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judicieuses observations sur les États-Unis presque entièrement exempts de ces maladies.
« On a communément supposé que les eaux » stagnantes sont insalubres dans les pays » exposés à de fortes chaleurs, comme celles » qui règnent pendant l'été dans une partie de » l'Amérique. Cette supposition est en grande » partie, pour ne pas dire entièrement , erron- »* née, au moins en ce qui concerne la Nouvelle » Angleterre : il est probable qu'il y a dans ce » pays, un aussi grand nombre de petits lacs » et d’étangs que dans toute autre contrée de » même étendue. Après des recherches très- » actives et très-multipliées , je n’ai pas pu en » trouver un seul dont les rives fussent un » séjour mal sain. Je ne parle pas des étangs » artificiels : ceux-ci sont très-souvent insa- » lubres. Je ne désigne ici que ceux que la » nature a formés : ceux-là me paraissent » d’une salubrité qui ne laisse rien à désirer. » Dans le territoire de Plymouth qui est fort » étendu , il y à un grand nombre de lacs et » d'étangs : mais on ne sait pas qu'ils aient » jamais produit d'effets fâcheux sur la santé » des habitans.
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» On a pensé que les végétaux morts pou- » vaient être la cause de l’insalubrité des eaux » stagnantes. Cette opinion peut être juste à un » certain point: mais je ne pense pas qu’enthèse » générale on puisse les considérer comme pro- » duisant les fièvres aiguës, puisqu'on a reconnu » que ces maladies se manifestent presque tou- » jours au printemps, D'ailleursles végétaux pé: » rissent à la Nouvelle Angleterre commepartout » ailleurs; et cependant autant que j'ai pu m'en » instruire , les fièvres aigués et intermittentes » sont absolument inconnues sur le revers » occidental des montagnes vertes, excepté » dans le voisinege de deux ou trois marais » situés dans le territoire de Guilford. Je sup- » pose ici que la putréfaction végétale est spé- » cialement considérée comine la cause des » maladies d'automne. Que cette putréfaction » végétale soit une cause autiliatre de ces ma- » ladies ; à la bonne heure, cela peut être rai- » sonnablement admis. Mais que ce soit la seule » ou même la principale , il doit être permis » d'en douter. Cette putréfaction existe régu- » lièrement chaque année, et ces maladies se
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» montrent rarement dans certains lieux. La » putréfaction existe dans tout le pays, et x à | » les maladies , lorsqu'elles existent, sont con- À » finées dans quelques points resserrés. Si on É | » dit que les eaux stagnantes sont nécessaires » pour produire cet effet, je répondrai que » dans la vaste étendue de pays que j'ai spé- D
» cifiés, ces eaux ne produisent point un sem- L » blable résultat; je diraienfin que ces maladies k. | » prédominent aussi souvent là où de pareilles À » caux n'existent pas, que là où elles existent ; 1 £ » qu’on les trouve également dans les plaines à à » et dans les vallées , sur les côteaux et même Li » sur les montagnes les plus élevées. » pe
Après s'être ainsi exprimé, le docteur E Dwigh émet l'opinion que les maladies dont 4 nous avons parlé sont plutôt produites par les
putréfactions animales que par les eaux stagnantes ou les miasmes marécageux. à
« Ïl ya plusieurs années, écrit-il , que je mis 1 » uncC certaine quantité de graines de poivre » dans un verre d’eau , et peu de jours après, » j aperçus une légère écume répandue sur sa » surface. Après quelques autres jours, en » examinant cette écume avec un microscope ;
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» je visqu'elle contenait une infinitéd’animaux » vivans. Au bout de deux ou trois jours encore, » j'inspectai de nouveau l'écume et n’y trouvai » aucune apparence de vie. Après une autre » courte période , l'écume se.trouva de nouveau » remplie d'animaux vivans , qui disparurent » ensuite ; et céla continua ainsi alternative- » ment jusqu'à ce que l’eau devint si fétide » qu'il ne fut plus possible de l'examiner. La » conclusion que je tirai de ces faits , c'est que » la première race de ces animalcules , qui était » morte après avoir fait ses œufs, avait été » remplacée au bout d'un court intervalle par » une seconde, et qu'à celle-ci avait succédé » une troisième.
« La fétidité qui provient de la putréfaction » de ces êtres éphémères, diffère sous un rap- » port, de celle que produit la mort d'animaux » d'un plus gros volume : quoiqu'elle ne soit » sensible qu'à une petite distance , elle est peut- » Être plus répugnante que l'odeur d'un cadavre » corrompu ; elle est au moins beaucoup plus »suffocante. Quand de pareilles émanations sc »portent sur les poumons, il semble que la »nature ne puisse y résister, ct que l'on soit
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» prêt à succomber sous leur impression. Cette » odeur avait une qualité piquante , qui luiétait » propre, et qui semblait affaiblir la force vi- » tale, vis vitæ, d’une manière différente de tout » ce que j'ai pu éprouver jusqu'alors.
