‹ Cinq cents contes et apologues (volume 2)Chapitre 18 sur 59 · LIT · texte numérisé non relu

LIT

Quand (le démon de la région déserte) eut entendu ces paroles, il prit aussitôt son refuge dans le Buddha et devint disciple du Buddha. Il prit avec sa main le jeune garçon (1) et le plaça dans le bol du Buddha; c’est pourquoi on donna à cetenfantle nom de X'ouang-ye-cheou (2). Peu à peu, le jeune garçon grandit; le Buddha lui ayant expliqué la Loi, il obtint la voie d’a-na-han (anâgamin).

Les bhiksus dirent : « Quand l’Honoré du monde apparait ici-bas, c’est un événement fort rare. Ce démon si méchant de la région déserte, le Buddha a pu le soumettre et en faire un yeou-p'o-sai (upäsaka). »

Le Buddha dit : « Ce n’est pas seulement aujourd’hui que de tels faits se sont passés ; il en a été de même autrefois (3) : entre le royaume de Æia-che (Kâcçi) et le royaume de Pi-fi-hi (Videha), il y avait une vaste région déserte où demeurait un méchant démon nommé Cha-lch'a-lou (Sadaru ?) qui interceptait la route, en sorte que personne ne pouvait passer. Or, il y eut un marchand nommé Cheiseu (Simha) qui, à la tête de cinq cents marchands, voulut prendre ce chemin. Les autres avaient peur et n'osaient passer; le chef des marchands leur dit: « N'ayez aucune crainte; tenez-vous seulement derrière moi.» Alors il s’avança et alla à l'endroit où était le démon ; il lui dit : « N’avez-vous pas entendu mon nom ? » Le démon répondit : « J'ai entendu votre nom. » (Le marchand reprit :) « Je suis venu dans l'intention de combattre contre vous. » Le démon répliqua : « Que pouvez-vous faire contre moi ? » Alorsle marchand prit son arc etses flèches ettira sur le démon ; il lança cinq cents flèches, mais toutes entrèrent dans le ventre du démon ; son arc, son glaive et ses armes entrèrent toutes aussi dans le ventre

(1) Le jeune garçon qui avait été livré à l’ogre pour qu'il le dévorât.

(2) En. Huser a retrouvé la forme pâli de ce nom qui est Hatthâlavaka B'ERE O5 voE-VE D 18;/n°2)

(3) Cf. Ie conte n° 89,t. I, pp. 347-351.

du démon ; il s’avança pour combattre à coups de poing; mais son poing (gauche) disparut dans le corps du démon ; de même, quand il frappa de la main droite, sa main droite resta prise; quand il lança un coup de son pied droit, son pied droit resta pris; quand il lança un coup de son pied gauche, son pied gauche resta pris; enfin il frappa de sa tête et sa tête aussi resta prise. Le démon prononça alors cette gâthà :

Vos mains, vos pieds el même votre lêle — sont tous reslés adhérents à mon corps ; — que vous reste-t-il qui ne soit pas adhérent à moi?

Le chef des marchands répondit par ces gâthas :

Maintenant mes mains, mes pieds el même ma lêle, — loules mes richesses el mes armes (sont adhérents à vous) ; — il ne me reste que mon énergie pour le bien (vtrya) qui ne soit pas adhérente à vous ; — tant que celle énergie ne se lassera pas, — le combat que je vous livre ne cessera pas ; — maintenant, mon énergie n'est point lassée — el jamais je n'aurai peur de vous.

Le démon répondit alors : « En considération de vous, je laisserai libres les cinq cents marchands. »

Celui qui en ce temps était Che-iseu (Simha), c’est moi-même; celui qui en ce temps était Cha-lch'a-lou {Sadaru), c'est le démon de la région déserte.

(Trip., XIV, 10, p. 35 r°-v°.)

Le conseiller du roi Bimbisära se plaît aux enseignements dn Buddha et cesse d’avoir de fréquents rapports sexuels avec sa femme. Celle-ci, dans son irritation, projette de faire périr Île Buddha ; elle l'invite donc et lui offre de la nourriture empoisonnée. Le Buddha sait que la nourriture est empoisonnée ; il la mange cependant en déclarant qu'il ne peut en éprouver aucun mal, puisqu'il est capable de détruire les trois autres poisons bien

autrement violents qui sont l'avidité, la colère et l'égarement. Le conseiller et sa femme conçoivent alors une foi sincère ; le Buddha leur explique la Loi et ils deviennent srotâpannas, — Il en a élé de même autrefois (1) : dans le royaume de Käçi, il y avait un sage ministre nommé Pi f'ou-hi (Vidhura); un roidragon nommé Ming-siang entend ses enseignements el espace ses rapports sexuels avec sa femme. Celle-ci souhaite avoir le cœur de Pi-Fou-hi pour l'offrir en sacrifice au feu, et son sang pour le boire. Un yaksa entreprend de lui donner satisfaction ; il se déguise en marchand de perles et offre au roi de Kâci de jouer une perle qui fait se réaliser les désirs contre un enjeu dont le conseiller Pi-Pou-hi sera la partie essentielle. Le yaksa gagne etemmène Pi-fou-hi; mais Pi-Fou-hi lui fait observer que son cœur et son sang sont identiques à ceux d’un autre homme quelconque et n’ont de valeur que par la sagesse et la bonne doctrine qu'ils renferment ; 1l convertit le yaksa ainsi que le roi-drason et la femme de ce dernier.

