‹ Cinq cents contes et apologues (volume 2)Chapitre 49 sur 59 · PT AO EE ENT EUR PEN VE · texte numérisé non relu

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aboutir à la mort ; 3° Les joies qu’on éprouve en étant réuni avec ses parents aux six degrés, car on devra s’en séparer ; 4° les richesses accumulées, car elles doivent nécessairement être dispersées. » Puis l’'Honoré du monde prononça ces gâthàs : |

Par la vieillesse, la beauté se flétrit ; — par la maladie, on se détruit soi-même ; — le corps est brisé et se pourrit; — voilà ce qui arrive quand la vie a pris fin.

Ce corps, quelle en est l'utilité? — Il a constamment des endroits qui laissent échapper de mauvaises odeurs; — il est accablé par la maladie ; — il est tourmenté par la vieillesse et par la mort.

Quand on donne satisfaction aux désirs charnels, — la violation de la Loi s'en trouve augmentée ; — sans même qu'on voie ou qu'on entende aucun changement, — la vie humaine manifeste son impermanence (1).

Il n'y a plus alors de fils sur lequel on puisse s'appuyer, — ninon plus de père ou de frère aîné; — quand on est serré de près par la mort, — il n'y a point de parent qui puisse vous secourir.

Ayant entendu la Loi, Fleur de Lotus en comprit avec joie l'explication ; elle vit que le corps était comme quelque chose qui se transforme, que la vie ne pouvait pas durer longtemps. Il n’y a de perpétuel et de calme que la sagesse, la vertu et le Nirvâna. Alors donc elle s’avança et exprima au Buddha son désir d’être bhiksuni. Le Buddha l’approuva. Aussitôt les cheveux de sa tête tombèrent spontanément etelle devintune bhiksunï; elle se plongea dans la contemplation correcte et obtint la dignité d’arhat.

Tous les assistants, après avoir entendu ce qu'avait dit le Buddha, furent joyeux.

(1) C'est-à-dire que la mort survient.

(Trip., XXIV, 6, p. 68 r°-v°.)

Autrefois, au sud-est du royaume de Chü-wer (Crâvasti) il y avait un grand fleuve ; les ondes en étaient profondes et larges ; plus de cinq cents familles habitaient sur ses bords; mais elles n’avaient point encore entendu parler de la pratique de la sagesse et de la vertu qui sauve le monde ; elles se livraient à des actes de violence et cherchaient constamment à tromper autrui; elles étaient avides de gain et s’abandonnaient à toutes leurs passions ; elles réjouissaient leur cœur et concevaient des désirs immodérés. L’Honoré du monde songeait constamment qu'elles devaient être sauvées et qu'il lui fallait aller les sauver ; il savait que ces diverses familles avaient ce bonheur qu'elles devaient être sauvées. Alors donc le Buddha alla au bord du fleuve ets’assit sous un arbre ; les gens de ce village, voyant la marque distinctive de l'éclat du Buddha, furent émerveillés et il n’y eut aucun d'eux qui ne fût pénétré de respect; tous allèrent lui rendre hommage, les uns en se prosternant, les autres en le saluant, les autres en lui demandant de ses nouvelles. Le Buddha leur ordonna de s'asseoir et leur expliqua la doctrine deslivres saints; quand ces hommes l’entendirent parler, ils ne le crurent point dans leurs cœurs ; ils étaient en effet accoutumés au mensonge et à la négligence et n’ajoutaient point foi aux paroles véridiques. Le Buddha créa alors miraculeusement un homme qui vint du Sud du fleuve ; ses pieds marchaient sur l’eau et c’est tout juste s'il enfonçait jusqu’à la cheville ; il vint devant le Buddha, se prosterna la tête contre terre et l'adora; tous les hommes en furent témoins etiln'y eut aucun d'eux qui n’en füt stupéfait; ils deman-

dèrent à l’homme miraculeux : « Nos familles, depuis nos premiers ancêtres, demeurent au bord de ce fleuve; or nous n'avons jamais entendu dire qu'un homme ait marché sur les eaux; qui donc êtes-vous et quelle est votre recette magique pour marcher sur les eaux sans enfoncer ? Nous désirons en savoir l'explication.» L'homme miraculeux leur répondit : « Je suis un homme simple et ignorant du Sud du fleuve ; ayant entendu dire que le Buddha se trouvait ici, j'ai été avide de me réjouir de sa sagesse et de sa vertu ; quand je suis arrivé sur la rive méridiodale, ce n'était pas l’époque où le fleuve était guéable ; mais je demandai aux gens qui étaient sur cette autre rive quelle était la profondeur de l’eau, ils me répondirent que l’eau me monterait jusqu'à la cheville et que rien ne m'empécherait de passer. J’ajoutai foi à leurs paroles et je suis donc venu en traversant (le fleuve) ; je n'ai aucune autre recette extraordinaire. » Le Buddha le loua en lui disant : « Très bien ! très bien ! En effet, l’homme qui a foi dans les vérités absolues peut traverser le gouffre des naissances et des morts ; qu’y a-t-i! donc d’extraordinaire à ce qu'il puisse traverser un fleuve de quelques A de large. » Alors le Buddha prononça ces stances :

