.
Le Froment , ou blé d'hiver, est généralement
semé entre le 1.+ et le 15 septembre, et quelquefois même plus tard. Il donne ordinairement vingt-cinq boisseaux par acre.
Le Seigle est très-cultivé, surtout dans le Haut-Canada, où on s’en sert principalement pour la distillation. Il produit environ vingt boisseaux par acre, et se vend vingt-cinq RARE cent moins que le froment.
Le Tabac, quoique peu cultivé dans les deux provinces, paraît bien réussir partout où on en fait l'essai ; mais je pense que pour le rendre utile , comme objet de spéculation commerciale, il ne réussirait bien que dans le district de Londres, et celui de l’ouest de la haute province. Le sol et le climat de ces districts sont tellement favorables à sa croissance, que le tabac qu'ils produisent n’est pas inférieur en qualité au meilleur des Etats-Unis. Si l’attention des fer-
mier lière chan doute et sti mieu tans verse seau affai plus esti bour ni l pays liora qu'il faute nem rêt à peut Ilser tes :
beso l’ais:
LETTRE XVIII. 309 miers de ces deux districts, était plus particuliërement dirigée vers 1: culture du tabac et du chanvre, leur produit suffirait, sans aucun doute , pour les dédommager de leurs travaux, et stimuler leurs efforts, qui seraient beaucoup mieux récompensés que par les produits résultans de la culture de grains ; car il est universellement reconnu en Canada qu’un boisseau de blé, dans le mauvais état actuel des: affaires , coûte au fermier trente pour cent de plus qu'il ne peut en obtenir, si son temps est estimé au prix moyen de la journée d’un laboureur. Néanmoins, ce n'est ni le courage, ni l'esprit d'entreprise qui manquent dans ce pays ; mais tous les plans formés pourson amélioration, quelque raisonnables ou praticables qu'ils puissent être, demeurent sans succès , faute de moyens pourles exécuter. Le gouvernement colonial paraît prendre si peu d'intérêt à la prospérité de cette contrée, qu’on ne peut attendre dececôté,aucun encouragement.
Ilsemble être indifférent aux autorités existantes que les habitans passent leur vie dans le besoin et les fatigues, ou qu'ils jouissent de l'aisance et de l’honnête indépendance qui
304 LETTRE XVIIT.
pourraient certainement être le partage de tous les Canadiens, si les gouvernans adoptaient des mesures que tous les hommes sans préjugés estiment aussi praticables , qu’elles sont indispensables à leur bien être.
Le Chanvre est un autre article dont la culture , quoique dans ce moment entièrement négligée, enrichirait probablement bien plus ces provinces et le gouvernement dont elles “épendent, qu ‘aucune des autres branches de commerce qu’on y exerce. Il est reconnu que le sol et le climat du Canada sont aussi favorables à cette production que ceux de la Pologne et de la Russie, et que c’est une source de richesses dans tous les pays où elle est ‘exclusivement cultivée. Cependant les deux Canada n’en produisent pas à présent une quantité suffisante pour pendre leurs propres malaiteurs.
La botanique pourrait trouver à augmenter ses richesses en Canada. Cette branche si intéressante des connaissances humaines y a été très-peu explorée. Les plantes qui se rapprochent de celles d'Europe sont d’une qhnlite très-inférieure , À raison du peu de soin qu’on donne à leur culture.
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ches ralog plusi tricts ces 1 gran
‘Il relle
Curiosités naturelles dans la haute province. — Gouffre près de Queenstown. — Honteuse aventure d'un soldat anglais. -— Cascades de West-Flamborough. — Sources minérales.
— Sources salées: — Défaut d'encouragement pour les manufactures de sel. — Conduite de la législation provinciale. — Marne.— Plomb noir. — Fonderies de fer.