(Trip :XIV40; p:939#°.)

Le Buddha ayant triomphé à Crâvasti des six maîtres héréliques, cinq cents Nirgranthas désespérés projettent de se faire périr par le feu afin d'aller promptement dans une autre vie. Mais le Buddha empêche le feu de prendre au bûcher qu'ils ont préparé. Le Buddha étant entré dans le samädhi de feu, les Nirgranthas croient trouver la fournaise dont ils ont besoin et s'y précipitent ; mais ils ne rencontrent que fraîcheur au milieu des flammes et, mis en présence du Buddha, ils se convertissent ; le Buddha leur dit: « Soyez les bienvenus, à bhiksus » ; aussitôt leur barbe et leur chevelure tombent et le vêtement religieux

couvre leur corps ; ils deviennent arhats. — Il en a été de même

autrefois (2): cinq cents marchands avaient été sur mer pour recueillir des joyaux; ils en surchargent leur bateau; leur chef nommé Pi-chü-k'ie (Viçäkha) les exhorte à en abandonner une

(1) Ce qui suit est un abrégé du Vidhurapandita jâtaka (Jätaka, n° 545).

(2, On ne voit guère le rapport entre ce qui va suivre et le récit qui précède,

parlie ; mais, voyant que ses avis ne sont pas écoutés, il jette tous les joyaux qui lui appartiennent dans la mer afin de sauver les marchands ; le bateau se perd ; cependant un dieu de la mer, touché de la conduite de Pi-chô-k'ie, a recueilli les joyaux jetés par-dessus bord et les lui rend quand il aborde sur le rivage. Pichô-k'ie en fait des largesses et entre en religion; les autres marchands suivent son exemple.

CPP, XIV, 10: D, 30 7°.)

Le roi de Pan-tchô-lo (Pañcâla) a fait présent de cinq cents oïes sauvages blanches au roi Prasenajit ; celui-ci les envoie au Jetavana vihâra ; les oies entendent le Buddha expliquer la Loi en émettant un seul son et toutes crient à l'unisson ; puis elles s’envolent et vont daps un autre lieu où un chasseur les prend avec son filet ; au moment où elles vont périr, l’une d'elles émet le cri semblable au son de l'explication de la Loi et toutes crient à l'unisson; grâce à ce bon sentiment, elles naissent parmi les devas Trayastrimças. Dans celte nouvelle existence, elles redescendent auprès du Buddha entendent expliquer la loi et deviennent srotâpannas. Autrefois elles avaient été, au temps du Buddha Kâcyapa, cinq cents femmes qui avaient accepté d'observer les défenses ; mais, parce qu'elles violèrent cet engagement, elles tombèrent dans cette condition d'animal; d’autre part, parce qu'elles avaient reçu les défenses, elles purent rencontrer le Tathâgata, entendre la Loi et obtenir la voie.

(Prop CIN 10 p.400 vs)

Devadatta lance contre le Buddha un éléphant ivre ; les cinq cents arhats s’enfuient en volant dans les airs ; seul Ânanda reste auprès du Buddha ; celui-ci n’a d'ailleurs qu'à étendre la main droite pour faire apparaître cinq cents lions qui frappent de terreur l'éléphant et l'empêchent de nuire. — Il en à été de même autrefois : dans le royaume de Käci, il y avait cinq cents oies

sauvages ; leur roi se nommait Lai-lch'a (Râsira) ; son ministre se nommail Sou-mo (Soma). Le roi des oies est pris par un chasseur ; les cinq cents oies s'enfuient aussitôt en volant ; seul Sou-mo reste auprès de lui. Sou-mo propose au chasseur de le prendre au lieu du roi des oies ; le chasseur refuse et apporte le roi des oïes au roi Fan-mo-yao (Brahmayus). Le roi des oies émerveille le roi des hommes par ses discours sur l'impermanence, la décadence, la maladie et la mort ; quant à Sou-mo, il refuse avec modestie de prendre part à l'entretien, et se montre par là aussi sage qu’il avait élé dévoué.

(Trip., XIV, 10, pp. 36 v°-38 r°.)

Kia-lchan-yen (K âtyâyana) explique au roi Ngo-cheng (Canda) ses huil rêves.

