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appel (à son peuple, disant) : « Siquelqu'un peut faire que cet ermite perde ses cinq pénétrations et devienne un de mes sujets ordinaires, je lui donnerai la moitié de mon royaume pour qu'il le gouverne. »
En ce temps, il y avait dans le royaume de Po-lo-nai
(Vârânasi) une courtisane nommée Chan-lo (Cântä), qui
était. belle et fort riche ; elle vint répondre à l'appel du roi. Cette courtisane dit : « Pour ce qui est de cet homme, je mè charge de le perdre. » Quand elle eut ainsi parlé, elle prit un plat d’or qu’elle remplit de beaux objets précieux et dit au roi : « Je viendrai à califourchon sur cet
-ermite. » La courtisane alors se procura cinq cents chars
dans lesquels, elle mit cinq cents belles femmes, et cinq cents chars tirés par des cerfs dans lesquels elle mit toutes sortes de pilules de joie (1) composées d’une multitude de plantes médicinales ; elle emporta aussi toutes sortes de bons vins très forts qui, par.la couleur et le goût, ressemblaient à de l’eau; (elle et ses compagnes) revêtirent des vêtements d’écorces d'arbres et cheminèrent à travers les arbres de la forêt, de manière à ressembler
à des ermites. Elles se firent à côté de la demeure de l’er-
mite des huttes de feuillages (parnaçala) et s’y installèrent.
L’ermite Unicorne (Ekacrnga), étant allé se promener, les vit; toutes ces femmes apportèrent de belles fleurs parfumées qu’elles offrirent à l’ermite; celui-ci en fut
joyeux; les femmes, avec de douces paroles et des expres-
sions respectueuses, s’informèrent de la santé de l’ermite ; elles l’introduisirent dans une chambre, l’assirent sur un bon lit moelleux, lui donnèrent du bon vin clair qu’elles disaient être de l’eau pure, et des pilules de joie qu’elles disaient être des fruits. Quand l’ermite eut mangé et bu à satiété, 1l dit aux femmes : « Depuis ma naissance, je
(1) Apparemment des aphrodisiaques.
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n'ai jamais trouvé fruits ni eau pareils à ceci. » Les femmes lui dirent : « Nous pratiquons le bien de tout notre cœur: c'est pourquoi le ciel exauce nos désirs et nous trouvons ces fruits et cette eau. » L’érmite de-
manda aux femmes : « D'où vient que la couleur de votre
peau est si luisante et si fraîche ? » Elles répondirent : « C’est parce que nous mangeons toujours de ces bons fruits et buvons de cette eau excellente. » L’ermite reprit: « Pourquoi ne vous installez-vous pas à demeure ici ? » Elles répondirent : « Nous pouvons bien demeurer ici. » Les femmes l’invitèrent à se baigner avec elles; les mains des femmes lui faisaient de légers attouchements et son cœur ému conçut des désirs luxurieux. Il perdit aussitôt ses pénétrations surnaturelles et le ciel fit tomber une grande pluie pendant sept jours et sept nuits. (La courusane) lui permit de se livrer aux plaisirs, de boire et de manger pendant sept jours.
Au bout de ce temps, le vin et les vivres furent entièrement épuisés et on leur substitua de l’eau de la montagne et des fruits des arbres; mais le goût n’en était point agréable et (l’ermite) réclama les aliments qu’on lui donnait auparavant. (La courtisane) répondit : « Il n'y en a plus ; allons maintenant en prendre ensemble ; non loin d'ici il y a un endroit où on peut en trouver. — Comme il vous plaira », dit l'ermite. Ils partirent donc ensemble ; non loin de la ville, la femme se coucha par terre en disant : « Je suis à bout de forces et ne puis plus marcher. » L’ermite lui répondit : « Si vous ne pouvez plus marcher, montez à califourchon sur mon cou, je vous porteral. »
La femme avait au préalable envoyé une lettre pour avertir le roi, disant : « O roi, sortez un instant, vous verrez ce que peut ma sagesse. » Le roi vit ce spectacle et demanda (à la courtisane) : « Comment y êtes-vous parvenue ? » Elle dit : « Par la force de mes artifices, il n’est
KING LU vi SIANG (N°5 453-454) 237
rien que je ne puisse encore faire. » (Le roi) ordonna que l’ermite demeurât dans la ville ; il lui fit des offrandes abondantes et le traita avec respect; il satisfit tous ses désirs ; il le nomma grand ministre.