La foi (çraddhà) peut traverser le gouffre; — les samgrahavastu (1) symbolisent celui qui dirige le baleau ; — l'énergie (virya) écarte les souffrances ; — la sagesse

(Prajñd) arrive à l'autre rive (1).

Quand un homme se conduit avec foi, — il est approuvé par les saints ; — celur qui se plail dans la simplicité absolue (asamskirta) —est délivré de tous ses liens.

La foi certes obtient la sagesse — el la sagesse produit le nirvâna ; — c’est parce qu'on a entendu (la Loi) qu'on

(1) Les quatre samgrahavastu sont les quatre moyens d'attirer autrui à soi et, par là, à la religion. La Mahâvyutpatlti ($35) les énumère comme suit : däna (libéralité), priyavâdita(bonne parole), arthataryà (pratique de ce qui est avantageux à autrui), samänàärthalà (identité d'intérêts).

acquiert l'intelligence, — et alors, partout où l'on va, on est éclairé.

Par la foi, ainsi que par l'observation des défenses, — parce qu'il a l'esprit inlelligent et parce qu’il peut agir, — un homme vaillant traverse les haines, — et c'est ainsi qu’il échappe au gouffre.

En entendant ce que disait le Buddha, et en voyant la preuve de sa véracité, les gens de ce village sentirent leur cœur s'ouvrir et leur foi s’affermir ; tous recurent les cinq défenses et devinrent des hommes purs et croyants. Leur foi éclairée se développa de jour en jour ; l’enseignement de la Loi se répandit partout.

SUTRAS DIVERS

SÛTRA DES DIX RÊVES DU Ro1 POU-LI-SIEN-NI

(PRASENAJIT) (1).

(Trip AI pp MEANS)

Voici ce que j'ai entendu (raconter): Une fois le Buddha se trouvait à Grâvasti, dans le Jetavana, dans le jardin d'Anâthapindada. En ce temps, le roi Pou-li-sien-ni (Prasenajit), tandis qu’il était couché pendant la nuit, vit en rêve dix choses, Quelles étaient ces dix choses ? Premièrement, il vit en rêve trois jarres réunies ; les deux jarres latérales étaient pleines de vapeurs qu'elles émettaient et se passaient de l’une à l’autre dans les deux sens, mais (les vapeurs) n’entraient point dans la cruche du milieu qui res-

(1) Ce texte se présente dans le Tripitaka chinois en quatre rédactions. L'une d'elles (Trip., XII, 4, pp. 42 v°.-43 r°), qui est quelque peu abrégée, n'existe que dans l'édition de Corée etest donc omise dans le catalogue de Nanjio; elle est intitulée : Fo chouo chô wei kouo wang che mong king; on ne sait pas quel est le nom du traducteur, mais on admet qu'il devait vivre à l'époque des Tsinoccidentaux (265-316 p. C.) Une seconde rédaction (Trip., XII, 3, pp. 67 v°-68 r°)se trouve à la fin du Tseng a han king (Ekottarâgama sûtra; Nanjio, Cataloque,n° 543 [52])), traduit en 384-385 par Dharmanandi (Nanjio, Catalogue, App. IT, n° 57). Une troisième rédaction (Trip., XIL, 4, p. 11 v°-42 r°) est le ChûÜ wei kouo wang mong kien che che king (Nanjio, Catalogue, n° 631), ou « sûtra des dix choses que vit en songe le roi de Çrâvasti »; on ne sait pas qui est l’auteur de cette traduction. Enfin une quatrième rédaction (Trip. XII, 4, pp. 43 v°-44 r°), qui est celle que nous traduisons ici, est le Xouo wang pou li sien ni che mong king (Nanjio, Catalogue, n° 632), ou « Sûütra des dix rêves du roi Prasenaïjit »; cette version fut faite entre 381 et 395 p. C. par T'an-wou-lan [Nanjio, Catalogue, App. IT, n° 38).

