‹ Cinq ans à Panama et le canal interocéanique de M. de Lesseps [microforme]Chapitre 30 sur 80 · CINQ ANS À PANAMA HS · texte numérisé non relu

CINQ ANS À PANAMA HS

un homme, avait été abattu d'un coup de feu logé dans le milieu du corps. Un autre serpent de ces parages, le corale, qui à soixante-dix centimètres de longueur, à la peau couverte de carreaux rouges et noirs qui alternent, C'est un bel animal; sa morsure est mortelle,

A l'époque où mon frère, le Dr George W, Nelson, était attaché, en qualité de chirurgien, aux hôpitaux du Canal de Panama, un nègre s'avisa de faire une chasse au serpent dans les dépendances de ces établissements, Il en dénicha un; voulant le prendre, il fut, malgré sa dextérité, mordu entre les doigts de l'un de ses pieu. { mouru le lendemain. -

Un jour, alors que j'étais à Panama, je reçus à une heure fort matinale, la visite d'un officier de vaisseau de la Compagnie de navigation à vapeu du Pacifique, Il avait été mordu, sur son navire, par un serpent. Et il me montra l'annulaire de sa main droite. Le consul anglais à Guayaquil, dans l'Ecuador, avait trouvé un gros ophidien qu'il jugeait être d'une espèce nouvelle. Il avait fait faire une caisse spéciale pour ce serpent et l'avait faitermbarquer pour l'Angleterre, à fin d'examen Scientifique, Le voyage s'était effectué Sans incident de Guayaquil à Panama. En entrant dans le golfe, le jeune officier dut prendre son service à quatre heures du matin, Montant sur la passerelle, il remarqua comme de petites bêtes qui se tortillaient, auprès des épontilles. Cherchant ce qe cela pouvait être, il trouva, à sa grande surprise, une quantité de petits

serpents qui rampaient sur le pont. Un d'eux le mordit. La blessure devint noire, et l'officier ressentit dans le bras de vifs élancements, Jeluiinjestai, sous la peau, une solution diluée d'ammoniaque dont je lui fis boire, également, une petite quantité, accompagnée d'un grand verre de champagne. Il s'endormit et le malaise, à son réveil, avait disparu. Mais il eut encore le bras douloureux pendant plusieurs jours. Sans doute, il dut son salut à ceci, que le serpent venait de naitre ; autrement, c'était un homme perdu. L'ophidien, qu'on transportait en Angleterre, avait mis au monde trente-six petits ; il fut, avec sa boite, jeté par dessus bord, et, depuis lors, la Compagnie refuse de prendre en consignation d'aussi dangereux passagers. Ayant pu me procurer un couple de ces petits serpents, je les mis dans de l'alcool et les envoyaiau professeur Spencer Bayard, de Washington, qui me fit savoir que r'étaient des vipères à capuchon de la plus dangereuse espèce.

M. Taylor, un Américain qui habite la province de Chiriqui, État de Panama, possède un remède contre la morsure des serpents: c'est un mélange de graines et de bois di pays, qu'il a combiné. Son traitement, parait-il, a sauvé la vie à un grand nombre de personnes.

Le plus gros animal sauvage des forêts de la Colombie s'appelle l'ocelot. C'est une espèce de chat-tigre dont la taille varie entre deux et cinq pieds de longueur. Sa robe est magnifiquement tachetée. A

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moins d'avoir faim ou d'être poussé à bout, il ne s'attaque jamais à l'homme. Il est nocturne, dormant tout le jour dans les fourrés qu'il habite, et n'en sortant que pour se livrer à la chasse des oiseaux, des singes et autres petits mammifères.

La colonie chinoise est fort nombreuse dans l'isthme.

Le quartier chinois à Panama est des plus im- Portants. J'y avais une grande clientèle. Je puis résumer cinq années de pratique comme médecin en disant que je n'ai jamais. vu un Chinois ivre et que je n'ai jamais rencontré, chez eux, qu’un seul cas de maladie constitutionnelle. Ce sont des hommes durs

à l'ouvrage, d'un caractère paisible, et observateurs des lois.

Beaucoup d'entre eux sont arrivés de Chine ne Sachant pas un mot d'espagnol ; mais, avec une rapidité étonnante, ils ont pris une teinture de la langue trés suffisante pourles besoins du commerce, et se sont établis boutiquiers. Les marchands en gros de Panama n'hésitent pas à faire à ces étrangers un certain crédit, car ils acquittent rapidement leurs dettes.

Il est vrai que beaucoup d'entre eux fument l'opium, qui est leur stimulant: mais ils ont soin de rester chez

eux el de ne pas se montrer dans la rue comme les ivrognes de nos pays.

Quelques-uns des Chinois qui habitent Panama ont leurs femmes avec eux. Beaucoup d'autres vivent en concubinage avec des femmes indiennes du pays. Les enfants issus de ces rapports ont les cheveux droits etnoirs, les yeux noirs et la peau couleur olive ; mais le nez aplati du Chinois est remplacé par le nez plus aquilin de l'Indien.

Le cri inbumain qu'on a poussé aux États-Unis et dans quelques provinces anglaises contre ces gens travailleurs et paisibles est une honte pour notre civilisation tant vantée. -

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