Autrefois le Ngo-cheng (Can da, surnom de Pradyota, roi d'Ujjayini) tenait une conduite perverse et cruelle ; il n'avait aucun sentiment de compassion; leshérésiesétaient alors florissantes. Or le Tathâgata grand Compatissant (Mahâäkaruna) envoya ses disciples en tous lieux pour convertir les divers royaumes. Æia-tchan-yen (Kâtyâyana) était issu de la caste des brahmanes du royaume du roi Vgocheng ; c’est donc lui que le Buddha chargea de retourner dans ce royaume pour en convertir le roi ainsi que tous les habitants. ;

Quand le vénérable Xia-tchan-yen eut recu les instructons du Buddha, il retourna dans son pays d’origine; en ce temps, le roi Vgo-cheng n'avait pas vu ce qui est droit et vrai et il favorisait les doctrines hérétiques ; c'était une règle constante pour lui de ne voir personne au commencement de la matinée et d'aller d’abord se prosterner de-

vant le sacrifice offert aux devas. Cependant Æia-lchanyen, qui se proposait d'ouvrir l'esprit du roi Ngo-cheng et de le convertir, se leva de très bon matin ; il se transforma en une autre personne et prit l'apparence d'un messager venu de loin; il était beau de visage et parvint à franchir la porte du roi. Quand il se trouva en présence du roi, il reprit sa forme primitive et redevint çramana. -Or le roi avait voué une haine toute particulière aux religieux tondus ; grandement irrité, il lui dit donc : « Maintenant votre mort est certaine. » Aussitôt il chargea des gens de se saisir de Xia-lchan-yen dans l'intention de .le faire périr. Æia-lchan-yen dit au roi : « Quelle faute ai-je commise pour qu’on me fasse périr ? » Le roi répondit : « Homme à tête rasée, votre vue porte malheur et c’est pourquoi je veux vous mettre à mort. » Le vénérable Kia-tchan-yen répliqua aussitôt : « S’ily a maintenant quelqu’un à qui cela ait porté malheur, c’est assurément moi et non vous, Ô roi. En éffet, quoique vous m'ayez vu, vous n’en avez pas éprouvé le moindre dommage, tandis que moi, pour avoir été vu par vous, vous voulez que je sois mis à mort. Si on raisonne sur ces faits, on dira que celui à qui cela porte malheur, c’est bien moi. » Le roi était intelligent de nature; quand il eut entendu ces paroles, il en accepta le sens et fit relâcher Æia-lchan-yen. Il n'avait plus de mauvais sentiments à son égard.

Il chargea secrètement deux hommes de le suivre par derrière pour voir où il s’arréterait et ce qu'il boirait et mangerait. Ces deux hommes virent que Kia-lchan-yen s’asseyait sous un arbre et qu’il mangeait la nourriture qu’il avait mendiée; lorsqu'il eut mangé, il partagea ce qui restait entre ces deux hommes, et, quant aux menus débris, il les jeta dans le fleuve. Ces deux émissaires étant revenus, le roi les interrogea sur l'endroit où il s'était arrêté et sur ce qu’il avait bu et mangé; ils lui rapportèrent exactement ce qu'ils avaient vu.

A quelques jours de là, le roi invita le vénérable Xiatchan-yen et lui donna une nourriture grossière, puis il envoya des gens lui demander si la nourriture qu’il venait de manger lui avait agréé. Le vénérable répondit : « Cette nourriture a une force qui est pleinement suffisante. » Un autre jour le roi lui donna de la nourriture exquise, de goût parfait, puis il envoya des gens lui demander si elle iui avait agréé. X1a-tchan-yen répondit : « Cette nourriture a une force qui est pleinement suffisante. » Le roi alors demanda au vénérable : « Lorsque je vous envoie de la nourriture, qu’elle soit grossière ou qu'elle soit exquise, comment se fait-il que vous déclariez qu’elle est pleinement suffisante ? » Le vénérable Xia-lchan-yen répondit au roi : « La bouche de l’homme est comparable à un fourneau qui sera chauffé aussi bien avec du santal qu'avec du fumier ; de même la bouche de l’homme, que la nourriture qu'on y met soit grossière ou soit exquise, sera rassasiée à sa mesure. » Puis il prononca cette gâthà :

Ce corps est comme un char — qui ne choisit pas entre le bon et le mauvais ; — l'huile parfumée et la graisse malodorante — réussissent également à en faire tourner facilement les roues.

Quand le roi eut entendu ces paroles, il reconnut bien la grande vertu (de ÆXia-lchan-yen). Puis il donna aux brahmanes de la nourriture grossière et de la nourriture exquise. Quand les brahmanes reçurent d’abord la nourriture grossière, ils en conçurent tous de la colère et prononçèrent avec courroux des propos injurieux. Quand ensuite on leur donna de la nourriture exquise, ils furent joyeux et se répandirent en louanges. Lorsque le roi vit que les brahmanes étaient contents ou irrités suivant la nourriture qu'ils recevaient, il redoubla de confiance et d'estime à l'égard de Kia-tchan-yen.