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tait vide. Secondement, il vit en rêve un cheval qui mangeait par la bouche et qui mangeait aussi par le

fondement. Troisièmement, il vit en rêve un petitarbre (1) qui portait des fleurs, Quatrièmement, il vit en rêve un petit arbre qui produisait des fruits. Cinquièmement il vit en songe un homme qui fabriquait une corde ; derrière l’homme se trouvait un mouton; le maître du mouton mangeait la corde (2). Sixièmement, il vit en rêve un renard assis sur un lit d’or et mangeant dans de la vaisselle en or. Septièmement, il vit en rêve une grande vache qui, con-

(1) Cette leçon est aussi celle du n° 631 de Nanjio. Mais les deux autres textes donnent la leçon «un grand arbre ». La leçon « un petit arbre » est préférable puisque, dans l'interprétation qui est donnée de ce songe, l'arbre représente des jeunes hommes.

(2) Dans le Mahäsupina-jâtaka (Jàätaka, n° 77), l'animal qui dévore la corde au fur et à mesure est un chacal femelle(voyez aussi SPENCE HARDY, Manual of Buddhism p. 305). — RousEe (A Jâtaka in Pausianas, dans la revue folklore, vol. 1, 1890, p. 409) a été le premier à signaler le parallélisme de ce texte avec une légende grecque: décrivant la peinture des enfers par Polygnote, Pausanias dit: (X, 29, 2; voyez J. G. FRAZER, Pausanias, Vol. V, p. 376; Edinburgh Review, avril 1897, p. 458; Journal Hellenic Studies, vol. XIV, p. 81): « Plus loin, un homme est assis; une inscription nous apprend qu'il s'appelle Oknos. Il est représenté tenant une corde ; auprès de lui se tient une ânesse qui dévore furtivement la corde à mesure qu’il la tresse. Cet Oknos était, dit-on, un homme laborieux, mais il avait une femme dépensière qui en peu de temps dépensait tout ce qu'il avait gagné par son travail; on veut donc que, dans ce tableau, Polygnote ait fait allusion à la femme d'Oknos. Pour moi, je sais que les Ioniens disent d’un homme occupé à une tâche inutile : « Il tresse la corde d'Oknos. » — Si nous n'avons plus la peinture de Polygnote, nous possédons cependant une demi-douzaine de représentations antiques d'Oknos et de son ânesse; on peut voir deux d'entre elles reproduites dans l’article sur Oknos qu'a écrit M. Hôfer pour le Ausfürliches Lexikon der Griechischen und Rümischen Mythologie de Roscuer. La présence de l'âne dans la légende grecque, au lieu du chacal ou du mouton de la tradition indienne, peut s'expliquer par la quasi-homophonie des mots oknos et onos. — Au témoignage de Diodore de Sicile (I. 2 97), la légende d'Oknos se retrouvait en Égypte sous la forme d’un rite : « Dans la cité d'Acanthes, au delà du Nil, vers la Lybie, à cent vingt stades de Memphis, il y a, dit-on, une grande jarre percée dans laquelle trois cent soixante prêtres viennent chaque jour apporter de l’eau du Nil; en outre, dans une fête publique qui se célèbre non loin de là, on représente en action le mythe d'Oknos sous la forme d'un homme qui tresse le bout d'une longue corde tandis que plusieurs hommes, placés derrière lui, défont ce qu'il a tressé. »

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trairement à ce qui aurait dû être, tétait un veau. Huitièmement, il viten rêve quatre bœufs qui venaient en mugissant des quatre côtés de l'horizon et accouraient l’un vers l’autre pour se battre ; au moment oùils allaient se joindre, mais ne s'étaient pas encore joints, il ne sut où ils étaient allés (1). Neuvièmement, il vit en rêve un grand étang entouré de berges, où l’eau était trouble au milieu et claire sur les quatre bords. Dixièmement, il vit en rêve un grand torrent qui coulait absolument rouge.

Quand le roi eut rêvé ces choses, il se réveilla aussitôt et craignit fort de perdre son royaume, sa propre personne, ses femmes et ses enfants. Le lendemain, il appela les grands. ministres, les hauts dignitaires, ainsi que tous les religieux qui savaient expliquer les songes ; il leur demanda: « Hier, pendant la nuit, j'étais couché et j'ai vu en songe dix choses. Après avoir fait ces rêves, je me suis réveillé: j'ai eu peur et mon esprit a été sans joie. Qui peut m’expliquer ces songes ?» Parmi les religieux il y eutunbrahmane qui dit : « Je puis les expliquer à Votre Majesté, mais je crains que lorsque, vous m'aurez entendu, vous ne soyez affligé et mécontent. » Le roi répliqua : « Ce que vous voyez, exposez-le aussitôt et ne me taisez rien. » Le: brahmane dit : « O roi, des rêves que vous avez eus, chacun est mauvais et ne présage rien de bon. Il vous faut prendre ce qui vous est le plus cher, votre femme et votre héritier présomptif, ainsi que les serviteurs. et les esclaves attachés à votre personne et les tuer tous pour les sacrifier au ciel. Alors vous pourrez n'avoir rien d'autre (à redouter). Toute votre literie, 6 roi, ainsi

. que tous les joyaux et les objets de prix que vous avez

sur votre corps, il vous faut les brüler pour les sacrifier au ciel. De cette facon, Ô roi, vous pourrez personnellement n'avoir rien d'autre (à redouter) ». Ayant entendu.

