‹ Cinq cents contes et apologues (volume 2)Chapitre 14 sur 59 · EN, UT PS · texte numérisé non relu

EN, UT PS

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Auparavant je nourrissais des doules ; — mes pensées n'alleignaient pas leur plénitude. — Depuis longtemps j'appelais de mes vœux un sage — qui pût m'expliquer ces questions douteuses.

Je m'efforçais de chercher le Tathâgata.—J'aperçus dans un lieu retiré et calme — des cramanas et des brahmanes — el je pensai que là était l'Honoré du monde.

Je me rendis donc auprès d'eux ; — je les adorat et leur demandai de leurs nouvelles ; — puis je leur posai la queslion suivante: — Comment pratique-t-on le chemin correct?

Or ces çramanas — ne surent pas m'expliquer ce qui était le chemin et ce qui n'était pas le chemin. — Maintenant j'ai vu l’Honoré du monde — et les filets de mes doules ont tous élé rompus.

Aujourd'hut il y a donc un Buddha, — l'Honoré du monde, le grand maître de la Roue, — celui qui détruit el qui soumel les haines de Mâra, — celui qui est le suprême vainqueur de tous les lourments.

L'Honoré du monde est apparu dans le monde ; — il est un être rare et nul ne l’égale ; — parmi tous les devas et les démons, — il n'est personne qui vaille le Buddha.

O Honoré du monde, puissé-je obtenir de devenir srotâpanna ; à Bhagavat, puissé-je obtenir de devenir srotâpanna. »

L'Honoré du monde lui répondit : «Très bien, très bien ; à Kiao-che-kia (Kaucika), si vous êtes sans négligence, vous obtiendrez d’être srotâäpanna. »

Le Buddha dit au souverain Cakra: « En quel endroit avez-vous acquis cette foi indestructible ? »

Gakra répondit: « C’est en ce lieu même, à côté de l’'Honoré du monde que je l'ai acquise. En outre, c’est ici que j'avais obtenu une longue vie de deva; mais je sou-

Kumäârajiva, sinon l’auteur lui-même Acvaghosa, ne correspond en fait à aucune de nos quatre recensions chinoises ni au Digha-nikâya pâli.

haitais l'intelligence complète. Telle est la chose que conserve ma mémoire (1). »

Le souverain Cakra dit: « O Honoré du monde, voici la pensée que je conçois: puissé-je naître parmi les

hommes, dans une condition haute et honorée, et ayant

toutes choses en abondance. Alors, dans cette situation, je renoncerai au monde et j'entrerai en religion ; je me dirigerai dans la voie de la sainteté ; sije parviensau nirvâna, ce sera pour le mieux; si je n’y parviens pas, puissé-je naitre parmi les devas de la résidence pure (çuddhàvâsa) (2). »

Alors le souverain Cakra, ayant réuni tous les devas, leur tint ce langage : « Aux trois moments de la journée, je faisais des offrandes au deva Brahma; mais, dorénavant, je cesserai d'agir ainsi, et, aux trois moments de la journée, je ferai des offrandes à l’'Honoré du monde. »

Puis le souverain Cakra dit au prince des Gandharvas Pañcacikha : « Présentement, vous m’avez rendu un bienfait très considérable, car vous avez pu éveiller le Buddha, l’Honoré du monde, et vous avez fait ainsi que j'ai pu le voir et entendre la Loi profonde. Je vais retourner en haut parmi les devas, et je vous donnerai pour épouse la sage Steou-li-p'o-lche-sseu (Sûryavarétasi), fille de Tchenfeou-leou (Tamburu), en outre, je vous chargerai de prendre la place de son père et d’être roi des Gandharvas. »

Alors le souverain Cakra, à la tête de tous les devas,

(1) La rédaction de Tp. est ici fort abrégée comme l’attestent les autres rédactions. En réalité, le Buddha demande à Çakra s'il a jamais éprouvé joie pareille à celle d'aujourd'hui. Çakra répond qu'il a autrefois, lors d'une bataille entre les devas et les asuras, souhaité la victoire des devas, et, comme les asuras ont effectivement été battus, il en a conçu une grande joie. Mais cette joie dont il a gardé‘ le souvenir n’est pas comparable à celle qu'il a éprouvée aujourd'hui, car elle ne comportait pas l'intelligence totale. :

(2) Les dieux cuddhâävâäsas formentla catégorie la plus élevée des mondes.

du Rüpabrahma (Brahma formel ;le pàli nomme à leur place les Akanisthas. (Fh. fi 2 5) qui sont la classe la plus haute des Çuddhävâsas.

