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à ceux qui discutent, nous craignons que ce ne soit pas là une conduite propre à assurer le calme du royaume et le salut de votre famille. Maintenant Mo-lo-lo a été vaincu dans la discussion ; il vous faut lui enlever son apanage et le donner à celui qui a triomphé de lui. S'il se présente ensuite un autre homme qui remporte à son tour la victoire, on lui donnera derechef ce même apanage. » Le roi suivit ce conseil et enleva à Mo-Fo-lo son apanage, pour le donner à l’homme qui était venu en dernier lieu.
Alors Mo-Fo-lo dit à T'i-chôü: « Vous êtes un homme intelligent ; je vous donne ma fille en mariage ; mon filslui sera adjoint. Quant à moi, je désire me retirer au loin dans un royaume étranger pour y poursuivre mes propres projets. » T'i-chô prit donc cette fille pour épouse.
Cette femme, étant devenue enceinte, vit en songe un homme qui, portant une cuirasse et un casque et tenant en main un foudre (vajra), broyait les montagnes ordinaires et se tenait debout à côté d’une haute montagne. Quand elle se réveilla, elle raconta à son mari le rêve qu’elle avait fait. T’i-chô Lui dit : « C’est le signe que vous engendrerez un fils qui écrasera tous les maîtres dans ’art de la discussion ; il n’y aura qu'un seul homme qu’il ne pourra pas vaincre etil deviendra son disciple. »
Pendant la durée de sa grossesse, Cho-li, à cause du fils qu’elle portait en elle, devint elle-même intélligente et fut fort habile à discuter. Chaque fois que son frère cadet Xiuhi-lo (Kosthila) discutait avecelle, il sortait vaincu du débat; il se dit : « Le fils que ma sœur porte en elle est assurément d’une haute intelligence ; s’il se montre tel avant même d’être né, que sera-ce quand il aura été mis au monde?» Alors Xiu-hi-lo abandonna sa famille, se livra à l'étude et se rendit dans l'Inde du Sud ; il ne se coupa plus les ongles des mains avant d’avoir lu les dix-huit sortes de livres sacrés et d’en avoir la complète maîtrise ; c’est pourquoi les
gens de ce temps le surnommèrent le Brahmane aux longs. ongles (Dirghanakha) (1).
Sept jours après que le fils de sa sœur fut né, on l’enveloppa dans une pièce de coton blanc pour le montrer à son père ; celui-ci fit cette réflexion : « Je me nomme 7’icho ; (cet enfant) chassera mon nom; je le nomme done Yeou-p'o-Pi-chàü (Upatisya, celui qui chasse T’i-chô.)
Telest le nom que donnèrent à cet enfant ses parents. Mais les autres hommes, tenant compte de ce que c'était Cho-li qui l'avait enfanté, le nommèrent tous d’un commun accord Cho-li-fou (Çâriputra, fils de Çäri).
Par suite, grâce aux vœux antérieurs qu'il avait faits dans plusieurs existences successives, Chü-li-fou devint auprès de Che-k'ia-wen-ni(Cäkyamuni) Le premier des disciples pour la sagesse ; son nom fut Chü-li-fou; ce nom lui vient donc des causes que constituent ses vœux antérieurs. Voilà pourquoi on l’a appelé Chü-li-fou.
Question : «Pourquoi ne dit-on pas Yeou-p'o-Fi-chô (Upatisya) et se borne-t-on à dire Chü-li-fou (Câriputra) ? »
Réponse : « Les gens d’alors honoraient fort sa mère (Câri) qui était la plus intelligente de toutes les femmes et c'est pour cette raison qu'ils ont nommé (cet homme) Chüli-fou (Câriputra). »
(Trip EX A bp: 09 V0)
Le roi d’un royaume avait une fille nommé Æiu-meoul'eou. Un pêcheur, nommé Chou-p'o-k'ia, qui allait sur la route, aperçut de loin la fille du roi qui était sur une tour
(1) Voyez dans l'Avadäna-Çataka, (trad. Feer, Annales du Musée Guimet, t. XVIII, pp. 418-430) l'avadäna intitulée « Dirghanakha. »