(1) C'est-à-dire que les bœufs disparurent subitement.

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l'explication que le brahmane donnait de ses songes, le roi fut extrémement affligé et mécontent ; il se retira dans la chambre d’abstinence pour songer à ces choses.

Or le roi avait une épouse principale nommée Mo-ni (1) qui se rendit auprès de lui et lui demanda: « Pourquoi êtes-vous entré dans la chambre d’abstinence, et pourquoi êtes-vous affligé et mécontent? Ai-je commis quelque faute envers Votre Majesté ? » Le roi répondit: « Vous n'avez commis aucune faute envers moi; c'est. de mon propre mouvement que je m'’afflige. » La reine lui demanda encore : « Quelle est, Ô roi, la cause de votre affliction ? » Le roi répliqua : «Ne me le demandez pas; si vous l’appreniez, vous ne seriez point heureuse ». Sa femme reprit: « O roi, je suis la moitié de votre corps; qu’il y ait du bien ou du mal, vous devez me le dire; pourquoi ne me le ditesvous point ?»

Le roi dit à sa femme : « Hier, pendant la nuit, j'ai vu en rêve dix choses ; après avoir fait ces rêves, je me suis réveillé et j'ai ressenti une grande tristesse et une grande frayeur, car je craignais de perdre mon royaume, ainsi que moi-même, mes femmes et mes enfants. J'ai convoqué tous les ministres, les hauts dignitaires et la multitude des religieux pour m'interpréter les dix choses que j'avais vues en songe ; or 1] y eut un brahmane qui m'expliqua ce rêve en me disant : « Il vous faut prendre tous les êtres qui vous sont chers, votre femme, votre héritier présomptif, ainsi que les serviteurs et les esclaves attachés à votre personne, votre éléphant blanc, votre cheval renommé, et les immoler tous pour les sacrifier au ciel ; de même encore toute votre literie, ainsi que les joyaux précieux que vous avez sur votre corps, devront être entièrement brülés en sacrifice au ciel : alors votre personne, 6

(1) Tous les autres textes donnent la leçon Mo-li qui est préférable, puisquele nom de la reine doitêtre Mâlikà (BENFEY, Pantschatantra, vol. I, p. 587,n° 1) ou Mâlini (SPENCE Harpy, Manual of Buddhism, p. 304).

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roi, pourra rester saine et sauve. » Voilà pourquoi je m’afflige et n’ai plus aucune joie. »

Sa femme lui répondit: «O roi, ne vous désolez pas. Quand un homme achète de l'or, il Le frotte sur la pierre (de touche), et alors, belle ou laide, bonne ou mauvaise, la couleur de cet or se révèle sur la pierre. Maintenant le Buddha est près d'ici, dans un vihâra qui n’est pas éloigné de la ville; pourquoi n’allez-vous pas le consulter sur la signification de vos songes? vous vous conformerez aux explications que vous fournira le Buddha. »

Le roi donna aussitôt des ordres aux officiers de sa suite pour qu'on équipât son char, puis il sortit pour aller auprès du Buddha ; on arriva à un sentier de piétons; le roi descendit alors de son char ets’avança jusqu’auprès du Buddha ; il posa son visage sur les pieds du Buddha, puis il recula, s’assit et lui dit : « La nuit dernière, j'ai vu dix choses : premièrement j'ai vu en rêve trois jarres réunies (1)... Voilà ce que je vis en songe, et quand je m'éveillai, j’eus grand peur ; je craignis de perdre mon royaume, ainsi que ma personne, mes femmes et mes enfants. Que le Buddha m'explique le sens des dix choses que j'airêvées; mon désir estd’entendredes instructions. »

Le Buddha lui répondit : « O roi, ne vous tourmentez pas. Ce que vous avez rêvé ne tire pas à conséquence ; ce que vous avez rêvé concerne des choses futures qui se passeront dans les générations à venir, mais ne se rapporte pas à la génération présente. » Le Buddha continua: « Dans les générations à venir, les hommes ne craindront pas les interdictions que prescrit la Loi ; ils seront débauchés,avides,envieux et insatiables ; ils auront peu de justice et de raison, et leur cœur sera sans aucune bienveillance ; ils se complairont dans la colère et ne sauront pas avoir de bonté. »

