‹ Cinq cent mille francs de renteChapitre 5 sur 10 · II · texte numérisé non relu

II

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Cédant alors à .d'affreux pressentiments, elle frappa de nouveau, violemment, convulsivement, à plusieurs reprises.

Saisie de terreur, cette malheureuse femme se prend à pleurer... elle crie... elle éclate en sanglots. Elle se rappelle qu'une petite porte du cabinet donne sur un escalier qui conduit au jardin : elle s'imagine que son mari a pu sortir par cette porte et prendre la fuite pour attenter plus sûrement à ses jours.

Dans ce moment suprême, par une soudaine inspiration, elle court à l'aventure dans des corridors obscurs qui devaient la conduire jusqu'à cette porte; elle trouve la clef dans la serrure ; elle ouvre.

Tout co bruit, tous ces efforts pour péné-

trer dans le cabinet, donnèrent à Pica>d le temps de cacher les deux lettres dans un tiroir; il saisit précipitamment ses armes pour les renfermer dans une caisse placée près de son bureau.

Constance entra tout effrayée; mais du moins son mari était là... elle le voyait... il vivait !

— Pourquoi donc ne m'avoir pas ouvert?

lui dit-elle d'une voix émue. Pourquoi celte porte, à laquelle j'ai tant frappé, est-elle fermée à double tour? Que fais-tu là?

— J'allais écrire.

-~ Mais tu as déjà écrit... Celle plume est

pleine d'encre ! Pourquoi ces portraits sontils sur ton bureau?

— Je les ai placés là depuis cette malheureuse crise... Ils me consolent; ils me font du bien I

— Mais , dit-elle , en montrant le dessus de la cheminée, ces portraits étaient encore là, à leur place, il n'y a pas plus d'une heure. Où est la lettre que tu as écrite? Serais-tu forcé de me la cacher ? Confierais-tu à une autre femme tes chagrins et tes secrets ?

— Constance, tu ne peux pas le croire... Regardant autour d'elle avec une impa-

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