‹ Cinq ans à Panama et le canal interocéanique de M. de Lesseps [microforme]Chapitre 47 sur 80 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Mouvement maritime de Colon-Aspin all et de Panama ; lignes de vapeurs desservant ces ports. — Exportations de la Colombie, notamment avec la France,

L'importance commerciale d'un pays se résume d'une manière assez exacte pour le mouvement maritime qui s'effectue dans ses ports.

Nous avons vu que l’isthme a deux ports de mer: Colon, sur la côte baignée par l'Atlantique, et Panama, sur le littoral du Pacifique.

Colon compte sept grandes lignes de paquebots à vapeur: la Xoyal Mail Steam Packet Company, la Compagnie française transatlantique, la Pacific Mail Steamship Company, la Compagnie hambourgeoise-américaine, l'Atlas Steamship Company, la Harrison Line, et la West India and Pacific Steamship Corvany. Outre ces lignes importantes dont le service se fait à des dates fixes, il y a un grand nombre de vaisseaux irréguliers qui relâchent à Colon et beaucoup de voiliers,

na; lignes la Colom-

résume at mari-

e mer:

'añama,

ebots à a Com- Steam- -améri- Line, et . Outre t à des ax irréoiliers,

À Panama, sur l'autre versant de l'isthme, il y a, comme lignes régulicres de paquebots à vapeur : le Pacifie Steam Navigation Company, la Pacifie Mail Steamship Company, et une nouvelle compagnie qui vient d'inaugurer un service régulier entre Panama, l'Équateur, le Pérou et Valparaiso, dans l'Amérique du sud,

Revenons à Colon et examinons un peu ce que fait chacune des grandes compagnies qui visitent ce port de l'Atlantique,

Les lignes de paquebotsà vapeur de la loyal Mail Steam Packet Co. “ny réunissentl'isthme de Panama avec les ports de la Colombie, du Vénézuela, des Antilles et Southampton. Une autre ligne de la même Compagnie prend son point de départ à Southampton et, passant par les iles du Cap-Vert, dessert Pernambuco, Bahia, Rio-de-Janciro et Montividéo, Cette Compagnie anglaise a aussi des transports qui font le service entre les différents ports des Antilles et Greytown, dans le Nicaragua, ainsi que des bateaux intercoloniaux dans les Indes occidentales.

Puis, comme importance, vient la Compagnie francaise transatluntique, dont les navires, partant de Saint-Nazaire, du Havre et de Marseille, en France, ainsi que de Santander, en Espagne, font escale dans les iles françaises des Antilles et viennent aborder l'isthme. Cette compagnie possède également un grand nombre de transports qui font un gro: trafic.

je

Vient ensuite la Compagnie hambourgeoise-américaine dont le trafic dans les Antilles, d'insignifiant qu'il était au début, est devenu très important. Grâce à l'extrême régularité de son service, qui pourtant ne lui coûte pas cher, cette compagnie fait une concurrence formidable aux autres lignes. Elle occupe aujourd'hui jusqu'à soixante-dix bâtiments, tous solidement construits.

La West India and Pacific Steamship Company et la

Harrison Line ne font, pour ainsi dire, qu'une seule

et même compagnie ; leurs navires vont alternativement de Liverpool au Vénézuela, en Colombie et à l'isthme de Panama ; et, de là, par plusieurs ports de l'Amérique centrale et du Mexique, à la Nouvelle- Orléans, où ils prennent, pour rentrer, des cargaisons de coton. Le trajet de New-York à Colon est direct par les paquebots de ces compagnies.

L'Atlas Steamship Company, société anglaise, envoie ses navires de New-York à travers les Indes occidentales, vers les côtes de la Colombie et à Colon ; elle fait aussi un gros trafic intercolonial. Au retour, elle s'arrête dans les ports de l'Amérique centrale, à la Jamaïque et à Haïti, si j'ai bonne mémoire.

Passons sur l'autre versant et arrétons un instant notre attention sur les paquebots à Panama.