(1) Répétition de ce qui a été dit dans les pp. 317-319. ILE. 21

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Le Buddha dit encore : « Dans votre premier rêve vous avez vu trois jarres réunies; les deux jarres latérales étaient pleines de vapeur qu'elles émettaient et se passaient de l'une à l’autre dans les deux sens, mais (ces vapeurs) n’entraient pas dans la cruche du milieu qui restait vide. (Voici ce que cela signifie :) Dans les générations à venir, les hommes qui seront puissants et élevés en dignité se rechercheront et se suivront les uns les autres, mais ne jetteront pas leurs regards sur les pauvres gens. Voilà exactement, ô roi, ce que représentait le groupe des trois cruches que vous vites en songe. O roi, ne craignez point; cela ne concerne en rien ni votre royaume, ni votre fils héritier, ni votre épouse. »

Le Buddha dit ensuite : « Dans votre second rêve, à roi, vous avez vu un cheval qui mangeait par la bouche et qui mangeait aussi par le fondement. (Voici ce que cela signifie :) Dans les générations à venir, les souverains et les ‘principaux ministres tireront leur nourriture des greniers publics; mais les fonctionnaires locaux qui ont des appointements pressureront néanmoins le peuple et ne seront jamais satisfaits. Voilà exactement (1)... »

Le Buddha dit: « Dans votre troisième rêve vous avez vu un petit arbre qui portait des fleurs. (Voici ce que cela signifie :) Dans les générations à venir, les hommes, avant même d'avoir atteint leur trentième année, auront des cheveux blancs sur la tête; à cause de leur soif de débauche et de leur excès de passions, ils seront forcément vieux dès leur jeunesse. Voilà exactement... »

Le Buddha dit : « Dans votre quatrième rêve, à roi, vous avez vu un petit arbre qui produisait des fruits. (Voici ce que cela signifie :) Dans les générations à venir, les filles, avant même d’avoir atteint leur quinzième année, feront comme si elles étaient mariées; elles tiendront

(1) Répétition, mutatis mulandis, de ce qui a été dit dans les lignes 9-13 ci-dessus

ML si de. L

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des enfants dans leurs bras et resteront avec leurs amants

sans en éprouver aucun sentiment de honte. Voilà exactement... »

Le Buddha dit : « Dans votre cinquième rêve, Ô roi, vous

avez vu un homme qui fabriquait une corde; derrière

l’homme était un mouton et le maître du mouton mangeait la corde. (Voici ce que cela signifie :) Dans les générations à venir, quand le mari d’une femme sortira pour aller faire le commerce, il laissera sa femme derrière lui; celle-ci aura des relations avec un autre homme qui mangera toute la fortune du mari. Voilà exactement... »

Le Buddha dit : « Dans votre sixième rêve, 6 roi, vous avez vu un renard assis sur un lit d’or et mangeant dans de la vaisselle d'or. (Voici ce que cela signifie :) Dans les générations à venir, des hommes de condition basse et vile deviendront nobles et honorés et auront des richesses ; la multitude des hommes les respectera et les craindra. Au contraire, les descendants des familles seigneuriales deviendront des humbles ; ils seront aux places inférieures et mangeront et boiront après les autres. Voilà exactement... »

Le Buddha dit: « Dans votre septième rêve, à roi, vous avez vu une grande vache qui, au rebours de ce qui aurait dû être, tétait un veau. (Voici ce que cela signifie :) Dans les générations à venir, les hommes ne connaïîtront ni les rites ni la justice ; les mères, contrairement à ce qui devrait être, serviront d’entremetteuses à leurs filles et attireront des hommes étrangers pour qu'ils aient des relations avec elles ; elles vendront ainsi leurs filles pour gagner des richesses et subvenir à leurs propres besoins; elles n’en éprouveront aucune honte. Voilà exactement... »

Le Buddha dit: « Dans votre huitième rêve, vous avez vu quatre bœufs qui venaient en mugissant des quatre côtés de l'horizon et accouraient les uns vers les autres pour se battre ; au moment où ils allaient se joindre, mais

