SIÈCLE, INTER
me de
mais projet que le ‘endre
de l'argent à l'Espagne, mais bien pour lui en apporter.
En 1550, Antonio Galvao se fit connaitre par quatre
projets différents; chacun d'eux avait pour objet de construire une communication entre les deux océans dont une passait par l'isthme de Panama.
Mais les projets, depuis, se succèdent et se multiplient. Il faudrait un volumeopour les décrire, Je me borne à constater que, en 184 k, les cortès espagnoles enjoignirent au vice-roi de la Nouvelle-Espagne d'entreprendre le percement de l'isthme de Téhuantépec. Malheureusement, la guerre d'indépendance survenant, aucune suite ne fut donnée à cet ordre, bien que les plans eussent été dressés, en 1821, par le général Obégosa et que José de Garny ait obtenu, en 1849, une concession pour le Canal.
Cependant, le besoin d'un passage à travers l'isthme pour les voiliers et les paquebots doublant le cap Horn et parcourant environ 9,000 kilomètres de mer au lieu de 75 par la voie de Panama, se faisait d'autant plus s-ntir que le chemin de fer, construit de 1850 à 1855, par la Compagnie américaine, avait accru dans des proportions considérables le trafic sur cette langue de terre qui sépare les deux océans.
L'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud donnent vaguement, sur la mappemonde, l'idée d'une de ces bourses en étoffe qu'un anneau étrangle par le centre.
C'est par l'endroit étroit simulé par l'anneau qu'il s'agirait de creuser un canal,
On à indiqué quatre routes différentes qui, toutes, se trouvent comprises entre le golfe du Mexique et le golfe du Darien,
I y à, au nord, le ‘passage qui s'étend jusqu'à Téhuantépec; au-dessous, le projet de canal par le Nicaragua, où la présence d'un vaste lac intérieur facilite la besogne des entrepreneurs; plus bas, le tracé par l'isthme de Panama ; plus bas encore, el tout à fait au sud, le passage par l'isthme du Darien.
On discuta la question d'un canal interocéanique au Congrès des sciences giographiques qui se réunit à Paris en 1875,
Un comité français d'études se forma l'année suivante, sous la présidence de M. de Lesseps, assisté par l'amiral La Roncière Le Noury, président de la Société de géographie, et par M. Meurand, président de la Commission de géographie commerciale, en qualité de vice-président.
Puis, comme les études à entreprendre allaient entrainer à des dépenses assez fortes, une société civile fut constituée — on était en 4876 — à côté du comité d'études pour faire face à ces débours. Cette société avait à sa tête : MM. le lieutenant de vaisseau Lucien-
J rien la p
iles
1 qu'il
outes, e etle
usqu'à par le crieur as, le ettout
que au unit à
6 Sui- Ssisté de la sident e, en
laient civile omité ociété icien-
CINQ ANS A PANAMA 265 Napoléon Bonaparte Wyse et son beau-frère, le géné-
ral Türr, plus tard président de la Société du Canal de Corinthe.
Les études commenccrent sur l'isthme.
Trois des membres payèrent de leur vie — c'est-àdire l’incompensable ! — leur dévouement à la cause : Bixio, Brooks et Mousso. C’est peu, en somme, étant donné les anonymes depuis. Les hommes n'ont rien fondé sur ce globe — quand ils ont fondé quelque
chose! — sans mêler leurs ossements aux matériaux des fondations.
Ces morts n'arrôtérent pas leurs compagnons, qui poursuivirent l'entremise commencée.
MM. Bonanarte Wyse et Armand Reclus revinrent
en France, apportant leurs étudos sur les différents passages à même d'être adoptés.
[ci, je prends la parole pour un fait personnel,
J'ai parlé des îles de la baie de Panama, mais je n'ai rien dit à propos de Coïba, la plus grande de toutes et la plus importante, aa point de vi: stratégique, des iles sur le versant occidentai du littoral américain,
Coïba à une superficie de 33% kilomôtres carrée:
elle est bien arrosée, riche en forêts; elle présente, sur le rivage, un mouillage sûr : le port de Damas.
Antérieurement à la vente de terrains faite par la Colombie à la compagnie du Canal, cette ile fut visitée par une commission venue de France, sous la direction de M. M. Harel, beau-frère de M. de Lesseps.
Cette commission, ostensiblement envoyée pour de simples achats de terrain, avait pour objet réel lacquisition, pleine et entière, de l'ile importante de Coïba; elle comptait, au nombre de ses membres, le lieutenant Lalanne et le D' Cambon, tous deux appartenant à la marine française.
Lors d'un banquet donné en l'honneur de la commission chez l'agent supérieur de la compagnie du Canal, on discuta longuement cette idée d'acheter, en toute propriété, l'île de Coïba, afin d'avoir un point d'appui pour la compagnie et d'y établir une colonie française.
Le secret, mal gardé, devint, en quelques heures, celui de Polichinelle.
Comme journaliste chargé spécialement de renseigner la Gazette de Montréal sur toute phase se rapportant au canal projeté, j'envoyai un article explicatif de la combinaison à mon journal, en même temps que l'agent de l'Associated Press — sorte d'agence Havas des États-Unis — transmettait une dépêche télé-
E Can.
ésente,
imas.
* par la t visitée à direceps.
pour de 01 l’acante de bres, le appar-
la comœnie du eter, en n point colonie
heures,
renseise rap- > explie temps ‘agence he télé-
CINQ ANS A PANAMA 267 graphique au bureau central, à New York, qui, à son î tour, distribuait la nouvelle, le jour même, aux sept # cents et quelques feuilles quotidiennes que représente celle association en Amérique.
Vingt-six heures après, M. de Lesseps démentait le fait par voie télégraphique, de Paris. 4
Ce qui n'empêcha pas la commission — comme si 4 de rien n’était — de visiter, par le menu, l'ile de
Coïba. À
La commission fit une excursion vers le Chiriqui 5 et, après une absence de plusieurs semaines, revint dans l'isthme, d'où elle repartit pour la France, afin de soumettre son rapport à la Société d'études du Canal,
Depuis lors, la compagnie a vainement essayé de se faire allouer l'ile de Coïba, qui commande l'entrée du Canal, sur le Pacifique.
Les correspondants qui fournirent au monde cette véridique et importante nouvelle n'ont pas été décorés, a
Entre les différents projets qui s'offraient pour un ] [
Canal interocéanique, on avait l'embarras du choix.
M. de Lesseps fit seml lant d'y voir une « grave responsabilité ». 11 demanda à la partager avec un Con-