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des devas ne clignent pas. » Il s’était récité (cette phrase) et ne l’avait point oubliée. Cependant, ce Hien-tche était fort habile à voler le bien d'autrui; (il le dérobait) sous les yeux des gens sans qu'il s’en aperçussent. Le roi du pays, ayant perdu une perle, convoqua ses ministres à une délibération. Les ministres répondirent : « Nous avons appris qu’un certain Âien-iche est fort capable d’avoir fait ce vol. » Le roi ordonna par décret qu’on le fit venir et qu'on lui fit subir un interrogatoire, dans l’espérance de retrouver (la perle) ; mais il déclara qu’il ne l'avait pas volée. |
Le roi, qui était sage, ne se serait pas permis de faire violence à un homme ; il convoqua donc encore ses ministres pour qu'ils délibérassent. Un de ces ministres proposa : « Il faut avoir recours à un stratagème pour obtenir qu'il avoue ; il faut le charger d’une cangue et de chaînes et le mener sur la place publique où on proclamera l’ordre de le mettre à mort; on lui donnera alors du vin jusqu’à ce qu’il soit ivre; puis on lui enlèvera ses chaînes; on le mettra au haut de la salle du palais; des chanteuses lui feront de la musique. Vous, à roi, vous ordonnerez à ces musiciennes, lorsque /ien-tche les interrogera dans son ivresse, de lui répondre : « C’est ici un palais de deva; nous sommes des devis qui sommes là pour vous servir. Dans votre vie antérieure vous avez volé la perle du roi et c'est pourquoi vous avez obtenu de naître ici. »
Le roi se conforma à ce plan. Après que Âien-iche eut entendu (la réponse des musiciennes), il se dit (1) en songeant silencieusement : « J'ai entendu cette parole des livres saints : «Les yeux des devas ne clignent pas ». Or ces femmes clignent toutes des yeux. En outre, pour avoir volé la perle, je devais aller dans les enfers. Ne serait-ce pas que le roi a fait une machination pour que j'avoue? »
(1) Au lieu de Æ, lisez +.
F RE RO OR © CS CN RER b L r 2
Alors il s’écria (à haute voix) : « C’est parce que je n'ai pas volé la perle que j'ai obtenu de naître dans la condition de deva! » Les musiciennes rapportèrent au roi ce qu'avait dit Âien-iche ; le roi en rit fort (et dit) : « Ce garnement n’a certainement pas volé ma perle.» Il le
relâcha donc et le laissa partir après lui avoir donné de l'or et des joyaux en abondance. En réalité, cet homme
avait volé la perle, mais, pour avoir récité une gâthà, il échappa au châtiment et reçut une récompense.
(Trips, XXX NID: 60 F2)
Autrefois, il y avait un homme qui travaillait dans un champ à repiquer des plantes ; il était déjà près. de midi et on ne lui avait pas encore apporté de chez lui à manger. Or un religieux qui avait perdu son chemin arriva dans ce champ et lui demanda le repas de midi. Le paysan répondit qu'il consentait à le lui donner, mais qu’il désirait humblement que son hôte attendit un peu, car le repas qu’on devait lui apporter de chez lui était en retard. Le religieux lui dit : « Puisque la nourriture n’est pas arrivée, je voudrais du moins me rafraîchir la bouche. » Le paysan détacha alors de sa ceinture un fruit de ho-li-le (haritaka = terminalia chebula) et le lui donna; le religieux l’accepta et le mangea ; en outre, le paysan lui fit don d’une pièce de monnaie. Le religieux lui dit : « Vos sentiments. ont su me toucher, mais je ne puis vous payer de retour; je désire vous imposer les cinq défenses ; êtes-vous capable de les recevoir ? » L'autre répondit : « Moi, votre disciple, je suis dans la vie laïque ; il me serait difficile
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d'observer l'ensemble des cinq défenses; je me bornerai à recevoir celle qui prescrit de ne pas tuer. »
Quand la vie de ce paysan eut prit fin, il alla naître dans la famille d’un roi; un jour la reine emmena cet enfant sur le bord de la rivière; elle se mit à chanter, à danser et à faire de la musique; comme elle s’était approchée de la rivière en tenant l’enfant dans ses bras, celui-ci lui échappa et tomba dans l’eau ; il fut avalé par un poisson et resta pendant sept jours dans son ventre sans souffrir de la faim ni de la soif; il descendit le courant du fleuve avec le poisson et parcourut ainsi plus de mille li; quand il fut arrivé dans le royaume d’aval, des gens prirent le poisson et le mirent en vente sur la place du marché. En ce temps, le souverain du royaume d’aval envoya des gens acheter du poisson; ils prirent celui-là, et, l'ayant rapporté à la ville se mirent en devoir de le couper avec un couteau. L'enfant, qui était dans le ventre, leur cria : « Faites bien doucement pour ne pas me blesser (1). » Alors on ouvrit le ventre du poisson et on aperçut un petit enfant d’une beauté sans égale; tout le royaume en fut Joyeux.
