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LETTRE XXI. 19 dans sa patrie, il se rendit avec Pontgrave, qui l'avait accompagné, près de Sa Majesté trèschrétienne à Fontainebleau. Ils en reçurent l'accueil le plus gracieux : ce fut dans cette entrevue , que le Canada reçut le nom de NouveLLE France. L'année suivante, Champlain visita de nouveau cette contrée , et ne retourna ensuite en France qu'après la mort de Henri le Grand. Il fut néanmoins nommé lieutenantgouverneur de la Nouvelle-France, avec des pouvoirs illimités. À son arrivée dans ce pays, pour y remplir ses nouvelles fonctions, il se mit à la tête des sauvages avec lesquels il avait fait alliance , et les conduisit contre les lroquois. 11 reçut deux blessures dans un engagement avec ces peuples, fut obligé d'abandonner le champ de bataille, et passa l'hiver au milieu des Indiens. En 1621 , les Iroquois, pour se venger du secours que Champlain avait donné aux Hurons et aux Algonquins, tentèrent d’expulser entièrement les Français du Canada ; mais ils échouèrent dans cette entreprise.
En 1626, Québec commença à prendre les apparences d’une ville régulière : à cette époque, les querelles religicuses cet les animosités qui en
sont la suite, étaient portées au plus haut degré. La majorité des colons était composée d’huguenots ; le reste , de catholiques romains. Jusqu'en 1627, le gouvernement du pays avait été entre les mains des protestans ; mais alors, d'après les ordres du cardinal de Richelieu, premier ministre, il fut confié à cent individus de la religion catholique romaine , désignés sous le titre de la compagnie des Cent Associés , et à la tête desquels étaient le cardinal de Richelieu lui-même, le maréchal d’Effiat, ct plusieurs autres personnes de haut rang.
En 1629, Charles 1°", roi d'Angleterre , accorda à David Kertk, et à quelques-uns de ses parens , une commission pour conquérir les possessions françaises en Amérique ; et afin de leur en faciliter les moyens, il arma une flotte pour cette destination particulière. Kertk s'empara de tous les établissemens au-dessous de Québec, et en arrivant devant cette ville, il somma Champlain de la rendre à l’armée anglaise. Champlain, quoique bien convaincu de l'impossibilité où il était de résister , envoya un message à l'officier anglais , pour lui annoncer sa détermination de défendre le port jusqu’à
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