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tourna par trois fois autour du Buddha et se retira pour partir. Quand il fut arrivé avec ses compagnons dans un endroit pur, tous prononcèrent par trois fois les mots : «Namo Buddhâya! » Puis ils retournèrent en haut parmiles devas. | |

Peu de temps après le départ du souverain Gakra, le roi des devas Brahma, concut cette pensée : « Le souverain Cakra est parti. Je me rendrai maintenant auprès du Buddha. » Dans le temps qu'il faut à un homme fort pour étendre le bras, il arriva près du Buddha; après avoir adoré les pieds du Buddha, il s’assit de côté ; l'éclat du deva Brahma ïlluminait toute la montagne P'i-Pi-hi (Vediyaka). Alors le deva Brahma prononca ces gâthäs :

Pour le bénéfice d'un grand nombre — il a fait se mani- [ester ces explications, — Catipati (1), — Maghavan (2) ; — les sages élant rangés au cercle autour de lui, — il a pu poser des questions, — Väsava (3).

Il répéta les mêmes questions qu'avait faites Le souverain Cakra, puis il retourna en haut parmi les devas.

Lorsque le matin fut venu, le Buddha dit aux bhiksus : «Le roi des devas, Brahma, est venu hier auprès de moi et a prononcé les gâthàs précitées, puis il est retourné en haut parmi les devas. » Quand le Buddha eut ainsi parlé, tous les bhiksus furent pleins de joie ; ils adorèrent les pieds du Buddha, puis se retirérent.

CAL DIN TO D er Ne)

Le Buddha, se trouvant à Râjagrha explique la Loi et assure ainsi le salut de Kaundinya, de Çakra Devendra et du roi Bimbisâra ; en même temps qu'eux, les quatre-vingt-quatre mille

(1) Ce nom d’Indra signifie « époux de Gaëi ». (2) Nom d'Indra.

(3) Nom d’Indra.

personnes qui composent la suite de chacun de ces trois personnages, obtiennent la sagesse. Pour expliquer ce merveilleux résultat, le Buddha raconte un avadâna : Autrefois de nombreux marchands s'étaient vus entourés par un serpent monstrueux qui ne leur laissait aucun moyen d'échapper. Pour les délivrer, un lion monte sur un éléphant blanc et attaque le serpent dont il brise le crâne ; mais le lion et l'éléphant meurent tous deux pour avoir été atleints par l’haleine empoisonnée du serpent. Avant de mourir, le lion souhaite devenir Buddha pour sauver tous les hommes ; les marchands à leur tour souhaitent d’être ceux qui assisteront à la première assemblée tenue par ce Buddha futur. Le lion, c’est le Buddha ; l'éléphant blanc, c’est Çàriputra ; les chefs des marchands ne sont autres que Kaundinya, Cakra Devendra et le roi Bimbisâra ; les marchands sont les devas et les hommes qui ont présentement obtenu la sagesse,

CERIDE XIN AO De 270)

Le Buddha se trouvait dans le jardin des Çâkyas ; il y avait alors dans la ville de Tch'ü-l’eou (char-tête) un homme de la race des Çâkyas, nommé Tch'a-mo, qui avait une fois absolue dans les trois Refuges et dans les quatre vérités saintes ; comme il souffrait d'une maladie des yeux, il invoqua, pour être guéri, l’'Honoré du monde. Celui-ci prononça en sa faveur le sûtra de la vue nette ({sing yen sieou to lo, cuddhanetra sûtra?) et chargea Ânanda de se servir de la formule magique contenue dans ce sûtra pour rendre nette la vue de Tch'a-mo. Par la suite, dans tous les cas de maladie d’yeux, on n'eut plus qu’à employer celte formule magique en remplaçant le nom de 7ch'a-mo par celui de la personne qu'on voulait guérir.

LREDSXIN 410 pe 28/1)

Discours du Buddha sur les sept libéralilés qui peuvent être pratiquées sans avoir à faire aucune dépense. La première est la

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