‹ Cinq ans d'histoire grecque, 1912-1917Chapitre 66 sur 71 · VIII. — La déchéance des hommes politiques · texte numérisé non relu

VIII. — La déchéance des hommes politiques

Mais si la violation de ce droit fondamental du peuple mettait en danger de graves intérêts nationaux, cependant, elle comportait aussi un symptôme tout à fait déplorable de notre éducation politique : les violateurs de notre régime n'ont pas eu le courage d'affronter résolument leurs responsabilités et n'ont pas estimé inconvenant d'invoquer des conceptions indignes d'hommes politiques d'un État libre. Car il était vil et humiliant d'accorder aux intérêts d'un pays, à la vie d'un peuple, à son avenir même, une importance moins grande qu'aux idées d'une personne, qu'elle fût un roi ou un simple mortel. (Biwvos et applaudissements.) Et il y a un symptôme encore plus déplorable : c'est que des hommes politiques, oublieux de leurs obligations morales envers le peuple, aient surenchéri aux manifestations les plus serviles et aient excité les aveugles préjugés et les faiblesses de la foule, au lieu de pourvoir, de toutes leurs forces, au rétablissement du calme dans l'âme des citoyens et de l'équilibre moral de la société. Mais, pour vous montrer quelle tournure lamentable ont prise les opinions politiques, de tout temps instables, de certains de nos hommes politiques, aussitôt que le monarchisme a fait montre de sa force matérielle et de sa poigne, je vous lirai ce que disait un de ces hommes, au sujet du rétablissement du fonctionnement régulier du régime par la formation d'une régence, prévue formellement par l'article 53 de la Constitution :

« Venizélos n'avait pas encore manifesté son intention de retourner à la vie politique, quand j'ai formulé

mon opinion au sujet de la pensée impie et blasphématoire de constituer une régence, à l'heure où la vie du roi ne tenait qu'à un fil. »

Et plus loin : « Mais ma voix les a rappelés à l'ordre. Ils se sont contractés, tels des escargots dans leur coquille, après avoir reconnu ce qu'il y avait d'irrespectueux, de profane, d'inconvenant et de lâche dans leur mouvement. » Telle était la conscience qu'ils avaient du fonctionnement de notre régime.

Un député. — De qui est cette qualification?

G. Cafandaris. — C'est l'opinion d'un homme politique formulée dans une interview qui fut donnée à un journal de la Cour et qui ne fut point démentie.

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