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des moqueries, des quolibets contre ceux qui, étrangers à la pratique des primes, des reports, ne pouvaient que perdre et se ruiner infailliblement. Par malheur pour luî, cet habile professeur de procédure cOillissière n'a pas tardé à faire des contre-sens dans ses spéculations de Bourse, et il a fini par perdre sa double clientèle : aujourd'hui, il n'inspire pas plus de confiance comme financier que cortiiiie médecin. Il perd à la fin de chaque ttioi^, cdtiitlle joUëiir, lés honoraires qu'il ne touche plus comme praticien; il en est réduit à s'adresser des discours à lui-même sur ses fautes et sur Ses malheurs.
l.eë assiettes de dessert étaient nettôâ, les verres étaient vides, lorsque Picard, révolté ^8 lôlil Ce qii'iî élltendclit, voulut côngédiël*
le baron; Longucville, plus expansif, plus tendre que jamais, se jeta clans les bras de Picard :
— Allons! mon vieil ami, lui dit-il, du courage ! nous nous tirerons tous deux d'affaire ! nous nous reverrons bientôt, je l'espère... dès demain, si le comte de la Roserie s'est montré digne d'un ami tel que moi ; sinon, triste exilé sur la terre étrangère, je romprai quelquefois mon ban pour venir le demander entre dix et onze heures du soir le poulet froid et le Léoville de l'amitié.
Il n'épargna les poignées de main ni à son camarade de collège, ni aux deux jeunes gens. Dans la cour, tout en tirant à lui la porte cochère, il saluait encore ses amis :
son estomac plein et reconnaissant lui inspirait des adieux prolonge's et touchants.
Le baron acceptait sa situation, supportait ses revers, se résignait au déshonneur même, avec des sentiments bien différents de ceux de toute la famille Picard.
Le banquier vit avec effroi à quel abaissement, à quelle honte, pouvaient conduire la convoitise, le jeu, le malheur, quand on n'a plus ni pudeur, ni dignité, ni courage.
— Cette triste confession de Longueville, dit-il, est pour nous tous une dernière et saeglante leçon. Hélas! ce vieux débauché, cet esprit de travers , ne vous a pas tout appris sur la Bourse !
A la Bourse, mes enfants, les cris furieux, les clameurs féroces du jeu, — cantique infernal en l'honneur de l'argent, — étouffent la voix du cœur et de la conscience. A la Bourse, les sentiments les plus naturels, les plus nobles, l'amour de la famille, le dévouement au pays, disparaissent dans le gouffre de la convoitise et de la cupidité.
A la Bourse, on se félicite d'un désastre public qui sauve une liquidation de quinzaine; on se lamente d'un succès, d'une victoire nationale, d'une gloire nouvelle pour le drapeau de la France, si ce drapeau victorieux peut nuire à une liquidation de fin du mois.
À A la Bourse, rien qui ressemble à l'a-
mour de la patrie : l'amour de la patrie , c'est r enthousiasme de l' abnégation ; rien qui ressemble à l'amour de la gloire : l'amour de la gloire, c'est le mépris des richesr ses. A la Bourse, aucun principe élevé, aucune idée généreuse , aucun de ces grands sentiments qui font vivre les familles et les sociétés. A la Bourse , point de belles passions : il n'y a là que des haines, des envies et des appétits.
A la Bourse, le spéculateur qui par honnêteté sp montre prudent est souvent un homme perdu ; son honnête réserve est une affreuse chance dans son jeu ! mais, le premier venu, un incapable, — capable de tout, s'enrichira : il ose tout, et il réussit parce qu'il ne craint rien. Bien des drôles qui n'ont jamais rien su
faire font fortune ùla Bourse, Plus d'un joueur qui entre à la Bourse à l'état de bandit, en sortira à l'état de millionnaire et d'honnête homme 1 fortune et probité qui ne durent qu'un jour î
Dans notre société cathohque , la Bourse représenté l'Olympe des païens : les fau^ dieux sont ressuscites, — les dieux du vice et de la matière ! -r- Seulement, à la Bourse, ce n'est plus Jupiter qui gouverne le monde; c'est Mercure 1 et sous prétexte de commerce et d'industrie, c'est Mercure qui préside à la hausse et à la baisse, qui exploite les fausses nouvelles, les dépêches équivoques, les bruits sinistres ; c'est lui qui, par le plaisir brutal, par la galanterie grossière, par le sensualisme éhonté, par tout c(î qui
se paye et se livre au comptant, détruit chaque jour les douces intimités, la familiarité spirituelle des cœurs , le langage élevé des belles âmes, les grandes et charmantes choses de la passion d'autrefois.
La pluie de Danaé ne tombe plus de l'Olympe ; elle sort d'un égout qui charrie de l'argent.
