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grès international de savants. Le monde entier devait fournir des délégués à cette réunion.
Il convoqua donc, le 15 mai 1879, une conférence pour décider, non du choix de la meilleure route à suivre, mais bien de celle qui, à son gré, était la meilleure et se vendrait au plus haut prix, ce qui n'est pas tout à fait la même chose.
Les procès-verbaux du meeting sont là pour attester la vérité du fait.
Sur 436 personnes convoquées, figurent 14 bons Français, admirateurs quand même de M. de Lesseps, et 62 étrangers, tous éminents, mais moins enthousiastes, peu portés à la réverie, bonnement sincères dans leur désir d'aider à une œuvre généralement utile, ou, si vous le voulez, ennemis acharnés de l’entreprise. Cela revient au mème, puisqu'ils étaient en minorité.
Les étrangers se trouvaient en présence d'une salle dont l'opinion était faite d'avance et où leurs vues, fondées sur l'expérience, n'avaient que faire de se produire.
Quoi qu'il en soit, ceux qui étaient venus de loin, dans l'espoir d'assister à une conférence sérieuse, s'en
retournèrent tristement déçus.
M. de Lesseps était le maitre de la situation, et la
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Ce choix tomba nécessairement sur la voie de À "Panama, grâce à une entente préalable entre M. de À … ‘ Lesseps etson protégé, le lieutenant Bonaparte Wyse, | À homme accompli et galant officier de la marine française, mais dont les études, même sur la ligne de canalisation adoptée, étaient, sinon nulles, du moins absolument insuffisantes.
Le 29 du même mois de mai, c'est-à-dire après une quinzaine de jours consacrés aux recherches abstruses des comités techniques, le congrès se réunis- 4 sait de nouveau en séance générale et, par 78 oui sur 98 votants, il adoptait la conclusion suivante :
« Le congrès estime que le percement d’un canal interocéanique, à niveau constant, si désirable dans l'intérêt du commerce et de la navigation, est possible, et que ce canal maritime, pour répondre aux 4 facilités indispensables d'accès et d'utilisation que »: doit offrir, avant tout, un passage de ce genre, devra : être dirigé du golfe de Limon à la baie de Panama.
Cette résolution fut votée, dis-je, par soixante-dix huit membres. Huit membres votèrent contre, parmi 3 lesquels M. Lavalley et M. Eiffel ; douze se sont abstenus ; trente-huit s'étaient retirés, écœurés.
C'est un avocat de M, de Lesseps qui, au cours
d'un procès, découvrit le pot-aux-roses de celle petite supercherie internationale. Ce défenseur avait cru devoir se servir des expressions suivantes au profit de son client: « Car, — dit l'avocat en parlant de M. de Lesseps, — c'est sm: son avis que Wyse el Armand Reelus entreprirent leurs explorations, et la confiance des capitalistes était stimulée par la certitude qu'il se placerait à la tôte de l'entreprise quand le moment serait venu. ‘»
M. Bonaparte Wyse, avant de se présenter au congrès international, avait eu soin de solliciter — et avait obtenu — du gouvernement colombien li concession du Canal projeté.
C'est à la sui: de ce congrès seulement qu'on s'aperçut que, en does des épures fournies par le chemin de fer dg P'onama, il n'y avait ni plans, ni coupes, ni dessins, ni devis, qui eussent une valeur quelconque pour la construction d’un canal sur l'isthme.
On se trouvait face à face avec l'inconnu.
On organisa une commission technique. Gette commission comprenait le colonel George M. Totten, ingénieur en chef du chemin de fer de Panama; le général W. W. Wright, du génie des États-Unis ; le général Dirko, Victor Dauzats, E. Bouton, Pédro A. Sosa, Alexandre Ortega, C. Couvreux fils, Gaston Blanchet, et un grand nombre d'ingénieurs, de géologues et d'hommes de science,
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Cette petite armée, avec M. de Lesseps en tôle,
visita l'isthme dans les premiers jours de 4880, pen- 4 dant la sécheresse, c'est-à-dire le meilleur moment 4
de l'année.
* + De retour en France, M. de Lesseps se mit en campagne pour trouver les capitaux nécessaires À son 3
entreprise,
Une société, dite « Compagnie universelle du Canal interocéanique de Panama », fut constituée le d 3 mars 1881. k
Cette société avait pour objet : 4° La construction d'un canal maritime de grande navigation entre les % o Le]
océans Atlantique et Pacifique; 2° l'exploitation du 4 Canal et les entreprises qui s'y rattachent; 3° la cons- à
truction ou l'exploitation de toutes lignes de chemins de fer que la société croirait devoir construire ou acheter dans les parages du Canal; 4 l'exploitation des terrains concédés et des mines y contenues.
Ces terrains consistent en une bande de terre de 4 200 mètres de largeur sur chacun des côtés du Canal et le droit à 500,000 hectares, ailleurs.
La société civile, celle qui avait à sa tête le lieutenant Bonaparte Wyse, recevait, en représentation de son apport— la concession colombienne — 5 millions en espèces et 5 millions payables en 10,000 actions libérées, autant dire 40 millions de francs,
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Le capital social fut fixé à 300,000,600, divisés en 600,000 actions de 500 francs.
I fut créé, en outre, 900 parts de fondateur, qu'on divisa ensuite en dixièmes, soit 9,000 parts, donnant droit chacune à un neuf millième de 45 p: 0/0 des bénéfices nets de l'entreprise, et dont la répartition fut laissée aux soins de M. de Lesseps.