-amérirnifiant . Grâce lantne oncuroccupe 15 soli-

yetla

seule

iativee et à rts de ivelleaisons direct

‘nvoie :idenelle , elle à la

stant

[y a, tout d'abord, la Pacifie Mail Sieamship Company, avec ses lignes directes pour San-Francisco. Cette compagnie à une ligne qui va de Son-Francisco en Chine el au Japon. Elle a, pour ainsi dire, le monopole du trafic dans l'Amérique centrale et au Mexique. Elle faisait encore, il y a quatre ans, le transport du café. Ce transport se payait à raison de six livres storling la tonne pour tout le voyage de l'Amérique centrale jusqu'en Europe. Sur ce prix, la compagnie du chemin de fer de Panama prélevait juste la moitié pour faire T1 kilomètres seulement.

Il y à quatre ans, les bateaux à vapeur de la ligne Kosmos furent expédiés de Hambourg avec des cargaisons pour les ports du Chili, du Pérou et de l'Amérique centrale. Ils y prirent pour revenir des cargaisons de café, à raison de quatre livres et dix shillings latonne. Aujourd'hui, grâce à cette réduction dans le prix, la ligne Æosmos transporte 2u moins la moitié de la récolte annuelle, et on peut prévoir l'époque où elle aura le monopole exclusif de ces chargements. On fit, tout d’abord, peu attention à cette concurrence du Æosmos ; elle est devenue formidable. Le café, soigneusement arrimé, passe par les détroits de Magellan, évitant ainsi les transbordèments coûteux de l'isthme de Panama. Les Allemands établissent le service de leurs lignes à meiileur compte que les lignes anglaises, et celles-ci coûtent moins cher que les lignes américaines, Comme la récolte du café dans l'Amérique centrale est estimée à plus d'un million de sacs, ce chargement direct constitue un fret consi-

Li 2

192 CINQ ANS À PAXAMA

dérable, qui affecte sérieusement les recettes du chemin de fer de Panama.

Les voiliers relächent fréquemment dans le golfe et le bortde Panama, maisleurs chargements Sont, pour la plupart, des objets de consommation locale, De grandes quantités d'huile et de barbes de baleine traversent l'isthme, venant des baleinicres,

La Colombie exporte des quantités considérables d'acajou, de fustok, de cèdre, de bois de teinture, de Salsepareille et autres plantes médicinales. Ses mines renferment de l'or, de l'argent, un peu de platine, du cuivre, du fer, de l'étain et, en petite quantité, des Pierres précieuses dont quelques-unes d'un grand prix. Son tabac est excellent. Elle exporte également du cacao, un peu d’indigo, une quantité d'ivoire végétal et beaucoup de bananes. Ses principaux articles d'exportation sont : le quinquina,:le tabac, le baume de Tolu, les peaux, le caoutchouc et les métaux précieux. Naturellement, cette nomenclature ne comporte Pas les exportations du Mexique et de l'Amérique du centre et du sud, sur le Pacifique, qui traversent l'isthme de Panama.

M. Auguste Strunz, consul d'Autriche à Barranquilla, publie chaqne année une feuille donnant les exportations de cette partie de la Colombie vers l'Atlantique. J'y trouve que, pour 1887, la valeur totale annuelle de la production et du trésor par la voie de

du che-

rolfe et l, pour le. De ne tra-

rables re, de mines 1e, du , des grand ment végéticles aume préporte 1e du rsent

Frant les tlantale e de

la rivière Magdaléna jusqu'à Barranquilla est de 7,744,185 dollars.

La France figure pour 912,838 dollars de ces Cxporlations, savoir :

Le Havre à reçu 6 colis de baume, 1 de peaux d'oiseaux, 3 ballots de cigares, 42 de Cacao, 5,535 de Café, 247 balles de coton, 2,104 de graines de coton, 314 de peaux de chèvres, 2,376 de peaux diverses, 72 colis de minéraux, 3 de plantes, 171 de caoutchouc, 24 ballots divers et 11,053 bûches de fustok. Nombre des colis : 21,924. pour un poids de 927,260 kilogrammes. Valeur totale de la production : 157,216 dollars,

Paris à reçu 52 ballots de baume, 4 de quinquina, 11 de peaux d'oiseaux, 23 de CaCao, 1,283 balles de café, 8,052 peaux diverses, 65 colis de noix d'ivoire végétal, 282 de Minéraux, 8 de plantes, 381 de caoutchouc, 45 ballots divers. Nombre des colis : 10,203 : poids : 225,980 kilogrammes, Valeur de la production : 94,165 dollars. Valeur du trésor, 658,305 dollars ; valeur totale de la production et du trésor : 752,670 dollars.

