CHAPITRE IX
La saison sèche et la saison humide à Panama; météorologie de l'isthme. — Le paludisme, — Causes d'insalubrité générale.
Nous avons vu que la saison pluvieuse dure à peu près du 145 avril au 15 décembre — c'est-à-dire huit mois — sur l'isthme de Panama.
La quantité d'eau qui tombe des nuages est extraordinaire ; les météorologistes disent 3 mètres 25. Quand on compare ce chiffre avec les 23 centimètres d'eau pluviale attribués à l'Égypte, où M. de Lesseps a gratté son fossé dans les sables de Suez, on se demande comment les berges dénudées et friables d'un canal interocéanique pourront résister à une telle avalanche, alors même que le Canal serait construit.
Lorsque la pluie vient de bonne heure et d'une manière régulière, cela indique que la saison humide sera relativement salubre; quand les averses sont irrégulières ou tardives, c'est que la saison sera malsaine. Dans l'intervalle des pluies, pendant les jours
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chauds, les cas de fièvre jaune ne manquent pas de se déclarer. On a remarqué une sensible diminution dans le nombre des cas chaque fois que les pluies se remettent à tomber; et une recrudescence de la maladie pour les jours de soleil.
Les orages sont fréquents pendant la saison des pluies, et d'une violence extrème. La foudre tombe trois, quatre, cinq fois de suite; les éclairs sont fulgurants. J'ai vu l'atmosphère qui avait une apparence métallique, tant les éclairs étaient proches. L'air, après un orage de ce genre, est saturé par l'excès d'ozone que dégage le flmide électrique.
Quand arrivèrent les employés des bureaux pour le canal de Panama, on les logea provisoirement dans un grand bâtiment qui se trouve près de la vieille aduana où douane, en face de la mer. Parmi ces employés était un jeune homme étourdissant de gaité, véritable boute-en-train du personnelde lacompagnie. Un jour d'orage, la foudre tomba à environ 50 mètres du bâtiment, au moment où notre farceur travaillait à son pupitre, près d'une fenêtre, Le coup de tonnerre qui suivit immédiatement ébranla l'édifice jusque dans ses fondements. Ce jeune homme n'avait jamais eu l’occasion de voir pareil branle-bas. On accourüt de toutes parts pour constater les effets de la foudre eton trouva le plaisant qui, affolé par la peur, se trainait à quatre pattes vers la porte. Il avait perdu toute sa verve et eut beaucoup de mal à la retrouver.
L'orage passé, il est permis d'en rire; mais j'ai remat-
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qué que, si courageux qu'on soit, la plaisanterie
s'éteint sur les lèvres pendant une de ces petites mani- | festations météorologiques. L À la suite de l'o age, quelqu'uu qui habitait ce I quartier de la ville demanda aux autorités la permission d'établir un paralonnerre sur sa maison. La demande fut transmise à l'alcade et au Conseil muni- l Ccipal qui refusèrent, sous prétexte qu'il serait dange- u reux de placer un paratonnerre à cet endroit, parce C que celu pourrait attirer la fsudre ! ti d Les orages convertissent les rues en véritables e torrents. La pluie, quand elle tombe, est des mieux b nourries ; les rues sont inondée: d'un bord à l'autre: n mais elle est de peu de durée. Toutefois, comme les 0! averses Sont fréquentes et qu'elle, peuvent survenir d'un instant à l'autre, les travaux du dehors, pendant huit mois de l’année, sont toujours plus ou moins lé arrôtés, $ db Ces pluies causent de grands dégâts sur l'isthme et { vi notamment à l'entreprise de M. de esseps. Chaque ; Lo averse nouvelle éntraine forcément de grandes quan- Fa: tités de terres meubles et les rejette dans les tranchées de du Canal. La COMpagnie estime — modestement — ei ces dégâts à5 p. 100. Un seul orage à comblé une grande tranchée sur le versant où se liouve Colon: | les machines mêmes furent ensev ag. 4 ne É + | sul L5 saison sèche commence vers le 15 décembre, 1
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CINQ ANS À PANAMA 163 ‘est l'époque la plus saine et 1 l'année, Ne pas oublier toute dant la saison salubre,
a plus agréable de lois qu'à Panama, peron peut mourir des fiévres paludéennes cinq fois plus vite que de la fièvre jaune pendant la mauvaise saison.
Le ciel devient, à l'époque des sécheresses, d'une pureté, d'une limpidité qui rappelle ce un nuage, le jour, n'apparait dans c'est un clair de lune oriental les étoiles brillent d'un tel éclat qu'on les peut Voir jusqu'à la limite extrême de l'horizon. Ce fait, remarqué par les premiers explorateurs, a été Consigné par eux dans de nombreux écrits. La lumière réfléchie par moment de 1
lui d'Italie ; pas l'azur, La nuit,
la lune à ce ‘année permet de lire facilement un texte ordina: : d'impression,
La prericre houre du jour est la plus agréable pour les excursions les parties de chasse, Grâce à l'excessive humidité Qui règne dans l'air, vivaces d'un bout de 1 toutefois, est plus 6e] mais elles
les plantes sont année à l'autre: leur verdure, alante au moment des pluies ; ardent une richesse suffisante de tons et de couleur pour parer délicieusement les forêts et la montagne pendant la belle saison.
On dirait que la nature s'esl
pourvue de paratonnerres nalurels dans les
S palmiers de cette région, Ces grands, beaux arbres attirent l'éle sans doute, à raison de leur h localités, où
ctricité, surtout, auteur, Dans certaines
1 les palmiers han: ls
aNOHOCILT, Of rétnarqu Un
grand nombre de ces plantes dont les pétioles sont dégarnis de leurs limbes, Quand la foudre les frappe, leurs feuilles tombent, et ce qui était un arbre magnilique devient uit tronc blanchätre et difforme.,
Dans une contrée pareille, où été dure toujours, où la température marque 80 degrés Fabrenheit et où la moyenne de l'humidité est presque aussi élevée, la végétation doit nécessairement être d'une vigueur exceptionnelle, I y a même des endroits, sur les plaeaux supérieurs de Pisthme, où, la nuit, Phumidité atteint jusqu'à 100 degrés, le point de saturation.