Le Canada offre un vaste champ aux recherches des naturalistes , des botanistes, des minéralogistes et des chimistes. On à découvert, sur plusieurs points, et dans presque tous les districts, différentes espèces de mines, etdes sources minérales, dont quelques-unes sont d'un grand intérêt et pourraient être utilisées.
‘Ilya, en outre, plusieurs curiosités naturelles , bien faites pour attirer l'attention : les
principales sont les cataractes de Niagara, dont il a déjà été fait mention , le Gouffre , dans la même rivière; les grandes et petites Cascades, à West-Flamborough,et plusieurs sources salines, minérales et bitumineuses.
Le Gouffre entre les cataractes de Niagara et le village de Queenstown, est une chose extrêmement curieuse , sans être néanmoins inexplicable. Il est situé dans la partie de la rivière de Niagara , où les bords ont près de deux cents pieds d’élévation presque perpendiculaire. Des arbres d’une immense dimension étendent de tous côtés leurs amples feuillages sur ce gouffre effrayant, et sont agités d'un trembleinent produit par la violente circulation de l’eau. Audessus du gouffre , la rivière est profonde et rapide , et coule dans un canal resserré, qui n’a que 150 verges de largeur , et qui tout-à-coup s'étendant jusqu’à cinq cents, forme un bassin ovale , qui a au moins six mille pieds ae circonférence. En approchant de ce bassin, le courant redouble de vélocité, comme s’il était impatient de se dégager des limites étroites dans lesquelles il est confiné, et passant par dessus un talus de cinquante pieds de pente,
entre d Diverge court qui se mome ture], toire ro sombre vaste a crée ce son axe violent d’envir heure.
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entre dans le bassin avec un sruit effroyable. Divergeant ensuite au Nord du canal direct, il court avec impétuosité à travers des rochers qui semblent s'opposer à son passage, jusqu’au moment où il paraît enfin regagner son lit naturel, qui commence à l'angle d’un promontoire rocailleux et menaçant, dont le sommet sombre et couvert de bois épais domine sur ce vaste abîme. Le curieux tournoiement de l’eau crée ce gouffre; en roulant rapidement sur son axe, de cinq en cinq minutes , il forme un violent flux et reflux, qui s'élève et s’abaisse d'environ 80 pouces dans l’espace d'une demiheure. Toutes les matières flottantes qui sont entraînées au bas des cataractes, vont tomber dans cet énorme précipice, où elles demeurent quelquefois plusieurs jours, tournant continuellement avec les eaux du gouffre, jusqu'à ce que probablement, par un simple cffet du hasard , elles soient rejetées sur ses bords, ou entraînées plus bas ,par l'impétuosité du courant. Ce gouffre diffère de beaucoup d’autres, en ce qu'il ne possède pas la propriété attractive qui fait ordinairementrefluer tous les objets
vers leur centre.
Tone Ï. 21
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Hi
Il y a quelques années, un soldat anglais, stationné à Queenstown , alla visiter le gouffre. Quelques-uns de ses camarades l'accompagnèrent dans cetté excursion. Dans le cours de la conversation , qui eut lieu à ce sujet, un des Canadiens énonça la conviction de l’impossibilité qu'il y avait de naviguer sur le bassin sans être entraîné par le courant du gouffre. Le soldat entendit la remarque, et parutconcevoir quelques doutes sur son exactitude , supposant probablement qu'on parlait ainsi pour en imposer à la crédulité anglaise, et pour faire paraître le phénomène beaucoup plus merveilleux : lorsqu'ileut, pendantquelque temps, exa-
miné la rivière avec attention, il offrit de parier
une certaine somme , qu’il traverserait le bassin sur une simple planche de pin. Le pari fut immédiatement accepté , et une planche préparée pour son embarcation. Comme un vrai fils de Neptune , mettant de côté toute appréhension , il descendit sur le rivage avec la planche sur l'épaule et une rame à la main :
arrivé sur le bord , il s’'embarqua, accompagné des vœux que ses camarades faisaient cordialement pour son heureux trajet. En un moment,
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