Baudot Ydîné, Ibid., t. n, p
33. Séb. Bottin, dans les Mémoires de la Société royale des an¬
tiquaires de France, 1820, p. 459.
34 à 36. F. Rever, Mémoire sur les ruines de Lillebonne. Evreux, 1821 (en réalité 1824), in-8°. Appendice, p. 40 et 53, 28 et 53, 45 et 52. C’est probablement en regardant les quatre cachets de M. Rever comme inédits, tandis qu’il n’y en a que trois de nouveaux, que M. de Saint-Mêmin s’est trompé dans son calcul.
37et38. Eloi Johanneau, dans Bottin, Mélanges d’archéologie, etc. Paris, 1831, in-8°, p. 115 à 118.
39 et 40. De Saint-Mêmin, Rapport sur deux cachets inédits d’oculistes romains. Dijon, 1841, in-4°.
41 à 45. Ces numéros avaient été assignés par moi aux cinq cachets inédits qui font le sujet de cet article. La rédaction était presque terminée lorsque j’ai trouvé :
46 et 47, deux nouvelles pierres déjà publiées par Grivaud de la Vincelle. Il en sera question plus loin.
Le nombre total de ces pierres sigillaires s’élève donc actuellement à quarante-sept. Les numéros devront être changés entièrement lors d’un nouveau travail complet sur ces cachets. Il sera nécessaire alors de les classer dans l’ordre chronologique de leur découverte.
M. Raoul-Rochette m’a dit que les deux cachets de la Bibliothèque royale (nos 41 et 42) devaient être ubliés quelque part. J’ai vérifié tous les mémoires qui traitent de ce point d’archéologie, et je suis bien sûr que ces inscriptions sont restées inédites jusqu’à ce jour : hasard inexplicable ! quand on considère avec quelle libéralité l’administration de ce bel établissement laisse à tout le
monde un facile accès auprès des trésors qu’il renferme. Par une singulière coïncidence, ces cachets, ainsi que les autres que je fais connaître pour la première fois, portent des noms d’oculistes qui n’ont point encore figuré parmi les noms publiés jusqu’à ce jour. Cette particularité ne peut qu’ajouter à leur intérêt. Je me propose de réunir plus tard dans une monographie complète tous ces curieux monumens de l’antiquité médicale, de les commenter de nouveau et de corriger le texte de plusieurs qui ont été mal lus et mal interprétés. Comme, depuis Tôchon, personne n’a publié une collection entière de ccs cachets ; d’un autre côté, comme la plupart de ceux qui s’en sont occupés étaient plutôt antiquaires que médecins et surtout ophthalmologistes, j’espère que les archéologues ne considéreront pas cette entreprise comme inutile ou téméraire. 11 n’y a rien d’étonnant à ce qu’on ait mal lu un certain nombre de ces inscriptions et qu’on en ait donné une explication inexacte. La lecture des anciens auteurs qui nous ont légué des traités spéciaux des collyres peut seule nous mettre en état de rétablir le texte et le vrai sens. Parmi ces auteurs, il suffit quant à présent de citer Celse (1. vi, c. 6), Scribonius Largus (cap. 3 et 4), Galien (de composit. medic. sec. loc., 1. iv, c. 8), et Jetius (Tetrab. 2, serm. 3, c. 97-113).
Voici maintenant ces cachets inédits dans l’ordre où je les ai successivement découverts. Il est inutile de dire que je les porte à la connaissance du public d’après le consentement formel des savans qui ont bien voulu me les communiquer, ce dont je leur exprime ici toute ma reconnaissance.
Vers le milieu de l’année 1844, je priai M. du Mersan de vouloir bien faire des recherches dans le cabinet des médailles de la Bibliothèque du Roi sur les pierres sigillaires d’anciens oculistes. 11 me remit les empreintes et les dessins de trois cachets dont deux inédits. Plus tard M. Raoul-Rochette m’a donné toute facilité pour examiner de nouveau les pierres originales.
N° 4L Lapis Parisiensis iertius. Troisième pierre de Paris. (Les deux premières forment les numéros 12 et 13 du catalogue de Tôchon.)
