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européennes , elles sont mises à un plus haut prix, et infiniment plus recherchées. Quoique rarement exemptes des atteintes de la calomnie avant de se marier , on dit qu'elles deviennent de bonnes épouses, pour les époux indulgens qui n'ont pas de répugnance à partager avec leurs voisins les affections de leur moitié.
En Canada, les hommes paraissent fort adonnés à la boisson. Les cartes et les courses forment leurs principaux amusemens.
Sur plusieurs points de la province, ils sont dans l'habitude de se réunir dans des tavernes où ils jouent fort gros jeu , et boivent sans modération , ne rentrant presque jamais chez eux sans être dans un état complet d'ivresse. Ils aiment beaucoup les liqueurs de la Jamaïque, l'eau-de-vie , l’absinthe , et ne font pas souvent usage de vin ni de punch. Le grog et l’eau-devie pure sont leurs boissons ordinaires ; ils en boivent à volonté à toutes les heures du jour et de la nuit.
Suite des mœurs et usages du Haut-Canada. — Seconde classe de la société. — Les femmes. — Mariages. — Galanterie. — Leurs idées peu délicates sur la chasteté. — Anecdote. —
Complaisance extrême des époux.
Dans ma lettre précédente, je vous ai fait connaître les manières et les usages des hautes classes de la société canadienne ; je me propose,en ce moment , de vous entretenir de la classe inférieure, à laquelle, dans des régions plus civilisées , vous donneriez le nom de classe moyenne.
Cette classe de Canadiens est extrêmement grossière : sa conversation est en général triviale , et même obscène. Je vais vous la dé-
peindre , et j'aurai soin de ne pas charger :24 tableaux.
La seconde, ou basse classe, ne diffère pas très-essentiellement de la première, dans ses usages et dans ses manières; elle est moins instruite et plus curieuse : ceux qui la composent, se marient aussi très-jeunes. Par une loi de la province, le père a droit au produit du travail de son fils, jusqu’à ce qu'il ait atteint sa vingtunième année, époque à laquelle ilse considère comme dégagé de l'autorité paternelle : les femmes de la classe dont je parle, reçoivent une éducation très-peu soignée; elles sont extrêmement adonnées au plaisir, et occupées de leur toilette jusqu'à l’extravagance ; elles sont d'une propreté et d’une recherche remarquables pour tout ce qui tient à leur maison ; mais négligent leurs personnes, excepté lorsqu'elles vont faire des visites. Quoiqu'elles vivent fort retirées , il n’y en a peut-être pas, dans le monde, qui soient plus désireuses de parures. Si le produit des travaux de leurs époux ou de leurs parens, ou si l'influence de leurs charmes personnels, pour ne rien dire de plus, peut leur procurer une splendide garde-robe , elles
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