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À cette époque, les Espagnols avaient un important établissement à Carthagène. Sur la côte orientale du golfe d'Uraba, d'Ojéda avait fondé une colonie appelée San-Sébastien ; elle se trouvait dans la Nouvelle- Andalousie, Baiboa eNVOYàa un mot à ses amis, dans l'ile de la Dominique, et décida l'un d'eux, le bache= lier Encisco, riche avocat qui y avait fait fortune, à le secourir.
Le bachelier Encisco répondit à son ami Balboa qu'il lui fournirait des fonds pour une expédition. Encisco équipa quelques vaisseaux, et ce fut à bord de l'un d'eux que Balboa se fit transporter dans un tonneau.
La tentative du bachelier Encisco tournait mal. A cé moment, Baiboa, réfugié à bord d'un de ses navires, vint le trouver et lui proposa de le conduire dans un endroit qu'il se souvenait avoir visité précédemment, sur la rive ouest du golfe d'Uraba. Il raconta à Encisco que, à l'époque où il faisait son voyage avec Bastides, on découvrit un charmant village indien que les indigènes appelaient Darien. Le peys, très fertile, renfermait. disait-on, des mines d'or.
Cet avis de Balboa, suivi d'effet, amena un établissement dans l'isthme. Encisco le nomma Santa-Maria de la Antigna du Darien. Balboa joua un rôle très iniportant dans l'histoire de cet établissement.
La découverte du Pacifique entraina la constr
üction
de l'ancienne ville de Panama d'où Pizarre, l'émule de Balboa en découvertes, mit à la voile le 44 novembre 1524, pour aller découvrir le Pérou, une des plus riches contrées de l'univers. Et pendant que Pizarre et Balboa continuaient leurs découvertes, Fernand Cortès faisait de la bonne besogne à Mexico.
Ces récits de richesses nouvelles se répandirent dans toute l'Europe, où ils excitèrent, chez tout le monde, cet auri sacra fames, comme dit Virgile, maladie qui a toujours existé et qui ne parait pas moins aiguë aujourd'hui qu'à cette époque. Nous n'allons pas en expédition, comme Morgan, contre de pauvres créatures humaines avec de la poudre à canon et des coutelas ; nous les dépouillons tranquillement à la Bourse — ou ailleurs — montrant ainsi combien nous sommes civilisés. C'est alors que Paterson mit en avant son fameux projet qui provoqua l'établissement du Darien, dont j'ai parlé plus haut, et qui aboutit, pour les Anglais, à un désastre aussi formidable que celui dont, plus tard, l'histoire de France a gardé le souvenir dans l'affaire de la rue Quincampoix. Une àpre soif de gain enflammait tous les cœurs et semblait égarer toutes les consciences. Quatre millions de livres sterling y furent engloutis, perte si sérieuse à cette époque que la vieille Angleterre aurait fait banqueroute si, pour sauver la situation, on n'avait pas alors édicté une loi spéciale.
A propos de Paterson, et de la colonie du Darien, notons en passant que M. de Lesseps, parmi les nom-
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breuses concessions faites à sa Compagnie par la Colombie, s'est assuré aussi un formidable lopin de territoire dans ce même Darien. Le Darien est connu par ses forêts, ses serpents venimeux et ses fièvres
dangereuses : son climat est meurtrier :
: essayer d'y fonder une colonie avec des blancs, c'est bonnement ,
les vouer à la mort. Mais, le grand Pourvoyeur du « Charnier des Européens » ne se laisse jamais arrêter par d'aussi minces considérations. En f taines parties du Darien ne sont guère vaste marécage où sévissent les fièvr et le hideux vomito négro.
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C'est dans le Darion que fut construite ] église des trois Amériques ; l'établissement d'Encisco : San del Darien.
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Les mines del Rey, c'est-à-dire du Roi, étaient situées dans le Darien. Régies Par des fonctionnaires eSpagnols, on forçait les Indiens du Pays à fournir la somme de travail nécessaire à leur exploitation. La Cruauté, la barbarie du traitement auquel on sou- Mettait ces malheureux à duré jusqu'au jour où cet excellent vieillard, Las Cases, évêque de Chiapa, au Mexique, intervint en leur faveur, et finit par leur faire accorder quelques droits, Cet exemplaire domison zèle infatigable ens qu'opprimaient
nicain s’est rendu immortel par
en faveur des malheureux Indi ses compatriotes.