uond - l’ermite eut‘ demeuré dans la ville pendant quelques jours, son corps s’amaigrit ; il songea à la fixité contemplative et fut las des désirs de ce monde. Le roi lui demanda pourquoi il n’était pas content, il répondit : « Quoique j'obtienne la satisfaction de mes cinq sortes de désirs, je songe toujours au séjour dans la forêt. » Le roi dit : « Mon but primitif était de mettre fin à la calamité de la sécheresse ; pourquoi ferais-je violence (à cet homme) en lui enlevant ce qu’il veut avoir. » Il le laissa donc partir. Quand l’ermite fut revenu dans la montagne, il se perfectionna et progressa et, avant qu'il fût longtemps, recouvra les cinq pénétrations. (Le Buddha dit) : « L’ermite Unicorne (Ekaçrnga), c’est moi-même’; la courtisane, c'est Ye-chou-l'o-lo (Yaçodharà). >
CErip ss KXRVE He pp: 19 rev)
Autrefois, il y avait un brahmane qui ne se plaisait pas aux occupations de ce monde ; il vivait caché dans les montagnes et méditait de tout son cœur sur la sagesse ; il entra alors dans une contemplation qui dura plus de trois cents années; la poussière et la terre couvraient son corps; les herbes et les arbres poussaient sur ses membres. Au pied de la montagne se trouvaient des brahmanes ayant femme et enfants, au nombre de plusieurs centaines de familles; tous, grands et petits, étaient allés un jour ensemble pour recueillir du bois de chauffage ; l’un d'eux monta sur un
arbre pour casser et prendre des branches mortes ; mais la racine de l'arbre se rattachait au front du brahmane; quand l'arbre fut ébranlé, cela réveilla le brahmane de sa contemplation et il sortit de terre; en apercevant celui qui recueillait du bois mort, il lui demanda qui il était; l'autre répondit qu’il était un brahmane; questionné au sujet des autres personnes, il répondit que c’étaient sa femme et ses enfants; le brahmane dit en riant : « Voici plus de trois cents années que je suis entré en contemplation et je n'oserais pas encore me déclarer un brahmane ; comment pourrait-on supporter que vous autres preniez le titre de brahmane ? »
(Frips XXX VI, HD; 19%)
Autrefois, à l'est de la ville de Chü-wer (Crâvasti), demeurait un brahmane qui était fort riche; son fils se maria en épousant la fille d’une famille où on servait le Buddha; cette femme se conformait aux cinq défenses et observait les six abstinences; elle se plaisait constamment à faire des libéralités aux cramanas et aux religieux; comme elle exhortait son mari à exercer la charité, celuici se convertit et vint informer de ses intentions son père et sa mère; mais ces derniers s'irritèrent fort en s’écriant qu'il voulait les ruiner.
La femme prit alors de l’argent et des tissus de soie et les remit à son mari; celui-ci les confia à la servante qui gardait la porte de l'appartement intérieur; cette servante les donna à l’esclave qui gardait la porte extérieure et ce dernier alla les porter dans un temple du Buddha;ilen fit une libéralité aux cramanas, brüla des parfums et alluma
‘des lampes. Le mari et sa femme prononcèrent ensemble ce vœu : « Si cette libéralité ne nous vaut aucun bonheur, ce sera fini; mais si elle doit nous procurer quelque bonheur, il faudra faire en sorte que les hommes du monde entier en soient tous témoins. » ’
En ce temps, la coutume était dans ce royaume que, au troisième jour du troisième mois, toute la population du pays se rendit sur la rivière pour y faire de la musique et pour se divertir; à ce moment donc, dans l’angle Sud-Est de l’espace, il y eut un personnage divin qui s’avança monté sur un cheval blanc et chevauchant à travers les airs; toute la foule levant la tête en haut et demandant qui était cette divinité, (ce personnage surnaturel), répondit : « Demandez-le à ceux qui viennent après moi. » Un moment après se produisit un palais fait des sept subtances précieuses; une femme belle comme le jade y était assise seule; quatre grandes divinités volaient en tenant avec leurs mains ce palais ; la multitude demanda derechef : « O vénérable, quelle action méritoire avez-vous