Or voici ce qui arriva au vénérable : une jeune fille hors caste(tandâli, se trouvaitdemeurer dans un village de brah-

manes en dehors de la ville ; elle avait de fort beaux cheveux ; quand le moment de la retraite d’été fut arrivé, elle éprouva le désir de faire des offrandes; elle coupa donc ses cheveux pour les vendre et obtint ainsi cinq cents pièces d’or qui lui permirent d'inviter X1a-lchan-yen pour lui faire des offrandes pendant la retraite d’été. Lorsque la retraite fut terminée, le vénérable Æïa-lchan-yen retourna dans la ville.

En cetemps, dans le palais du roi Vgo-cheng ilarriva qu'il y eut un faisan mort qui était tout semblable au faisan dont se nourrit un roi Cakravartin ; le roi Vgo-cheng voulait le manger ; cependant un ministre prudent lui dit: «Il ne faut pas que vous mangiez immédiatement ce faisan, car il importe que vous fassiez au préalable quelques essais avec lui. » Le roi suivit ce conseil et chargea un homme de couper un petit morceau du faisan pour le donner à un chien ; quand le chien eut reçut ce morceau de viande, il se plut avec tant d’avidité au goût de cette chair qu'il en avala sa langue et mourut. On coupa encore un petit morceau de viande pour en faire un essai en le donnant à un homme ; quand l’homme eut mangé cette chair, il en apprécia si fort la saveur qu'il en vint à dévorer sa propre main et mourut. Ayant vu cela, le roi en conçut une grande crainte ; il entendit dire que cette viande ne pourrait être mangée que par un saint roi cakravatin ou par un homme -possédant une connaissance sans défaut et ayant obtenu la sagesse parfaite ; il chargea donc un de ses gens d'apprêter habilement de cette excellente nourriture et de lapporter au vénérable Æia-lchan-yen. Quand celui-ci eut mangé cet aliment, son corps se trouva en excellente santé. Le lendemain, le roi envoya quelqu'un observer comment il se portait; cet émissaire constata que Âta-lchan-yen avait l’air calme et heureux, et qu'il paraissait deux fois plus prospère qu'auparavant. Quand le roi en fut informé,ilen conçut une estime toute particulière pour Xta-lchan-yen à

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l'égard de qui il redoubla de respect tandis qu’il traitait avec dédain les brahmanes hérétiques.

Le roi demanda à Xia-tchan-yen : « O vénérable, quelest le lieu où vous avez passé la retraite cet été et d'où vous venez en ce moment? » Le vénérable lui raconta en détail comment la jeune fille hors caste (tandâli) avait vendu sa chevelure et en avait employé le prix à entretenir l'assemblée des religieux. Quand le roi eut entendu ce récit, il prononça ces paroles : « De toutes les femmes de mon harem, celles qui ont les plus beaux cheveux ne les vendraient pas plus que quelques pièces de cuivre. Or vous dites que les cheveux de cette femme valaient cinq cents pièces d’or; c’est donc que ses cheveux étaient d’une beauté extraordinaire ; son visage doit certainement être merveilleux. » Il s’informa alors des noms du père et de la mère de la jeune fille, puis il envoya un émissaire se rendre auprès d'elle pour voir lui-même comment elle était; sa beauté était en effet surprenante, ainsi qu’il l'avait supposé; le roi chargea alors ses émissaires d'offrir des présents de fiançailles à la jeune fille pour qu’elle devint son épouse; mais les parents de celle-ci exigèrent de grande richesses, des villes et des villages. Le roise dit: « Si j'accorde à ces gens ce qu'ils demandent, quand la jeune fille viendra, tout cela m'appartiendra encore. » Il donna donc tout ce qu'on voulait et prit la jeune fille pour femme. Le jour où il alla

à sa rencontre, le royaume entier se livra à

des réjouissances et tous les habitants proclamaient que l'événement était très heureux. Le lendemain, le roi publia une amnistie générale et donna à safemme le nom de Che-p'o-kiucha (Givakoçà ?); il fut très heureux avec elle et lui témoigna beaucoup d’égards. Par la suite, elle enfanta un prince-héritier dont le nom fut X’1ao-p'o-lo (Gopala). Cependant le roi, tandis qu'il reposait dans sa couche, eut huit rêves : le premier était que sur sa tête il y avait un feu allumé ; le second, que deux serpents s’enroulaient

autour de sa ceinture ; le troisième, qu'un réseau de fines mailles de fer enserrait son corps; le quatrième, que deux poissons rouges avalaient ses deux pieds; le‘cinquième, que quatre grues blanches venaient en volant vers lui; le sixième, qu’il marchait dans une boue de sang en enfonçant jusqu'aux aisselles ; le septième, qu'il était monté sur une grand montagne blanche; le huitième, qu'un héron dévorait sa tête. Quand il se fut réveillé, il pensa que ces rêves étaient de mauvais présage et il fut pénétré de chagrin et d'inquiétude. Il alla donc demander leur avis aux brahmanes. Ceux-ci, qui étaient depuis longtemps aigris | contre le roi et qui étaient jaloux du vénérable, profitèrent |