Cette pierre, parfaitement bien conservée, ressemble beaucoup à un schiste ardoisier par sa couleur gris-brunâtre et la disposition feuilletée des couches qui se présentent, dans son épaisseur, à l’un des angles qui est cassé. Elle est presque quadrangulaire, longue de 5 centimètres, large de 45 millimètres, épaisse sur sa tranche de 11 millimètres et demi. Elle porte sur chacun de ses quatre côtés une inscription dont la lecture n’offre aucune difficulté. Chaque inscription indique le nom de l’oculiste et des collyres, et trois des inscriptions désignent en même temps l’affection que les médicamens étaient destinés à guérir. Sur le plat, dans l’empreinte prise par M. du Mersan, se trouvent en traits fort déliés et renversés les lettres tis, qui probablement rappellent le nom du graveur, à moins qu’elles ne soient tout simplement une marque faite plus tard par une personne devenue propriétaire du cachet. D’autres cachets présentent quelque chose de semblable.
L’examen attentif de la pierre elle-même est venu modifier l’opinion émise dans les lignes qui précèdent et qui étaient déjà écrites lors de mes recherches au cabinet des médailles. Les lettres, inscrites au burin, en traits déliés et droits , sur l’une des surfaces de la pierre, devaient naturellement se présenter renversées dans l’empreinte, qui n’a reproduit que celles dont les jambages n’étaient pas trop minces. En regardant de nouveau et avec soin cette empreinte, j’y ai d’ailleurs bien distinctement reconnu les lettres ripsit. Le c existe, mais il est illisible ; l’s manque. Toutes les lettres sont très reconnaissables sur la pierre, même à l’œil nu ; elles forment le mot scripsit. Sur la surface opposée, l’on voit des traces de lettres majuscules également gravées en traits fins, mais ces lettres ne sont pas renversées; parmi elles on peut seulement lire mi et e. Elles constituaient sans doute le nom de l’artiste ; avec le mot scripsit, elles formaient une légende placée par le graveur. Cette légende, qu’on rencontre sur ce cachet seul, répand une vive lumière sur les lettres qu’on trouve sur le côté plat de plusieurs autres pierres. C’est ainsi que dans le dessin du n« 35 (Rever, pl. 4, fig. 3, et p. 38), sur l’une des surfaces du cachet de S. Martinus Jblaptus , il existe des lettres dans lesquelles M. Rever (p. 36) « ne trouve aucune indication raisonnable d’un sens quelconque, » ou tout au plus (p. 39) « la première syllabe du nom de Galien, dont l’oculiste, galéniste prononcé, suivait la doctrine. » Or ces lettres me semblent indiquer clairement le nom du graveur, Ga.i, Gains , c’est-à-dire Cajus. Elles y sont tracées deux fois, d’abord sur le couvercle d’une espèce d’amphore mal dessinée, et une seconde fois au dessus de cette image en lettres beaucoup plus larges. Un peu plus haut, près du bord supérieur de cette surface de la pierre, se trouvent, assez dislans l’un de l’autre, deux s, dont le dernier est surmonté d’un petit sigle à moitié effacé qui me semble un it. Nous aurons donc, à l’instar du n° 41 : scripsit gaivs. Comme dans le n° 41, ces lettres sont gravées droites. Toutefois, d’après la figure, il devient probable que le graveur avait d’abord voulu simplement marquer son nom sur la pierre, mais que plus tard l’idée lui était venue d’en faire former l’empreinte, sur le couvercle du vase destiné à contenir le collyre, par le potier auquel celte grossière esquisse devait servir d’indication à suivre ; car la surface opposée de la pierre présente les mêmes lettres s s, mais renversées, près de son bord inférieur. On peut donc croire que l’artiste voulait les surmonter plus tard du mot gaivs, également en caractères renversés. Dans la figure, le vase est marqué de l’image de plusieurs yeux et d’ailleurs très semblable à celui décrit par Tôchon. Toutes ces circonstances fort curieuses, que nous ne manquerons pas d’exposer avec les détails nécessaires, si nos occupations nous permettent de revenir sur ce sujet, ont échappé à l’attention de M. Rever, quant à leur explication et à leur importance.
Passons maintenant aux inscriptions des quatre côtés de cette pierre.
i . L VARHELIODORÏ EVVODESADCICA 2. L VAR HELIODORÏ DIAMISYOSADASPR