Ces parts de fondateur, généralement on les garde, surtout lorsqu'une affaire promet d'être fructueuse, Elle: n’ont rien coûté à ceux qui les reçoivent, si ce n'est la peine d'écrire une lettre polie de remerciements à la société.
Il y a lieu de croire que la compagnie — trois ans à peine après sa fondation — constatait déjà l’impossibilité où elle était de mener à bien l'entreprise commencée, puisque nous voyons, en 1884, les bénéficiaires vendre leurs parts de fondateur à la Bourse de Paris. Les promoteurs de cette « grande œuvre désintéressée de civilisation » — pour employer une des belles phrases de M. de Lesseps — empochèrent,
de ce chef, pas mal de millions.
Le conseil d'administration fut ainsi composé : M. le comte Ferdinand de Lesseps, président-directeur ; MM. C.-A. de Lesseps, W. Séligmann, de Montdésir, vice-présidents; Allavène, de Circourt, Cottu, Ch. Cousin. J.-B. Daubrée, Marius Fontane, Harel, Max Hellmann, Victor de Lesseps, Th. Motet, Motet-
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bey, colonel comte de Moucheron, baron Poisson, Ernest Prévost, Rapatel.
Le Canal prend son point de départ à Colon, sur le bord de la mer.
Passant tout d'abord à travers les terrains bas et marécageux, il s'élève ensuite graduellement par une courbe à peine perceptible, tant elle approche de la ligne droite, jusqu'à Gatun et Los Hermanos, qui se trouve à six mêtres et demi au-dessus du rivage maritime et à quinze kilomètres et demi de Colon.
À Frijolès, c'est-à-dire à 32 kilomètres de son embouchure, le Canal atteint une hauteur de 43 mètres ; sur la route, on rencontre une croupe de 55 mètres entre Bohio-Soldado et Buena-Vista.
Entre Frijolès et Maméi, le Canal fait un coude ; il atteint, en moyenne, 46 mètres et demi d'élévation à ce dernier point, qui est à 44 kilomètres et demi du
littoral, après avoir traversé des collines de 28, 33 et 42 mètres de hauteur.
À Matachin, près de laquelle s'élève une croüpe de 56 mètres, on est à 50 kilomètres de Colon: ici le Canal décrit une courbe légère et le sol atteint ane altitude moyenne de 18 mètres.
Le complément du Canal, jusqu'à Panama, est presque en ligne droite.
De Matachin à Culébra (63 kilomètres), le terrain plus accidenté offre une série de collines et d'escarpements qui vont de 33 à 80 motres et jusqu'à 113 motres à Culébra, faite de partage et point culminant,
Le Canal descend alors Jusqu'à Rio-Grande (68 1/2 kilomètres), qui est encore à 10 mètres d'élévation.
De Rio-Grande à La Boca, le Canal traverse 10 kilomètres de nouvelles terres basses et marécageuses, s'abaissant peu à peu jusqu'au niveau de la mer, où il sc trouve à 77 kilomètres de Son point de départ à Colon,
Pour obtenir la profondeur nécessaire, il y a lieu de creuser le fond de la mer jusqu'à un endroit, près des îles Périco, à 7 kilomètres plus loin.
Les ports qui se trouvent aux deux extrémités du Canal — Colon et Panama — exigent égalemer ; travaux de dragage pour faciliter les approche. 4x navires.
En général, le Canal suit le chemin de fer de Panama,
Quelles sont les dimensions du Canal?
Le Canal, sur une longueur de 35 kilomètres 623 inètres, aura de 22 à 24 motres au plafond, c'est-n
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dire au fond; et de 30 à 50 môtres de large au plan d'eau, le tout avec une profondeur de 8 mûtres 30 à 9 mètres.
Les courbes ont un rayon minimum de 2,000 mètres.
S'il ne s'était agi que de creuser simplement un ruisseau dans un pays plat, à travers des sables sans consistance, avec la main-d'œuvre pour rien, comme à Suez, il y a beau jour que le Canal interocéanique serait un fait accompli. On n'aurait même pas attendu l'avènement de M. de Lesseps pour entreprendre la chose,
Mais le problème est tout autre.
À Suez, il ne pleut pas; à Panama, il tombe des torrents d'eau. À Suez, on traverse une grande plaine de sable; à Panama, on coupe une région montagneuse et on aura à creuser le roc. À Suez, il y avait un gouvernement local qui aidait l’entreprise: à Panama, il n'y à rien à attendre de la Colombie. Suez était près d'Europe, dans un pays sain; Panama est loin de la France, dans une région malsaine,
Les Américains ont consacré un quart de siècle et vingt millions aux études d'un canal interocéanique : ils ont choisi Nicaragua comme le seul passage possible entre les deux mers.
Pour donner une idée du travail prodigieux qu'exige une coupure à Panama, je vais soumettre un petit
calcul au lecteur.
Les dimensions ci-dessus attribuées au Canal com-
TRANCHÉ DE LA CULÉEBRA, A 369 PIEDS ET DEMI AU-DESSUS DU NIVEAU DE LA MER
portent, à la Culébra seulement, un cub2 de 20 millions de mètres qu'il faut extraire sur une longueur de huit kilomètres et porter au loin. Les berges du Canal à cet endroit descendront à 45 degrés. Les sondages ont rapporté partout des couches d'argile
eux qu'exige tre un petit
| Canal com-