ÉREU ER =:

des songes que leur avait racontés le roi pour lui dire : « O grand roi, cela est de mauvais augure ; si vous ne détournez pas le mal sur d’autres êtres sur lesquels 1l s'épuisera, il vous atteindra vous-même. » Quand le roi eut entendu ces paroles, il crut qu’elles étaient véridiques et son chagrin redoubla ; il demanda donc : « Si on transfère le mal sur d’autres êtres de manière à ce qu'il s'épuise sur eux, quels devront être ces autres êtres ? » Les brahmanes répondirent : « Les êtres auxquels il faudra avoir recours sont ceux que vous estimez et aimez le plus; si nous vous les nommons, vous ne pourrez certainement pas suivre notre avis » Le roi répliqua : « Ces rêves étaient très funestes ; ma seule crainte estque de grandes calamités ne m'atteignent; en dehors de moi-même, il n’est personne à qui je tienne. Veuillez donc medire de qui je devrai me servir. » Les brahmanes, voyant son insistance, reconnurent que ses sentiments étaient à leur paroxysme ; ils dirent alors au roi. « Voici les êtres dont il faudra vous servir ; vos rêves étant au nombre de huit, il sera nécessaire de recourir à huit sortes d'êtres pour pouvoir détourner sur eux les calamités; en premier lieu vous tuerez la femme que vous chérissez, Che-p'o-kiu-cha ; en second lieu vous tuerez le prince-héritier que vous

aimez, K'iao-p'o-lo(Gopala) ; entroisième lieu, vous tuerez votre principal ministre qui est votre soutien et votre conseiller ; en quatrième lieu, vous tuerez votre ministre en second ; en cinquième lieu, vous tuerez votre éléphant qui peut parcourir trois mille li en un jour; en sixième lieu, vous tuerez votre chameau qui peut parcourir trois mille /: en un jour; en septième lieu, vous tuerez votre excellent cheval ; en huitième lieu, vous tuerez le chauve Kia-lchan-yen (1). Dans sept jours, quand vous aurez mis à mort ces huit sortes d'êtres, vous rassemblerez tout leur sang et vous marcherez dedans; ainsi vous pourrez anéantir les calamités. » Quand le roi eut entendu ces paroles, il donna son assentiment parce qu'il tenait fort à sa propre vie.

Revenu dans son palais, il s’abandonna à sa douleur et à sa tristesse. Sa femme lui ayant demandé quelle en était la cause, le roi lui exposa tout ce que nous avons dit plus haut au sujet des huit rêves néfastes et de ce que les brahmanes avaient déclaré nécessaire pour détourner sur d’autres le mauvais effet de ces rêves. À ce récit, son

épouse lui dit : « Si on peutfaire ainsi que votre personne, :

à roi, reste sauve, il n’y a pas lieu de se chagriner ; comment l’humble personne de votre servante vaudrait-elle la peine qu’on en parle? » Elle dit ensuite au roi : « Dans sept jours, je reviendrai pour mourir. Mais, permettez-moi, pendant les six jours précédents de me rendre auprès du vénérable ÆXia-lchan-yen pour y observer le jeûne et y écouter la Loi. — Cela ne se peut pas, répondit le roi; si vous allez vers lui, vous lui direz peut-être ce qui en est, et, quand il sera informé, il pourrait m'abandonner en s’en allant au loin. » Cependant, comme son épouse le priait avec instances, le roi ne put pas lui refuser ce qu’elle demandait et il l’'autorisa à partir.

(1) Par erreur, le texte écrit ici Xia-l'chan-Fan au lieu de Xia-lchan-yen.