Enfin, l'influence de la Bourse s'attaque aujourd'hui à toutes les professions libérales : elle tente, elle attire, elle corrompt les intelligences et les imaginations d'élite. On m'a montré, on m'a nommé, à la Bourse, des artistes,des écrivains, des poètes, qui dédaignaient leurs tableaux, leurs livres, leurs poëmes commencés, pour se mêler de près ou de loin à cette ignoble orgie de l'argent... 0 mes
enfants, que Dieu vous préserve du mal contagieux de la Bourse 1
Picard retourna près de sa femme, qu'il trouva plus tranquille, plus heureuse encore que lorsqu'il l'avait quittée.
La journée du lendemain devait être bien remplie : on attendait de bonne heure madame de Pommereuse et le comte de Rhétorière ; on devait connaître le testament du comte de la Roserie; on devait enfin prendre un parti au sujet des abus de confiance et des faux commis par Ledain.
Picard voulut encore que dès le lendemain une consultation eût lieu dans l'intéfêt de la santé de sa femme.
Il avait redemandé à Laurent la lettre adressée à Bernard. Il en écrivit une autre au docteur : il le priait de réunir au plus vite les princes de la science pour une consultation. Constance devait-elle vivre ou mourir ?
XVTI
Le Testament.
Dès le matin de la quatrième journée, Anatole remplaça M. de Rhétorière dans les bureaux et à la caisse.
Ce dernier, informé de l'heure de l'arrivée du général , se rendit à l'embarcadère du
chemin de fer de Rouen. Ils déjeunèrent ensemble ; l'oncle fut mis au courant par son neveu de toutes les péripéties récentes qu'avait eu à subir la maison Picard. Le fiancé de Blanche se répandit en éloges sur la probité, sur la délicatesse du banquier accusé si injustement.
Il n'apprit rien au général en lui parlant de toutes les qualités, de tous les trésors de vertu de madame Picard et de sa fille. Le comte n'avait-il pas été gagné, séduit par k simplicité et la grâce de ces deux charmantes personnes ?
Le général promit au jeune de Rhétorière d'oublier la mauvaise réception que lui avait faite Picard, et de ne se souvenir que du
bon acôlieil qu'il avait reçu de Constance et de Blanche.
Vers dix heures, madame de Pommereuse et Marie Durand étaient déjà près de madame Picard, lorsqu'on annonça le général comte de Rhétorière.
Il salua ces dames , un peu en paysan et en soldat; mais ses premières paroles n'exprimèrent que des sentiments affectueUît.
Regardant la marquise avec attention, avec étonnement :
— Je ne me trompe pas, s'écria-t-il , j'ai l'honneur de parler à madame de Pommereuse?
— Comment! vous me reconnaissez, général ?
— Ne VOUS ai -je pas fait ma cour plus d'une fois au bal de Madame , duchesse de Berry ?
Le général avait servi sous la Restauration .
— Parbleu ! vous vous distinguiez parmi les plus jolies femmes, répondit le comte de Rhétorière; on se disputait la faveur de danser avec vous ; vous faisiez alors tourner bien des têtes, marquise !
— Et vous , général , vous étiez un fort galant cavalier ; on vous estimait pour votre dévouement, pour vos brillants faits d'armes, pour votre bravoure ; on vous recherchait pour votre esprit et même pour votre sans façon!
— Il y a bien longtemps de tout cela ! madame la marquise.
— N'en parlons pas, général 1
Picard entra dans le salon , et le comte de Rhétorière lui tendit la main. Ces deux hommes de bien étaient faits pour se comprendre et pour s'aimer.
On entendit ouvrir et fermer des portes avec violence : Anatole accourait bruyamment près de son père, après s"être lait remplacer <à la caisse par M. de Rhétorière.
— Eh bien, mon père, lui dit-il, sans
prendre le temps de saluer,., dix heures
viennent de sonner, et depuis que la caisse II, 21
est ouverte , depuis plus d'une heure, il ne s'est présenté que deux personnes, et encore n'avaient-elles à toucher que de très-petites sommes. Je n'en doute pas, la panique a
cessé !
— Ce qui vaut «nieux pour nous tous, répondit Picard, devenu presque indifférent à l'endroit de ses affaires, c'est que votre mère a passé une très-honne nuit I
— Oui , mon cher Anatole, dit Constance, je me trouve à merveille, et je suis trèsheureuse de la bonne nouvelle que tu viens nous annoncer.
La marquise , qui avait fait sa propre inquiétude de toutes les inquiétudes de cette
famille, ne se contentait pas des bonnes nouvelles de la journée ; elle voyait plus loin : elle rappela la perfide visite de Ledain.
— Il faut , dit-elle , quoi qu'il arrive , — la panique eût-elle cessé, — se mettre en mesure de tout payer, de payer tout le monde , et je puis vous en donner les moyens.
