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royaume ? les villages et les bourgs qui s’y trouvent, peuton les connaître bien ? Si c’est pour vous-même (que vous demandez à être nourri), cela est conforme aux désirs du roi divin; si c'est seulement pour vous, ce que vous demanderez vous l’obtiendrez facilement. » (Le brahmane dit) : « Je désire voir le grand roi ; c’est pourquoi je suis venu demander à le voir. » Telle fut la seule réponse qu'il fit aux demandes que lui adressait l'officier de la porte.
Le roi dit: « Qu'on l’admette en ma présence. » Le brahmane entra donc ; le roi lui demanda : « De la part de qui venez-vous en ambassadeur ? » Le brahmane répondit : « Je vous demande de ne point craindre ; si vous. m'y autorisez, je vous révélerai le nom du roi dont je suis l'ambassadeur. » Le roi lui déclara: « Dites tout; j'ai absolument banni toute crainte. » Le roi lui demanda encore : « De qui êtes-vous l’ambassadeur? » Le brahmane annonça : « O grand roi, puisque vous désirez le savoir, je viens en ambassadeur du ventre. » Il prononca alors ces gâthäâs : (1)
Celui pour le profit de qui tout le monde travaille — et affronte même de cruels brigands, — c'est le ventre dont je suis l'ambassadeur ; — 6 souverain du royaume, je désire que vous me témoigniez de l'indulgence.
Qui est le plus honoré et le plus puissant ? — qui est le premier de tous? — C'est le ventre dont je suis véritablement l'ambassadeur. — O grand roi, ne me faites pas de reproches.
Tous les Buddhas et les Pralyekas Buddhas, — les çravakas et les saints disciples — abandonnent leur lieu de relraile — et entrent dans les villes et les bourgs pour mendier.
Quand il est dans le dénuement et qu'il n'a plus aucun
(1) Les stances qui suivent sont très obscures et seraient inintelligibles si on ne se reportlait pas au texte original du jâtaka.
appui — loul être vivant endurera des lourments dans son corps. — Maintenant, je suis l'ambassadeur du ventre ; — que le plus honoré deshommes me témoigne de l’indulgence.
Alors le roi eut compassion de lui et il répondit au brahmane par ces gâthàs :
O brahmane, je vous donnerai — mille vaches rousses — avec le taureau qui complète le troupeau; — comment pourrais-je ne pas avoir pitié d’un ambassadeur ?
A l'égard de tous les ambassadeurs, — je leur donne de quoi ne plus avoir faim ; — mais à vous, qui êtes l'ambassadeur de celui dont je pourrais être moi-même l'ambassadeur, — je donne davantage ; n'ayez aucune crainte.
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CFPID RENTE pe 12ve)
Autrefois, dans des temps fort lointains, il y avait dans un pays étranger un lieu solitaire où un éléphant femelle enfanta un petit; peu de temps après qu'il eut été mis bas, sa mère mourut.
Non loin de là, était la résidence d’un ermite ; cet ermite avait un prestige redoutable de premier ordre ; ses actions méritoires étaient au complet; sa volonté était pleine d'une grande compassion. Il aperçut le petit éléphant dont la mère était morte ; celui-ci pouvait à peine lever ses pieds; ilerrait de-ci et de-là et était incapable de chercher sa vie. L’ermite le prit avec lui et Pamena dans l'endroit où il demeurait; il lui donna de l’eau à boire et recueillit des fruits pour le nourrir.