ET I D RS 9 PT PRE ES de DA GPO

TSA PAO TSANG KIxG (N° 411) 109

Quand l'épouse du roi fut arrivée auprès du vénérable, ellese prosterna devant lui et lui demanda de ses nouvelles. Quand trois jours se furent écoulés, le vénérable lui demanda avec surprise : « L’épouse du roi n’est jamais aupa-

ravant venue ici pour y passer deux nuits de suite. Pour-

quoi maintenant agit-elle autrement que d'habitude ? » La femme lui raconta toute l’histoire des rêves néfastes du roi, puis elle ajouta : « Au bout de sept jours, il faudra qu'on nous tue afin de détourner sur nous les calamités ; il ne me reste que peu de temps à vivre ; c’est pourquoi je suis veaue écouter la Loi. » Quand elle eut exposé au vénérable quels avaient été Les rêves du roi, le vénérable X1a-tchanyen lui dit : « Ces rêves sont de fort bon présage; il faut s’en réjouir et ne point y voir un sujet d’affliction. Le feu qui brûle sur la tête, c’est le présage que le royaume du souverain des joyaux viendra apporter en tribut au roi une couronne céleste du prix de cent mille onces d’or. Voilà exactement ce que signifie ce songe. » La femme était inquiète, car le délai de sept jours allait être accompli ; elle serait alors mise à mort par le roi et craignait que le messager porteur de la couronne n'arrivât trop tard ; elle demanda donc au vénérable quand celui-ci arriverait.

« Aujourd’hui même, lui répondit-il, entre trois et cinq heures de l’après-midi, ilarrivera certainement. Les deux serpents qui s’enroulent autour de la ceinture, c’est le présage que le roi du royaume des Yue-lche offrira deux épées d’une valeur de cent mille onces d’or ; au coucher du soleil (son ambassadeur) arrivera. Le réseau de fines mailles de fer qui entoure le corps, c’est le présage que le roi du royaume de Ta-ls'in offrira des pendeloques de perles d’une valeur de cent mille onces d’or ; demain, au point du jour, (son ambassadeur) arrivera. Les poissons rouges qui avalent les pieds, c’est le présage que le roi du royaume de Che-tseu (Simhala — Ceylan) offrira des souliers précieux en p'i-lieou-li (vaidürya) d’une valeur de cent mille onces

d’or ; demain, à l’heure du repas, (son ambassadeur) arrivera. Les quatres grues blanches qui viennent, c’est le présage que le roi du royaume de Pa-k'i offrira un char précieux en or ; demain, au milieu du jour, (son ambassadeur) arrivera. Le fait de marcher dans une boue de sang, c’est le présage que le roi du royaume de Ngan-si (Parthie) offrira un (vêtement) k’in-p'o (-lo) (kambala) en poils de cerf d’une valeur de cent mille onces d’or ; demain, au moment où le soleil commence à descendre, (son ambassadeur) arrivera. Le fait d'être monté sur une grande montagne blanche, c'estle présage que le roi du royaume de X’ouang-ye (Âtavi) offrira un grand éléphant ; demain, entre trois et cinq heures de l'après-midi, (son ambassadeur) arrivera. Le héron qui dévore la tête du roi, c'est le présage que le roi aura demain une affaire d'ordre privé avec vous, son épouse ; c'est là une chose que vous connaîtrez demain. »

Tout se passa comme l'avait dit le vénérable, et, aux moments qu'il avait fixés, les offrandes des divers royaumes arrivèrent toutes. Le roi en fut extrêmement joyeux.

L'épouse Che-p'o-kiu-cha, qui avait déjà une couronne céleste, mit par-dessus celle-ci la couronne céleste qu'avait offerte le royaume du souverain des joyaux; par manière de jeu, le roi enleva la seconde couronne que portait l'épouse Che-p'o-kiu-cha et la posa sur la tête de l’épouse Xin-mun(àla chevelure d’or —Suvarna keçà). L’épouse Che-p'o-kiu-cha s’en irrita et dit : « Naguère, quand il y avait un malheur imminent, c'était moi qui devais être la première à le subir. Maintenant, quand vous avez obtenu cette couronne céleste, vous la posez sur la tête d'une autre ! » Elle prit alors un bol de lait et le jeta à la tête du roi ; la tête du roi en fut toute inondée. Très irrité, le roi tira son épée pour en frapper son épouse ; celle-ci, craignant le roi, s'enfuit dans son appartement et en ferma la porte en sorte que le roi ne put aller plus avant. Mais alors

le roi revint à résipiscence. Le vénérable lui expliqua son rêve en lui disant : « Quand j'ai parlé d’une affaire d'ordre privé, c'était précisément celle-ci. »

Le roi, en compagnie de son épouse, vint ensuite auprès du vénérable Æia-lchan-yen et lui exposa tout ce qui s'était passé : il avait ajouté foi à des paroles contraires à la Loi, perverses et fausses, et il avait été près de tenir une conduite très méchante à l’égard du vénérable, à l'égard de sa propre épouse, de ses principaux ministres et de tous les êtres qu’il aimait ; maintenant, il avait eu le privilège que le vénérable lui avait expliqué la vraie doctrine et avait dissipé son aveuglement ; il avait donc pu voir la sagesse correcte et s'éloigner des mauvaises pratiques. Il pria alors le vénérable de recevoir ses offrandes, puis il chassa les brahmanes et les éloigna de son territoire.