On prêta l'oreille aux paroles de la marquise avec autant de curiosité que de reconnaissance.
— Dès sept heures du matin, dit madame de Pommereuse, j'étais chez mon notaire, je lui demandais ses conseils et son assistance. Il me rendit bien joyeuse en me rappelant le nom, l'immense fortune , et l'obli-
$ii CINQ CENT MILLE FR\NCS
geance d'un de mes vieux amis, comte de Bérulh, que vous avez dû voir très-souvent à la cour, général, et surtout chez Madame, duchesse de Berry. C'est un singulier homme... je vais vous dire son histoire.
La marquise aimait à conter.
— Son père laissa en mourant un capital de vingt-cinq millions, que ses trois fils eurent à se partager. Deux moururent; le comte de Bérulh, qui vit encore, fut leur seul héritier. Ce richard n'eut pas la folle ambition d'accroître sa fortune : il s'imposa seulement la tâche difficile de la conserver. Il administre sa santé, sa vie, avec la même habileté, avec la même prudence qu'il met à gouverner ses millions.
11 a près de quatre - vingts ans , et il se porte à ravir.
Il est garçon.
Depuis des années , il s'est donné pour compagne une femme de qualité, séparée à l'amiable de son mari. Elle jouit d'une fortune qui est bien à elle. Deux ou trois fois, peut-être, dans sa vie, le comte s'est permis des fantaisies un peu chères ! deux ou trois fois il a donné son cœur et dix à douze mille francs de rente à quelque charmante drôlesse de la Comédie-Française; des caprices de vieillard, voilà toutes ses folies de jeunesse !
'* Tenant à se garer de tout embarras.
de toute affaire , de toute mauvaise chance, de toute perte, M. de Bérulli ne possède pas une bicoque , pas une pierre de taille, pas un moellon; il ne possède pas le plus petit coin de terre où puisse pousser une fraise ou une violette.
Une cuisinière et un domestique, voilà toute sa maison.
En tablant au plus bas, on lui donne soixante millions ; son capital et ses revenus font la boule de neige. Cependant, simple et modeste, ce Crésus vit comme un petit bourgeois du Marais. Au Café anglais ou chez Vëry, dans ses jours d'extra, il de'pense à son dîner cinq ou six francs, et il va s'asseoir à l'orchestre des théâtres de mélo-
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drame comme s'il tenait boutique rueSaintr Denis.
Son portefeuille est une maison de banque : il remplace, en choisissant bien le moment, ses titres de rente, ses bons du Trésor, par du papier à trois signatures sur les premières maisons de Paris et de Londres, et il échange, quand il le faut, ce papier de premier crédit contre des titres de rentes ou contre des bons du Trésor. La plus grosse fortune du pays trouve ainsi le moyen de ne pas payer un sou d'impôt, tandis que nous autres, vous et moi, général, pauvres propriétaires, — l'impôt foncier, le décime de guerre, les centimes additionnels, que saisje... nous écrasent et nous ruinent. Mon ancien ami est toutefois spirituel, lettré ; il
traduit envers français lordByron ! C'est un galant homme. Je tiens de mon notaire qu'il prend souvent du papier à trois et quatre [)our cent, quand l'escompte de la Banque s'élève à cinq et à six.
Il a plusieurs neveux , et lorsqu'un d'eux se marie, il l'invite à dîner. Ce jour-là» l'oncle généreux ne manque jamais de glisser un million sous la serviette du neveu reconnaissant. Prudent jusqu'à la défiance, il est aussi malin que la grosse bête. Il ne se laisserait pas prendre par les plus vieux limiers. Il n'a jamais perdu qu'une somme de cinq cent mille francs, et encore était-il à l'avance bien sûr de la perdre. Il m'a luimême plus d'une fois raconté en riant l'histoire de ces cinq cent mille francs.
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Ce fut Ouvrard qui vint un jour les lui demander. Le comte de Bérulh le reçut assez mal ; Ouvrard s'aperçut même que sa démarche causait au comte une certaine impatience, une certaine irritation; il en prit son parti, et ne craignit pas de renouveler ses visites intéressées : plus il était mal reçu, plus il irritait M. de Bérulh, plus il espérait réussir. Les fureurs du comte étaient pour Ouvrard une certitude de succès. — Tenez, lui dit en effet de Bérulh à la cinquième visite, vous me rendriez malade, vous me rendriez fou, vous me feriez mourir...
j'aime encore mieux vous donner cinq cent mille francs.
Vous voyez que le comte de Bérulh lient encore plus à la vie qu'à l'argent.
En quittant ce matin mon notaire, je me suis fait conduire chez cet original, chez cette ancienne connaissance, je dirai même chez ce vieil ami qui, dans ses quatre-vingts ans, n'a d'autre infirmité que ses soixante millions.