» L'écume qui recouvrait cette eau de poivre, »paraissait être la même que celle que l’on » aperçoit quelquefois dans les fortes chaleurs » sur les eaux stagnantes, et qui abondent dans » les maraisexposés ausoleil. La putréfaction vé- » gétale semble être nécessaire à la production, »etmême à l'existence de ces petits animaux, »ou du moins leur être concomitante.
» Quelque influence que puisse avoir la pu- » tréfaction végétale , je suis fortement porté, » par plus d’un motif, à croire que la pu- » tréfaction animalculaire est la cause immé- » diate de ces maladies de toute espèce que l’on » attribue justement aux eaux stagnantes. Il » sera , je pense, universellement reconnu que » desemblables maladies ne proviennentjamais » d'eaux stagnantes qui ne sont pas couvertes » d'écumes dans une grande partie de leur sur- » face ; et peut être en viendra-t-on à recon- » naître que la plupart, pour ne pas dire tous
» les lieux où les eaux stagnantes sont recou- » vertes de cette écumie', sont insalubres. Au- » tant que j'ai pu l’observer, les lacs dé la Nou- » velle Angleterre, sont entièrement exempts » de la‘ plus légère pellicule de’ cette nature; » leurs eaux sont pures et potables ; elles sont » produites par des sources souterraines, et elles » sont, par conséquent, trop froides , et, de » plus , trop agitées par les vents, pour per- » mettre ordinairement l'existence d’animal- » cules. » |
Cette opinion , quelque plausible qu’elle paraisse , est, comme beaucoup d’autres théories qu'on émet, incapable de supporter l'épreuve d’un examen approfondi : maintenant, dans la partie Occidentale du Haut-Canada, où les fièvres sont très-fréquentes, il y a fort peu de lacs ou d’étangs dontles eaux soient sta; antes, et ils sont tous formés par des eaux potables , aussi pures et aussi lipides qu'aucuné cau puisse l'être dans la même situauon. En effet, ils s’alimengent par des sources, qui dans les plus grandes chaleurs de l'été, conservent parfaitement leur fraîcheur, et sont, par conséquent, exemptes de putréfaction animalcu-
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laire. Le contraire a lieu dans les parties Orientales du Haut-Canada, et dans la plus grande partie du Bas-Canada , où ces maladies sont entièrement inconnues.
Dans le Canada, le temps est toujours plus froid lorsque le ciel est brillant et clair, etJorsque le vent souñc du nord-ouest; la neige tombe rarement , tant que le mercure demeure audessous de zéro. On pourra aussi se former quelque idée de la rigueurde la gelée, lorsqu'on saura que de l’eau jetée en l'air, À une certaine hauteur, est complètement cristalisée avant de retomber sur la terre. Dans le Haut-Canada, l'on a rarement de la pluie pendant l'hiver ; mais quand il en tombe, elle est invariablement accompagnée d’une gelée tres-piquante.
Rien ne peut surpasser la beauté des forêts dans cette circonstance. À mesure que la pluietombe sur les arbres , elle se gêle immédiatement; et si elle continue pendant long-temps à tomberavec abondance , les troncs des arbres, leurs branches et leurs rameaux, sont si complètement couverts de glace et rarnisile glaçons, que le forêt semble transformée en un innombrable assemblage de chandeliers de cristal,
qui réfiéchissent dans leurs festons élégamment taillés les rayons de la lumière , avec toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Le soir, lorsque les rayons de la lune descendent sur la scène, et viennent l’éclairer de leur lumière ærgentée, on voit un spectacle nouveau : les sommets des arbres paraissentrevêtus de pur or ; les perles et les améthystes semblent semés avec profusion. En été, les phénomènes météorologiques ne sont ni moins brillans, ni moins étonnans.
Pendant les mois de juin, de juilletet d'août, l’aurore boréal éclaire notre ciel, nos bois ,nos champs, nos demeures, et, je crois, que je pourrais dire jusqu’à nos âmes ; car un homme qui n’est pas encore arrivé au dernier degré d’insensibilité, ne peut résister à l'influence qu’un pareil phénomène doit nécessairement exercer sur l’âme du spectateur enchanté. Nous sommes , en général, instruits de son apparition, par le craquement et le sifflement qu'elle produit. Les nuages qui couvrent l’horizon du côté de l'Orient, commencent à se mouvoir du Nord , et ensuite du Sud. Ils circulent d’une extrémité des cieux à l’autre exrémité avec la rapidité de l'éclair. et s’agitent ainsi con-
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