Il demanda ensuite au vénérable pour quelle cause tous ces royaumes lui avaient offert ce que chacun d’eux avait de plus précieux. Le vénérable lui répondit : « Autrefois, il y a de cela quatre-vingt onze kalpas, il y avait un Buddha nommé P'i-p'o-che (Vipaçyin). Au temps où le Buddha apparut dans le monde, il y avait un royaume nommé Pan-leou : le prince héritier, fils du roi de ce royaume, se plaisait avec foi à faire des progrès dans l'excellence ; il se rendit auprès de ce Buddha, lui fit des offrandes et l’adora ; puis il prit la couronne céleste qu’il portait sur sa tête, son épée, ses pendeloques, son grand éléphant, son char précieux et son vétement k’in-p'o-lo (kambala) et il offrit tout cela au Buddha. Grâce à cette action fortunée, de naissance en naissance il fut élevé en dignité ettous les objets précieux qu’il pouvait désirer venaient à lui sans qu’il eût à les demander ».— Quand le roi eut entendu ces paroles, il conçut une vénérationet une foi profonde à l'égard de l'endroit où étaient les trois Joyaux. Il témoigna son adoration, puis retourna dans son palais.

(Trip, XIV, 10, p: 98 F6

Le roi Ngo-cheng (Canda) aperçoit dans une salle d'un de ses parcs un chat d’or qui traverse la chambre en allant de l’angle nord-est à l'angle sud-ouest ; il fait creuser le sol et trouve une cruche de bronze de la contenance de trente boisseaux pleine de monnaie d’or ; puis il exhume deux autres cruches semblables à côté de la première ; il continue ses recherches et, sur un espace de cinq Li, il découvre des cruches analogues par groupes de trois. Le vénérable X7a-tchan-yen (Kâtyâyana)lui donne l'explication du prodige : dans une existence antérieure le roi était un pauvre homme qui donna à un bhiksu les trois pièces de monnaie qu'il avait gagnées en vendant du bois mort, et qui retourna dans sa demeure éloignée de cinq li, se réjouissant à chaque pas de la bonne action qu'il venait de faire.

(rap XENS 10 D 20-v":)

Le roi Ngo-cheng (Canda), se trouvant dans la ville de Yu-chanyen (Ujjayini), cinq cents chars portant des bols précieux pleins de grains de céréales en or arrivent à la porte de la ville ; chaque bol est scellé avec une bande portant la suscription : « Ce bol est donné au roi Ngo-cheng. » Le vénérable X1a-tchan-yen (Kâtyàyana) donne la raison de ce miracle : dans une naissance antérieure, le roi était un potier; or un Pratyeka Buddha cassa son bol et vint en demander un autre au potier ; celui-ci en prit cinq qu'il remplit d'eau et les lui donna avec joie. C’est la récompense de celte bonne action que reçoit aujourd'hui le roi. Les bols précieux ne se sont pas d’ailleurs produits d'eux-mêmes; ils viennent du palais du nâga dans le fleuve Gange ; autrefois en effet, l'oncle du roi Lo-mo(Râma),était un brahmane quitenaitune conduite pure; le roi Lo-m lui ayant fait don d’un bol précieux plein de nourriture, ce brahmane mangea à sa suffisance, puis abandonna le bol dans le Gange,; le nâga aveugle qui était dans le fleuve recueillit ce bol, le remplit de grains de céréales en or et le plaça

dans son palais ; avec le temps, ce bol se multiplia jusqu’à faire la charge de cinq cents chars ; à la mort du nâga aveugle qui ne laissait pas de fils, Cakra Devendra résolut de se servir des bols précieux tombés en deshérence pour récompenser le roi VNgocheng de sa bonne action d'autrefois,

CÉRID RANCE D 68")

Histoire de celui qui priait le deva P'i-mo dans l'espérance d'oblenir un grand bonheur.

Autrefois, un frère aîné et son frère cadet étaient de pauvres gens : le frère aîné passait constamment ses jours et ses nuits à adorer avec une ardeur extrême et à implorer le deva P’i-mo fé (Bhima ?) dans l'espérance d'obtenir de grandes richesses. Cependant, il envoyait son frère cadet labourer les champs, semer et planter. Quand il eut ainsi passé beaucoup de temps à faire ses demandes, le deva P'i-mo prit un jour la forme du frère cadet et vint se placer à côté du frère aîné; celui-ci lui dit avec irritation : « Pourquoi n'êtes-vous pas occupé à défricher et à planter et que venez-vous faire ici ? » Son frère cadet lui répondit : « Mon frère aîné, vous passez vos jours et vos nuits à faire des prières dans le temple du deva et vous espérez ainsi obtenir de grandes richesses. Moi, votre frère cadet, je veux aujourd’hui vous imiter; en observant le jeûne et les austérités et en formant des vœux, j'espère obtenir de grandes richesses. » Le frère ainé répliqua : « Si vous ne labourez pas les champs et si vous ne déposez pas des semences,comment pourrons-nous obtenir les biens néces-

