‹ Cinq ans d'histoire grecque, 1912-1917Chapitre 57 sur 71 · X. — La renaissance grecque · texte numérisé non relu

X. — La renaissance grecque

Mais ce régime est mort et enterré. Il n'a plus l'espoir de revivre! L'honorable député de Corfou demandait, dès le premier jour de l'inauguration des travaux de cetle session parlementaire, dans quel article de la Constitution se trouve la disposition en vertu de laquelle la présente Chambre a revécu. M. le député de Corfou et tous ceux qui ont posé la même question paraissent avoir limité l'étude de la Constitution aux dispositions qui se rapportent aux prérogatives du roi et aux droits de la Chambre. Ils n'ont pas l'air d'avoir, au moins, poussé leur étude jusqu'au bout. Car s'ils l'avaient fait, ils auraient lu la disposition que contient l'article m, l'article dernier. Non, Messieurs! l'observation de la Constitution n'est confiée ni au patriotisme du roi, ni même à celui des gouvernants de la Grèce. L'observation de la Constitution est confiée au patriotisme des Hellènes! (Applaudissements prolongés.)

L'élan avec lequel ce patriotisme s'est manifesté, vous l'avez vu dans l'unanimité avec laquelle la moitié de la Grèce s'est rangée aux côtés de la révolution; vous l'avez encore vu dans la Vieille-Grèce elle-même, à présent aussi bien qu'avant, cïu temps où elle souffrait, où elle était tyrannisée et trahie. Elle s'écoulait tout entière, cette Grèce, vers les nouveaux pays et ne dissimulait guère son enthousiasme pour le Gouvernement provisoire de Salonique.

G. Boussios. —

Le Président. — M. le député de Cozani a-t-il quelque objection?

G. Boussios. — Certes...

Le Président. — Vous êtes embarrassé?

E. Répoulis. — Vous voudriez peut-être contester l'opinion et le moral de la majorité du peuple de la Vieille-Grèce? Mais vous n'osiez pas faire fût-ce des élections municipales à Athènes et au Pirée ! Car vous vous attendiez à un plébiciste condamnant votre politique.

Mais vous demandez encore de quel droit cette Chambre a revécu ? Elle n'aurait certes pas pu revivre, si elle n'avait le droit de revivre et si l'opinion populaire ne voulait pas qu'elle revécût.

La Chambre a revécu en vertu du même droit qui a fait revivre ce Gouvernement issu d'elle. Que signifient donc le triomphe de la révolution et sa victoire en Vieille-Grèce, sinon l'approbation de cette politique par la majorité du peuple? Et la victoire de cette révolution, quel résultat vouliez-vous qu'elle apportât principalement et avant tout, sinon la remise en vigueur de la Constitution, et, avec elle, la résurrection de la Chambre (pie vous avez tenté d'assassiner? (Applaudissements. )

Cependant, les puissances sont intervenues à cet effet, et M. le député d'Étolie et d'Acarnanie (M. Stratos) s'est préoccupé de savoir si les traités accordent à ces puissances le droit d'intervenir dans les affaires grecques. Il a voulu conclure que toute intervention d'un tiers dans nos affaires intérieures est prohibée. Mais nos affaires, dont il s'agissait, étaient-elles seulement d'ordre intérieur? Même s'il n'existait aucun traité établissant les garanties dont les puissances protectrices

entourent le régime libre de ce pays, elles auraient néanmoins l'obligation d'intervenir, l'obligation morale qui découle de la solidarité entre peuples libres. (Applaudissements Jrénétiques .) Et si cette obligation est toujours en vigueur, elle l'était pourtant plus impérieusement que jamais à l'heure oii des millions de soldats, citoyens de ces nations libérales, combattent pour la liberté des peuples. Le peuple grec avait le droit de demander leur intervention, et les puissances avaient l'obligation morale élémentaire, en vertu de l'idéal même qui est le leur, d'intervenir pour sauver un peuple désarmé des griffes de la tyrannie. (Applaudissements prolongés.)

Mais l'honorable député de Psarra (M. Popp) a qualifié certains actes du Gouvernement d'anticonstitutionnels...

G. Popp. — ... D'antirévolutionnaires. (Hilarité.)

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