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ne s'étaient pas encore joints, vous ne sûtes où ils étaient allés. (Voici ce que cela signifie :) Dans les générations à venir, les souverains, les princes, les préfets, les magistrats et les gens du peuple auront tous des sentiments qui ne seront pas d’une absolue sincérité ; se trompantles uns les autres, ils agiront avec stupidité et avec colère ; ils ne respecteront pas le Ciel et la Terre; c’est pourquoi la fertilité causée par la pluie ne viendra plus au temps voulu ; alors les magistrats et les gens du peuple feront des prières pour demander la pluie ; le Ciel fera donc surgir des quatre coins de l'horizon des nuages, et le tonnerre retentira ; les magistrats et les gens du peuple diront que la pluie est imminente; mais, au bout d’un instant, les nuages se disperseront et s’en iront, en sorte que la pluie ne tombera pas. La raison en est que les souverains, les princes, les préfets, les magistrats et les gens du peuple auront manqué de fidélité, de rectitude et de bonté. Voilà exactement... »

Dans votre neuvième rêve, Ô roi, vous avez vu un grand étang entouré de berges, où l’eau était trouble au milieu et claire sur les quatre bords. (Voici ce que cela signifie :) Dans les générations à venir le pays du Milieu (Madhyadeca) sera bouleversé ; le gouvernement ne sera pas juste ; les gens du peuple ne témoigneront pas de piété filiale à leurs pères et mères et ne respecteront pas les vieillards; cependant les pays de la frontière se présenteront calmes et purs ; la population y vivra en bonne harmonie et sera déférente envers ses pères et mères. Voilà exactément... »

Le Buddha dit: « Dans votre dixième rêve, à roi, vous avez vu un grand torrent qui coulait absolument rouge. (Voici ce que cela signifie :) Dans les générations à venir, les divers royaumes s’entrecombattront ; ils lèveront des armées et rassembleront des troupes pour s’attaquer tour à tour les uns les autres ; il leur faudra organiser des

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bataillons de chars, des bataillons de fantassins et des bataillons de cavaliers pour lutter entre eux; ceux qui seront ainsi entretués ou blessés seront innombrables ; le sang des morts qui seront gisants sur la route coulera absolument rouge. Voilà exactement... »

Le Buddha dit : « O roi, tout ce que vous avez rêvé concerne des choses des générations à venir et ne se rapporte point aux choses de la génération présente. Ne craignez donc rien, 6 roi, et ne vous tourmentez point. » Le roi se mit à deux genoux et dit : « Maintenant que j'ai obtenu les enseignements du Buddha, mon cœur se réjouit; pour prendre une comparaison, un homme portait un petit vase plein de graisse liquide ; la graisse était abondante et le vase était petit; quand l’homme se fut procuré un autre vase plus grand pour y mettre cette graisse, il fut rassuré et ne craignit plus ; de même maintenant, pour avoir recu le bienfait du Buddha, je suis rassuré. »

Alorsle roi rendithommage au Buddha; il s’en retourna, et, quand ilfut revenu dans son palais, il fit de grand présents à son épouse principale, et, en même temps, il priva de leurs appointements tous ses grands ministres ; le roi déclara : « Dorénavant, je ne croirai plus les hommes des sectes hérétiques et je n’ajouterai pas foi aux paroles des brahmanes. »

SÛÜTRA PRONONCÉ PAR LE BUDDHA AU SUJET DE L'AVADANA CONCERNANT FILLE-DE-MANGUIER {ÂmrapÂui) Er K'I- YU (Jivaxa) (1).

(PRIE RAIN 6 A UD/-18 12-92V0) Voici ce que j'ai entendu raconter : Un jour le Buddha

(1) Ce sûtra (Nanjio, Catalogue, n° 667), a été traduit sous la dynastie des seconds Han par Ngan (VArsacide ou le Parthe) Che-kao qui vinten

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se trouvait dans le royaume de Zo-yue-lche (Ràäjagrha) et il expliquait la Loi au milieu d'une réunion de douze cent cinquante grands disciples, de bodhisattvas, de mahâsattvas, de devas, de nâgas, et des huit catégories de la grande Assemblée. Parmi les gens de cette époque, innombrables étaient les donateurs; or l’un d’eux, qui était un pauvre homme, n'avait qu'un mouchoir en haillons ; il aurait désiré en faire don, mais, craignant que cet objet n’excitât la répugnance, il restait hésitant. En ce moment, dans l'assistance il y eût une bhiksunt nommée « Fille-de-manguier », qui se leva de son siège, arrangea ses vêtements, rendit hommage, se mit à deux genoux, joignit les mains, puis dit au Buddha : « O Honoré du monde, je me rappelle que, dans une vie antérieure, je naquis dans le royaume de Po-lo-nai (Vârânasi), en qualité de fille pauvre. En ce temps, il y avait un Buddha, nommé ÆXia-ye (Kâçyapa), qui, au milieu d’un cercle de nombreux auditeurs, expliquait la Loi; je m’assis pour entendre les livres saints et fus joyeuse; je conçus l'intention de faire une libéralité, mais, considérant que je n'avais rien et songeant à ma pauvreté, j'en fus émue de tristesse; alors j’allai dans le jardin d’une autre personne et je mendiai des fruits pour en faire don au Buddha; je recus alors une mangue; elle était grosse et son parfum était excellent; tenant donc dans ma main un bol d’eau en même temps que cette unique mangue, j'en fis offrande au Buddha Æ1a-ye (Kâçyapa) et à toute l’assemblée des religieux. Le Buddha, connaissant l'excellence de mon intention, accepta cela en prononcçant un vœu; puis il partagea et distribua l’eau et la mangue, en sorte que tous en eurent sans exception. Grâce au bonheur que je m'étais ainsi acquis, quand ma vie fut finie, je naquis en qualité de devi et j'obtins d’être une