Bordeaux a reçu 76 balles de café, 242 colis de noix d'ivoire végétal, 445 bûches de fustok. Nombre des colis, 763; poids, 34,850 kilogrammes, Valeur totale de la production : 2,952 dollars.

En 1886, les bateaux à vapeur ontexporté 407,739 co-

liset664tonnes de bois, pesant ensemble 3,438,460 kilogrammes. Valeur des produits, 4,526,354 dollars ; valeur du trésor, 3,264,594 dollars: ensemble : 7,790,948 dollars.

Le total des importations pour la même année s'est élevé à 2,500,000 livres sterling où 62,500,000 francs.

En 1887, les bateaux à vapeur ont exporté 441,184 colis et 3,140 tonnes de bois, pesant 14,985,240 kilogrammes. Valeur des produits, 4,137,711 dollars ;

raleur du trésor, 3,606,474 dollars ; ensemble :

1,744,185 dollars.

Le peso ou dollar de Colombie n'est pas l'équivalent du dollar américain; sa valeur dépend du change qui varie quelquefois de vingt-cinq à trente et même, par moments, à cinquante centimes. Le peso ne vaut généralement que 4 fr. 50 c.

460 kiollars ; ‘mble :

PR CHAPITRE XII francs.

184 co- ) kilo- Construction du chemin de fer isthmique ; Courage et constance ollars : des ingénieurs, — Vente de cette ligne à M. de Lesseps. nble Lorsqu'en 1849 la découverte des mines d'or en Ass Californie donna la fièvre au monde occidental, des hange milliers de personnes, pour atteindre la côte du Paci- 4 eee lique, remontèrent le Chagrès jusqu'à La Crucès — 4 > vaut à

l'ancienne Cruz — e gagnérent Panama à dos de mulet ou autrement.

À partir de cette époque, le trafic par cette

voie prit une telle extension que 1

à Construction d'un chemin de fer s'imposa impérieusement. Une Compagnie se

forma et les premières tranchées furent ouvertes à la 4 fin de 1850. À

Les ingénieurs étaient arrivés vers l'automne de l'année précédente. Is S'établirent à bord d'un bateau à voile et commencèrent la levée des plans. Toute la journée ils travaillaient à la confection de ces plans, enfoncés jusqu'à la moitié du corps dans la bourbe

des marécages et des eaux croupissantes ; la nuit, ils regagnaient leu bateau pour y dormir.

Ce qu'il à fallu d'énergie et de courage à ces hardis pionniers, à ces hommes infatigables qui, les premiers, ont su mener à bien pareille besogne, en ces solitudes pestilentielles, dévorés par le soleil, la tique qui s'introduit sous les ongles, les moustiques, les maringouins énormes et autres culicides qui mordent à travers les vêlements, sans compter les scorpions, les arachnides, les serpents venimeux — où chaque bouchée de nourriture devait venir de New- York — c'est là un exploit qui restera éternellement à l'honneur de cette petite phalange de héros obscurs, tous citoyens de la libre République américaine,

Une des premières difficultés de l'entreprise était de trouver un endroit convenable pour faire traverser à la ligne les sables mouvants et les marais qui s'étendent entre la ville actuelle de Colon et le hameau de Gatun. On assure que, dans quelques-uns de ces paluds, les ingénieurs, sous la conduite du Col. George M. Totten et de M. Trautwine, ne purent trouver le fond à 60 mètres. On arriva à faire un remblai pour la route, én y jetant des centaines de cordes de bois, de la terre, des rochers et des forèts de fagots. Cette chaussée a coûté beaucoup d'argent. Une fois terminée, on put mettre les rails, et, pour ainsi dire, faire flotter la voie sur la bourbe des marais. On appela ces endroits les « lieux mous » — soft spots — le long de la route.

nl

uit, ils

hardis S preen ces tique s, les mor- SCOr- — où New- ‘ment CUrS,

Je

était erser I s'émeau e ces

Col.

trounblai 2s de vois.

fois dire,

On

ts —

Page 1