Voilà quelques années, des Français, en voyage d'exploration, découvrirent, dans le Darien, quelques canons se chargeant par la culasse ! Ces canons provenaient d'un vieux fort démantelé, Une de ces pièces fut présentée à l'évêque Paul, qui voulut bien me permettre de l'examiner. Elle est en airain et mesure un peu plus de quatre pieds de longueur. Derricre les anneaux de la bouche, dans un carré, se trouve un grand R (Rey=roi); la bouche à neuf centimètres de large ; et les tourillons sont bien en arrière de manière à augmenter la force de la culasse, qui s'ouvre derrière eux. Le canon augmente graduellement en épaisseur, à partir de la bouche. Depuis les tourillons jusqu'à l'arrière, l'épaisseur est d'environ cinq centimètres. On n'a pu retrouver la culasse du canon lors de la découverte, L'ouverture dans la
culasse à environ dix centimètres de large sur quinze .
de long ; ses côtés sont creusés pour recevoir la culasse qui devait être maintenue en place par une barre passant à travers les ouvertures latérales de cette partie du canon. C'est une bonne pièce d’artillerie, solidement construite. Les tourillons se trouvent aux trois quarts environ de sa longueur, vers l'arrière. Les points de mire sont faits de la façon habituelle : le premier est placé juste devant le carré dans lequel est la lettre R ; le second s'aligne bien avec le premier. Cette pièce historique est actuellement à Santa-Fé de Bogota où Mé Paul préside, en qualité d'archevêque, aux intérêts de l'Église catholique de la Colombie.
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À la suite de la destruction de 1 Panama, le gouverneur se emplacement pour
a vieille ville de mit en quête d'un nouvel Y Construire la ville moderne.
Celle-ci fut, à son tour, attaquée par les pirates, mais sans résultat. Le capitaine Dampier, un Français plein de valeur, prit part à cette allaque, C'était un homme extraordinaire que ce Dampier, connaissant à fond la navigation et l'astronomie, comme on les comprenait de son temps. Je puis dire que les plans qu'il fit du golfe de Panama étaient les meilleurs qui existassent jusqu'à cos dernières années, Pendant que je demeurais à ’ahama, on fit d'autres plans du golfe; ces plans confirment, de point en point, le premier travail de Dampier.
Ge n'était pas un homme altéré de s
ang et de rapines comme l'était Morgan; il avait des idées de flibuste,
il est vrai, mais de celle permise à tout marin qui fait la course Voyant un de ses projets échouer, il se joignit à une troupe de corsaires dans une expédition dirigée contre les territoires Caraïbes du continent espagnol. La Gazette officielle du 18 avril 4703 r porte que le capitaine Dam
pier, présenté par Son Altesse Royale le lord Grand-Amiral, eut l'honneur de baiser la main de S
Sa Majesté — la reine Anne — avant d'entreprendre un nouveau voyage dans les Indes occidentales,
ap-
Dampier fut un homme à part. I tous les pays et les hommes de sci, à lui accorder un mérite qu'avec
:€S navigateurs de nce Sont unanimes difficulté son propre
peys a voulu lui reconnaitre, Les qualificatifs abondent sous leur plume : on l'appelle l'éminent, le savant, l'exact, l'incomparable Dampier., Humboldt a rendu hommage à sa très réelle supériorité en plaçant ce marin flibustier au-dessus des hommes de science qui, plus tard, se sont rencontrés avec lui sur le même terrain. Malte-Brun l'appelle « l'érudit », et l'auteur du Voyage en Australie s’écrie : — Mais où trouverat-on des navigateurs comparables à Dampier? La finesse, l'exactitude et la clarté de ses observations nautiques, de ses descriptions et de ses remarques en général, ont fait regarder ses voyages comme des guides infaillibles et une autorité incontestable dans toutes les expéditions qui se sont formées depuis lui. Son coup d'œil, sa puissance d'observation est aussi remarquable que son exactitude,
Quand et où mourut cet homme sans pareil? Nul ne le sait. Il était écrit qu'il mourrait ignoré dans les luttes et les combats de la vie, Aucune tradition n'est venue révéler l'endroit où il repose,
On lit avec plaisir le récit des aventures de Dampier; on n'éprouve que du mépris et de la haine en lisant celles de ce sinistre et fangeux brigand, à face féroce, qui a nom Morgan.
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