NET
(Pris NN A0 ED 09)
Histoire de celui qui voulait présider aux sacrifices offerts à un deva.
Autrefois il y avait un brahmane qui rendait un culte au deva Mo-che (Mahecvara) ; jour et nuit, il lui faisait des offrandes. Le deva lui demanda alors : « Que désirez-vous obtenir ? — Je souhaite maintenant, répondit le brahmane, devenir celui qui préside aux sacrifices de ce deva. » Le deva lui dit: « Il y a là-bas un troupeau de bœufs ; allez in-
(1) #à JL. Seule, l'édition de Corée donne par erreur la leçon #8 JA.
terroger celui d'entre eux qui marche en avant. » Le brahmane fit ce que lui disait le deva et alla demander à ce bœuf : « Étes-vous présentement dans une situation pénible ou heureuse ? » Le bœuf lui répondit: « J’endure des peines extrêmes ; (l’aiguillon) me perce incessamment les deux côtés; le bois de chauffage (qu’on me fait porter) déchire mon échine qui est à vif; on m'’attelle pour tirer des chars pesamment chargés et je “n'ai jamais de repos. » Le brahmane lui demanda encore: « Pour quelle cause avez-vous reçu ce corps de bœuf ? » Le bœuf répondit: « J'étais celui qui préside aux sacrifices de ce deva ; à mon gré et avec une application extrême, j'immolais les victimes offertes au sacrifice de ce deva. Quand ma vie eut prit fin, je devins un bœuf et j'endurai tous ces tourments. » Quand le brahmane eut entendu ces paroles, il revint auprès du deva. Celui-ci lui demanda: « Désirezvous maintenant présider aux sacrifices ? » Le brahmane répondit : « Puisque j'ai vu ce qui était arrivé, en vérité je n’oserais pas remplir cet office. » Le deva reprit: « C'est par leurs actions bonnes ou mauvaises que les hommes obtiennent des rétributions appropriées. » Le brahmane se repentit de ses fautes et se mit à pratiquer toutes sortes d'actions excellentes.
NL
(PripeSXINS AUD. 0071)
Histoire de celui qui sacrifiail au dieu d'un arbre.
Autrefois il y avait un vieil homme dont la famille possédait de grandes richesses. Or, ce vieil homme souhaita avoir de la viande à manger, et eut recours alors au stra-
tagème suivant : il désigna à ses fils un arbre qui était à l'extrémité d’un champ et leur dit: « Si notre patrimoine a pu augmenter régulièrement, c’est grâce aux bienfaits dont nous a comblés le dieu de cet arbre. Il vous faut maintenant prendre dans vos troupeaux un mouton pour le lui sacrifier. » Alors les fils, obéissant à l’ordre de leur père, tuèrent un mouton qu'ils offrirent à cet arbre avec des actions de grâces; puis ils installèrent au pied de l'arbre un sanctuaire du dieu.
Par la suite, le père mourut de vieillesse ; par l'effet de ses actes antérieurs,il revint naître parmi les moutons de sa propre famille. Or, il advintque ses fils voulurent sacrifier au dieu de l’arbre ; ils prirent donc un mouton et leur choix tomba précisément sur celui qui avait été leur père. Alors, le mouton dans ses bélements, dit en riant : « Quelle divinité peut-il bien y avoir dans cet arbre que voici? Autrefois, parce que je souhaitais avoir de la viande, je vous ai engagé par tromperie à lui sacrifier et alors, en votre compagnie, j'ai mangé de cette chair; maintenant l’expiauon de ce crime m'atteint moi seul le premier. »
Sur ces entrefaites, un arhat survint pour mendier sa nourriture ; il s’aperçut que le père défunt avait reçu ce. corps de mouton; alors il prêta aux propriétaires (des moutons) sa vue surnaturelle et les engagea à observer par eux-mêmes (1); aussitôt ils reconnurent que c'était leur père (qu'ils allaient immoler) ; ils en concurent du déplaisir etabattirent aussitôt l'arbre et son dieu ; ils se repentirent de leurs fautes et pratiquèrent des actes producteurs de bonheur; ils ne tuèrent plus désormais aucun être vivant.
(1) Le mouton parle en bélant, et c’est pourquoi il n'est pas compris de ses fils. Il faut la venue de l'arhat pour que les fils reconnaissent que ce moutonn'est autre que leur père défunt.
CLP AIN A0, p:99 7°)
Histoire de la femme qui, lasse des désirs sensuels, entra en religion.
Autrefois il y avait une femme d’une beauté merveilleuse qui entra en religion dans une secte hérétique pour pratiquer la sagesse. Les gens de ce temps lui demandèrent: « Quand on a un visage comme le vôtre, on doit rester dans la vie séculière ; pourquoi entrer en religion ? » Cette femme répondit: « En ce qui me concerne, si maintenant j'entre en religion, ce n’est pas parce que je ne suis plus belle, mais c’est parce que, depuis peu, j'ai en horreur les désirs pervers et débauchés. Lorsque j'étais encore dans ma famille, je fus, à cause de ma grande beauté, mariée fort jeune et je mis au monde de bonne heure un fils ; ce fils devint grand ; ilétait d’une beauté sans égale ; mais je vins à m'apercevoir qu'il maigrissait et dépérissait comme s’il eût été malade ; je demandai donc à mon fils de quel mal il souffrait ; il refusa de me le dire ; cependant, comme je ne cessais pas de l’interroger, il ne put plus se contenir et me déclara : « Si je ne vous l’avoue pas, il est à craindre que ma vie ne prenne fin; si je vous l’avoue, je serai couvert de confusion. » Il me dit alors: « Je désire vous posséder, ma mère, pour satisfaire ma passion ; c'est parce que je ne vous possède pas que je suis malade. » Je lui répondis : « Jamais il n’y a eu chose pareille! » Mais ensuite je songeai que, si je n’accédais pas à son désir, mon fils peut-être pourrait mourir et qu'il valait mieux manquer à mon devoir pour sauver sa vie. Je l’appelai donc
dans l'intention d'accéder à son désir ; mais au moment où mon fils allait monter sur le lit, la terre se fendit et mon fils fut précipité tout vivant (dans le gouffre). Prise de terreur je voulus le retenir avec la main, mais je ne pus saisir que ses cheveux; or, maintenant, ces cheveux de mon fils, je les ai encore dans mon sein. Profondément émue par cette aventure, j'entre donc en religion. »
Norr,
(rip XIV:40; p-39N°7)
Histoire du fils qui ful cruellement puni de son manque de piélé filiale.
Antrefois, dans le royaume de Æ1a-mo, dans le village de Xteou-lo-chan (Kutasanda ), il y avait une vieille mère qui n'avait qu'un seul fils. Ce fils était désobéissant et ne pratiquait ni la bonté ni la piété filiale; une fois qu'il était irrité contre sa mère, il leva la main sur elle et la frappa d'un coup. Ce jour-là même, étant sorti, il rencontra des brigands qui lui coupèrent un bras. Son manquement à la piété filiale reçut donc une rétribution immédiate. Felles furent ses souffrances, et, plus tard, dans les enfers, il subit des tourments dont on ne saurait faire le compte.