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et alla aborder à l’Acadie qui reçut le nom de Nouvelle Écosse. I] y confisqua un bâtiment qu'il y trouva faisant, sans son autorisation, le
commerce avec les naturels du pays. Il arriva ensuite à un petit havre auquel il donna le nom insignifiant de Havre -du - Mouton.
Pendant cette croisière, Champlain passait la plus grande partie de son temps dans la chaloupe et portait toute son attention à découvrir un emplacement convenable pour y former un établissement. 11 résolut enfin d'en fonder un dans une petite île qu'il désigna sous le nom de l'ile de Sainte-Croix. Ce morceau de terre n’a qu'environ un mille et demi de circonférence, et estsituéà environsoixänte miles à l’ouest de l’île de Saint-Jean.
Il devint bientôt évident qu'il avait fait un mauvais choix ; car, malgré l’excessive fertilité du sol, où les semences en blé produisaient d’abondantes récoltes, les pauvres colons se trouvèrent , aux approches de l'hiver, entièrement dépourvus d’eau fraîche et de bois de chauffage. Pour éviter l'embarras d'aller chercher de l’eau sur le continent, ils eurent recours à l’expédient de faire fondre de la neige.
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et ne recevant pas de nouvelles provisions, ils furent réduits, pour toute boisson , à l’eau de neige; ils en burent en si grande quantité , que bientôt tous les colons furent atteints de diverses maladies, dont la plus funeste fut le scorbut. D’après l’inconvenance de cette île , pour y former un établissement, Pont-Grave, à son retour de France, en transporta les habitans à Port-Royal. Bientôt après, de Mons céda Port-Royal à Pontrincourt , qui était enchanté de la situation de ce lieu. De retouren France, de Mons trouva son privilège révoqué quoiqu'il lui eùt été accordé pour dix ans de plus. Cet incident, néanmoins, ne ralentit pas son ardeur entreprenante ; car nous le voyons bientôt après, entrant dans de nouveaux engagemens avec Pontrincourt, et dirigeant principalement son attention sur le commerce des fourrures à Tadousac.
La colonie de Port-Royal fut en butte à un grand nombre de difficultés ; elle était au moment d’être abandonnée , lorsque les colons reçurent de France des approvisionnemens assez considérables. Champlain, après avoir exploré toute la côte de l’Acadie , résolut, à tout évène-
ment, de former un établissement à Québec. Le juillet 1608, il arriva sur le terrain où est maintenant la ville , et après y avoir fait construire quelques huttes pour la commodité de ses compagnons, il commença à faire défricher la terre. Le printemps suivant, on sema une grande quantité de blé et de ris, qui réussirent fort bien. Ce premier succès encouragea les colons à persévérer. Champlain retourna en France, et l’année suivante, il visita la colonie 3 il eut le plaisir de trouver les colons dans un état de santé et de prospérité très-satisfaisant. Pendant le séjour qu'il fiten Canada à cette époque, il commit la grande imprudence de prendre unc part active dans la querelle des Hurons et des Algonqüins , menacés à cette époque d’une entière destruction par les Zroquois , dont les uns et les autres tiraient leur origine. 11 eût dû se borner à faire des alliances avec tous les Indiens du continent, en conservant la plus parfaite neutralité, sans se mêler dans les guerres civiles entre les différentes tribus.
En 1611, Champlain retourna encore une foisen France, laissant à Chauvin le soin d’administrer la colonie naissante. À son arrivéc
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