‹ Cinq cents contes et apologues (volume 2)Chapitre 36 sur 59 · NICE · texte numérisé non relu

NICE

(Trips, XXXNI, 4, -pr61ve)

Autrefois, il y avait un homme fort pauvre qui ne savait comment gagner sa vie ; il s'embarqua sur la mer, et, après avoir recueilli des richesses, revint chez lui. Il rencontra un de ses bons amis et lui dit : « J'étais naguère fort pauvre ; mais maintenant j'ai gagné ces biens qui me permettront d'agir à mon gré; si ma mère se conduit d'une manière qui ne me plaît pas, je quitterai la maison de ma mère et m'en irai ; si ma femmese conduit d’une manière qui ne me plait pas, je chercherai une autre épouse.» Son ami lui répondit: « Non loin d'ici, des gens de grande sagesse remplissent la ville; vous devriez aller auprès d'eux pour leur acheter la sagesse ; sans que cela vous coûte plus de mille onces d'or, ils vous enseigne-

KING LU Yi SIANG (N° 461-462) 247

ront les principes de la sagesse.» Notre homme suivit cet avis ; il entra dans un village où on servait le Buddha, et interrogea en détail quelqu'un qui lui répondit : « En cas de doute, avancez de sept pas, puis reculez de sept pas ; faites cela trois fois et alors la sagesse se produira.» Notre homme étant revenu de nuit chez lui, aperçut sa mère qui dormait en compagnie de sa femme ; il crut que c’était un homme étranger et tira son couteau pour le tuer; mais, préférant ne pas étre saisi par surprise, il alluma la flamme d’une grande lampe pour éclairer de loin ; puis il songea à la sagesse qu’il avait achetée Le matin même ; il avança et recula donc par trois fois suivant la recette qu’on. lui avait apprise ; sa mère alors se réveilla. Cet homme s’écria : « En vérité, c’est bien là la sagesse ; comment ne vaudrait-elle que mille onces d’or ? » Il fit donc de nouveau présent de trois mille onces d’or (à celui qui lui avait donné ce conseil.)

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