Chine en l'année 148 p. C. et travailla à faire des traductions jusqu'en l'année 170 p. C.

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reine des devis; puis, quand je naquis en bas, dans ce monde, je ne fus pas issue d’un fœtus, mais, pendant quatre-vingt onze kalpas, je naquis dans une fleur de manguier; je fus belle et fraiche et je connus toujours mes existences antérieures. Maintenant j'ai rencontré l'Honoré du monde qui a ouvert pour moi l'œil de la

sagesse. Fille-de-manguier récita alors ces stances :

La bienfaisance affeclueuse des Trois Vénérables est universelle; — son intelligence sauve indifféremment hommes el femmes; — la grande récompense du don que Je fis d'un peu d'eau et d'un fruit — a été que, grâce à cela, J'ai pu être affranchie de toutes les peines.

En ce monde, je naquis dans une fleur ; — en haut, je fus reine des devis ; — depuis que j'ai pris mon refuge dans le Saint Bienheureux (Bhagaval), — mon champ producteur de bonheur est profond et fertile.

Après avoir fini de rendre hommage, la bhiksüni Fillede-manguier retourna s'asseoir.

Au temps où le Buddha était en ce monde, dans un jardin du roi du royaume de Wei-ye-li (Vaiçâli)}, un manguier poussa spontanément; ses rameaux et ses feuilles étaient abondants; ses fruits étaient beaucoup plus gros que ceux des autres manguiers; ils avaient une couleur brillante et avaient un parfum et une excellence extraordinaires. Le roi aimait fort cet arbre et personne n'avait le droit d'en manger les fruits, sinon les femmes les plus honorées du harem. Or, dans ce royaume il y avait un brahmane grhapati dont la richesse était incalculable en sorte que nul dans tout le royaume ne pouvait l’égaler ; en outre, il était intelligent, perspicace et l’emportait par ses talents et sa sagesse sur la foule des hommes; le roi l’aimait fort et avait fait de lui un de ses grands ministres. Un jour, le roi invita ce brahmane à diner; quand le repas fut fini, il lui donna un fruit du manguier; voyant que cette mangue avait un parfum et un goût tout particu-

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liers, le brahmane demanda au roi s’il n’y avait pas au pied de ce manguier quelque petit rejeton dont il pourrait demander qu'il lui fût fait don; le roi répondit : « Il y avait un très grand nombre de ces petits rejetons; mais, comme je craignais qu'ils ne fissent tort au grand arbre, je les ai arrachés les uns après les autres ; si maintenant vous le désirez, je vous en donnerai un. »

Ainsi fut fait et le brahmane rapporta chez lui ce rejeton, puis le planta; matin et soir il l’arrosait; de jour en jour l'arbre devint plus grand; ses rameaux furent abondants et forts; au bout de trois ans il produisit des fruits qui, pour la beauté et la grosseur, valaient ceux du manguier du roi. Le brahmane, tout joyeux, se dit: « Mes richesses sont incalculables et ne le cèdent en rien à celles du roi; c'était seulement parce que je n'avais pas ce manguier que je lui étais inférieur; mais maintenant que je l’ai obtenu, je n'ai rien à envier au roi. » Iprit alors un de ces fruits etle mangea; mais le goût en était fort âcre et il ne put absolument pas le manger; le brahmane fut plongé dans une grande tristesse; s'étant retiré, il réfléchit que la cause de cela devait étre que le sol n'était pas assez engraissé; il prit donc le lait de cent vaches et le donna à boire à une seule vache; puis il recueillit le lait de cette unique vache et le fit chauffer de manière à en fabriquer une sorte de beurre dont il arrosa les racines du manguier; il fit journellement cet arrosage, et, l’année suivante, les fruits se trouvèrent être doux et excellents, tout comme l'étaient les mangues du roi.