Cependant le souverain du royaume d’amont apprit ce qui était arrivé et dit : « Cet enfant est certainement mon fils. » Il envoya donc une lettre pour le réclamer. Le souverain du royaume d’aval répondit : « Puisque je lai trouvé dans le ventre d’un poisson; c’est le Ciel qui me l’a donné ; je ne veux pas vous le livrer. » Les deux souverains, pour vider leur différend, s’en remirent au grand roi; celui-ci rendit la sentence suivante : « Si le roi d’amont n'avait pas procréé ce fils et ne l’avait pas laissé tomber dans l’eau, comment le roi d’aval aurait-il pu le trouver ? Si, d'autre part le roi d’aval n’avait pas recueilli cet enfant, où le roi d’amont pourrait-il le réclamer ? Tous
(1) Cf. p. 229-230.
d. hi ‘à
deux ont ainsi de bonnes raisons. Il faut, Ô rois, que vous établissiez entre vos deux royaumes un palais où vous entretiendrez ensemble cet enfant dont le nom sera : « Le prince-héritier des deux royaumes.» Conformément à ces indications, on plaça donc l'enfant entre Les deux pays et on le traita en prince-héritier.
Le Buddha dit à ses disciples : « Autrefois il y avait un laboureur ; pour avoir fait don à un religieux d’un fruitet d'une pièce de monnaie, il obtint de devenir le princehéritier de deux royaumes.»
COPIDA RENE pr 617):
Lors d’une grande inondation qui soudainement submergeait tout, les êtres vivants s'étaient réfugiés sur une hauteur pour éviter Le péril; ils étaient de nouveau sur le point de périr, lorsqu'un phénix vint tout à coup à l’endroit où se tenait un sage ; en s’attachant à ses ailes, celui-ci put monter sur un lieu élevé où il fut à l'abri du danger de l'eau ; ceux qui ne s'étaient point encore éloignés, apercevant alors des cormorans, s'’appuyèrent sur leurs plumes; mais ce cormorans plongèrent aussitôt au plus profond des eaux et en un instant (ces hommes) périrent noyés.
CRD XKXVE h p61
Autrefois, il y avait un homme qui, en marchant dans la montagne, rencontra un démon mangeur d'hommes ; celui-
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ci le saisit et voulut le dévorer. Cet homme implora sa pitié etle pria de le laisser vivre encore un instant pour qu'il pût lui poser une question ; ensuite il ne regretterait pas d’être dévoré. Le démon, ayant confiance en lui et croyant qu'il avait réellement une chose à lui demander, accéda à son désir. L'autre interrogea le démon en lui disant : « Pourquoi votre visage est-il blanc, vos pieds, vos genoux et votre ventre blancs également, tandis que toutes les autres parties de votre corps sont noires ? » Le démon lui répondit : « Je suis un être ainsi fait que je redoute la clarté du soleil ; je puis aller en tournant le dos au soleil, mais non en me dirigeant vers le soleil. Voilà pourquoi je suis blanc d’un côté et noir de l’autre. » Cet homme s'enfuit aussitôt en se dirigeant vers le soleil ; le démon en fut réduit à de vains regrets et ne put le reprendre.