‹ Cinq ans d'histoire grecque, 1912-1917Chapitre 49 sur 71 · XII. — Conclusion · texte numérisé non relu

XII. — Conclusion

Messieurs, ceux qui ont commis cette infamie croyaient pouvoir exploiter le patriotisme des Grecs; ils pensaient que le patriotisme imposerait le silence par lequel leur crime serait couvert. Il s'est pourtant trouvé des hommes, ayant la liberté de parler ou d'écrire, qui, bien que Grecs, ont immédiatement dénoncé l'infamie commise. On ne lave pas les infamies que les individus ou les nations commettent et que les autres dissimulent. On doit reconnaître sa faute et si l'on en est responsable, demander pardon. (Applaudissements vifs et prolonges . )

C'est pourquoi, Messieurs les députés, j'ai exprimé au début de mon discours mon très sincère regret que l'honorable député d'Etolie et d'Acarnanie eût perdu l'occasion de se dégager de toute responsabilité, en désavouant formellement et courageusement le passé criminel. (Bravo! bravo!)

J'estime, Messieurs les députés, que le sujet est épuisé. Je n'ai pas voulu que dans cette salle la théorie précitée sur l'application des traités internationaux restât sans protestation et que le moindre doute fût conservé dans n'importe quel esprit sur la très profonde conscience qu'a le Gouvernement et, avec lui, le peuple grec, du caractère sacré des obligations nationales.

Le respect de la parole donnée, qui est le fondement de toute société, est le premier et principal lien, la base fondamentale des relations internationales. (Applaudissements et approbations.) L'État qui ne porte pas ce principe profondément gravé dans son âme n'a pas le droit de s'appeler un Etat : c'est une bande de

brigands ou de pirates (Bravos et applaudissements./ que tous les États ont le droit et le devoir de placer hors la loi.

Si ce principe s'impose à tous les Etats, il est cependant particulièrement sacré pour les nations qui sont petites et faibles, car, comme je le disais tout à l'heure, le bien le plus précieux, le plus sacré, le plus beau que possède une petite nation, c'est l'honneur. Or, il n'y a plus d'honneur là où la parole donnée n'est pas tenue.

Je suis certain que, par ces paroles, j'interprète fidèlement le sentiment de vous tous (applaudissements), sans distinction de convictions et de partis politiques et que pas un seul représentant du peuple grec ne voudra jamais souscrire à l'infâme théorie des « chiffons de papier ».

DISCOURS DE M. EMMAAUEL REPOULIS

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