Cependant, sur le côté de ce manguier, vint à se produire une excroissance noueuse qui, grosse d’abord comme le poing, devint de plus en plus volumineuse. Le brahmane se dit que l'apparition soudaine de cette excroissance pouvait faire tort aux fruits; mais, quand il voulut l'enlever en la coupant, il craignit de faire du mal à

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l'arbre; il médita ainsi pendant plusieurs jours et restait perplexe et hésitant, lorsque, du milieu de l’excroissance, jaillit tout à coup une branche qui se dirigea droit en l'air et qui, forte, droite, souple et belle, dépassa le sommet de l’arbre. Quand elle fut à soixante-dix pieds de terre, son sommet se divisa en plusieurs rameaux qui se répartirent circulairement sur les côtés de manière à former comme un dais renversé; les fleurs et les feuilles dont ils étaient couverts étaient magnifiques et l’emportaient sur celles de l’arbre principal. Le brahmane s’en émerveilla, et, ne comprenant pas ce qu’il pouvait bien y avoir au sommet de cette branche, il construisit un échafaudage en bois sur lequel il monta pour regarder; il vit que, au sommet de la branche et au centre du dais renversé, il y avait un étang d’eau pure et parfumée; en outre, il y avait une multitude de fleurs de couleurs fraîches et vives; il regarda sous ces fleurs et trouva une petite fille qui était dans une des fleurs de l'étang ; le brahmane la prit dans ses bras et l’emporta chez le id la nourrit et l’éleva ; son nom fut Fille-de-manguier.

Ouana cette enfant atteignit sa quinzième année, elle avait une telle beauté que personne ne pouvait rivaliser avec elle dans le monde; sa renommée se répandit jusque dans les royaumes lointains. Sept rois arrivèrenten même temps et se rendirent auprès du brahmane en demandant à contracter des fiançailles avec Fille-de-manguier pour qu'elle devint leur femme. Le brahmane, fort effrayé, ne savait auquel d’entre eux la donner; il édifia alors une haute tour au milieu d’un jardin; il plaça au sommet Fille-de-manguier, puis il sortit et vint dire à tous les rois : « Cette fille n’a point été engendrée par moi; elle a été produite spontanément au sommet d’un manguier; je ne sais vraiment pas si elle est la fille d’un deva, d’un nâga, d’un démon ou d’un génie. Maintenant, vous êtes sept rois qui êtes venus pour demander cette personne

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étrange ; si je l'accorde à l’un de vous, les six autres rois s'irriteront. Je ne me permettrais pas cependant de vous la refuser. Maintenant, cette jeune fille est au sommet d'une tour dans le jardin; discutez donc entre vous, et quand vous aurez déterminé qui est celui de vous qui doit l'avoir, que celui-là lemmène; ce n’est pas moi qui déciderai. »

Les sept rois se mirent donc à contester entre eux et la nuit arriva avant que le débat füt tranché; alors l’un d'eux, qui était le roi P'ing-cha (Bimbisâra) pénétra (dans le jardin) en passant par un aqueduc; il monta sur la tour, trouva la fille et coucha avec elle; le lendemain matin, quand il fut sur le point de partir, Fille-de-manguier lui dit : « O grand roi, vous avez daigné abaisser votre majesté pour venir jusqu’à moi; maintenant, cependant, vous allez me quitter et partir; si j'ai un enfant, il sera de sang royal; à qui devrai-je le confier?» Le roi lui répondit: «Si c’est un fils, vous me le rendrez; si c'est une fille, je vous la donne. » Alors le roi retira de sa main un anneau d’or formant sceau et le remit à Fillede-manguier pour qu’elle pût s’en servir comme d’attestation (1). Puis le roi sortit et dit à ses ministres : «Je suis parvenu à prendre Fille-de-manguier et j'ai passé la nuit avec elle; elle n’a rien d’extraordinaire et est bien comme toutes les femmes; aussi ne l'épouserai-je pas. » Tous les soldats du roi P'ing-cha (Bimbisâra) poussèrent des vivats en son honneur, disant: « Notre roi a pu prendre Fille-de-manguier. » En apprenant cela, les six autres rois s’en retournérent.

Après que le roi P'ing-cha (Bimbisâra) fut parti, Fillede-manguier devint enceinte ; elle donna alors au portier

(1) Dans le Xa{tahärijâtaka (Jätaka, n° 7), le roi Brahmadatta donne de mème son anneau d'or à une femme avec laquelle il a eu accidentellement des rapports et lui dit : « Si vous avez une fille, employez le prix de cet.

anneau à la nourrir; mais, si vous avez un garçon, apportez-moi l'anneau et l'enfant. »

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