— Mon cher comte, lui ai-je dit, pouvezvous me prêter beaucoup d'argent ?
— Qu'est-ce que vous appelez beaucoup d'argent, marquise?
— Deux ou trois millions.
— Donnez-moi de bonnes signatures ou des hypothèques : je serai trop heureux de vous rendre à l'instant ce petit service.
M. de Bérulh n'a que sa parole; ainsi.
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mes chers amis, voilà les trois millions dont vous aurez peut-être besoin ! Cet archimillionnaire prend hypothèque sur mes biens, sur votre terre de Ferment et sur votre hôtel , qui peuvent largement répondre d'une pareille somme.
— Mais , marquise , reprit le géne'ral de Rhétorière avec brusquerie, je suis de la famille et je veux faire mon cadeau de noces à mademoiselle Blanche que j'appellerai bientôt ma nièce. Pour être bien sûr d'avoir sous la main , quand nous le voudrons, les trois millions de M. de Bérulh, je veux qu'il prenne aussi hypothèque sur mes propriétés. Il ne risquera rien en prêtant trois millions sur des immeubles qui en valent plus de six. .
ïoule la famille Picard respirait , et ressentait au fond de lame les plus douces joies; elle se voyait entourée d'amis sincères, confiants et dévoués.
La prospérité, l'éclat des richesses n'avaient attiré près de ces braves gens que des intrigants ou des coquins ; dans l'adversité, leurs sentiments honnêtes, leurs vertus de famille leur valaient l'appui d'honorables personnes au cœur bien placé, nobles et généreuses.
Picard présenta son fils Anatole au général .
— Il est bien dommage, dit ce dernier, que M. Anatole n'ait pas choisi la cai-rière des armes; il aurait fait un brillant officier de cavalerie !
— Mon fils va se marier, répondit Picard; la vie de famille vaut bien la vie de garnison. Je vous présente sa fiancée, mademoiselle Marie Durand.
— Durand ? reprit le général... mais j'ai connu un Durand !
De sa voix sympathique et intelligente, Marie répliqua avec un gracieux sourire :
— Mais, moi-même, général, j'ai beaucoup entendu parler de vous dans mon enfance. Vous avez inspecté à Niort le régiment de mon père, en 1843.
— Je me le rappelle, fit le général ; Durand était chef d'escadron. C'était un bon militaire, brave officier... beau garçon; il
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doit au moins être colonel, maintenant?
— Il est mort colonel en Afrique , répondit Marie avec tristesse.
— Il serait sûrement arrivé, dit le comte, au grade de général, et en cas de guerre, il eût rendu de grands services au pays.
Monsieur Anatole , je vous fais mon compliment, vous épouserez la fille d'un brave homme. Mon neveu a eu, par Dieu ! raison de ne pas se faire soldat, et de préférer mademoiselle Blanche à la plus grosse épaulette ! — Les deux ménages auront de charmants enfants, et je serai au milieu d'eux , ajouta-t-il avec un certain attendrissement, comme un vieux chêne entouré de violettes et de roses.
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Le général avait été galant dans sa jeunesse, et il empruntait volontiers à l'agriculture , à l'horticulture , ses Ogures de rhétorique.
Laurent entra : il avait des lettres à la main; Laurent ne s'était jamais soumis au luxe et à l'étiquette du plateau d'argent.
— M. de Rhétorière, dit-il, me charge de remettre à Monsieur des lettres pressées qui lui sont personnelles.
Picard reconnut l'écriture du docteur Bernard ; il ouvrit cette lettre et avertit sa femme que la consultation aurait lieu à six heures.
— Mais, mon ami, répondit-elle en sou-
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riant , il me semble que je n'ai plus besoin de médecin ; le bonheur guérit!
— Voici deux autres lettres, dit Picard; l'une est de Ledain, l'autre du baron de Longue ville.
— Ne les ouvre pas ! s'écria Constance, nous n'avons plus rien à faire avec ces gens-là; il faut couper court à leurs visites et même à leur correspondance.
La lettre de Ledain fut jetée au feu ; mais Anatole prit celle du baron, et s'approchant d'une fenêtre, il la lut avec une curiosité, avec une émotion que chaque ligue , chaque mot semblaient accroître.
Cette lettre n'était qu'une enveloppe con-
tenant une pièce écrite ; la suscription seule était de la main du baron. Anatole lisait une copie, certifiée conforme, du testament du comte de la Roserie.
— Voici un document qui nous intéresse, dit Anatole ; c'est le testament de mon pauvre ami de collège...
Et il le lut à haute voix :
« Ceci est mon testament.
» Le marquis de Verneuil a eu rinsolencc de douter de mes titres de noblesse ; il a même osé parler de mon expulsion du club ; il a porté atteinte à mon honneur: un gentilhomme ne peut laisser une telle injure impunie.