accomplie ? » La femme belle comme le jade répondit, elle
aussi : « Demandez-le à ceux qui viennent après moi. » Soudain apparut encore un palais précieux avec quatre colonnes; un homme céleste et une femme belle comme le jade y étaient assis ensemble; devant, derrière, à gauche et à droite, quatre bandes de musiciennes les escortaient ; douze divinités soutenaient ce palais; la foule demanda encore : « Quelle action méritoire avez-vous commise ? » Mais (l’homme et la femme) répondirent aussi : « Demandez-le à ceux qui viennent après nous. » Au bout d'un moment apparurent deux démons pi-li (preta) ; leur taille mesurait trente pieds ; ils étaient noirs, maigres et affreux ; ils souffraient de la faim et de la soif; l’intérieur de leur corps était dévoré par le feu; chacun d’eux tenait en main une grande massue dont ils s'’assénaient des coups l’un à l'autre. La foule les ayant interrogés, ils
répondirent : « O hommes, avez-vous entendu parler du brahmane très riche qui demeurait à l'Est de la ville de Chô-wei (Crâvasti)? Celui qui est monté sur un cheval blanc, c'est l’esclave qui gardait la porte extérieure; la femme belle comme le jade qui se trouve dans le petit palais, c’est la servante qui gardait la porte de l’appartement; les deux personnes qui sont dans le grand palais, c'est notre fils et la femme de notre fils. Quant aux deux démons que nous sommes, ils étaient le brahmane lui-même et sa femme ; dans leur existence antérieure ils avaient été stupides et insensés et n'avaient pas eu foi dans la vraie Loi; maintenant ils sont atteints par des calamités redoutables, mais ils n’ont plus le moyen d'y échapper ».
(Trip KKXXNILChEp::08v°;)
A-nan-pin-lch'e (Anâthapindada) demeurait au pied de la montagne Vi-lien; il était fort riche en objets précieux; les marchands venus de loin dans toutes les directions lui faisaient des emprunts; tous ceux qui allaient à lui pour mendierrecevaient ce qu’ils demandaient. Un jour, il y eut cinq cents marchands qui voyageaient sur la mer lorsque leur bateau se rompit; toutes leurs richesses furent englouties ; ceux d’entre eux qui périrent ne furent pas peu nombreux.
Quelques-uns, grâce à des planches, purent sauver leur vie et se rendirent tous chez A-nan-pin-ich'e; le maitre de la maison leur prépara à manger. Il alla puiser de l’eau dans le puits et en retira des caisses d'objets précieux sur chacune desquelles était inscrit le nom de famille et le. nom-personnel (d’un de ces marchands). Quand ceux-ci.
eurent fini de manger, ils s’abandonnèrent à la douleur et, comme le maître de la maison leur en demandait la cause, ils lui répondirent : « Nous étions cinq cents compagnons qui voguions ensemble sur la mer; notre bateau chavira et disparut; ceux d’entre nous qui moururent ne furent pas peu nombreux; en nous cramponnant à de petites planches, c’est à grand’peine que nous avons sauvé nos vies, mais nous avons perdu toutes nos richesses. Nous songions avec chagrin à nos compagnons lorsque nous vimes que les caisses d’objets précieux trouvées dans votre puits étaient sans doute les nôtres; nous ne savons comment cela s’est fait. »
- (A-nan-pin-lche) leur répondit : « Vous autres, quand vous êtes allés gagner votre vie en faisant le commerce, si vous aviez eu un cœur parfait, vous n'auriez rien perdu; cest seulement parce que vous n’aviez pas un cœur parfait que vous avez éprouvé des pertes. Pour moi, depuis des kalpas innombrables jusqu’à maintenant, je n'ai jamais cessé d’avoir un cœur parfait et il ne m'est point arrivé de tromper autrui ou de le dépouiller. {C'est pourquoi) tous les objets précieux qui ont été perdus accourent dans mon puits, Vous autres, prenez chacun les caisses sur lesquelles sont inscrits vos noms respectifs et allez-vous-en. »
Chips XX NI CD D::00r)
Autrefois 1l y avait un homme appelé AHien-lche qui avait trois fois pris part (aux assemblées du quatrième mois où on observe les) huit interdictions et qui avait entendu lire cette parole des livres saints : « Les yeux