Or, ce petit éléphant était bon et affable, sage et vertueux ; ses actions méritoires étaient remarquables ; il se plaisait aux choses justes et raisonnables; 1l espérait
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obtenir une existence calme et retirée, ne pas avoir de tourments et supprimer toutes les causes d'inquiétude. Tandis qu'il passait sa vie avec l’ermite, se couchant et allant dans les mêmes lieux que lui, son corps grandit et son pelage devint frais et luisant ; il prenait de l’eau à boire pour l’offrir à l’ermite ; il lui donnait de bons fruits dont il ne mangeait qu'après lui ; il était partout fort diligent et le servait sans jamais se relâcher. Cet ermite eut compassion de ce petit éléphant, et, voyant sa conduite vertueuse, il l’aima comme un fils : il ne se lassait pas de le contempler ; il l’admirait sans cesse. | Cependant Cakra, maître des devas, conçut alors cette pensée : « Maintenant cet ermite ne pense qu'à ce petit éléphant; il ne songe qu’à lui sans se lasser. Ne faut-il pas maintenant que je lui fasse au contraire ressentir de la tristesse ? » Alors Cakra, maître des devas, apparut (dans
ce monde) pour éprouver (l'ermite) ;
: en se transformant,
il fit que le petit éléphant (parüt être) mort subitement et
tombé à terre tandis que tout son sang se répandait.
Quand l’ermite vit que le petit éléphant était mort, il fut pénétré de douleur et ne put plus parler ; les re sillonnaient son visage ; il ne pouvait plus se délivrer (de son chagrin) ; d'autres ermites, ayant appris cela, vinrent lui adresser des remontrances et des exhortations mais ne purent dissiper son affliction ; il ne mangeait ni ne buvait plus.
Alors Cakra, maitre des devas, reprenant son propre corps, se tint debout dans les airs et, s adressant à l’ermite, prononça cette gâthà :
Vous avez déjà renoncé au monde, — et, arrivé ici, vous n'avez plus aucun parent. — La règle pour tous les ascèles — est que : s'affliger d'une mort n'est pas une chose bonne. — À supposer que, par la compassion el par les larmes, — on pl faire revenir un mort à la vie, — tous devraient se réunir pour se désoler ; — mais si les pleurs el les lamenta-
tions ne rendent pas la vie, — l'expérience en élant faite, que lous cessent (de s'affliger).— Vous, à l'égard de ce pelit éléphant, — vous avez eu des sentiments de compassion et de bienveillance — et vous n'avez pu vous empêcher de vous affliger; — que les morts se lamentent sur les morts — et ainsi ceux-ctauront qui les pleure ; — mais le sage ne conçcoit pas de chagrin ; — 6 ermile, doué d'intelligence comme vous l’êles, pourquoi pleurez-vous ?
Alors Cakra, souverain des devas, ayant fait en sorte que le chagrin qui pénétrait l’ermite prit fin, ordonna que le petit éléphant redevint vivant comme auparavant. L’ermite, à la vue du petit éléphant en vie, se mit à faire de grands sauts sans pouvoir maîtriser sa joie et n’eut plus aucun chagrin. Cakra, souverain des devas, chanta alors cette gâthà en s'adressant à l'ermite :
(J'ai agi ainsi) afin d'enlever votre tristesse — el le chagrin que vous aviez dans votre cœur ; — maintenant vous n’êles plus tourmenté — et j'ai dissipé votre chagrin. — Je ferai que les hommes soient affranchis de leurs tristesses — et de toutes leurs affections, — de même qu'aujourd'hui vous vous êles réjoui — en voyant le petit éléphant se lever délivré.
Puis Cakra, souverain des devas, chanta cette gâthà :
C'est parce que j'ai eu compassion de vous — que j'ai voulu dissiper tous vos chagrins ; — voilà pourquoi j'ai accompli ceci — en ajoutant une action dans ce monde de souillure et d'effort. — Le sage a bien compris le principe que voici: — l'affection produit les peines et les tourments ; — 1il observe donc son âme el son corps — et ne se permet pas de concevoir des émotions qui le bouleversent.
CIIENG KING (N° 432) 127
(Trip., XIV, 5, pp. 4A3r°-43 v°.)
