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Cette ville a, comme je l'ai précédemment observé, la forme d’un amphithéâtre s'élerant par degrés ; et vuo de la rivière , elle offre un si bel aspect , qu’un étranger qui ne connaîtrait pas son intérieur , la prendrait pour une des plus belles cités du monde : l’'étonnante élévation des clochers, leur aiguilles resplendissantes et
les formidables ouvrages extérieurs de la ville,
sont hors de tout calcul, de manière 4 prévenir fortement en sa faveur l'âme d’un spectateur. Mais lorsqu'il entre dans les rues, lés places et les allées , surtout de la ville basse , il trouve que tout est borné, mal construit et peu élégant: rien ne peut alors égaler son désappointement: plusieurs rues sont à peine assez larges, pour permettre à deux voitures de passer de front ; et toutes sont dépourvues de beauté, d'élégance et de régularité. Les opérations commerciales se traitent principalement dans la ville basse, qui, par suite de cette circonstance et de sa situation limitée, est dans un tourbillon perpétuel. Les greniers, les maga-
sins'et les habitations , quoiqu'en général d’une
grande élévation , sont dominés par les projections rocailleuses du cap du Dramanr, qui,
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28 LETTRE Il,
dans quelques directions , semble les menacer d’une prochaine destruction. La montée de la haute ville, le long des circuits de la rue de la Montagne , a été ménagée avec beaucoup d’art: mais elle est néanmoins très-rapide ; et dans certaines parties , elle est bordée sur la main droite , de profonds précipices. à
Lorsqu'on est parvenu à son sommet , l’aspect de la ville devient plus agréable, et on le trouve , à tuus égards, préférable à celui de la. basse ville. Néanmoïns les bâtiments publics offrent peu d'intérêt à ceux qui sont accoutuwés à la vue des beaux monumens qu'on admire dans les principales villes d'Europe.
Le bel état des fortifications mérite plus d’at-
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tirer l'attention : elles sont parfaitement entre- Ù o tenues , et on a ajouté de nouvelles défenses, ù p partout où elles ont été jugées nécessaires : vw
lorsqu'on les voit du rivage opposé, de quelque 0 partie des campagnes environnantes , elles of- 0 L frent un coup d'œil très-noble et très-impo- ff d sant. La citadelle est située sur le point leplus # d élevé du cap du Dramanr, qui est à trois cent À cinquante pieds au-dessus du niveau du fleuve. { Lorsque Quebec devint la capitale de la colo- Ï
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LETTRE Il. 29
nie française , la citadelle fut bâtie, dans la vue uniquement de défendre les approches de la cité du côté de l'ouest, vers les plaines d'Abraham : elle domine orgueilleusement sur le St.-Laurent, et étend maintenant ses immenses .murs et ses ouvrages militaires extérieurs réguliers , jusqu'à l'extrémité de ces plaines, prèé du bord de la rivière St.-J'acques.
La ville a cinq portes: la porte Saint-Louis , qui est la plus grande, s'ouvre à l'ouest et vers les hauteurs d'Abraham où le brave Wozr rendit son dernier soupir. La porte Saint-Jean s'ouvre vers Saint-Foi , qui est la route de Monr-néar. Ces deux portes sont extrêmement fortifiées, et les murs où elles sont placées, ont au moins cinquante pieds d'épaisseur. Les portes du Palais et de l’Espérance s'ouvrent vers le mord, et la porte de Prescott par laquelle on passe dans la basse ville, s'ouvre vers lé sud. Les approches de toutes ces portes sont gardées par des batteries et autres défenses. Ainsi, d’après sa position naturellement si avantageuse, et avec ses immenses fortifications , Québec doit être considérée comme une des plus fortes villes de l’univers.
LA
J0 LETIRE III.
Toute description que l'on donne de Qué- |
bec, quelque détaillée qu’elle puisse être, sera
regardée comme incomplète , si elle ne com- | prend une esquisse des célèbres plaines d'Avna- ?
Am. Sachant à quel point vous vous intéressez à toutes les circonstances qui se rattachent à nôtre gloire nationale , je vais ajouter , à votre considération , une légère. peinture topographique de cette ville. Québec est'entouré d’eau sur trois côtés, et le quatrième s'ouvre: à l’ouest vers les plaines. Pour la sûreté de ce côté, sur lequel Ja ville est la plus exposée, on a élevé de grandes défenses militaires dont j'ai déjà parlé. L'approche des hauteurs, du'côté du St:-Laurent, est entourée de ses bords: pendant l'espace de plusieurs milles au-dessus dé Québec, elle est difficile ét défendué par des précipices : et ce fut néanmoins le seul ‘acéès ouvert aux troupes anglaises sous le coma dement du général WolfiDu sommet des r0chers élevés qui dominent la rivière, lés hauteurs’ d'Abraham diminuent graduellement , jusqu'aux bords les moins élevés de la rivière St.-Charles. Dans les parties les plus rapprochées de la ville haute, elles ont au-delà d’un
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mille de largeur , et à une plus grande distance de Québec, cette largeur s’accroît à mesure que les deux rivières s'éloignent l’une de l’autre et forment les côtés d'un triangle presque équilatéral , dont la base serait une ligne imaginaire tirée à travers les plaines , à environ quatre milles de distance de la citadelle. :
Les habitants de Québec ont élevé une statue au général Wozr : mais elle est au-dessous du médiocre et n'offre rien de curieux ; ce qui n'est pas étonnant, vu le peu de progrès des arts ; au moment où elle a été placée.
Le château de Saint-Louis, résidence du gouverneur, est dansune situation très-élevée, et d’où l’on découvre une très-belle perspective. Ilest bâti sur le bord d'un précipice presque inaccessible , et soutenu par des contre-murs et de forts ouvrages de maçonnerie qui s'élèvent presque jusqu'à Ja moitié de sa hauteur. Quelques-uns des appartemens du château sont occupés par les divers officiers civils et militaires qui agissent sous la direction immédiate du gouverneur: cet édifice n’a rien qui le recommande, excepté son étendue et sa situation: son extérieur n’attire point l'attention,
32 I&TIRE 11i.
quoique construit avec une élégante simplicité. | La cathédrale de la religion catholique ro- M
maine est un bâtiment de pierres , bien cons-
truit , avec un clocher qui manque d'élévation #
Que me
et qui est bizarrement placé sur un de ses côtés. 4
L'intérieur de cette église , comme celui de à
toutes les autres qui appartiennent à ce culte,
contient plusieurs ornemens riches et dispen- # dieux ; un grand nombre de bas-reliefs , tirés 4
des Saintes Écritures, exécutés par main de maîtres, décorent les murs, et l'autel trésgrand est d’un travail extrêmement soigné. à . clocher est couvert en étain , selon l'usage oùservé pour toutes les églises de la province.
L'église épiscopale protestante ‘n'est élevée à que depuis peu de temps : on y a observé à un D
certain point les règles de l’architecture , et cet édifice n'est pas sans mérite.
Il y à aussi une chapelle de méthodistes , ap- |
pelée la maison de réunion Wesleiehe, et une église presbytérienne : toutesles deux sont bien construites.
Le palais de justice n'est pas un bâtiment inférieur ni de peu d'importance ; on dit que Jes dispositions intérieures sont très-convena-
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