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saires et l’abondance ? » Le frère cadet répondit : « C’est donc bien à cause des semailles que nous obtiendrons cela ? » Le frère aîné ne sut que répondre. Alors P’i-mo reprit sa forme divine et lui dit: « L'aide que peut vous donner ma puissance, c'est précisément aujourd’hui que je vous la donne : c'est en pratiquant la libéralité qu’ensuite on peut être riche. Dans vos existences antérieures vous n’avez pas pratiqué la libéralité et c’est ce qui vous a rendu pauvre ; maintenant, quand bien même vous m'imploreriez jour et nuit, comment pourriez-vous obtenir l’opulence et les richesses ? Pour prendre une comparaison, supposez qu'il y ait un arbre an-p’o-lo (âmra) et qu’on soit en hiver; quand bien même on rendrait un culte à des centaines ou à des milliers d’êtres divins en les priant de donner des fruits (de cet arbre), ces fruits ne pourraient être obtenus. Ainsi en est-il maintenant de vous : autrefois vous n'avez pas accompli des actes causatifs, et c'est pourquoi, quand vous vous adressez à moi pour implorer de moi de grandes richesses, vous ne les obtiendrez pas. C’est quand l’époque de la maturité est venue qu’on obtient les fruits sans avoir même à les demander. » Puis il prononça cette

gâtha :

Les acles anciens qui produisent le bonheur sont comme la

malurilé pour les fruits ; — ce n’est pas par des sacrifices

aux dieux qu'on oblient le bonheur. — C’est en montant sur

le char de l'observation des défenses — que les hommes peuvent plus tard aller en haut parmi les devas. — La fixilé el la connaissance sont comme l'extinction d'une lampe ; — elles permettent d'arriver au non-composé.— Toutes choses sont oblenues comme des conséquences des actes qu’on à commis ; — à quoi sert d'implorer les devas ?

(Trip., XIV, 10, p. 88 v°.)

Hisioure de la mère des démons qui avail perdu son fils.

La mère des fils-démons était la femme du vieux (1) roi des démons Pan-chü-kia (Pâñéika) (2) ; elle avait dix mille fils qui tous étaient doués de la force de grands athlètes (malla). Le plus jeune s'appelait Pin-k'ia-lo (Piñngala). Cette mère des tils-démons était méchante et cruelle ; elle tuait les enfants des hommes pour s’en repaître. La population, qui en était désolée, leva les yeux vers l'Honoré du monde et se plaignit à lui. L’Honoré du monde prit alors le fils Prin-k'ia-lo (Piñgala) et le plaça au fond de son bol (pâtra). La mère des fils-démons parcourut le monde entier et, pendant sept jours, rechercha (Pingala) sans le trouver. Elle se livrait à l’affliction et à la désolation lorsqu'elle apprit que des gens disaient: « On raconte que le Buddha, l'Honoré du monde, est omniscient. » Elle se rendit donc auprès du Buddha et lui demanda où se trouvait son fils. Le Buddha lui répondit alors : « Vous avez dix mille fils. Pour en avoir perdu un seul, comment se fait-il que vous soyez désolée et affligée et que vous le recherchiez ? Dans ce monde les hommes ont, les uns un seul fils, les autres trois ou cinq fils; et cependant vous les faites périr. » La mère des fils-démons dit au Buddha : « Si maintenant je pouvais retrouver Pin-k’ia-lo (Piñngala), je ne tuerais plus jamais les fils des hommes de ce monde, » Alors le Bud-

(1) Le mot Æ « vieux » ne figure que dans l'édition de Corée.

(2) Dans le Divyävadäna (p. 447), Pàñcika apparait avec le titre de Yaksasenâpati « général des Yaksas ».

dha fit voir à la mère des fils-démons Pin-k’ia-lo (Piñgala) qui était au fond du bol (pâtra): Elle épuisa toutes ses forces surnaturelles sans parvenir à le prendre. Elle revint implorer le Buddha. Le Buddha lui dit: « Si aujourd’hui vous pouvez accepter (les formules des) trois Refuges(triçarana) et des cinq Défenses (pancaveramani), et si jusqu’à la fin de votre vie vous ne tuez plus, je vous rendrai votre fils. » La mère des fils-démons acquiesça aussitôt à l'ordre du Buddha et accepta (la formule des) trois Refuges ainsi que celle des cinq Défenses ; quand elle les eut acceptées pour les observer, son fils lui fut rendu. Le Buddha lui dit: « Observez bien les défenses. Vous avez été au temps du Buddha Æia-chà (Käçyapa) la septième et la plus jeune fille du roi Xie-ki (1) ; vous avez accompli des actions grandement méritoires ; mais, parce que vous n'avez pas observé les défenses, vous avez reçu ce corps de démon. »

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