Dans les générations passées, il y avait en un pays
étranger une vaste région solitaire ; en ce temps un roides
buffles y demeurait ; il y vaguait en mangeant des herbes et en buvant de l’eau des sources. Un jour, ce roi des buffles, avec toute une troupe de parents, eut à se rendre en quelque endroit ; il marchait seul en avant des autres; son aspect était fort beau; son prestige redoutable était très imposant ; sa vertu éminente était extraordinaire ; sa patience était harmonieuse ; sa démarche était paisible et bien ordonnée.
Un singe se trouvait au bord de la route ; il vit le roi des buffles accompagné de tous les siens ; il en conçut de la colère et fut jaloux de lui. Il prit aussitôt de la terre, des tuiles et des pierres et les jeta contre lui; il lui témoigna du mépris et lui adressa des outrages ; le buffle garda le silence et subit tout cela sans riposter.
Peu de temps après, il yeutun autre roi des buffles avec sa bande qui arriva à la suite du premier. Le singe le vit etrecommença à l’injurier et à le frapper à coups de mottes de terre, de tuiles et de pierres ; ce chef de la seconde troupe voyant que le premier roi des buffles avait gardé le silence sans riposter, imita sa patience ; son cœur fut affable et joyeux ; il continua sa marche tranquille et régulière et subit les outrages sans s’enirriter.
Peu après que ces buffles eurent passé, il y eut un tout jeune buffle qui arriva derrière eux, cherchant à rejoindre le troupeau; alors le singe le poursuivit en l’injuriant, l’outragea et le traita avec mépris; ce tout jeune buffle en
conçut de l’irritation et fut mécontent ; mais voyant que ceux de ses semblables qui le précédaient avaient été patients et ne s’élaient pas irrités, lui aussi s’étudia à les imiter ; il fut patient et doux.
Non loin de la route, dans un grand bouquet d'arbres, il y avait alors un dieu des arbres qui séjournait là. Voyant que tous les buffles, bien qu’accablés d’outrages, étaient patients et ne se fâchaient pas, il demanda au roi des buffles : « Comment se fait-il que, lorsque vous et les vôtres avez vu ce singe vous insulter d’une manière humiliante, vous lancer des mottes de terre, des tuiles et des pierres, vous ayez été patients contrairement (à toute attente) et que vous ayez gardé le silence sans répondre ? A quoi tend ce principe ? Quelle est votre intention ? » Illes interrogea encore par cette gâthà :
Vous et les vôtres, pour quelle raison — tolérez-vous ce singe insolent — qui dépasse toute mesure dans le mal? — vous regardez du même œil les souffrances el les joies ; — celui de vous qui est venu en dernier lieu s'est aussi montré bon et affable. — Dans tous vos actes, vous êtes calmes et bien ordonnés. — Sachant tous endurer avec patience (les injures), — ceux-là s’en vont les uns à la suile des autres. — Si cependant vos cornes avaient tout simplement frappé, — lout ce qui est debout aurait élé renversé. — Il témoigne quelque peur — celui qui garde le silence sans riposler.
Le buffle répondit en prononçant cette gâthà :
Si, pour une insulte ou une offense légère — nous ne manquions pas de faire pire encore à un autre, — celui-là se vengerail plus encore — et alors se produiraient de grands maux.
Peu après que tous ces buffles eurent passé, une grande troupe de brahmanes et une multitude d’ermites arrivèrent en suivant la route. Alors ce singe se mit encore à les injurier, à les outrager et à les traiter avec mépris, à ramasser de la terre, des tuiles et des pierres pour les leur
SL Cf, CUT eng
jeter. Ces brahmanes se saisirent aussitôt de lui et le tuèrent en le foulant aux pieds ; ainsi finit sa vie. Le dieu de l'arbre prononça derechef cette gâthà :
Les crimes ne s’effacent pas ; — quand le châtiment a atteint sa maturité, alors survient le malheur; — quand la mesure des faules est comble, — les calamités ne sont pas usées et détruiles.